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Scott Niedermayer a tout gagné sur sa route vers le Temple de la renommée

mercredi 2013-11-06 / 3:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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Scott Niedermayer a tout gagné sur sa route vers le Temple de la renommée
Scott Niedermayer a tout gagné sur sa route vers le Temple de la renommée

Le coup de patin gracieux de Scott Niedermayer lui permettait de glisser avec aise d’un bout à l’autre de la patinoire. Il s’emparait de la rondelle, puis il était parti. Ses adversaires ne parvenaient pas à le suivre, à l’arrêter ou à l’épuiser.

« Il était comme un fantôme », a raconté Mike Babcock à LNH.com. « Il arrivait au moment où on s’y attendait le moins et il réalisait des jeux importants. »

Le membre du Panthéon Bobby Orr a été le pionnier des défenseurs mobiles dans les années 1970 et il a transformé la façon dont le sport était pratiqué pendant sa carrière légendaire. Paul Coffey a pris la relève d’Orr dans les années 1980 et il a dominé pendant deux décennies grâce à son style fluide. Lui aussi se retrouve maintenant au Temple de la renommée.

Le coup de patin de Niedermayer était si gracieux qu’il a tout de suite été comparé à Orr et Coffey dès son arrivée au New Jersey en 1992. Pendant son séjour chez les juniors, il avait remporté l’or au Championnat mondial junior de 1991 et la Coupe Memorial avec les Blazers de Kamloops de la Ligue de hockey de l’Ouest en 1992.

Il a ensuite gagné tous les trophées collectifs possibles, dont la Coupe Stanley à quatre reprises (1995, 2000, 2003, 2007), deux médailles d’or olympiques (2002, 2010), l’or au Championnat du monde de 2004 et l’or à la Coupe du monde de hockey de 2004. Niedermayer a aussi mis la main sur le trophée Norris en 2004 et le trophée Conn-Smythe en 2007 après avoir gagné la Coupe Stanley avec les Ducks d’Anaheim.

« Il est né pour gagner et c’est un modèle à suivre », a révélé Corey Perry, l’attaquant des Ducks, à LNH.com.

Cependant, le parcours de Niedermayer vers le Temple de la renommée, où il sera intronisé avec le reste de la cohorte de 2013 lundi à Toronto, n’a pas toujours été de tout repos. Il a d’abord dû trouver comment adapter son style au système défensif étanche des Devils sous la gouverne de l’entraîneur Jacques Lemaire.

Ce fut le premier défi dans la LNH de l’un des athlètes les plus décorés de toute l’histoire du sport.

Ses années au New Jersey

Niedermayer voulait jouer d’une façon et ce n’était pas celle des Devils.

« Honnêtement, j’ai toujours cru qu’il serait un défenseur sous-estimé quand je l’observais à ses débuts parce qu’il jouait dans le système défensif le plus fermé du circuit », a expliqué le défenseur et membre du Temple de la renommée Brian Leetch à LNH.com. « Martin [Brodeur] maniait la rondelle et la remettait directement aux attaquants, donc ils n’avaient pas besoin de ses qualités offensives. »

Les victoires de la Coupe Stanley de Scott Niedermayer au New Jersey et à Anaheim ont ouvert la voie à son intronisation au Temple de la renommée. (Photo: Getty Images)

Ce style n’a pas aidé Niedermayer sur le plan individuel, mais les Devils ont participé à la finale de l’Association de l’Est en 1994 et ils ont remporté la Coupe Stanley en 1995.

« C’était difficile de se plaindre à ce moment », a admis Niedermayer à LNH.com.

Or, il voulait rester fidèle à son style, alors Niedermayer et Lemaire ont vécu quelques confrontations. Niedermayer était frustré et Lemaire n’allait pas changer son système et sa philosophie.

« On a eu quelques prises de bec », a avoué Niedermayer.

Lemaire avait toujours le dernier mot, mais cela n’empêchait pas Niedermayer de se sentir menotté, comme s’il était en laisse et qu’on lui interdisait de faire ce qu’il voulait vraiment faire.

C’était le plan des Devils pour Niedermayer. Ils l’admiraient beaucoup trop pour le laisser n’être qu’un joueur unidimensionnel.

« Scott lisait tellement bien le jeu et il le lisait différemment des autres. On ne veut jamais changer les qualités d’un joueur et il en possédait beaucoup », a raconté Larry Robinson, qui était l’adjoint de Lemaire responsable des défenseurs de 1993 à 1995, à LNH.com. « J’ai essayé de polir un peu plus ses habiletés pour m’assurer qu’il respecte un certain cadre sur la glace, qu’il améliore son jeu de position et qu’il s’applique plus en défensive.

« Peu importe son talent offensif, il devait être capable de jouer en défensive parce qu’il était le dernier rempart devant le gardien. On a surtout travaillé sur l’aspect défensif de son jeu. Il avait tellement de talent offensif qu’on n’avait pas à s’occuper de cette facette avec lui. »

Les Devils n’ont jamais dévié de leur système défensif et Niedermayer a fini par s’adapter et il les a aidés à transformer cette muraille défensive en machine capable de produire de l’attaque.

Quand le New Jersey a gagné à nouveau la Coupe Stanley en 2000, il s’agissait de l’une des meilleures formations offensives de la ligue et Niedermayer y jouait un rôle de premier plan.

Les Devils ont terminé au deuxième rang de la LNH en 1999-2000 avec 251 buts comptés (3,06 par partie). Ils ont mené la ligue avec 295 buts marqués (3,60 par partie) en 2000-01 et ils sont venus à une victoire de conserver leur titre de champions de la Coupe Stanley.

Le New Jersey a compté 2,63 buts par match en 2002-03 pour remporter une autre Coupe Stanley, cette fois-ci en sept parties contre les Ducks.

Niedermayer a récolté 476 points en 892 rencontres avec les Devils de 1992 à 2004. L’équipe a retiré son numéro 27 il y a deux ans.

« En voyant sa carrière évoluer, j’ai alors réalisé que je n’avais plus à craindre qu’il soit sous-estimé, a ajouté Leetch. Il a gagné plusieurs coupes Stanley, plusieurs championnats, plusieurs trophées et il s’est retrouvé là où il le méritait. »

Le 9 juin 2003, Niedermayer avait trois bagues de la Coupe Stanley aux doigts et une médaille d’or olympique au cou. Sa place au Temple de la renommée semblait assurée, mais ses récents succès lui avaient laissé un arrière-goût amer.

Le passage aux Ducks et la paix retrouvée

Niedermayer venait de remporter la Coupe Stanley contre son jeune frère Rob, qui évoluait pour les Ducks en 2003.

Les célébrations sur la glace après le septième match, la pluie de champagne dans le vestiaire des joueurs des Devils, le défilé des champions dans le stationnement de l’amphithéâtre de Meadowlands et son séjour avec la coupe à Cranbrook, en Colombie-Britannique, plus tard dans l’été n’ont pas suffi à Niedermayer pour enrayer le sentiment de culpabilité qui l’accablait. Il s’en voulait d’avoir brisé le rêve de gloire de son frère.

Scott Niedermayer a porté le 'C' pour Équipe Canada aux Jeux d'hiver 2010 à Vancouver et a mené son équipe à la médaille d'or. (Photo: Getty Images)

« Ç’a été des moments difficiles, a déclaré Niedermayer. On a célébré, puis on a fait la file pour leur serrer la main. Je savais à quel point c’était important pour lui de gagner la Coupe Stanley, alors ç’a été extrêmement difficile de lui serrer la main. »

Sa culpabilité s’évanouira quatre ans plus tard quand les frères Niedermayer, maintenant coéquipiers chez les Ducks, vont aider Anaheim à mettre la main sur la Coupe Stanley.

« Ç’a complètement changé ma vision [des séries de 2003], a affirmé Niedermayer. Quand j’y repense maintenant, je réalise qu’on a vécu une histoire extraordinaire. »

Niedermayer a refusé une offre de contrat de cinq ans des Devils pour accepter une entente de quatre ans avec les Ducks après le conflit de travail de 2004-05. Il a choisi Anaheim parce que son frère s’y trouvait (ils avaient joué ensemble pendant le Championnat mondial de 2004 et ils y avaient remporté l’or) et parce que les Ducks étaient en train de bâtir une équipe capable de prétendre aux grands honneurs.

« La décision [de quitter le New Jersey] a été difficile à prendre, a admis Niedermayer. J’imagine que certains ne veulent plus en entendre parler et je les respecte, mais c’est la vérité. Le New Jersey a été un excellent endroit pour moi.

« Mais j’avais la chance de jouer [avec Rob] dans la LNH et c’était quelque chose que nous désirions tous les deux. J’ai sauté sur l’occasion, mais c’était un peu risqué de se joindre à une organisation avec un nouveau propriétaire, une nouvelle équipe de direction et de nouveaux entraîneurs. Cette formation avait aussi connu des hauts et des bas au fil des années. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. »

Les Ducks ont atteint la finale de l’Association de l’Ouest en 2006, où ils se sont inclinés devant les Oilers d’Edmonton.

Quelques mois plus tard, Anaheim a fait l’acquisition de Chris Pronger, qui est venu se joindre aux frères Niedermayer et au trio prometteur de Corey Perry, Ryan Getzlaf et Dustin Penner. Jean-Sébastien Giguère était toujours devant le filet et Teemu Selanne, Chris Kunitz et Andy McDonald formaient une autre unité dynamique. Les Ducks étaient de sérieux aspirants.

Ils ont effectivement gagné la Coupe Stanley en cinq matchs contre les Sénateurs d’Ottawa. Le tout est arrivé plus vite qu’avait prévu Niedermayer.

« Je me suis amené là sans penser gagner la Coupe Stanley, a révélé Niedermayer. Si vous me l’aviez demandé quelques années plus tôt et si j’y avais réfléchi plus longtemps, j’aurais sincèrement été surpris de voir que c’était arrivé aussi vite. »

Niedermayer n’était plus certain de vouloir continuer de jouer à ce moment-là. Il avait tout gagné et il pouvait enfin dire qu’il avait aidé son frère à réaliser son rêve de soulever la Coupe Stanley. Il a songé à la retraire jusqu’en décembre 2007.

Il n’avait que 34 ans et il avait encore l’énergie nécessaire pour poursuivre, alors il est revenu au jeu et il a disputé 48 matchs en 2007-08, en plus de jouer pendant deux autres saisons par la suite. En 371 parties avec les Ducks de 2005 à 2010, il a amassé 264 points.

Même si Niedermayer savait que sa carrière tirait à sa fin, il lui restait un autre défi de taille à surmonter.

Le capitaine du Canada veut rapporter l’or à la maison

Niedermayer songeait à nouveau à la retraite à l’approche de la saison 2009-10, mais l’attrait des Jeux olympiques de 2010 à Vancouver était trop fort pour y résister. Originaire de la Colombie-Britannique, il ne pouvait pas passer à côté de l’occasion de représenter le Canada dans sa propre province. L’entraîneur de la formation nationale Mike Babcock est vite entré en contact avec lui et l’a convaincu de jouer une autre saison.

« Je lui en ai parlé longtemps à l’avance et je voulais qu’il soit le capitaine de l’équipe, a mentionné Babcock. Une des choses dont on a parlé, c’est le niveau élevé de la compétition. Je lui ai dit qu’il n’avait pas à s’en faire et il s’est très bien débrouillé. »

Selon Niedermayer, la conversation avec Babcock à propos du titre de capitaine a été brève et directe. Ils n’avaient pas à s’étirer sur le sujet. La seule réponse possible était « oui ». Il était prêt à relever ce défi.

« Occuper ce poste avec Équipe Canada aux Olympiques dans ma province était une autre opportunité incroyable dont peu de gens peuvent même rêver, a ajouté Niedermayer. Je savais déjà que peu importe si j’allais porter le ‘C’ ou non, je ne changerais rien à mon style. J’aurais fait les mêmes choses, mais c’était bien d’être reconnu de la sorte et de conclure sur une note aussi excitante.

« Ça n’a pas été facile [de remporter l’or], mais j’imagine que c’est justement à cause de ça que ç’a été encore plus spécial de gagner à Vancouver. »

Avant même le début du tournoi olympique, Niedermayer savait qu’il ne serait pas aussi rapide que huit ans auparavant. Il avait alors aidé le Canada à mettre la main sur l’or aux jeux de Salt Lake City, en Utah.

« L’expérience et l’intelligence peuvent vous permettre de connaître une longue carrière à la position de défenseur, a révélé Niedermayer. J’avais de l’expérience et je m’y suis fié un peu plus que d’habitude. Je n’étais plus le joueur le plus rapide de l’équipe, mais en défense, on peut connaître du succès en jouant de façon intelligente. »

Il a participé aux sept rencontres du tournoi, il a joué en moyenne 20 minutes par partie et il a récolté un but et deux aides. Sa seule présence a aidé les plus jeunes joueurs de l’équipe canadienne à jouer avec plus de confiance.

« Il était tellement calme », a raconté Sidney Crosby à LNH.com. « Sa mentalité, son approche et son calme ont été ressentis par tout le groupe. C’était contagieux. Comme on jouait au Canada, on avait beaucoup de pression, mais c’était très agréable de pouvoir compter sur quelqu’un comme lui qui prêchait par l’exemple. Je me sens aussi très privilégié d’avoir pu apprendre de quelqu’un comme lui. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter : @drosennhl

 

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