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    Bouchard : Mes choix pour l’équipe olympique canadienne

    dimanche 2013-12-22 / 6:00 / Jeux de Sotchi 2014

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard : Mes choix pour l’équipe olympique canadienne
    Bouchard : Mes choix pour l’équipe olympique canadienne

    J’ai expliqué la semaine dernière en quoi la candidature de P.K. Subban était pertinente pour l’équipe canadienne à Sotchi. À quelques semaines de la sélection finale et question d’alimenter les conversations pendant le congé des fêtes, nous allons cette semaine nous attarder à la composition possible de l’équipe canadienne. Fin juillet, Hockey Canada a invité 47 joueurs à son camp préparatoire. Je vous propose donc de revisiter cette liste à la faveur des performances de ces joueurs depuis le début de la saison. J’en profiterai pour vous faire part de mes propres choix.

    Nous utiliserons quelques indicateurs simples permettant de comparer rapidement ces joueurs entre eux et au reste de la ligue, indicateurs tirés de l’excellent site Extra Skater. Ces indicateurs sont les suivants :

    Le temps de glace des adversaires affrontés : exprimé en pourcentages, la part du temps de glace des équipes adverses qui est accaparée par les joueurs affrontés. Ainsi, un score de 30 pour cent veut dire qu’en moyenne, les adversaires d’un joueur sont sur la glace pour 30 pour cent du temps des matchs disputés par ces équipes. Les meilleurs joueurs étant aussi les plus utilisés, on comprendra que plus le score des adversaires affrontés est plus élevé, meilleurs sont les joueurs affrontés. Ryan Suter, du Wild du Minnesota, est le joueur le plus utilisé de la LNH; il est sur la glace pour 48,2 pour cent des minutes jouées par son équipe. Sidney Crosby est l’attaquant le plus utilisé, jouant 36,7 pour cent des minutes écoulées par son équipe.

    Le différentiel des tirs au filet, relatif au reste de l’équipe : désigné sous le terme de « Fenwick % », le différentiel relatif des tirs au filet se veut une mesure de l’impact qu’un joueur a sur le temps de possession de la rondelle de son équipe, basée sur les tirs et tirs manqués à forces égales. Ce différentiel est exprimé en pourcentage. Loui Eriksson, des Bruins de Boston, affiche ainsi un différentiel de +11,4 pour cent; lorsqu’il est sur la glace, les Bruins obtiennent 61,5 pour cent des tirs, contre 50,1 pour cent lorsqu’il n’y est pas.

    Le différentiel des mises en jeu par zone, relatif au reste de l’équipe : calculé comme le différentiel des tirs au filet, ce pourcentage nous permet de voir si un joueur donné a été surexposé par son entraîneur aux missions offensives ou aux missions défensives.

    Les attaquants

    Comme dans toutes les formes de classement des joueurs, il y a Crosby et il y a les autres. La liste ci-dessus est organisée de sorte que ce sont les attaquants qui sont parmi les meilleurs dans les trois catégories qui sont en premier. Ainsi, parce que Crosby a le deuxième plus haut degré de difficulté des adversaires affrontés, le 5e meilleur différentiel de tirs et le 5e plus bas différentiel de mises en jeu en zone offensive, il arrive en tête de liste. L’histogramme ci-dessous montre ce classement de chaque joueur sous forme graphique, ce qui facilite la compréhension des données.

    Kunitz, sbire attitré de Crosby depuis quelques saisons maintenant, le suit de près. Je trouve aussi fort significatifs les classements de Patrice Bergeron et Jordan Staal. Ce sont deux centres utilisés dans des tâches défensives similaires, c’est-à-dire que leur entraîneur ne se soucie pas nécessairement de les coller aux meilleurs éléments adverses, mais se fie continuellement sur eux pour éteindre les feux en zone défensive, ce dont ils s’acquittent avec efficacité, comme en témoignent leurs excellents différentiels de tirs par rapport à leurs équipes respectives. L’autre Staal, Eric, nous montre l’autre morceau de l’équation : s’il prend beaucoup de mises en jeu en zone offensive relativement au reste de son équipe, il est aussi un des joueurs les plus exposés aux meilleurs éléments adverses.

    La sélection du groupe d’attaquant est pour le moins complexe, parce qu’on y retrouve non seulement un grand nombre de joueurs de talents, mais aussi une surabondance de joueurs de centres. Voici ma sélection d’attaquants :

    Attaquants
    James Neal Sidney Crosby Corey Perry
    John Tavares Jonathan Toews Matt Duchene
    Patrick Marleau Logan Couture Claude Giroux
    Eric Staal Jordan Staal Patrice Bergeron
    Ryan Getzlaf Patrick Sharp

    Crosby, bien entendu, pilote le premier trio. James Neal joue souvent avec lui et est, à mon sens, largement supérieur à Chris Kunitz. Corey Perry est un fantastique buteur et se doit à mon sens de flaquer l’aile droite du meilleur joueur au monde. Mon deuxième trio est un peu une courtepointe; s’il est risqué de mettre deux centres à l’aile, je considère que le niveau d’habiletés des joueurs en question est susceptible (c’est un euphémisme, je sais) de compenser. Mon troisième trio est bâti autour du duo Couture-Marleau, qui connaît une saison remarquable au plan offensif malgré le fait qu’ils ont à remplir de lourdes tâches défensives. Claude Giroux joue désormais au centre, mais a prouvé par le passé qu’il savait y faire à l’aile droite. Mon quatrième trio, à vocation « défensive » (faut le dire vite…), est bâti pour prendre charge des missions défensives que ne peuvent prendre Couture et Marleau.

    J’ai choisi Getzlaf et Sharp comme réservistes parce qu’en plus d’être d’excellents joueurs, ils ont énormément joué avec Perry et Toews, respectivement. Si les choses tournent mal, ces deux joueurs donnent alors la possibilité d’apporter un supplément de cohésion à l’équipe.

    Les défenseurs

    Le classement cumulé nous réserve une surprise en la personne de Marc-Édouard Vlasic. Celui-ci connaît effectivement une excellente saison, mais un grain de sel doit être ajouté : il joue beaucoup avec Couture et Marleau, ce qui dope ses résultats. Une autre surprise : Keith et Seabrook, duo de défenseurs vedettes des Blackhawks de Chicago, sont en fin de classement. S’ils performent mieux que le reste de leur excellente équipe aux tirs, c’est notamment parce qu’ils sont aussi moins systématiquement exposés aux meilleurs éléments adverses et, surtout, bénéficient d’un apport favorable de mises en jeu en zone offensive, résultat de l’émergence de Johnny Oduya et Niklas Hjalmarsson comme duo à vocation défensive. L’histogramme nous permet de mieux mesurer la chose.

    De manière générale, la sélection des défenseurs est rendue complexe par la surabondance d’excellents défenseurs droitiers. Voici mes choix :

    Défenseurs
    Duncan Keith Brent Seabrook
    Jay Bouwmeester Alex Pietrangelo
    Dan Hamhuis Shea Weber
    Drew Doughty P.K. Subban

    J’accorde une grande importance à la familiarité des défenseurs. C’est pourquoi je privilégie des duos bien installés pour les deux premières paires. Reste que Hamhuis (un défenseur sous-estimé) et un des trois droitiers (Subban, Weber et Doughty) peuvent aller gober des minutes à un des deux premiers duos. Je dois par ailleurs dire que les classements de Dion Phaneuf m’ont fait hésiter. Le capitaine des Maple Leafs subit une charge de travail effroyable, mais sans l’appui d’un véritable trio défensif étoile à l’image de Couture, Marleau et Kennedy, ou encore Bergeron, Marchand et Eriksson. On surestime parfois les joueurs étoiles des bonnes équipes pour les mêmes raisons qui nous rendent suspicieux de joueurs comme Phaneuf : un bon joueur doit jouer avec d’autres bons joueurs pour vraiment s’affirmer. Si Phaneuf est de l’équipe qui va à Sotchi, je n’en ferai certainement pas une syncope.

    Les gardiens de but

    Les indicateurs que j’ai utilisés pour les joueurs de position de tiennent pas pour les gardiens. En fait, outre le travail fait par Chris Boyle sur la qualité des tirs reçus par différents gardiens de but (je vous encourage fortement à consulter la série d’articles qu’il a écrits sur ce sujet), nous n’avons que peu de données nous permettant d’évaluer correctement le travail des cerbères de la LNH. C’est pourquoi je me permettrai ici des choix fort peu originaux :

    Gardiens
    Carey Price
    Roberto Luongo
    Josh Harding

    Price et Luongo sont des gardiens établis. À mon sens, Price devrait être le gardien partant, il me semble supérieur à Luongo. Mais la différence entre ces deux-là reste relativement mineure. Josh Harding est un choix un peu plus étrange. Gardien arrivé sur le tard dans la LNH et longtemps coincé derrière Nicklas Backstrom, Harding a obtenu d’excellents résultats dans la Ligue américaine de hockey et connait désormais un franc succès avec le Wild. Il ne touche probablement pas la glace du tournoi, mais reste une excellente police d’assurance.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

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