Nous avons mis à jour nos Conditions d'utilisation et notre Politique de confidentialité.  En continuant d'utiliser les services en ligne de la LNH, vous acceptez ces documents mis à jour et l'arbitrage de différends.
Bienvenue |Compte|Déconnecter 
NOUVEAUTÉ! SE CONNECTER AVEC VOTRE PROFIL DES MÉDIAS SOCIAUX
OU
Nom d’utilisateur ou courrielMot de passe
 

Bouchard: Quels joueurs sont les préférés des entraîneurs?

dimanche 2013-11-17 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

Partagez avec vos amis


Bouchard: Quels joueurs sont les préférés des entraîneurs?
Bouchard: Quels joueurs sont les préférés des entraîneurs?

Quels joueurs ont à accomplir, soir après soir, les tâches les plus difficiles? On sait que tous ne sont pas égaux et lorsqu’on y regarde de près, on ne peut que constater que les entraîneurs eux-mêmes portent une attention toute particulière à l’identité de ceux qu’ils envoient sur la glace dans une situation donnée. Les choix stratégiques qui résultent de ces attentions sont parfois difficiles à déceler au fil d’un match, mais on peut utiliser certains indicateurs pour se faire une idée des tendances affichées par les différents pilotes de la LNH. Parmi ces indicateurs, la distribution des zones de mises en jeu et l’utilisation des confrontations sont les plus utilisées.

Mises en jeu et confrontations

On prête généralement une grande importance à l’identité du joueur remportant une mise en jeu. Mais lorsqu’on y regarde de plus près, on constate que la présence sur une mise en jeu donnée est souvent associée à la zone dans laquelle cette mise a lieu. Les marqueurs talentueux sont ainsi souvent appelés à prendre des mises en jeu en zone adverse alors que les spécialistes de la défensive vont plutôt prendre des mises aux côtés de leur gardien, quitte à s’en retourner au banc sitôt la rondelle sortie de leur territoire.

La gestion des confrontations reflète aussi les choix et les préférences des entraîneurs. S’il n’est pas toujours possible de coller un joueur à un adversaire précis, on constate néanmoins que certains joueurs sont tenus systématiquement à l’écart des meilleurs éléments adverses, alors que d’autres sont au contraire constamment appelés à se coller à ces mêmes adversaires. Un site comme shiftchart.com permet ainsi de constater le ballet des assignations pour chaque match disputé. Mais comment identifier les meilleurs? Des sites comme extraskater.com et behindthenet.ca vont utiliser le différentiel de tirs des joueurs affrontés. Plus un adversaire est apte à déclasser ses opposants aux tirs, plus on le considère dangereux.

Personnellement, j’aime utiliser le temps de glace à 5 contre 5. C’est dans cette situation, la plus courante d’un match de hockey, que tous les joueurs sont susceptibles d’être utilisés, ce qui impose le plus nettement le nécessaire jeu des confrontations. Les meilleurs y sont systématiquement plus utilisés et s’ils réussissent à mettre la patte sur les éléments plus vulnérables du club adverse, ils sont souvent capables d’en tirer profit. En colligeant les feuilles de présence publiées pour chaque match de la LNH, on peut déterminer, à l’échelle d’une saison, jusqu’à quel point se joue ce jeu des confrontations.

Pour évaluer les différences d’usage entre les clubs depuis le début de la présente saison, j’ai identifié pour chaque match disputé les six attaquants les plus utilisés par chaque club. Le temps passé contre ces attaquants nous donne donc, à l’échelle de la saison, une idée simple et claire des responsabilités des différents joueurs. Il faut le souligner, la distribution des tâches varie grandement d’un club à l’autre ainsi qu’en fonction des positions.

Les défenseurs

Le graphique suivant nous montre comment les 30 clubs ont utilisé leurs défenseurs réguliers (minimum 150 minutes jouées) depuis le début de la saison. On y retrouve 3 indicateurs :

En bleu, l’écart aux mises en jeu : il s’agit de la différence d’utilisation sur les mises en jeu en zone offensive. Plus la barre est longue, plus l’utilisation des joueurs est différenciée sur le plan de l’attribution des mises en jeu.

En rouge, l’écart aux confrontations : la différence d’utilisation des défenseurs en fonction des joueurs affrontés. Plus la barre est longue, plus l’utilisation des joueurs est différenciée sur le plan des confrontations.

En vert, la différence entre mises en jeu et confrontations : elle nous laisse voir sur quel levier l’entraîneur d’une équipe donnée préfère s’appuyer. Plus la barre tend vers la gauche, plus l’entraîneur s’appuie sur les confrontations et se désintéresse des mises en jeu. Plus la barre tend vers la droite, plus il s’attarde aux mises en jeu au détriment du contrôle de l’identité des joueurs affrontés.

Classé en ordre d’importance de l’écart aux confrontations, ce graphique permet d’identifier trois sous-groupes distincts. Le premier groupe, allant des Predators de Nashville aux Coyotes de Phoenix, voit ses entraîneurs chercher continuellement à assigner leurs meilleurs défenseurs à la couverture des meilleurs éléments adverses. Un deuxième groupe, allant des Rangers de New York jusqu’aux Ducks d’Anaheim, montre des barres rouges systématiquement plus longues que les barres bleues, signe d’un accent relatif mis sur les confrontations, et des barres vertes tirant à gauche, indice d’un certain désintérêt face à la distribution territoriale des tâches. Le troisième groupe, enfin, met clairement l’accent sur la partie territoriale de l’attribution des tâches, quitte à délaisser le strict jeu des confrontations. Je souligne au passage que ces tactiques ne suivent pas le classement; ainsi, le 3e groupe comporte d’excellents clubs de 5v5 (les Sharks, le Wild) et d’autres parfaitement exécrables (les Oilers, les Sabres…).

Le détail de ce premier graphique se confirme lorsqu’on considère le classement des défenseurs ayant les plus rudes assignations à forces égales :


On voit ici à quel point un entraîneur peut s’appuyer lourdement sur un duo de défenseurs : Carl Gunnarson et Dion Phaneuf, Oliver Ekman-Larsson et Zbynek Michalek, Shea Weber et le jeune Seth Jones (à peine 19 ans!). Mais il y a aussi certains duos plus effacés : Niklas Hjalmarsson et Johnny Oduya n’ont pas le profil de Brent Seabrook et Duncan Keith... Brooks Orpik et Paul Martin à Pittsburgh sont dans l’ombre de Kristopher Letang… On voit même poindre Josh Gorges de Montréal qui, avec Raphael Diaz (71 pour cent), occupe discrètement un poste défensif de premier plan.

Inversement, les défenseurs les moins sollicités par les meilleurs éléments adverses sont souvent de jeunes défenseurs offensifs, accompagnés de quelques vétérans, noms connus désormais confinés à un rôle de soutien. Notez à quel point les ratios de mises en jeu en zone offensive sont plus élevés dans ce groupe; les entraîneurs de la LNH n’aiment pas prendre des risques inutiles.

Les attaquants

Parce qu’ils sont plus nombreux et passent individuellement moins de temps sur la patinoire, les effets de confrontation sont souvent plus marqués chez les attaquants. En reprenant les mêmes codes de couleurs (vert, rouge, bleu) qu’au premier graphique, on constate que la distribution des assignations se distingue de manière beaucoup moins marquée chez les attaquants.


Il est intéressant de noter qu’un des deux clubs les plus susceptibles de jouer « force contre force », San Jose, n’use pourtant pas de cette tactique avec leurs défenseurs. L’ensemble des tactiques est ici plus hétérogène, mais je souligne quand même au passage que trois clubs, soit les Rangers, les Oilers et les Blackhawks, mettent un soin particulier à distribuer les tâches sur une base territoriale. Lorsque l’on s’attarde à considérer la liste des joueurs ayant les assignations les plus difficiles, on voit certains trios ressortir du lot.

Tout comme pour les défenseurs, on retrouve au sommet de cette liste un joueur des Maple Leafs (Tyler Bozak), avec Phil Kessel et James van Riemsdyk tout près. Je l’ai souvent souligné dans mes précédents articles, les statistiques donnent systématiquement une image peu flatteuse de l’équipe torontoise. Les données portant sur les confrontations nous montrent à quel point Randy Carlyle, l’entraîneur des Leafs, s’appuie lourdement sur ses meilleurs joueurs. Contrairement à un club comme les Sharks, qui outre les trois joueurs présents sur cette liste ont en réserve le formidable duo Joe Thornton/Tomas Hertl pour animer l’attaque, les Leafs n’ont que bien peu de cartouches en réserve.

Je me permets en terminant une dernière liste, celle des joueurs d’avant ayant les plus faibles indices de compétition (minimum de 100 minutes jouées).

Tom Sestito et Zenon Konopka au Minnesota, Cody McCormick à Buffalo, Erik Condra à Ottawa, John McCarthy et Andrew Desjardins à San Jose, ces joueurs sont des spécialistes de la défensive, comme en font foi leurs faibles ratios de mises en jeu en zone offensive. Mais ce qui ressort surtout de ce groupe, c’est l’importante représentation de joueurs reconnus pour leur robustesse.

On nous rappelle souvent l’importance d’une bonne bagarre pour le moral des troupes et on justifie souvent la présence des joueurs « policiers » par leur capacité à faire régner l’ordre sur la patinoire. Si ces bénéfices sont réels, ils n’en demeurent pas moins intangibles. Si ces joueurs sont des durs, une exposition très limitée aux meilleurs éléments adverses, d’une part et, d’autre part, les importants ratios de mises en jeu en zone offensive qui leurs sont octroyés, laissent entendre que leurs entraîneurs préfèrent ne pas voir ces joueurs trainer trop souvent dans leur propre zone. Ce sont là, à mon sens, des indices tangibles de l’utilité fort limitée de ces joueurs.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

La LNH sur Facebook