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Bouchard : Une analyse des forces en présence dans la LNH à la mi-saison

dimanche 2014-01-12 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Une analyse des forces en présence dans la LNH à la mi-saison
Bouchard : Une analyse des forces en présence dans la LNH à la mi-saison

Chaque club ayant désormais franchi le cap de la mi-saison, on commence à avoir une meilleure idée des forces en présence. Certains départs-canons ne sont désormais que des souvenirs alors que les meilleurs clubs assurent leur mainmise sur le haut du classement. Nous examinerons aujourd’hui le classement des deux associations en cherchant, dans les indicateurs sous-jacents de chaque club, lesquels sont bien en selle et quels sont ceux qu’on pourrait voir bouger d’ici la fin de la saison.

On revient, pour ce faire, à certains indicateurs établis nous permettant d’évaluer la force chaque club à forces égales et sur les unités spéciales. Nous utiliserons ces indicateurs pour voir dans quel sens évoluent les performances de chaque club en divisant leurs saisons en deux parties, soit la première tranche de 21 matchs disputés et les matchs disputés depuis.

Les indicateurs utilisés sont les suivants :

Le ratio de tirs vers le filet : nous retiendrons les tirs ayant eu lieu lorsque le score est serré, soit avec un écart d’un but ou moins au cours des deux premières périodes et le score égal en troisième. On concentre ainsi notre regard sur ces phases du jeu ou les effets du score ne se font pas sentir. Exprimé en pourcentage, il exprime le temps de possession de la rondelle. Nous utiliserons cet indicateur pour évaluer le jeu à forces égales.

Le taux d’arrêts : exprimé sous forme de nombre décimal (,933), il s’agit de la proportion de tirs au but repoussés par les gardiens d’une équipe. Nous l’utiliserons pour évaluer le jeu à forces égale lorsque le score est serré et le jeu en désavantage numérique.

Le taux de succès : exprimé sous forme de pourcentage, il s’agit de la proportion de buts marqués par l’équipe sur le nombre de tirs au but générés par cette même équipe. Nous l’utiliserons pour évaluer le jeu à forces égales lorsque le score est serré et le jeu en avantage numérique.

Chaque indicateur est associé à une barre de couleur, située à sa droite. Cette barre illustre la variation de l’indicateur entre la première et la deuxième portion de la saison. La longueur de la barre exprime l’ampleur de cette variation par rapport au reste de la ligue. J’ai surligné en jaune les cases qui me semblaient illustrer des éléments particulièrement intéressants. Le contenu de ces tableaux est le fruit de mes propres compilations des données de la LNH.

Association de l’Est

Les meneurs de la division Atlantique présentent des profils étonnamment différents. Les Bruins sont l’incarnation même de la constance, cumulant 29 points au cours des deux séquences. Ils sont particulièrement dominants au temps de possession à forces égales et en désavantage numérique, ce qui augure bien pour la suite des choses. Si leurs gardiens sont revenus sur terre, leurs performances demeurent remarquables.

Le Lightning aussi a su conserver son rythme de croisière malgré la perte de l’extraordinaire Steven Stamkos. Ici, si le temps de possession est aussi excellent, on ne peut s’empêcher de noter les performances exceptionnelles des gardiens à forces égales ainsi que la baisse manifeste de production de l’avantage numérique.

Le Canadien s’il est des trois clubs celui qui a cumulé le plus de points en deuxième quart de saison, est aussi celui qui survit par les pourcentages. À 46 pour cent, le temps de possession médiocre à forces égales est présentement compensé par un fort taux de réussite. Mais si la baisse de rendement des gardiens à forces égales se prolonge, les choses pourraient se gâter. Ajoutons que si, sur les 45 matchs disputés, le jeu de puissance demeure un modèle de constance, les taux de conversions qui y sont affichés sont aussi très élevés et la production de tir reste dans la moyenne, sans plus.

Pittsburgh trône en tête de la division Métropolitaine, et ce malgré un tassement réel des performances du club à forces égales. Les blessures à Evgeni Malkin et la suspension de James Neal y sont pour beaucoup, les Penguins dépendant lourdement de leurs deux premiers trios. Les pourcentages sont venus au secours du club, à forces égales, mais surtout en avantage numérique, ou l’exceptionnelle production de tirs s’est accompagnée d’un taux de conversion frôlant les 30 pour cent!

Il est intéressant de voir les Flyers atteindre la deuxième place. Leur début de saison était trompeur, le club reste honnête au temps de possession. Et si les gardiens sont revenus sur terre, l’avantage numérique a pris le relais. J’attire aussi votre attention sur leurs performances en désavantage numérique : ce ratio de 36 tirs accordés à l’heure est le meilleur de la LNH parmi les 60 recensés pour cet article.

Les Capitals ont remonté à forces égales, mais demeurent un club qui carbure sur l’avantage numérique. Comme je l’expliquais la semaine dernière, le jeu de puissance des Capitals repose lourdement sur les épaules d’Ovechkin, la ligue va donc éventuellement s’ajuster (si ce n’est déjà commencé).

Les Red Wings ne peuvent présentement que se tenir en embuscade. Si les points ne sont pas au rendez-vous, le temps de possession à forces égales est robuste et si le travail des gardiens reste peu impressionnant, il ne torpille pas le club pour autant. En fait, outre le taux de conversion sur l’avantage numérique, tout semble au beau fixe. La séquence de matchs qu’ils entament contre les clubs de l’Ouest va nous en dire long sur leur capacité à effectuer une montée en régime.

À regarder les performances des Capitals, on ne peut s’empêcher de se demander s’ils réussiront à résister à la poussée des Rangers. Ceux-ci ont eu à vivre avec un minable taux de conversion à forces égales et un effroyable début de saison a bien failli les plomber définitivement. Mais les pourcentages remontent maintenant vers la normale et le temps de possession à forces égales reste au beau fixe. Si on ajoute à ça un avantage numérique exceptionnellement productif en tirs au filet, Washington ne peut trop se permettre de ralentir.

Le groupe des aspirants aux séries éliminatoires se compose de deux sous-groupes présentement entremêlés au classement. D’un côté, les Sabres et les Islanders raclent le fond du classement et, à regarder l’effondrement complet des Maple Leafs, on doit s’attendre à ce que ceux-ci ne les rejoignent bientôt. Les Hurricanes, s’ils ont connu une bonne séquence en deuxième portion de calendrier, n’en demeurent pas moins limités par leurs gardiens de but et des unités spéciales moyennes. En fait, après avoir été miséreux au taux de conversion en première partie de calendrier, semble qu’ils vivent présentement au-dessus de leurs moyens.

S’il est probablement trop tard pour les Panthers suite à une première partie de 14 points seulement, leur amélioration est énorme à forces égales. Combiné à un jeu de puissance qui ne convertit tout simplement pas (en plus de ne pas produire beaucoup de tirs, c’est dire), on comprend qu’ils n’ont pas su prendre l’élan nécessaire à une poussée vers les séries. Mais si l’excellence de leur jeu à forces égales se confirme, ils pourraient brouiller bien des cartes dans la division Atlantique.

Les Sénateurs sont ceux qui semblent en position de profiter des faiblesses des Leafs et des Hurricanes. Seulement deux points derrière les Red Wings, si ces derniers écrasent momentanément, Ottawa pourrait enfin mettre le pied en séries. Les Devils sont, eux, carrément victimes de leurs gardiens de but. Les performances de Martin Brodeur semblent particulièrement à pointer du doigt. Une saison de trop?

Association de l’Ouest

Les Blues sont présentement sur une séquence incroyable, affichant un taux de conversion de 14 pour cent à forces égales, ce qui masque aisément les performances douteuses de leurs gardiens. Par contre, à 50 pour cent, le temps de possession est revenu pile sur la moyenne de la ligue.

Les Blackhawks ont aussi vu leurs performances diminuer à forces égales, mais à 53 pour cent de temps de possession, ils demeurent parmi les meilleurs de la ligue. En fait, outre un avantage numérique incandescent, on ne peut que loucher un instant sur les abominables performances des gardiens du club en désavantage numérique. Vu les données dans les autres aspects du jeu ainsi que le taux raisonnable de tirs accordés, parions que les Blackhawks vont bientôt remonter la pente.

L’Avalanche du Colorado continue à vivre sur ses gardiens de but et… sur les contre-performances de ses poursuivants. S’ils sont désormais plus vulnérables, les troupes de Patrick Roy sont tout près du seuil de respectabilité à forces égales. Acquérir un défenseur sur le marché des échanges le plus rapidement possible est probablement une des grandes priorités de l’état-major.

La puissante division Pacifique… Les Ducks se maintiennent, mais pour combien de temps encore? Le fait est qu’ils s’appuient lourdement sur leurs excellents gardiens (on peut s’attendre à ce que ça se maintienne) et des taux de conversion exceptionnels à forces égales. Ceux-ci ont commencé à se tasser, réussiront-ils à se détacher à nouveau du seuil de respectabilité au temps de possession? C’est probablement la clé de leurs succès au classement, mais l’avance formidable cumulée leur assure pour ainsi dire une place parmi les trois premiers de la division.

Les Sharks et les Kings sont plus que jamais de monstrueuses machines offensives que seuls des taux de conversion peuvent enrayer. Et encore… Les Kings semblent incapables d’acheter un but, malgré une domination territoriale sans partage. Les Sharks leur cèdent à peine à forces égales et reprennent le terrain en avantage numérique. Les Blackhawks auront fort à faire pour rejoindre les grandes finales cette saison encore.

Les Canucks ont quelques misères à affirmer leur jeu à forces égales, mais les unités spéciales sont formidablement productives. Reste à voir si Luongo saura rester en santé, parce qu’on voit à quel point le club s’est appuyé sur lui pour pousser vers les séries.

Le Wild s’est complètement effondré. L’écrasement du club sur le plan offensif (temps de possession à forces égales et tirs générés en avantage numérique) me mystifie. On n’est pourtant pas en présence d’une équipe décimée par les blessures. Peut-être le surplus de travail exigé des meilleurs éléments commence-t-il à se faire sentir?

Les Coyotes et les Stars me semblent ici être ceux qui sont le plus à même de profiter de l’effondrement du Wild et d’un prolongement de la baisse de régime des Canucks. Phoenix semble présentement embêté par quelques soucis sur les unités spéciales (taux de conversion en avantage, gardiens erratiques en désavantage), mais le jeu à forces égales semble bien aiguillé. Les Stars semblent présentement retenus par leur seul avantage numérique, dont les taux de conversion tiennent de la malchance pure et simple. On parle ici d’un club qui a tout de même produit 20 buts dans ces situations et qui au total est 11e pour la production de buts. Une poussée du taux de conversion dans les 15-18 pour cent leur ferait frôler, s’ils maintiennent leur production à forces égales, le top-5 offensif de la LNH. À suivre…

Les quatre derniers clubs sont, à ce stade-ci, en perdition. Nashville n’a jamais trouvé de remplaçant à Pekka Rinne devant le filet, les Jets n’ont ni le gardien, ni les unités spéciales pour percer et les deux clubs de l’Alberta jouent déjà pour le repêchage. Il faut le dire, si les Flames étaient en reconstruction, les Oilers me semblaient destinés à un meilleur sort, mais l’horrible prestation de leurs gardiens en premier quart de saison les a cloués au fond du tonneau. Reste que par la quantité de jeune talent offensif qu’il recèle, ce club me fait curieusement penser aux Nordiques de Québec de 1991-1992. On verra.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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