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Geraldine Heaney, une pionnière du hockey féminin, sera intronisée au Temple

mardi 2013-11-05 / 3:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Tal Pinchevsky - Journaliste LNH.com

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Geraldine Heaney, une pionnière du hockey féminin, sera intronisée au Temple
Geraldine Heaney, une pionnière du hockey féminin, sera intronisée au Temple

Au cours de l’ère moderne, la liste des joueurs qui ont été comparés à Bobby Orr est plutôt courte. Les deux noms les plus connus sont ceux de Raymond Bourque et de Paul Coffey, tous deux champions de la Coupe Stanley et intronisés au Temple de la renommée en 2004.

Une troisième membre de cette liste privilégiée, Geraldine Heaney, s’apprête à rejoindre ces légendes au Temple.

Alors que Bourque et Coffey sont devenus deux des joueurs les plus décorés de l’histoire de la LNH, Heaney s’est fait remarquer à une époque où les femmes n’étaient pas censées patiner comme les hommes.

« Lorsque j’ai commencé à jouer, peu de filles jouaient au hockey. J’étais la seule à jouer avec mes frères. À l’époque, je ne me doutais pas que seuls les garçons jouaient au hockey. On ne se soucie pas de ces détails lorsque nous sommes enfants », a indiqué Heaney, qui sera intronisée au Temple de la renommée lundi prochain. « Je me rendais à l’aréna et je demandais toujours à mon père : “Pourquoi je ne peux pas jouer moi?” Les filles ne pouvaient pas jouer avec les garçons, alors mon père a cherché une équipe avec laquelle je pouvais évoluer, et je me suis finalement aligné dans une équipe composée de filles qui étaient âgées de quatre ou cinq ans de plus que moi. »

À l’âge de 13 ans, Heaney a commencé à jouer pour la réputée équipe féminine des Aeros de Toronto, équipe pour laquelle elle allait évoluer pendant près de deux décennies. Alors qu’elle se développait en tant que défenseure à caractère offensif, toujours prête à appuyer l’attaque, elle a remporté le championnat provincial ontarien à tous les niveaux. Au cours de son passage mémorable avec les Aeros, elle a mis la main sur quatre championnats nationaux, ainsi que sur 15 titres provinciaux, en 17 saisons. À une époque où le hockey féminin était en expansion, Heaney s’établissait en tant que géante de son sport. Son moment le plus glorieux sur la glace, et peut-être même jeu le plus légendaire de l’histoire du hockey féminin, n’était cependant pas encore survenu.

« Le but »

Le monde a fait connaissance avec Geraldine Heaney en 1990 quand les premiers championnats mondiaux féminins de la FIHG ont été organisés à Ottawa. Et c’est au cours de la finale du championnat face aux États-Unis que Heaney a marqué ce qui allait être connu pour toujours dans le monde du hockey féminin comme « le but ».

Geraldine Heaney, une pionnière du hockey féminin, sera intronisée au Temple de la renommée le 11 novembre. (Photo: Getty Images)

Alors qu’elle appuyait l’attaque dans les derniers moments du match de championnat contre les Américaines, Heaney a contourné la défenseure avant de soulever la rondelle par-dessus la gardienne qui tentait de la harponner. Quelques secondes après avoir lancé la rondelle, Heaney a effectué un plongeon semblable à celui de Bobby Orr en raison de la tentative de harponnage de la gardienne. Ce but allait assurer le titre au Canada, et il demeure peut-être à ce jour le jeu le plus célèbre de l’histoire du hockey féminin.

« C’est vraiment ce jeu qui a sorti le hockey [féminin] de l’ombre. Il a donné de la crédibilité à notre sport », a souligné l’ancienne membre de l’équipe nationale Cheryl Pounder. « Je me souviens avoir regardé des joueuses comme Geraldine Heaney et m’être dit que je serais comme elles un jour. Ce sont elles qui ont été les pionnières de ce sport pour plusieurs d’entre nous, et ce but a vraiment été exceptionnel, surtout avec un peu de recul. Gerry occupe une place importante dans l’évolution de notre sport. »

Grâce à ce but, Heaney est devenue instantanément une vedette de sa discipline. Ce fait saillant a fait partie de plusieurs palmarès des jeux marquants de l’année, et Heaney a même été invitée à la remise de prix de la LNH, où elle a remis à Raymond Bourque le trophée Norris à titre de meilleur défenseur de la LNH.

Ce but n’était toutefois que le début pour Heaney. Le titre de 1990 était le premier de sept qu’elle allait remporter dans l’uniforme d’Équipe Canada. Au passage, elle allait être nommée défenseure par excellence de la compétition à deux reprises, en 1992 et 1994. Le moment le plus important de la carrière de Heaney et de son sport allait survenir en 1998. Et pour l’une des premières fois de son illustre carrière, Heaney allait rencontrer beaucoup d’adversité.

Déception et triomphe olympique

Lorsque le hockey féminin est officiellement devenu un sport olympique aux Jeux d’hiver de Nagano en 1998, Heaney et ses coéquipières du Canada ont finalement obtenu la chance de réaliser le rêve de leur vie, soit d’affronter les meilleures au monde avec une médaille d’or olympique à l’enjeu.

Le Canada était reconnu comme une véritable puissance sur la scène internationale lorsque Heaney était l’une des vedettes de l’équipe, mais les États-Unis ont vite fait de ramener les Canadiennes sur terre lors du tournoi olympique de 1998. Elles ont d’abord retenu l’attention du Canada en les battant 7-4 au cours du tournoi à la ronde grâce à six buts sans réplique en troisième période, ce qui leur permettait de terminer la ronde préliminaire en tête de leur division avec une fiche de 5-0-0.

Le Canada a obtenu une chance de venger cet échec trois jours plus tard dans le cadre du match pour la médaille d’or. Alors que les Canadiennes tiraient de l’arrière 2-0 tôt au troisième tiers, Heaney a amassé une mention d’aide sur le but de Danielle Goyette, ce qui coupait l’avance des États-Unis de moitié. Les Américaines ont cependant marqué dans un filet désert, ce qui leur a permis de mettre la main sur la médaille d’or. Le sentiment ressenti après cette défaite allait rester gravé dans la mémoire de Heaney pendant un long moment.

« Le Canada dominait le hockey féminin jusqu’en 1998. Les rencontres étaient toujours serrées contre [les États-Unis], mais nous trouvions toujours une façon de l’emporter. Je crois que nous avons toutes été secouées de ne pas rentrer au pays avec la médaille d’or, se rappelle Heaney. Nous ne voulions pas, en tant que joueuses et en tant que membre de l’équipe canadienne, qu’elles nous rattrapent. Nous devions nous améliorer. »

Le Canada allait avoir la chance de venger cet échec contre les États-Unis aux Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002, mais la route qui menait à cet événement a été parsemée d’embûches pour Heaney. Alors qu’elle se préparait pour ses deuxièmes Jeux olympiques, son oncle Seamus est décédé, quatre mois avant la cérémonie d’ouverture. Ensuite, au cours de la période des Fêtes qui a précédé l’ouverture des Jeux, la mère de Heaney est également tombée gravement malade. Finalement, Heaney, âgé de 34 ans à l’époque du rendez-vous olympique de Salt Lake City, a subi une sérieuse blessure au genou au cours de l’été précédant le tournoi, mettant ainsi en péril ses chances de se tailler un poste au sein de l’équipe canadienne.

Heaney a cependant travaillé très dur, et elle a appris la veille du départ de l’équipe pour Salt Lake qu’elle allait effectivement participer aux Jeux. Après avoir traversé autant d’épreuves en si peu de temps, Heaney a de nouveau fait l’étalage de son leadership et de son talent à la ligne bleue, et le Canada a vaincu les États-Unis par la marque de 3-2 dans le match pour la médaille d’or. Heaney a dédié cette médaille à son oncle récemment décédé.

« Il s’agissait vraiment de sa dernière chance. En raison de sa blessure, l’entraîneur ne savait pas s’il pouvait compter sur elle. Le niveau de jeu qu’elle a pu présenter malgré son âge et sa blessure, qui l’a forcée à porter une attelle, c’était simplement exceptionnel », a déclaré sa coéquipière Cassie Campbell-Pascall au LNH.com. « Je crois qu’il s’agissait de l’un des moments les plus intenses de ma carrière. C’était plutôt exceptionnel de voir quelqu’un de sa génération avoir cette chance. »

L’honneur ultime

Après avoir connu une carrière où elle a mis la main sur toutes les distinctions possibles, l’héritage de Heaney sera renforcé par son admission au Temple de la renommée. Elle sera seulement la troisième joueuse à être intronisée après Angela James et Cammi Granato, qui ont toutes deux fait leur entrée en 2010. La seule question concernant l’intronisation de Heaney est : Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps?

« Lorsque j’ai été intronisée, j’avais invité Gerry à être présente avec ma famille et mes amis. Je me disais qu’elle aurait dû faire son entrée avec moi à ce moment, a confié James au LNH.com. Je crois qu’il est exceptionnel que le Temple de la renommée du hockey accepte de plus en plus de femmes. Il leur était impossible de se tromper en sélectionnant Geraldine Heaney."

Heaney a maintenant bouclé la boucle de son cheminement dans le monde du hockey. Après avoir passé six ans à la barre de l’équipe de l’Université de Waterloo, Heaney a commencé à entraîner de jeunes enfants, y compris sa fille, ce qui a contribué à faire renaître la flamme chez l’une des plus féroces compétitrices de l’histoire du hockey.

« J’adore cela. J’entraîne ma fille, j’enseigne beaucoup et j’organise des cours de patinage intensif pour des garçons et des filles de tous les niveaux, a indiqué Heaney au NHL.com. J’éprouve un immense plaisir à revenir chez moi et à enseigner à de jeunes filles un sport que j’adore. Je n’ai pas besoin de tout gagner. J’ai remporté suffisamment de victoires au cours de ma carrière. Je me concentre sur les enfants, et j’aime les voir s’améliorer et voir jusqu’où elles peuvent aller. »

Peu importe le niveau qu’atteindront ces enfants dans le monde du hockey, l’héritage de Heaney demeurera intact, particulièrement après que son nom sera appelé le 11 novembre prochain.

« Elle a pratiqué ce sport alors qu’il traversait une importante phase de son développement. Ce sport ressemble à ce que nous connaissons aujourd’hui grâce à des joueuses comme elle », a mentionné Ken Dufton, qui a longtemps été l’entraîneur des Aeros et qui a dirigé Heaney pendant plus de 20 ans. « Lorsque je discutais avec les filles au milieu des années 80, je leur demandais qui était leur modèle, et elles me donnaient toutes des noms de joueurs masculins. Lorsque les femmes ont commencé à participer aux championnats du monde et aux Jeux olympiques, les modèles sont soudainement devenus féminins, et le nom de Gerry était le plus souvent cité. »

 

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