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Ryan Suter apprécie au plus haut point son temps d’utilisation

mardi 2013-11-19 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Myers - Correspondant LNH.com

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Ryan Suter apprécie au plus haut point son temps d’utilisation
Ryan Suter apprécie au plus haut point son temps d’utilisation

ST. PAUL, Minnesota – Le défenseur Ryan Suter, du Wild du Minnesota, pourrait être considéré comme une sorte de relique du passé.

Bien que la plupart des entraîneurs en chef de la LNH tentent de réduire la charge de travail de leurs meilleurs défenseurs, le temps d’utilisation de Suter continue d’augmenter.

La science et la technologie ont fait de l’entraînement spécifique à un sport une activité qui dure toute l’année, mais Suter apprécie les bonnes vieilles méthodes du travail manuel.

Les défenseurs qui jouaient 30 minutes semblent chose du passé, mais Suter pourrait au moins menacer cette marque cette saison. Suter maintient une moyenne de 29:36 par match et il domine la LNH au chapitre du temps d’utilisation, deux minutes de plus que son plus proche poursuivant.

Suter a été utilisé plus de 30 minutes dans 10 matchs cette saison. Trois fois dans trois matchs consécutifs du 7 au 13 novembre, Suter a joué plus de 35 minutes (deux fois 36 minutes). Au cours de cette séquence, Suter a joué 108:19, le plus grand temps d’utilisation d’un joueur en trois matchs depuis qu’Elias Sports Bureau a commencé à tenir cette statistique en 2000.

Ryan Suter
DÉfenseurs - MIN
Buts: 0 | Aides: 13 | Points: 13
Tirs au but: 40 | Différentiel: 2

Si Suter maintient une moyenne supérieure à 30 minutes, il deviendrait le premier joueur à réussir officiellement cet exploit. Chris Pronger avait conservé une moyenne de 30:14 avec les Blues de St. Louis en 1999-2000 avant que le temps d’utilisation ne devienne une statistique officielle.

« Je considère que plus que je joue, mieux que je joue, a dit Suter. Je ne suis pas fatigué sur la glace, je tente de mieux jouer à ma prochaine présence. Dans le feu de l’action, je ne pense pas à la fatigue. »

Et c’est exactement ce que les défenseurs de la LNH pensent quand il est question du temps d’utilisation de Suter.

« Je suis content de ne pas être autant utilisé », a dit le défenseur Brian Campbell, des Panthers de la Floride, qui a mené la ligue au chapitre des minutes jouées en 2011-12 à sa septième saison dans la LNH. « C’est beaucoup de minutes. Je l’ai fait pendant un certain temps et ça affecte ton jeu. À un moment donné, tu frappes un mur et tu commences à ralentir. Mentalement, tu dois vraiment être dans le jeu. »

« Je suis fatigué simplement à y penser », a ajouté le défenseur Tom Gilbert, des Panthers, un bon ami de Suter et un ex-coéquipier avec le Wild et à l’Université du Wisconsin.

À sa neuvième saison dans la LNH, Suter a vu une augmentation progressive de son temps d’utilisation à presque chaque saison.

En 2008-09, Suter a joué en moyenne 24:15, ce qui le classait au 27e rang de la ligue. En 2010-11, Suter figurait dans le top 10. En 2011-12, à sa dernière saison avec les Predators de Nashville, il a terminé au troisième rang avec 26:30.

La saison dernière, sa première avec le Wild, Suter a dominé la ligue avec une moyenne de 27:16. Cette saison, il maintient une moyenne de deux minutes de plus après 21 matchs. S’il conserve ce rythme, Suter deviendrait le premier joueur depuis Nicklas Lidstrom et Adrian Aucoin en 2002-03 à conserver une moyenne de temps d’utilisation d’au moins 29 minutes par match pendant une saison complète.

Ce n’est pas seulement le nombre considérable de minutes jouées. Suter forme le premier duo en compagnie du joueur de deuxième année Jonas Brodin (qui est aussi parmi les meneurs de la ligue au chapitre du temps d’utilisation) et il est aussi un rouage important en avantage et en désavantage numérique.

Durant la séquence de trois matchs au cours desquels il a joué plus de 35 minutes, les trois rencontres ont été décidées en tirs de barrage. Ce n’était pas inhabituel pour Suter de jouer trois ou même quatre minutes en prolongation.

« À Washington (7 novembre), nous étions en avantage numérique, j’ai quitté la glace et il est demeuré sur la patinoire », a déclaré l’attaquant Jason Pominville du Wild. « Après un certain temps sur le banc, je me suis retourné et je l’ai vu monter avec la rondelle et je me suis dit : ‘Mon Dieu, Suter est encore sur la glace.’ Ce n’est pas croyable. »

L’entraîneur en chef du Wild, Mike Yeo, a constaté la même chose à quelques reprises.

« On a regardé les statistiques après deux périodes, et il avait déjà joué 20 minutes, ce qui est énorme. Puis, il a joué un autre 15 ou 16 minutes en troisième et en prolongation. C’est ahurissant, a dit Yeo. Quand on a regardé les statistiques après le match et combien il avait bien joué à la fin, c’était encore plus fantastique. »

Comment se porte un joueur après avoir joué tant de minutes? Et comment un joueur réussit-il à faire cela d’une façon constante match après match? Ça prend un joueur spécial et des habiletés spéciales pour accomplir cela.

« Simplement de la manière qu’il joue, il est le genre de joueur qui économise bien son énergie, a dit Gilbert. Ça prend un joueur spécial pour être capable de faire cela. »

Ce n’est pas une option pour Suter d’être fatigué, car il a dit qu’il tente de jouer de façon plus intelligente quand il joue plusieurs minutes.

« Au lieu d’effectuer des montées et de faire des jeux, je reste un peu à l’arrière et je reprends mon souffle, a révélé Suter. À la présence suivante, je peux attaquer et créer des jeux. »

Pendant l’entre-saison, il est essentiel de recharger ses batteries, surtout pour un joueur comme Suter qui joue de nombreuses minutes. Apparemment, le repos et la détente ne signifient pas la même chose pour lui que pour la plupart des autres joueurs.

À la suite de la saison écourtée de 48 matchs et de cinq rencontres éliminatoires au printemps dernier, Suter est retourné à sa ferme en banlieue de Madison au Wisconsin, et il a accompli plusieurs tâches autour de sa propriété.

Il a commencé à défaire son entrée et son portique devant la porte principale afin que l’on puisse couler du béton. Après cela, il a transporté du bois avec son tracteur et il a repeint une clôture longue de 500 pieds… à la main.

« J’ai été le démolisseur, a déclaré Suter. Je voulais simplement épargner un peu d’argent. »

Suter, qui en est à sa deuxième saison d’un contrat de 13 ans d’une valeur de 98 millions $, aurait facilement pu trouver quelqu’un pour faire les travaux à sa place, mais ce n’est pas son genre.

« Ça me tient loin du train-train quotidien d’un joueur de hockey. Faire ces travaux, me permet de m’éloigner de tout cela, a dit Suter. Certains joueurs aiment jouer au golf, d’autres aiment la plage, moi, je saute sur mon tracteur et je me libère l’esprit.

« J’aime faire ces travaux, ça me relaxe. »

C’est la même attitude terre à terre sur la glace qui a permis à Suter de devenir l’un des meilleurs défenseurs de la LNH. Imperturbable sur la glace et tranquille, presque gêné, à l’extérieur de la patinoire, Suter fait tout ce qui est possible pour éviter les projecteurs, une tâche qui jusqu’à ce point dans sa carrière, a été assez facile à faire.

Il est le fils de Bob Suter, qui a joué sous les ordres de Herb Brooks au sein de la formation américaine ‘Miracle sur glace’ qui a remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques de 1980. Il est aussi le neveu de Gary Suter, qui a été choisi à quatre reprises au sein de l’équipe d’étoiles de la LNH et qui a gagné la Coupe Stanley avec les Flames de Calgary. Ryan a passé les sept premières saisons de sa carrière dans la ligue sous l’ombre de Shea Weber dans la brigade défensive des Predators. Weber était, et il est toujours, un candidat annuel pour l’obtention du trophée Norris, remis au meilleur défenseur de la ligue.

« C’est parfait, a dit Suter. Il obtenait toute l’attention, toutes les accolades et c’est parfait pour moi. C’est évidemment excitant d’être considéré pour le trophée Norris (Suter a fini au deuxième rang derrière P.K. Subban de Canadien de Montréal la saison dernière), mais ce n’est pas un objectif en tant que tel pour moi au début de chaque saison. Je tente de tout donner et de gagner des matchs. »

Malheureusement pour Suter, ses jours dans l’ombre sont probablement chose du passé. Universellement reconnu comme l’un des meilleurs défenseurs sur la scène mondiale, Suter participera à ses deuxièmes Jeux olympiques à Sotchi en février.

En plus de son temps d’utilisation, Suter totalise 13 assistances, ce qui le place parmi les meneurs chez les défenseurs. Il sera assurément encore une fois un candidat pour le trophée Norris.

À court terme, Yeo a fait savoir qu’il ne sera pas possible de continuer à utiliser autant Suter comme il l’a fait au cours de la dernière séquence. Mais, il a admis qu’il était difficile de gérer son temps d’utilisation dans les matchs serrés. Le Wild, qui jouera contre le Canadien mardi soir (19 h 30, RDS), a remporté ses quatre derniers matchs et ses cinq dernières rencontres se sont terminées par la marge d’un but.

« Si on pouvait prendre une avance de plus de deux buts dans un match, je pourrais limiter un peu plus son temps de glace », a dit Yeo.

Campbell a ajouté : « L’aspect qui est inquiétant avec lui ce sont les séquences de matchs consécutifs ou des séries de huit matchs en 12 soirs. Je sais, j’ai joué des saisons où j’ai été trop utilisé. J’étais fatigué et je devais conserver mon énergie à l’extérieur de la patinoire. On ne peut pas jouer à notre meilleur calibre comme on le souhaiterait soir après soir. »

Campbell a dit que jouer 30 minutes pour lui et regarder Suter jouer 30 minutes est complètement différent. En raison de son style de jeu, Campbell a déclaré qu’il devait travailler plus fort et qu’il dépensait plus d’énergie que Suter pour se placer en bonne position dans sa zone. Campbell avait tendance à foncer plus profondément en zone offensive et il prenait plus de chances.

« Il sait comment bien doser son jeu. Il sait quand foncer et quand acheter du temps et relaxer sur la glace », a dit l’entraîneur-adjoint du Wild, Darryl Sydor, un vétéran de 17 saisons et de 1291 matchs dans la LNH. « Les défenseurs de qualité sont tous différents, et Ryan sait comment utiliser son partenaire et ses coéquipiers. On ne le cherche pas toujours pour qu’il transporte la rondelle. »

Suter a mentionné que ce qu’il fait repose sur la force mentale.

« Tout le monde peut jouer 30 ou 35 minutes, a dit Suter. Je tente de ne pas trop penser à cela. »

Travailler dur est la marque de commerce de Suter durant les étés à sa ferme, mais l’aspirant fermier est à son mieux quand il fait paraître facile son travail sur la glace. Ultimement, le secret de Suter est de joueur plusieurs minutes.

« Je tente de prendre du recul et de laisser le jeu se développer, a mentionné Suter. Je tente d’être à l’endroit avant que le jeu s’y déplace, afin de travailler moins fort. »

 

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