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La sagesse et l’innovation de Shero ont fait des Flyers des gagnants

jeudi 2013-11-07 / 10:19 / LNH.com - Nouvelles

Par Adam Kimelman - Directeur adjoint de la rédaction à NHL.com

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La sagesse et l’innovation de Shero ont fait des Flyers des gagnants
Plus de 30 ans après qu’il eut dirigé son dernier match et plus de 20 ans après sa mort, Fred Shero sera reconnu pour ses capacités derrière le banc avec une place au Temple de la renommée du hockey.

Fred Shero est surtout reconnu pour avoir griffonné neuf mots sur un tableau noir dans un vestiaire du Spectrum de Philadelphie une journée de mai 1974.

« Gagnons ensemble aujourd’hui et nous marcherons ensemble pour toujours », était le message et ses Flyers de Philadelphie ont battu les Bruins de Boston 1-0 ce jour-là dans le sixième match de la finale de la Coupe Stanley pour devenir la première équipe de l’expansion à remporter le plus important trophée du hockey.

Les joueurs ont fait plus que remporter un championnat ce jour-là : ils ont créé un lien qui les unit encore fortement près de 40 ans plus tard. Ce fut une leçon que peu ont reconnu à l’époque, mais qu’ils réalisent maintenant qu’elle était prémonitoire.

« On a reconnu bien plus tard, tout ce que Freddie a fait », a déclaré à LNH.com le capitaine des Flyers de l’époque, Bob Clarke.

Maintenant, plus de 30 ans après qu’il eut dirigé son dernier match et plus de 20 ans après sa mort, Shero sera reconnu pour ses capacités derrière le banc avec une place au Temple de la renommée du hockey. Shero sera admis le 11 novembre en compagnie de Chris Chelios, Scott Niedermayer, Brendan Shanahan et Geraldine Heaney.

Après avoir joué pendant 13 ans, principalement dans les ligues mineures, il a joué partiellement avec les Rangers de New York de 1947 à 1950. Il a commencé sa carrière d’entraîneur avec les Canucks de Moose Jaw de la Ligue junior de la Saskatchewan en 1958. Par la suite, il a travaillé au sein de différentes ligues mineures, gagnant le titre de la Ligue internationale avec les Saints de St. Paul en 1959-60, la coupe Calder avec les Bisons de Buffalo de la Ligue américaine de hockey, une équipe-école des Rangers, en 1969-70, et le championnat de la Ligue centrale avec les Knights d’Omaha, une autre équipe-école des Rangers en 1970-71.

Tous ces titres ont impressionné le directeur général des Flyers de Philadelphie, Keith Allen, qui était à la recherche d’un entraîneur en chef après le congédiement de Vic Stasiuk en 1971.

« Je ne connaissais pas très bien Freddie, mais j’avais suivi sa carrière et il avait gagné partout », a écrit Allen dans le livre historique des Flyers Full Spectrum. « La seule chose qui me préoccupait était pourquoi Emile Francis (le directeur général des Rangers) avait donné une chance à d’autres (pour diriger les Rangers) et jamais à Freddie. Sa fiche était tellement bonne et je n’avais jamais entendu un mauvais mot à son sujet. »

Shero a transporté à Philadelphie une façon différente de voir le jeu. Il a été l’un des premiers à adopter le système de hockey soviétique dans lequel les équipes attaquaient en unité de cinq joueurs. Il a également été le premier à avoir un adjoint, Mike Nykoluk, en 1972. Il a aussi été le premier à tenir des séances matinales de patinage et le premier à avoir recours aux vidéos.

« Freddie a été le premier entraîneur à utiliser des systèmes d’équipe, a dit Clarke. Tout le monde jouait de la même façon, on enseignait la même chose à tous les joueurs, même si les joueurs avaient des rôles différents. Et c’était très en avance sur le hockey de l’époque. Personne d’autre n’avait fait des choses pareilles… Il a été de loin, l’entraîneur le plus progressif de la ligue. »

Shero était un maître pour soutirer le maximum de ses joueurs, et à Philadelphie il avait une équipe robuste et talentueuse et laissait ses joueurs accomplir leurs choses. Ça signifiait, une attaque axée autour des Clarke, Bill Barber et Rick MacLeish, un très bon gardien en Bernard Parent et le jeu robuste des Dave Schultz, André ‘Moose’ Dupont, Bob Kelly et Don Saleski. Les Flyers de Shero sont devenus les ‘Broad Street Bullies,’ adorés à Philadelphie, mais détestés dans toutes les autres villes de la ligue.

Ils sont aussi devenus l’une des équipes les plus performantes de leur époque.

« Ce sont les joueurs qu’il avait », a déclaré son fils, Ray Shero, directeur général des Penguins de Pittsburgh, à LNH.com. « Ce n’est pas comme s’il avait eu des équipes de batailleurs dans les ligues mineures. Mon père… disait qu’il avait des joueurs qui aimaient se battre, il les laissait donc se battre. S’il avait dirigé les Canadiens de Montréal, ça aurait été différent. »

Les Flyers n’ont pas participé aux séries éliminatoires à la première saison de Shero, mais en 1973 ils ont vaincu les Stars du Minnesota en six matchs en première ronde pour remporter la première série éliminatoire de l’histoire de l’équipe.

La saison suivante, les habiletés des joueurs (quatre marqueurs de 30 buts et Parent qui a gagné le trophée Vézina) et la robustesse (Schultz a établi un record en écopant de 472 minutes de pénalité) ont émergé pour permettre aux Flyers de terminer au deuxième rang de la ligue avec 50 victoires et 112 points. Ils ont éliminé les Rangers de New York, devenant ainsi la première équipe d’expansion à battre l’une des six équipes originales dans les séries éliminatoires, avant de défaire les Bruins de Boston en six matchs dans la finale.

Ce fut cette série éliminatoire qui a établi Shero comme un brillant tacticien, car son plan était de donner la rondelle à Bobby Orr en tout temps afin de permettre aux Flyers d’utiliser le brillant défenseur des Bruins comme cible dans leur échec-avant.

« Quand il nous a dit cela la première fois, on s’est demandé s’il savait vraiment qui était Bobby Orr? On se disait que c’était comme donner un bâton de dynamite à un enfant et lui dire d’aller jouer dans la rue », a déclaré à LNH.com Terry Crisp, qui a passé cinq saisons à jouer sous les ordres de Shero avec les Flyers et qui est devenu son adjoint. « Il nous a expliqué que si on expédiait la rondelle dans le coin de Dallas Smith, ce dernier en prendrait possession et rejoindrait Bobby Orr qui patinerait à toute allure avec une longue passe… Si on expédiait la rondelle dans le coin de Bobby Orr, il devrait reculer, la récupérer et traverser toute la patinoire. Bobby Orr était célèbre pour mener l’attaque et être le premier à revenir pour défendre sa zone car il était tellement bon patineur. Après six matchs de patinage intensif, Bobby était mort de fatigue, aussi bon qu’il était. »

En 1974-75, les Flyers ont remporté un sommet de 51 victoires dans la ligue et ont terminé à égalité avec le Canadien et les Sabres de Buffalo avec 113 points. Ils ont survolé les séries éliminatoires en battant les Sabres en six rencontres et ils ont remporté leur deuxième Coupe Stanley d’affilée.

La saison 1975-76 a permis aux Flyers de réaliser une autre première. Durant la saison, deux équipes d’étoiles soviétiques ont disputé des matchs hors-concours contre des formations de la LNH. Les équipes soviétiques ont remporté six victoires et soutiré un verdict nul, mais le huitième match mettait aux prises la célèbre formation de l’Armée rouge face aux Flyers au Spectrum. Le 11 janvier 1976, les Soviétiques n’ont pu contenir la robustesse des Flyers et ces derniers l’ont emporté 4-1.

Quelle a été l’importance de cette victoire? Shero a indiqué que cette victoire contre les Soviétiques avait été plus significative que la conquête de la Coupe Stanley en 1974.

« Mon père a toujours prétendu que les Russes étaient les meilleurs, a dit Ray Shero. Si tu pouvais battre les Russes, tu étais alors les meilleurs. Même si vous avez remporté la coupe Stanley et que vous êtes les champions du monde, comment pouvez-vous savoir (que vous êtes les meilleurs)? Si vous n’avez pas joué contre les Russes, comment pouvez-vous savoir que vous êtes les meilleurs? L’Armée rouge était reconnue comme la meilleure équipe, la plus talentueuse. Ils étaient une formation dominante… Ce fut l’un de ces matchs avec une telle intensité et c’est bien documenté comment ils ont quitté la patinoire. Cela signifiait beaucoup. »

Shero a mené les Flyers à une autre finale en 1976, mais Parent était absent en raison d’une blessure et ils ont été balayés en quatre matchs par le Canadien. Les Flyers de Shero ont joint le Canadien (1967-69, 1976-79), les Islanders de New York (1980-84) et les Oilers d’Edmonton (1983-85) à être les seules équipes à participer à trois finales consécutives de la Coupe Stanley depuis l’expansion en 1967.

Shero a démissionné des Flyers après les séries éliminatoires de 1978, mettant fin à son règne de sept saisons qui lui a permis de conserver une fiche de 308-151-95 dans les matchs réguliers et un dossier de 48-35 dans les séries éliminatoires. Il est l’entraîneur en chef qui a remporté le plus de victoires dans l’histoire des Flyers et son séjour de sept ans derrière le banc de l’équipe n’a jamais été égalé par un autre entraîneur en chef.

Plus que par ses victoires et ses défaites, Shero a surtout changé le jeu par ses relations avec ses joueurs.

« Ce qui m’a vraiment marqué, c’est que je ne l’ai jamais vu élever la voix devant les joueurs, a mentionné Clarke. Il y a des fois que l’on savait qu’il était fâché contre nous, mais il n’a jamais oublié que son travail était de nous diriger. Il n’a donc jamais attaqué un joueur personnellement. »

« Freddie était bien avant son temps, a indiqué Crisp. Ce que j’ai le plus appris de lui, c’est qu’il n’est pas toujours nécessaire de leur (les joueurs) fournir des réponses, tu n’as pas à être celui qui est en contrôle, celui qui est le maître, le patron… Il laissait les joueurs trouver par eux-mêmes. Il a laissé des joueurs comme Clarkie et les vétérans montrer le chemin, mais il était présent. »

Shero forçait les joueurs à penser et à résoudre eux-mêmes les problèmes.

« Freddie te donnait le scénario et te laissait le découvrir, a ajouté Crisp. Lors d’un entraînement, il nous a demandé de tourner nos bâtons, de prendre la palette dans nos mains et de mettre le bout sur la glace. Il nous a par la suite dit, OK, faisons des exercices. On faisait nos exercices habituels avec le bout du bâton sur la glace. Après 15 minutes, Clarkie a lancé à Freddie, que c’était ridicule. Freddie l’a regardé et lui a dit; prends un de tes gars 15 minutes et dis-le moi. Nous le faisions parce qu’il nous disait de le faire. Il nous montrait le scénario et regardait si on était capable d’obtenir les solutions. Il n’avait pas à nous dire pourquoi il nous faisait faire. Il voulait toujours que l’on se questionne, que l’on se demande pourquoi on faisait cela. Il laissait les gars trouver eux-mêmes les réponses. »

Quand il ne mettait pas les joueurs au défi sur la glace, il les faisait penser à ce qu’ils faisaient. Les mots de Shero, écrits sur le tableau dans un vestiaire du Spectrum avant le sixième match il y a longtemps, étaient simplement le plus célèbre de tous ses messages.

En voici d’autres:

« Quand vous avez du bacon et des œufs au déjeuner, le poulet a fait une contribution mais le cochon a fait un sacrifice. »

« Le succès n’est pas le résultat d’une combustion spontanée. Vous devez d’abord configurer vous-mêmes le feu. »

« Il n’y a pas de récits héroïques, sans fin héroïque. »

Les joueurs pouvaient trouver les messages écrits sur un gant ou sur un patin, ou sur une bande enregistrée laissée dans un casier.

« Je me souviens d’un qu’il m’a donné, a rappelé Crisp. Je n’avais pas joué depuis cinq matchs. Un jour, je suis arrivé à l’entraînement et j’ai trouvé une note dans mon casier. Elle disait : ‘Ils servent également ceux qui sont assis et qui attendent’. J’étais tanné d’attendre et il savait que je commençais à en avoir assez. Il m’a simplement rappelé, que mon temps viendrait et d’être prêt. »

Après avoir quitté les Flyers, Shero a été embauché à titre d’entraîneur en chef et de directeur général des Rangers. À sa première saison, il a conduit les Rangers à la troisième place de la section Patrick et une belle séquence dans les séries éliminatoires leur a permis d’éliminer les Flyers en cinq matchs en quart de finale et d’atteindre la finale de la Coupe Stanley contre le Canadien. Les Rangers ont remporté le premier match à Montréal mais ont perdu les quatre suivants.

Cette première saison aura été la meilleure de Shero à New York. Au printemps 1980, les Rangers ont perdu en deuxième ronde contre les Flyers dans les séries éliminatoires, et l’équipe présentait une fiche de 4-13-3 après 20 matchs en 1980-81 quand il a été congédié.

En 10 saisons à titre d’entraîneur en chef, Shero a conservé une fiche de 390-225-119 et ses équipes ont atteint les séries éliminatoires huit fois en neuf saisons complètes. Il a remporté la Coupe Stanley à deux reprises, a participé à quatre finales et depuis l’expansion de la ligue en 1967, il est l’un des 10 entraîneurs en chef à avoir mené deux organisations en finale de la Coupe Stanley. En 1974, il a également été le premier récipiendaire du trophée Jack Adams remis au meilleur entraîneur en chef de la ligue.

Il occupe le 32e rang de la liste de tous les temps des entraîneurs en chef pour le nombre de victoires en saison régulière et il est le 22e au chapitre du pourcentage à ,612. Ses 63 victoires dans les séries éliminatoires le classent au 13e rang.

On lui a diagnostiqué un cancer à l’estomac en 1983, mais il l’a vaincu et il a travaillé à la radiodiffusion des matchs des Devils du New Jersey, avant de devenir entraîneur d’une équipe aux Pays-Bas en 1987-88.

Il est retourné chez les Flyers en 1990 quand il a été admis au Temple de la renommée de l’équipe. Durant son discours sur la patinoire au Spectrum, il a déclaré : « Le jour que j’ai quitté, je savais que je commettais une erreur. » Peu de temps après, il a été embauché à titre de conseiller senior de l’équipe.

« Nous n’avons jamais oublié ce coup de téléphone », a dit Ray Shero concernant le retour de son père avec les Flyers. « Ils voulaient qu’il revienne. C’était le bon moment… Je pense qu’il s’est toujours vu et tout le monde l’a toujours vu comme l’entraîneur en chef des Flyers, comme les Flyers le faisaient. »

Le cancer est réapparu plus tard cette année-là et Shero est mort le 24 novembre 1990.

Shero est admissible au Temple de la renommée depuis des décennies, et même si six autres membres des équipes championnes des Flyers sont membres du Temple de la renommée - Clarke, Barber, Parent, Allen, le propriétaire Ed Snider et le commentateur Gene Hart -, Shero avait été laissé de côté. Du moins jusqu’à maintenant.

Quelle que soit la raison de son exclusion, il n’y a pas de place pour l’amertume, il n’y a que la joie de voir Shero recevoir cet honneur attendu depuis fort longtemps.

« Je pense que ce sera une expérience très spéciale émotivement, a déclaré Ray Shero. Mais je crois que c’est plus une relation entre mon père et ses joueurs… son admission valide certaines de ses équipes, car ce sont les joueurs et ce sont des personnes comme Ed Snider et Keith Allen qui lui ont donné cette opportunité après 13 ans dans les ligues mineures. Ils ont été les seules personnes à prendre la chance de lui offrir un poste d’entraîneur en chef dans la Ligue nationale de hockey. »

Shero a gagné avec eux, et maintenant comme compagnon au Temple de la renommée, ils vont tous marcher ensemble pour toujours.

Suivez Adam Kimelman sur Twitter: @NHLAdamK

 

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