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Bouchard : Les déboires du Wild démontrent l’importance de la profondeur

dimanche 2014-01-19 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Les déboires du Wild démontrent l’importance de la profondeur
Bouchard : Les déboires du Wild démontrent l’importance de la profondeur

On a vu la semaine dernière comment, derrière le classement général, des mouvements à la hausse et à la baisse s’annoncent pour différentes équipes. En regardant de plus près le temps de possession de chaque club, on a pu constater que c’est le Wild du Minnesota qui a, de loin, connu l’effondrement le plus dramatique au cours du deuxième quart du calendrier.

Après avoir contrôlé 55 pour cent des lancers au filet lorsque le score était serré au cours des 21 premiers matchs, le Wild a vu son avantage s’effacer complètement pour laisser place, depuis, à un ratio de 44 pour cent, loin du seuil de respectabilité de 50 pour cent. Un examen plus approfondi des déboires du club nous permet de voir une équipe au mode de fonctionnement particulièrement intéressant.

Une saison livrée en tranches

Au moment d’écrire ces lignes, le Wild a disputé très exactement 50 matchs (avant les matchs de samedi). Il est donc commode de découper la saison du club en cinq tranches de 10 parties.

Premier constat : lorsqu’on considère les taux de réussite du club, le Wild n’est frappé ni par la malchance, ni par d’heureux coups du sort. Outre un faible taux de conversion de tirs en but au cours de la première tranche de 10 parties (suivi d’une séquence des plus heureuse au cours des 10 parties suivantes), les ratios du Wild sont au beau fixe :

Le calendrier du club nous fournit la meilleure piste initiale. On sait que la division Pacifique est de loin la plus redoutable de la ligue. On pourrait arguer que la division Centrale, à laquelle appartient le Wild, est la deuxième. Voici, par tranche de saison, la part des matchs joués par le Wild contre chaque division :

Outre la deuxième tranche de 10 matchs, le Wild a disputé environ 60 pour cent de ses matchs contre les divisions Centrale et Pacifique, avec une pointe à 70 pour cent en troisième tranche. Lorsqu’on considère l’écart brut de tirs vers le filet cumulé à forces égales avec le score serré pour chacune de ces tranches en fonction de la division affrontée, on constate que c’est bien dans le temps, et non simplement en fonction de l’adversaire affronté, que les choses se gâtent :

On voit que le Wild tient à peine contre la division Pacifique au cours des trois premières séquences, avant de sombrer au cours des deux dernières. L’avantage est maintenu pendant les vingt premiers matchs contre l’Atlantique et, après avoir massivement dominé la division Centrale en début de saison, l’équipe fait plus ou moins jeu égal avec ses rivaux pour la suite des choses.

En fait, il semble bien que les adversaires du Wild apprennent à connaitre celui-ci et s’ajuste aux stratégies utilisées par l’entraîneur Mike Yeo. En font foi les résultats au cours des mêmes cinq séquences, cette fois-ci séparées en matchs à domicile et à l’étranger :

L’entraîneur, on le sait, n’a pas dans les amphithéâtres adverses le luxe de laisser son adversaire envoyer ses joueurs le premier sur la glace. Si l’avantage du Wild fond à domicile jusqu’à flotter autour du point d’équilibre, la saignée est massive à l’étranger à partir du 21e match. C’est le signe d’une équipe qui n’est pas sans ressources, mais qui ne dispose probablement pas de la profondeur nécessaire pour riposter lorsque l’adversaire s’ajuste.

La défensive : vivre et mourir avec ses meilleurs

Les meilleurs joueurs sont aussi les plus utilisés, on l’a souvent répété ici. Prenons parmi les adversaires les six attaquants et les trois défenseurs ayant le plus de temps de glace et traçons une ligne dans le sable : lorsqu’au moins deux des six attaquants et deux des trois défenseurs sont sur la glace, on considère qu’il s’agit de « minutes dures ». Entendre par là que ces séquences de jeu sont particulièrement exigeantes et mettent à risque les éléments les plus faibles d’une équipe.

La lunette des minutes dures, appliquée à la défensive du Wild, donne la pleine mesure de l’importance de Ryan Suter, joueur le plus utilisé de la LNH. Le tableau suivant indique la part du temps de minutes dures occupé par chaque joueur.

Lorsque l’adversaire du Wild envoie ses meilleurs éléments (on parle ici d’un groupe de neuf joueurs constitué notamment de six attaquants), Suter est sur la glace une minute sur deux. On voit par ailleurs comment le jeune Jonas Brodin, à sa deuxième saison, prend au fil de la saison de plus en plus de responsabilités aux côtés de Suter. Jared Spurgeon et Marco Scandella sont clairement le deuxième duo et c’est Nate Prosser qui prend le relais depuis la blessure de Spurgeon. Clayton Stoner et Keith Ballard sont tenus loin de toute adversité. Notez bien que les plus grandes responsabilités données à Brodin ne profitent pas à Spurgeon et Scandella, mais bien à Ballard et Stoner.

Il semble en fait que Yeo ait tenté de donner un surplus de tâches défensives « molles » à son troisième duo de défenseurs, ceux-ci prenant une part de plus en plus grande de mises en jeu en zone défensive alors que la saison avance :

Lorsqu’on regarde l’avantage obtenu aux tirs en fonction de la présence des différents défenseurs, on constate que la manœuvre est un échec. On ne donne ici que les tirs avec le score serré, là où les matchs sont les plus âprement disputés :

Malgré une protection accentuée du point de vue des adversaires affrontés, Stoner et Ballard coulent comme des roches. Appelés à prendre un surplus de responsabilités, les autres duos de défenseurs calent à leur tour. Le jeune Brodin, notamment, semble carrément étouffer sous la pression. Notons quand même que derrière Suter et Brodin, Spurgeon et Scandella ont tenu leur bout tout au long de la saison. Défenseur reconnu pour ses talents offensifs, la perte de Spurgeon semble donc susceptible de couter cher au plan défensif.

L’attaque : chercher les bons morceaux, encore et encore

Si on applique la méthode des minutes dures au groupe d’attaquants, on obtient ce qui suit :

S’ils n’ont pas toujours joué ensemble, Jason Pominville, Mikko Koivu et Zach Parisé forment le trio de leveurs de fonte. L’alternance des cases rouges et des cases vertes dans le deuxième groupe de quatre joueurs, ainsi que la ligne en dent de scie de Justin Fontaine nous montre que derrière les trois meneurs, le groupe d’attaquants semble plus ou moins bien défini.

Notons quand même que Charlie Coyle semble prendre du galon en même temps que Dany Heatley en perd, que Mikael Granlund, victime d’une commotion cérébrale en novembre, a été jalousement protégé avant d’être jeté aux loups de nouveau (en compagnie de Nino Niederreiter) suite aux blessures à Parisé puis Koivu.

La distribution des mises en jeu nous montre qu’au-delà des adversaires affrontés, les tâches sont claires : aux sept premiers attaquants on demande de prendre charge de l’offensive, aux autres de se débrouiller avec les minutes molles en défensive :

Aux tirs vers le filet, on comprend qu’après les 20 premiers matchs, tout ça part en eau de boudin :

Si Koivu, Pominville et Parisé tiennent sans problèmes leur bout, le quatuor de soutien offensif écrase graduellement, tout comme les joueurs à vocation plus défensif. Les uns ne sont pas capables de percer la carapace des meilleurs adversaires braqués contre eux, les autres ne sont pas capables d’arrêter les fonds d’alignement adverse.

On doit quand même noter un redressement de ces deux groupes d’attaquants au cours des 10 derniers matchs. En fait, la chose est due à la disparition de Koivu et Parisé. Yeo ne peut plus concentrer les tâches défensives entre les mains de quelques attaquants, ce sont Pominville, Matt Cooke, Kyle Brodziak, Granlund et Niederreiter qui s’y collent tour à tour. Ici, minutes dures rime forcément avec un plus grand nombre de minutes passées avec Brodin et Suter.

J’avais souligné en début de saison à quel point la profondeur est importante. Les bonnes équipes se distinguent par un personnel de soutien capable de survivre aux rigueurs du calendrier sans l’assistance continuelle des meilleurs joueurs. Ceux-ci peuvent alors être réunis et lâchés en zone offensive, où ils peuvent alors laisser libre cours à leur talent.

Une équipe comme le Wild, aux ressources limitées, se voit plutôt contrainte de jumeler constamment ses meilleurs défenseurs aux pires attaquants et vice versa. Les pires remontent, mais les meilleurs descendent et, globalement, l’équipe s’enlise. Le Wild n’est pas le seul club dans cette situation.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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