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Bouchard : Chercher les rebonds aide à grimper le classement

dimanche 2013-11-10 / 3:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Chercher les rebonds aide à grimper le classement
Bouchard : Chercher les rebonds aide à grimper le classement

On le souligne à chaque diffusion d’un match de hockey, peu importe les commentateurs en place : une équipe fait un bon travail en défensive lorsqu’elle réussit à empêcher l’adversaire de sauter sur les retours de lancer. Les tirs en rafales sont en effet des plus menaçants et leur recension permet de cerner de plus près les performances des équipes à travers la ligue.

De nombreux blogueurs se sont penchés sur la question au cours des dernières années. Tout récemment, Michael Parkatti, blogueur s’intéressant de près aux Oilers d’Edmonton, se fendait sur son blogue d’une analyse détaillée des rebonds, c’est-à-dire des tirs tentés trois secondes ou moins après une première tentative de tir. Les conclusions de Parkatti sont sans appel : ces rebonds ont un taux de réussite de quatre à cinq fois supérieur aux tirs ordinaires.

Un autre blogueur s’attardant généralement aux Oilers d’Edmonton, Tyler Dellow, étudie quant à lui depuis cet été les présences sur la glace des joueurs, cherchant à voir si certains sont plus aptes que d’autres à limiter les tirs contre leur équipe, à stimuler la production offensive de leur équipe et, surtout, à tester les limites de certaines hypothèses aujourd’hui convenues, notamment l’impact des zones de mises en jeu ainsi que des victoires sur les mises en jeu sur la suite du jeu. Sur ce dernier point, ce premier article (avec comparaison Crosby/Ovechkin à la clé) et l’article suivant (plus axé sur la mesure des performances défensives) sont particulièrement éclairants.

Il faut le dire, ces questions sont explorées depuis longtemps; Dirk Hoag, un des pionniers de l’analyse statistique du hockey bloguant quant à lui sur les Predators de Nashville, explorait la question dès l’été 2007. Reprenant principalement les notions évoquées par Parkatti et Hoag, je vais aujourd’hui utiliser les rebonds pour tenter de donner une vision plus raffinée des forces relatives des différentes équipes en ce début de saison.

En effet, le peu de statistiques disponibles constitue un piège pour l’analyste qui serait tenté de se commettre en prédictions lors des premiers moments d’une saison de la LNH. Sur un intervalle de 10 parties jouées, les contingences du moment, soit le nombre de joueurs blessés ou encore la série d’équipes affrontées peut avoir un lourd impact sur les résultats d’une équipe et ce n’est généralement qu’à la mi-saison que l’on commence à vraiment distinguer les tendances lourdes à l’œuvre. Avec pas même un tiers de la saison d’écoulé, il est donc intéressant de croiser les indicateurs pour mieux lire ce que cache le classement général.

L’importance des rebonds

On utilisera donc ici la capacité des équipes à générer des « rebonds », c’est-à-dire à faire suivre un tir vers le filet d’une deuxième tentative dans les trois secondes suivant la première. Reprenant les tirs recensés dans les feuilles de match de la LNH depuis le début de la saison, il y a eu plus de 20 000 tirs au but, tirs manqués et tirs bloqués [je parlerai désormais de tirs vers le filet] en date du 9 novembre, j’ai donc divisé ces événements en trois catégories :

Les tirs : il s’agit d’un tir vers le filet n’ayant été précédé d’aucune autre tentative de tir de la même équipe.

Les tirs enchainés : il s’agit d’un tir vers le filet suivant un tir de la même équipe, mais généré quatre secondes ou plus après le premier tir. Un tir suivant un autre tir, même après plusieurs secondes, représente une chaine de tirs. Est-ce qu’une chaîne ininterrompue de tirs, signe d’une possession prolongée de la rondelle par une même équipe, est susceptible de générer plus de buts? C’est pour répondre à cette question que j’ai isolé les tirs enchainés.

Les rebonds : il s’agit d’un tir vers le filet généré trois secondes ou moins après un premier tir au filet.

Le graphique suivant illustre l’impact de ces trois types de tirs vers le filet :

On voit immédiatement l’impact des rebonds. Depuis le début de la saison, à 5 contre 5, un tir survenant moins de quatre secondes après un premier tir tenté est six fois plus susceptible d’être converti en but. Plus encore, seulement le quart de ces tirs sont manqués ou bloqués. On passe donc de 50 pour cent à 75 pour cent de tirs cadrés.

Au total, l’impact des rebonds est impressionnant : s’ils ne représentent qu’un peu moins de six pour cent des tirs vers le filet, ils représentent près du quart des buts (23,8 pour cent).

Les rebonds au classement

J’ai souvent utilisé la part des tirs vers le filet obtenus par une équipe comme indicateur de la capacité d’une équipe à garder possession de la rondelle. Faire la même chose avec les rebonds, c’est-à-dire regarder quelle est la part obtenue par une équipe du total des rebonds générés pendant un match, permet de mieux identifier les équipes les plus dominantes (et les plus misérables) de la ligue.

Le graphique suivant propose un regard sur les équipes, ordonnées ici en fonction de leur position au classement général. On y retrouve pour chaque équipe deux pourcentages, celui des tirs vers le filet obtenus et celui des rebonds obtenus à forces égales. Les équipes y sont divisées en quatre groupes.

Le premier groupe : constitué des meneurs au classement général et exclusivement d’équipes de l’ouest. Sur ces sept équipes, trois grandes puissances ressortent : St. Louis, Chicago et San Jose dominent aux tirs et aux rebonds, les Sharks ayant une avance particulièrement impressionnante, on doit quand même souligner le grand nombre de matchs disputés contre l’Est par cette équipe. Phoenix et le Colorado font ici figure de parents pauvres, n’ayant l’avantage ni aux tirs, ni aux rebonds. Correction à venir pour ces deux clubs.

Le deuxième groupe : constitué des clubs de tête de l’Est et du Wild du Minnesota. Ces derniers affichent peut-être un retard au classement, mais les pourcentages cumulés laissent entendre qu’on les retrouvera au haut du classement avant longtemps. Tampa et surtout Pittsburgh semblent fondamentalement à leur place alors que les Wings sont en demi-teinte. Ce genre de tableau n’est jamais très flatteur pour les Leafs qui semblent présentement survivre par la seule bonté de leurs gardiens (et de Phil Kessel).

Le troisième groupe : Ce sont les challengers, qui luttent actuellement pour une place en séries. Deux clubs très forts, malchanceux aux pourcentages : Los Angeles (qui mène quand même le peloton) et les Rangers, de toute évidence en pleine remontée après un début de saison catastrophique. Des autres clubs, seuls les Bruins semblent présentement en mesure de courir vers le haut du paquet. Les quatre autres équipes auront certainement à apporter des changements pour se démarquer. Facteur mitigeant : ce groupe a beaucoup joué contre les clubs de l’ouest.

Le quatrième groupe : le peloton de queue. Deux clubs ressortent ici comme susceptibles de remonter la pente. Les Devils sont, aux pourcentages, à rivaliser avec les meilleurs. Ils sont présentement plombés par un faible taux de conversion à forces égales (selon extraskater.com) et une performance en demi-teinte de leurs gardiens. Les Jets sont aussi dans le même bateau, mais à un moindre niveau. Semble que dans leur cas, ce soit surtout le fait de leur conférence et surtout de leur division, comportant quatre clubs dans les deux premiers groupes.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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