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Bouchard: L’importance de la qualité des tirs versus la quantité

dimanche 2013-12-01 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

Chaque saison, un débat ressurgit : est-ce qu’un club peut contrôler la qualité des tirs accordés à ses adversaires sans se préoccuper de la quantité de tirs accordés? Tous les clubs recueillent à chaque match nombre d’informations pour leur usage interne, dont notamment les chances de marquer. Quoi que la définition de ce qui constitue une chance tende à varier d’un observateur à l’autre, on compte généralement comme une chance un tir provenant de l’enclave, soit la zone située entre les deux points de mise en jeu et à l’intérieur du sommet des cercles de mise en jeu.

La LNH calcule, pour chaque but, tir au but et tir manqué, la distance parcourue par la rondelle. Ces informations, enregistrées dans le feu de l’action ne sont pas toujours très précises. Chris Boyle en fait d’ailleurs, dans cet article présentant son propre projet d’évaluation de la qualité des tirs au but, une critique fort instructive. Ayant moi-même compilé les chances de marquer pour les matchs du Canadien de Montréal au cours des quatre dernières saisons, j’ai souvent constaté que, si les indicateurs de distance compilés par la LNH sont généralement précis, les erreurs sont suffisamment fréquentes pour justifier qu’on utilise ces données avec soin. Sur ce point, le blogue habswatch.com est arrivé à la conclusion que la barrière des 25 pieds de distance est l’indicateur le plus fiable de tirs dits « dangereux ». Ayant comparé le résultat de ces compilations avec mes propres données sur les chances de marquer, ce compromis me semble acceptable et nous permet de faire un bref tour d’horizon des performances des différents clubs de la LNH.

Tout d’abord, lorsqu’on observe les données à l’échelle de la LNH, certains éléments ressortent. Les tirs au but provenant de moins de 25 pieds du filet sont en effet à l’origine de la majorité des buts marqués dans la LNH, et ce même s’ils ne représentent que le tiers des tirs générés.

On comprend, à regarder le tableau ci-dessus, pourquoi toutes les équipes cherchent à contrôler si jalousement la zone payante située devant leur filet. Lorsqu’on ventile les tirs ayant parcouru 25 pieds et moins en fonction de la situation de match, un deuxième élément apparaît : seuls les avantages numériques de deux hommes permettent aux équipes d’aller chercher un réel avantage au taux de conversion.

Le texte de Chris Boyle cité plus haut nous donne une explication fort pertinente à ce sujet. À 3 contre 5, l’équipe défenderesse ne possède tout simplement pas assez de joueurs pour contrôler correctement les mouvements latéraux de la rondelle. Or, c’est lorsqu’une équipe force un gardien à opérer ces déplacements que les chances de marquer sont les plus susceptibles d’être converties en buts. Notons tout de même que la part des tirs provenant de la zone payante augmente aussi tôt que l’on diminue le nombre de joueurs sur la glace, incluant les situations de 4 contre 4.

Mais la question de départ demeure : existe-t-il des clubs qui, dans la LNH, sont capables de baser leur réussite sur une capacité supérieure à gérer la qualité plutôt que la quantité de tirs générés pendant un match? En un mot comme en mille : non. Le tableau suivant montre à quel point la capacité à déclasser l’adversaire aux tirs est, dans la LNH d’aujourd’hui, la façon par laquelle les meilleurs clubs se démarquent des plus faibles. L’impact de l’avantage aux tirs est en effet beaucoup plus grand que celui de la capacité d’un club donné à générer plus de tirs de qualités et à accorder moins de tirs de qualité. On y voit donc ce qui, dans la part du différentiel réel des buts marqués par chaque équipe, toutes situations confondues, dépend de la qualité et de la quantité des tirs générés. Les équipes sont classées en fonction de leur capacité à conserver l’avantage aux tirs vers le filet lorsque le score est serré, indicateur généralement fiable de la capacité d’un club à remporter ou non la majorité de ses matchs.

Les nombres représentent le nombre de buts générés par le club par rapport à la moyenne de la LNH pour une catégorie donnée. Ainsi, les Blackhawks ont, par les tirs de moins de 25 pieds accordés, concédé 0,2 buts de plus à l’adversaire qu’un club qui aurait concédé une quantité moyenne de tirs de ce type (soit 34 pour cent des tirs accordés). Pareillement, ils ont, grâce à leur capacité à générer plus de tirs de 25 pieds ou moins, obtenu 0,2 buts de plus que ce qu’un club moyen aurait eu et ils ont cumulé, grâce à leur capacité à déclasser l’adversaire aux tirs, 16,3 buts de plus qu’un club moyen.

Les différences entre les totaux réels (la dernière colonne de droite) et la colonne « Avantage cumulé » s’expliquent principalement par les performances des différents clubs aux pourcentages, un sujet que nous avons abordé dans cette chronique la semaine dernière. Ce qui nous intéresse aujourd’hui se trouve donc dans les trois premières colonnes, plus particulièrement dans la comparaison entre les deux colonnes « Tirs de 25 pieds et moins » et la colonne « Différentiel de tirs ».

Premièrement, les tirs de 25 pieds et moins font ressortir au premier chef la capacité défensive des clubs. Les différentes équipes de la LNH affichent en effet généralement une capacité fort limitée à générer des tirs, les meilleurs de la ligue cueillant dans les trois buts sur le total de la saison. C’est relativement peu comparativement aux marges de cinq à sept buts concédés en plus ou en moins que l’on retrouve avec une certaine fréquence (neuf des clubs de la LNH sont dans cette catégorie) et c’est largement inférieur à l’impact des différentiels de tirs. En fait, on pourrait signifier ainsi notre premier constat : la capacité d’un club à générer un plus grand nombre de tirs de qualité semble avoir un impact décisif pour quelques clubs seulement, principalement groupés en milieu de peloton dans les classements par indicateur de possession.

Les Islanders de New York sont l’exemple parfait : les performances effroyables de leurs gardiens de but semblent correspondre à une réelle incapacité à empêcher l’adversaire de tirer à bout portant. Ceci explique cela? Attendons encore un peu, les saisons sont longues. Mais les indices pointent en ce sens.

Le bas du classement montre l’impact des gardiens de but sur les performances des clubs : les Maple Leafs et les Oilers semblent avoir une capacité identifiable à ne pas concéder beaucoup de tirs de qualité alors que les Sabres et les Hurricanes semblent les plus fragiles sur ce point. À l’inverse des Islanders, le milieu du peloton fait ressortir ce qui semble être une solide performance défensive des Flyers. Bien qu’encore loin au classement, Philadelphie joue dans une division faible et on doit surveiller leur prochain mois, ils semblent avoir en main certains atouts pour progresser.

Plus on monte au classement, plus l’avantage aux buts coïncide avec celui aux indicateurs de buts. Des huit clubs ayant le meilleur différentiel de buts, 5 occupent les 5 premières places à ce classement et seuls les Sharks semblent posséder une réelle aptitude à influer sur la qualité des lancers accordés.

Il y a là un message, mainte fois rapporté en ces pages : si les tirs de qualité font les bulletins de fin de soirée, c’est sur la quantité que les meilleurs clubs se démarquent aujourd’hui.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

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