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    Analyse: juger des candidats potentiels chez les gardiens en vue des J.O. par le style autant que par les résultats

    vendredi 2014-01-03 / 6:00 / Jeux de Sotchi 2014

    Par Kevin Woodley - Correspondant LNH.com

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    Analyse: juger des candidats potentiels chez les gardiens en vue des J.O. par le style autant que par les résultats
    Analyse: juger des candidats potentiels chez les gardiens en vue des J.O. par le style autant que par les résultats

    VANCOUVER – Alors que la date limite pour remettre les alignements en vue des Jeux olympiques de Sotchi approche à grands pas, l’accent est souvent mis sur les gardiens potentiels.

    Dans un tournoi avec une marge d’erreur aussi mince, chaque but, qu’il soit questionnable ou non, alloué par un candidat est visionné à nouveau et critiqué, et chaque séquence de défaites est décortiquée et analysée.

    Mais que dire de la façon de jouer de chaque gardien? Est-ce que cela devrait être aussi important que les résultats qu’il affiche au moment où la date limite pour remettre les formations approche, soit le 7 janvier?

    Peut-être que oui.

    Avec le hockey qui sera présenté aux Jeux olympiques de Sotchi 2014 sur des patinoires aux dimensions internationales, le style pratiqué par un gardien de but pourrait affecter sa capacité à s'adapter aux différents angles et à la lecture du jeu dans une courte période de temps.

    Autrement dit, les gardiens qui pratiquent un style agressif à l'extérieur et au sommet de leur demi-cercle auront à parcourir de plus grandes distances pour se remettre en position, si leur lecture du jeu est inadéquate. Les gardiens de but qui jouent plus profondément à l'intérieur de la surface bleutée pourraient corriger les erreurs avec des déplacements plus courts, des mouvements rapides et en apportant des ajustements.

    Donc, en prenant en considération les formations de chaque pays, il vaudrait peut-être la peine de jeter un œil sur le positionnement de chaque gardien dans son demi-cercle.

    « Sur de grandes patinoires, je pense que le fait de jouer plus en profondeur aide », a expliqué l’entraîneur des gardiens des Coyotes de Phoenix, Sean Burke, qui a disputé 158 parties pour les équipes nationales du Canada, ce qui comprend son passage au sein de l’équipe nationale junior, à des championnats du monde, en plus d’avoir participé à deux olympiades au cours de sa carrière de 20 ans. « Mais cela ne signifie pas pour autant qu’un gardien plus agressif ne peut jouer sur une grande surface. »

    Burke, tout comme le gardien de but Martin Biron, qui a récemment pris sa retraite, ont été clairs au sujet du fait que la profondeur du positionnement d’un gardien de but ne devrait pas être le seul facteur pris en considération. En fait, cela devrait être contrebalancé par certains autres facteurs quand vient le temps de sélectionner un gardien en vue des Jeux olympiques.

    Mais Burke et Biron, qui ont tous deux adopté un positionnement plus conservateur plus tard dans leur carrière sous la tutelle de l'actuel entraîneur des gardiens des Rangers, Benoît Allaire, croient également que l'adaptation à une plus grande patinoire sera plus facile pour les gardiens de but qui jouent plus profondément dans leur filet.

    « Celui que j’avais comme gardien no 1 sur ma liste pour le Canada était Mike Smith et c’était pour cette raison; son positionnement plus profond dans son style de jeu », a affirmé Biron, qui s’est retiré en tant que membre des Rangers cette saison, après une carrière de 16 ans dans la LNH. Il œuvre maintenant en tant qu’analyste tant pour RDS et TSN que pour MSG Network. « Je regarde les gardiens de but qui ont bien fait au Championnat mondial junior sur de grandes glaces ou aux Jeux olympiques sur une grande patinoire et à l’inverse, certains des gardiens qui n'ont pas obtenu de bons résultats sur de grandes patinoires, c'est de là que provient cette théorie. »

    L’ancien coéquipier de Biron à New York, Henrik Lundqvist, a remporté l'or aux Jeux de Turin, la dernière fois que le tournoi a été disputé sur une grande patinoire, en 2006. Sans surprise, Lundqvist joue aussi profond que n'importe quel gardien de but au monde. Pour Biron, cependant, la théorie vient aussi de l'expérience personnelle, qui n’a pas été couronnée de succès la plupart du temps, en commençant par le Championnat mondial junior en 1997.

    « J'ai vraiment bien joué au Canada en me préparant lors du camp d'entraînement, et quand je suis allé là-bas j'ai eu un match d'exhibition et j'ai été absolument terrible, a dit Biron. J’ai été retiré au milieu de la deuxième période parce que je ne pouvais pas être à l'aise avec mes angles, je ne pouvais pas lire le jeu et anticiper à quel endroit les gars allaient se retrouver et c'était vraiment difficile. »

    Ça n’a pas été plus facile près de 15 ans plus tard, lorsque les Rangers ont ouvert la saison 2011-12 avec une séquence de deux semaines en Europe.

    Biron a donné neuf buts à son premier départ dans un match préparatoire.

    « Je me sentais comme si j'avais un filet de soccer derrière-moi, a-t-il mentionné. Je ne pourrais pas dire si j’ai été trahi par les angles ou non. Je peux donc certainement dire que c'est un ajustement. Certains gardiens de but s’adaptent plus rapidement que d'autres, mais avec la pression supplémentaire qui vient avec les Jeux olympiques, je pense vraiment que ça va être une situation délicate. »

    Les choses devraient être un peu moins compliquées pour les gardiens qui ne se promènent pas trop loin de leurs poteaux et qui ne se positionnent pas au-delà de leur demi-cercle.

    « Le plus loin vous êtes, le plus d'espace vous aurez à parcourir pour récupérer et le plus de terrain vous aurez à couvrir », a déclaré Burke, qui travaille avec Hockey Canada et qui a été consulté par Steve Yzerman, directeur général du Canada pour les Jeux de Sotchi. « Donc, le fait de jouer plus profondément vous donne l'avantage d'être en mesure d’effectuer des déplacements latéraux de façon plus rapide. »

    Burke a vite fait de souligner les avantages des déplacements plus courts selon le style de l'équipe que vous affrontez et leur déploiement en attaque. Il se souvient d’avoir eu à reculer contre les Russes lors de ses débuts avec l’équipe nationale du Canada, parce que « si vous étiez vraiment agressif, ils se passaient tout simplement la rondelle autour de vous ».

    L'ajustement, selon Burke, est de reconnaître que la majorité de l'espace supplémentaire sur une patinoire internationale se retrouve le long des rampes et derrière le filet.

    « Vous devez vous rappeler que la grande glace ne change pas vraiment l’endroit d’où proviennent les chances de qualité, a-t-il évoqué. Pour ce qui est de l’espace supplémentaire, il y a beaucoup de choses qui se passent aux extrémités de la patinoire et dans les coins, ce qui ne se produit pas lors des rencontres dans la LNH. »

    Une partie de l'ajustement pour se sentir plus à l'aise réside dans la capacité à faire des déplacements latéraux sur des jeux qui prennent plus de temps à se développer sur une plus grande glace et d’utiliser ce temps supplémentaire pour lire le jeu, plutôt que de s’inquiéter des jeux le long de la rampe, qui ne constituent pas les menaces qu’elles peuvent représenter dans la LNH.

    « Vous savez qu’éventuellement, le jeu se déplacera vers vous de toute façon, les joueurs doivent tout de même se placer en position de marquer et c'est la clé, a déclaré Burke. Vous voulez être en bonne position et la seule façon de se retrouver en difficulté sur une glace plus grande, c’est si vous vous souciez trop des situations qui ne sont pas dangereuses. »

    Même le demi-cercle peut vous jouer un tour à cet égard, d’après Biron.

    Contrairement au demi-cercle utilisé dans la LNH, qui part directement de la ligne de but près de l'extérieur de chaque poteau, le demi-cercle sur une glace internationale continue dans un arc jusqu’à la ligne de but des deux côtés.

    « Alors, quand vous vous trouvez sur la gauche pour une mise en jeu au point gauche dans la LNH, vous ne voyez pas de peinture bleue à côté de vous, a expliqué Biron. Quand je m’entraînais dans des amphithéâtres qui n’avaient pas les demi-cercles utilisés dans la LNH, j’avais l’habitude d’être pris hors position puisque si j’étais placé en angle, je pouvais encore voir du bleu à côté de moi et j’avais l’impression qu’il me fallait me déplacer un peu plus à gauche pour cette raison.

    « Mais si vous jouez profondément dans votre demi-cercle, ces repères sont différents. Vous touchez simplement à votre poteau et vous le sentez si vous avez à vous déplacer de quelques pouces à gauche ou à droite, ou si vous êtes bien positionné. »

    Burke a réitéré l’idée voulant que le choix des gardiens fondé exclusivement sur la profondeur de leur positionnement soit une erreur, en disant qu’avec la qualité de gardiens candidats à une place aux Jeux olympiques, « ils ne vont pas se laisser berner par un supplément de 15 pieds sur la glace ».

    Cependant, la patience dont Burke a fait mention sur des jeux qui prennent plus de temps à se développer est une chose avec laquelle les gardiens qui jouent déjà profondément sont habitués, tandis que les gardiens de but plus agressifs aiment souvent reculer à mesure que le jeu se présente vers eux. Dans ce cas, un plus grand ajustement peut être nécessaire, parce que le synchronisme est différent sur une glace plus grande.

    « Absolument. Si vous pouvez jouer un peu plus en profondeur sur la glace internationale, alors les gars qui coupent depuis les ailes se retrouvent égarés avec ce supplément de quatre ou cinq pieds depuis la rampe. Vous n'avez pas à les affronter depuis le milieu du demi-cercle, a dit Biron. Si vous jouez juste un peu plus loin, vous pouvez seulement vous reculer dans votre filet et la marge d'erreur est plus grande. »

    Avec si peu de marge d'erreur pour tout gardien de but aux Jeux olympiques, il peut être utile d'examiner tout élément qui procure un avantage.

    « Pour les besoins du raisonnement, je dois dire oui, vous devez considérer un gardien de position, un gardien de but qui joue plus profond, par opposition à un gars qui est plus agressif, absolument, a ajouté Biron. Mais est-ce que cela est parfait à 100 pour cent? Non, ce n’est pas le cas. »

    En observant les candidats au poste de gardien de but pour le Canada et les États-Unis, sur la base de la profondeur où ils se positionnent dans leur demi-cercle, il semble y avoir plus d'équilibre au nord de la frontière, même si elle ne sera pas connue avec certitude jusqu'à ce que les noms figurant sur la liste du Canada soient connus, le 7 janvier.

    Le trio favorisé pour le Canada, qui est formé de Carey Price, Roberto Luongo et Mike Smith, pourrait fournir un mélange parfait. Smith émule l'approche du positionnement près de la ligne de but préconisée par Lundqvist de la Suède, Luongo se positionne aux trois-quarts de son demi-cercle depuis quelques années, et Price, même si c’est moins le cas sous la férule de l’entraîneur des gardiens Stéphane Waite, est positionné avec le bout des patins à l’extérieur de son demi-cercle.

    Burke croit que c'est « trop penser ».

    « La façon dont Smith joue, il n’aura pas vraiment d’ajustements à faire quand il arrivera sur une grande patinoire, a déclaré Burke. Mais Carey a beaucoup d'expérience et je pense que ses ajustements viendront automatiquement, tout simplement parce qu’il est un bon joueur et je pense qu’il peut lire le jeu et qu’il le comprend. »

    Les États-Unis ont nommé leur alignement le 1er janvier avec Ryan Miller des Sabres de Buffalo, Jonathan Quick des Kings de Los Angeles et Jimmy Howard des Red Wings de Detroit désignés comme les gardiens de but.

    Pour ce qui est du style de jeu, c’est un trio agressif.

    Miller et Howard jouent en dehors de la surface bleutée, mais Quick, qui se remet d’une longue blessure à un pied, est le plus agressif.

    Biron voit Quick comme le no 1, mais a admis « qu'il pourrait être celui qui aura du mal avec une plus grande glace. S'il arrive à apporter les ajustements, il sera bon, mais s'il commence à s’égarer, là-bas, il pourrait avoir l’impression de nager dans une bien grande piscine ».