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L’impact de Bobby Orr sur le hockey demeure omniprésent

dimanche 2013-10-27 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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L’impact de Bobby Orr sur le hockey demeure omniprésent
L’impact de Bobby Orr sur le hockey demeure omniprésent

La colère et l’incrédulité dans la voix de Derek Sanderson étaient encore présentes 30 ans plus tard.

Une tentative lointaine de salir la réputation de Bobby Orr demeure une plaie fraîche, toujours vive malgré le passage du temps.

À cette époque, Sanderson a été approché par un journaliste qui voulait écrire une histoire à propos de Orr, un ex-coéquipier avec les Bruins de Boston et l’un de ses meilleurs amis. En réalité, Orr a joué un rôle important dans le fait que Sanderson soit devenu sobre et qu’il soit sorti de l’abîme.

Donc, il avait envie de parler de Orr. Mais dès le début, Sanderson s’est rendu compte que l’histoire ne serait pas flatteuse envers son respecté et vénérable ami. Sanderson avait développé un sens pour ces choses-là, car ce n’était pas la première fois qu’un journaliste l’approchait pour sortir une sale histoire concernant Bobby Orr.

« Il arrivait que des gens viennent me voir et me lancent une question en pleine face, a dit Sanderson à LNH.com. Le journaliste a commencé par me demander comment Bobby pouvait être un homme d’affaires, car il n’avait jamais gradué du collège. Je lui ai répondu: ‘Qu’est-ce que tu veux dire? Il est un homme d’affaires.’ Il réussit très bien car il sait avec qui il négocie. »

Sanderson est encore en vie et en santé, en grande partie grâce à Orr.

Le gars adoré par les partisans, qui était habitué de patiner en rond autour de ses adversaires malgré des genoux en très mauvais état, a volé comme Superman après avoir marqué le but victorieux de la finale de la Coupe Stanley. Il n’a jamais abandonné Sanderson dans sa lutte contre l’alcoolisme malgré ses rechutes, ses réhabilitations, ses rechutes, ses réhabilitations et encore ses rechutes.

Il est normal que Sanderson veuille protéger Orr.

« Le journaliste en était à ses troisième ou quatrième questions, s’est rappelé Sanderson. Je lui ai alors dit: ‘Je n’aime pas la direction que tu veux prendre. Si tu veux être vicieux, tu peux l’être, mais ce ne sera pas avec mon aide.’ Il n’y a personne qui peut être vicieux à son égard, à moins de mentir. »

Et personne n’a osé.

« L’article n’a jamais été publié, a dit Sanderson. Le journaliste n’a pu trouver personne pour déblatérer contre Bobby. »

Personne ne le pouvait.

De nos jours, certains athlètes ont un entourage digne de vedettes rock et ont des attitudes qui laissent croire qu’ils sont plus gros que leur sport, mais Orr n’a jamais joué à être Bobby Orr. Au lieu de cela, il a été la version hockey de John Lennon, brillant mais volontairement dans l’ombre; une icône réfléchie et modeste.

Orr a toujours détesté se mettre au-dessus des gens. Il était solitaire seulement parce que son talent l’exigeait. Il n’a jamais trouvé une zone de confort, car il a été séparé de ceux qui ont contribué à ses exploits.

Une des plus grandes icônes sportives de Boston, Orr se sentait mal à l’aise d’approcher Ted Williams, un autre héros sportif, à un organisme de bienfaisance. Poussé à y aller, Orr a finalement découvert un compagnon de pêche plutôt qu’une divinité.

Il jouait avec la même humilité, selon plusieurs de ses partisans.

Orr a peut-être inscrit des buts spectaculaires qui faisaient les manchettes à la suite de jeux que lui seul pouvait exécuter, mais il a trouvé peu de joie à être anormalement supérieur à ses adversaires.

« Il se levait et il était comme embarrassé », a déclaré à LNH.com le directeur général des Kings de Los Angeles, Dean Lombardi.

Lombardi était un adolescent qui vivait à Ludlow, au Massachusetts, et qui adorait le hockey durant les belles années de Orr.

« Il était tout ce dont on peut rêver d’un athlète qui est un modèle, a dit Lombardi. Il était un grand joueur qui était clairement un joueur d’équipe. Il jouait pour gagner. Et finalement, il était humble. »

En ce sens, il s’est créé une chimie avec ceux qui le regardaient jouer. Les enfants à travers la Nouvelle-Angleterre sentaient que Orr était l’un d’eux, venant de la même classe ouvrière qui a formé les générations de leurs propres familles. Maintenant devenus adultes, ces enfants sentent toujours que Orr est l’un d’eux.

« Vous voyez comment ça se passe aujourd’hui avec les gars qui désirent attirer l’attention, mais Orr pouvait facilement être comparé à un col bleu, comme plusieurs d’entre nous qui venaient de villes ouvrières, a dit Lombardi. Il faisait les choses comme elles devaient être faites. Il se comportait comme un grand joueur était supposé le faire, il travaillait fort, il jouait pour l’équipe et il n’attirait pas l’attention sur lui-même. »

La renommée et le statut de Bobby Orr ont grandi pour atteindre celles de légendes comme Ted Williams et Mickey Mantle. (Photo: Brian Babineau/NHLI)

C’est cette philosophie qui a défini la vie de Orr, une humilité provenant de ses parents, Doug et Arva. Sa renommée et son statut ont grandi pour atteindre celles de légendes comme Williams et Mickey Mantle, mais Orr n’a jamais eu un gros égo.

Il est membre du Temple de la renommée. Il est un mari, un père, un grand-père et oui, un homme d’affaires à la tête du Groupe Orr Hockey ainsi qu’un auteur.

Outre ses tournées médiatiques pour promouvoir son autobiographie Orr: My Story (Orr: mon histoire), il tente de vivre loin des projecteurs, même si les lumières s’éloignent rarement d’un joueur qui a remporté huit fois le trophée Norris, trois fois le trophée Hart, le trophée Conn Smythe à deux reprises et la Coupe Stanley à deux occasions.

Orr ne considère peut-être pas qu’il a changé le hockey, qu’il a été révolutionnaire, qu’il a émerveillé d’innombrables enfants, qui les a inspirés à jouer le sport dans lequel il excellait. Mais ceux qui le connaissent intimement vous diront que c’est exactement ce qu’il a fait depuis son arrivée à Boston il y a 47 ans, alors qu’il était un jeune prodige du hockey.

« J’ai participé à plusieurs tournois de golf pour des œuvres de charité avec lui et tous les riches hommes d’affaires voulaient être photographiés avec lui. À un événement, Bobby est parti et personne ne savait où il était », a décrit à LHN.com Rick Curran, un ami de Orr et un partenaire d’affaires. « Je savais où il était. Il était à l’arrière avec les gens qui remplissaient les boîtes, toutes ces personnes qui n’obtiennent pas la reconnaissance pour ce qu’elles font. C’est avec ces gens qu’il aimait se retrouver. C’était bien lui. »

En fait, Bobby Orr représente beaucoup pour plusieurs personnes.

Il est encore la conscience de ses ex-coéquipiers.

L’impact de Orr auprès de ses ex-coéquipiers n’a pas diminué à travers les décennies. Ce n’est pas seulement parce qu’il a été un rouage essentiel dans la conquête de la Coupe Stanley qui a mis fin à une disette de 29 ans des Bruins. Ce n’est pas seulement en raison de sa gentillesse et de sa loyauté, incarnées par l’aide qu’il a apportée à Sanderson en lui faisant suivre une cure de désintoxication pour qu’il retrouve la sobriété, en lui versant de l’argent et en lui procurant un toit longtemps après qu’ils eurent tous les deux été des coéquipiers.

C’est ce qu’il a apporté au groupe d’hommes qui ont grandi en jouant ensemble avec les Bruins.

« Nous savions tous qu’il était un grand joueur, mais ce qui a toujours été important pour moi, c’est qu’il a été un coéquipier extraordinaire », a déclaré LNH.com Gerry Cheevers, le gardien des Bruins à cette époque. « Pour moi, c’est l’une des raisons pour laquelle il était si grand. Quand tu peux dire: ‘Hey les gars, quel grand coéquipier il a été’, c’est très bien. »

BOBBY ORR À NEW YORK

La légende Bobby Orr accueille un amateur lors d'une séance de dédicaces au NHL Powered by Reebok Store. (Photo: Thomas Nycz/NHLI)

Les joueurs des Bruins adoraient Orr, mais ils en avaient également peur. Il était leur leader, mais il comptait sur chacun d’entre eux, comme ces derniers comptaient sur lui. Orr leur laissait savoir s’ils ne jouaient pas bien. Parfois, il leur parlait, mais il arrivait souvent qu’il ne faisait que les regarder.

C’était un regard qui pouvait être très intimidant.

« Il était comme un tigre dans le vestiaire », a rappelé Don Cherry, qui dirigeait les Bruins au milieu des années 1970. « Je pense que c’est Eddie Westfall qui a raconté l’histoire. Il y avait une grosse poutre au centre du vestiaire et si tu ne jouais pas bien et que tu ne fournissais pas l’effort, il était préférable que tu te caches derrière, car il (Orr) avait des lasers dans les yeux. Il détestait tout simplement perdre et quand on perdait, il n’était pas comme un joueur normal qui subissait la défaite. Il se blâmait, car il croyait qu’il avait laissé tomber l’équipe. »

Cherry a vécu l’expérience à la fin de sa première saison derrière le banc des Bruins quand ils ont perdu un match contre les Blackhawks de Chicago dans les séries éliminatoires de 1975.

« Nous avions dominé 56-18 au chapitre des tirs au but, mais nous avions affronté un Tony Esposito (le gardien des Blackhawks) à son mieux et nous aurions dû gagner, s’est souvenu Cherry. Orr avait marqué 46 buts et récolté 89 mentions d’assistance tout en présentant un différentiel de plus-80 cette saison-là. Après notre défaite, il était extrêmement fâché. Il a fermé la porte de mon bureau et il m’a dit: ‘Je n’ai jamais bien joué pour toi’. Je ne savais pas quoi dire. C’est le genre de gars qu’il était. »

Orr insistait pour dire qu’il faisait des erreurs et Sanderson est d’accord avec cette affirmation.

« On fait tous des erreurs, c’est la nature humaine, a dit Sanderson. Mais pas lui. »

Sanderson a déclaré qu’il ne pouvait se rappeler d’une seule fois où Orr a remis la rondelle à un adversaire.

« C’est vrai », a confirmé Cheevers.

« J’avais l’habitude de le voir contourner le filet. Personne ne pouvait le faire, a dit Sanderson. J’ai observé plusieurs joueurs essayer de faire la même chose, ils n’étaient pas capables. Il attendait, attendait, attendait, il voyait un espace libre au centre, il se déplaçait à côté du filet et il faisait une passe parfaite. »

Sanderson se demande toujours pourquoi Orr n’a jamais été reconnu pour son jeu défensif comme il l’a été pour son phénoménal jeu offensif.

« Tout le monde disait qu’Eddie Westfall et moi étions de très bons joueurs en infériorité numérique, mais Bobby Orr jouait avec nous, a dit Sanderson. Personne ne veut reconnaître quel grand joueur défensif il était. Il patinait à vos côtés et à la seconde que vous enleviez vos yeux sur la rondelle, il vous la soutirait. Il lisait bien le jeu, il observait, attendait et effectuait son jeu. »

Larry Robinson, le partenaire de Orr à la ligne bleue lors de la Coupe Canada en 1976, est encore fasciné par ce qu’il a vu pendant le tournoi, la seule fois où Orr a représenté le Canada sur une patinoire.

Bobby Orr a aidé le Canada à remporter la Coupe Canada en 1976 et été nommé le joueur par excellence du tournoi. (Photo: Denis Brodeur/NHLI)

Avec des genoux amochés qui allaient éventuellement mettre fin à sa carrière, Orr a été nommé le joueur par excellence du tournoi et a aidé le Canada à remporter le titre.

« Il s’entraînait avec nous, mais dès que le tournoi a commencé, il a arrêté de s’entraîner en raison du mauvais état de ses genoux, a raconté Robinson à LNH.com. Il n’était peut-être que la moitié ou les trois quarts du vrai Bobby Orr, mais c’était extraordinaire de le voir jouer et extraordinaire d’être son coéquipier. Il était le meilleur joueur sur la glace en raison de son anticipation, de son accélération, de la manière dont il passait la rondelle ou de la manière dont il tirait au but. »

LES ENFANTS ONT PRIS NOTE

Lombardi a indiqué que ses amis et lui ne laçaient jamais leurs patins jusqu’en haut car Orr ne le faisait pas. Tout comme Orr, ils appliquaient peu de ruban sur la lame de leur bâton. Ils voulaient avoir les cheveux longs pour qu’ils puissent flotter au vent, comme ceux de Orr.

« C’était agréable », a dit Lombardi.

Orr n’aimait pas que les gens soient en admiration devant lui.

« Je me souviens de la première fois que je l’ai vu faire sa pirouette à la ligne bleue. Il avait feinté un tir et il a effectué son spin-o-rama, a déclaré Lombardi. Je me souviens aussi de la manière dont il écoulait le temps en infériorité numérique en contournant deux fois le filet.

« Il pouvait manier la rondelle et patiner sur un 10 cents. Je n’ai jamais vu un autre joueur faire ce qu’il faisait, malgré le fait que les joueurs soient plus gros, plus forts, plus rapides. Il n’y a rien qu’il ne pouvait pas faire. »

IL EST UN AMI HUMBLE

Encore de nos jours, Orr ne se place pas au-dessus des autres, même quand le reste du monde tente de le faire.

Une statue de bronze pesant 800 livres (363 kilogrammes) à l’extérieur du TD Garden le montre dans les airs après qu’il eut marqué le but victorieux de la Coupe Stanley contre les Blues de St. Louis en 1970. C’est un hommage au plus célèbre but de l’histoire des Bruins et au jeu le plus célèbre de la carrière de Orr.

Il est là, immortalisé seul, en plein vol, son bâton soulevé en signe de triomphe alors qu’il commençait à célébrer. Pourtant, quand Orr se remémore ce moment emblématique, il se souvient de tous ceux qui ont joué un rôle important dans ce jeu qui l’a fait passer à l’histoire.

« Écoutez, je suis ravi que cette statue soit là et ravi d’avoir marqué ce but, mais elle ne représente qu’une petite partie, un très bref moment d’un but, a dit Orr à LNH.com. Quand je la regarde, je pense à beaucoup de choses. »

Ça lui fait penser à sa jeunesse à Parry Sound, rêvant de jouer pour la conquête de la Coupe Stanley, faire partie d’une équipe championne de la LNH.

« Il était un garçon d’une petite ville jouant à Boston, a indiqué Cherry. Il était comme l’enfant qui livrait de la pizza et il n’a presque pas changé. »

Orr se souvient encore d’avoir regardé dans la foule lors du dévoilement de la statue, une journée de 2010. Il a vu Kathy Bailey, la veuve de Garnet « Ace » Bailey, un ex-coéquipier des Bruins dans les années 1970 qui a été tué dans les attaques terroristes du 11 septembre 2001.

« Il était un joueur important de notre équipe », a dit Orr en parlant de Bailey.

Le but de Orr qui a scellé la victoire de la Coupe en 1970 est immortalisé à l'extérieur du TD Garden à Boston. (Photo: Getty Images)

Il se souvient d’avoir vu Milt Schmidt – « Oncle Milt », comme l’appelait Orr – dans la foule. Schmidt est celui qui a effectué le légendaire échange avec les Blackhawks de Chicago qui avait amené Phil Esposito, Ken Hodge et Fred Stanfield aux Bruins en retour de Pit Martin, Gilles Marrotte et Jack Norris.

« C’est une autre pièce de la composition de l’équipe et c’est ce qui a vraiment placé les Bruins dans la bonne direction », a dit Orr.

Harry Sinden, l’entraîneur des Bruins quand ils ont remporté la Coupe, assistait également au dévoilement.

« L’un des grands entraîneurs », a déclaré Orr.

Sanderson, Cheevers, Westfall, Hodge, Johnny McKenzie, Johnny Bucyk, Don Marcotte, Gary Doak et Eddie Johnston étaient tous présents à la cérémonie.

« Donc peu importe que ce soit le but ou la statue, ce fut un paquet de choses mises ensemble qui nous ont permis d’arriver à ce moment et c’est aussi important que quoi que ce soit, a dit Orr. Nous étions les champions. Je suis fier de voir cette statue, mais je pense qu’il y a beaucoup plus que cela. »

IL EST UN PIONNIER

Orr a changé la manière dont sa position était perçue, même s’il est trop humble pour l’admettre ou même le croire. Son style lui a permis d’amasser 915 points en 657 matchs. Il a influencé des générations de défenseurs de Paul Coffey à Brian Leetch, en passant par Scott Niedermayer et Nicklas Lidstrom, et de nos jours des joueurs comme Duncan Keith et Drew Doughty.

« Bobby a fait penser aux entraîneurs qu’ils n’avaient pas à garder un gars qui ne pouvait pas patiner. Ils se sont plutôt dit: ‘Faisons jouer un gars qui peut patiner et faisons le jouer plus souvent’, a expliqué Leetch à LNH.com. C’est la raison pour laquelle je suis devenu un défenseur. J’ai commencé à l’avant, car personne ne voulait jouer à la défense. Mon père m’a dit : ‘Pourquoi tu ne joues pas à la défense, tu passerais plus de temps sur la glace’.

« Mes entraîneurs n’étaient pas contre l’idée car ils pouvaient voir que je pouvais jouer beaucoup et faire des jeux. Bobby a inculqué une manière de jouer. »

Leetch est devenu un membre du Temple de la renommée, comme Coffey, comme Niedermayer le deviendra le mois prochain. Lidstrom est assuré de faire son entrée en 2015. Keith a remporté deux coupes Stanley et une médaille d’or olympique.

Doughty détient une bague de la Coupe Stanley et une médaille d’or olympique aussi.

Il y a plusieurs disciples de Orr, mais de nos jours, on les considère comme des disciples de Niedermayer, Leetch et Lidstrom. Dans quelque temps, on les considérera comme des disciples de Keith, Doughty, Ryan Suter, Erik Karlsson, Kristopher Letang et plusieurs autres.

« À chaque fois que ton nom est accolé à celui de Bobby, c’est un peu embarrassant, mais tu n’es certainement pas déçu, a admis Leetch. Vous savez ce que les gens disent: ‘Vous ne pouvez le comparer à Bobby Orr’. Et je suis d’accord! »

IL EST LE HÉROS DE MILLIONS DE GENS

Sanderson a obtenu une deuxième chance en grande partie grâce à Orr. Il ne prend pas cela pour acquis.

« La seule certitude peu importe comment les choses allaient mal, peu importe le montant d’argent dont j’avais besoin pour sortir du trou, c’était que Bobby était là, a fait savoir Sanderson. Il nous a tous fait grandir. Je crois que les super vedettes font cela naturellement, mais Bobby surpassait toutes les autres super vedettes. Il est dans une classe à part. »

Orr semble faire tout ce qu’il peut quand il le peut pour mettre sa notoriété à bon escient.

Il visite les enfants dans les hôpitaux et il est empathique alors que d’autres sont tristes ou tout simplement écœurés par la souffrance qu’ils voient.

« Je me souviens qu’il m’avait accosté à mon année recrue et qu’il m’avait dit: ‘Viens, on va aller voir pourquoi on joue’, s’est rappelé Sanderson. Je n’avais aucune idée de ce qu’il voulait dire. Il m’a amené dans un hôpital pour enfants. Il avait 19 ans, j’en avais 20. Nous sommes allés dans le département des enfants paraplégiques. J’étais totalement déprimé et il m’a dit: ‘Tu vois combien nous sommes chanceux. Tu dois jouer pour ces enfants’.

« Bobby obtenait leurs noms, leur envoyait des objets et il se souvenait d’eux. Il m’a alors dit: ‘Qu’est-ce que tu en penses?’ J’ai répondu, ‘Oh, je ne pourrais faire cela sur une base régulière.’ En un mot, c’est lui. »

Orr, qui participe encore à de tels événements, ne le fait pas pour recevoir des remerciements ou de l’attention. Les caméras sont rarement admises pendant ses visites.

« Il ne veut pas que quiconque soit en admiration devant lui », a dit Curran.

C’est la raison pour laquelle Leetch n’a jamais raconté à Orr l’une des histoires favorites de sa famille.

L'ancien défenseur Brian Leetch prétendait être Fred Cusick, le légendaire descripteur des Bruins en disant 'Orr à Esposito, il tire et compte.' (Photo: Getty Images)

Leetch n’avait que deux ans et il était dans le sous-sol de la maison familiale avec un bâton de hockey et un yo-yo, et il prétendait être Fred Cusick, le légendaire descripteur des Bruins.

« Je commençais à peine à parler, a dit Leetch. Ils m’entendaient tous dire: ‘Orr à Esposito, il tire et compte’ et ils me demandaient de répéter encore et encore. »

Leetch a rencontré Orr à plusieurs reprises au cours des années, mais il ne lui a jamais raconté cette histoire car le moment ne semblait pas approprié.

« Il vous désarme tellement il est gentil, vous voulez donc lui parler comme à un ami plutôt que de lui parler comme quelqu’un qui cherche à le rencontrer, a dit Leetch. On passe du bon temps avec lui et il s’amuse vraiment. Je pense que vous apprenez mieux à le connaître de cette façon. »

Orr a désarmé Lombardi et ses compagnons de l’école secondaire de Ludlow il y a quelques années.

Le groupe de Lombardi était en ville au club des citoyens américano-polonais, un repaire où les enfants pourraient voir Orr, Hodge et Esposito. Lombardi et ses amis racontaient aussi que lorsque les joueurs des Bruins feraient le trajet dans l’ouest de l’État, ils viendraient au club, signeraient des autographes et rendraient tout le monde heureux.

Lombardi a déclaré qu’il appellerait Orr. Ses amis ne pouvaient le croire.

« Orr a répondu au téléphone et tous ses amis étaient assis à ses côtés. ‘Attends une minute, tu as Bobby Orr au téléphone?’, a raconté Lombardi. Il a pris le temps de parler à chacun d’entre nous. Nous étions tous des enfants de cols bleus et ça nous a rendus heureux pendant une année entière. C’était phénoménal l’impact qu’il avait sur les gens. »

Cet impact s’est également fait sentir avec le joueur de centre des Rangers de New York Brian Boyle, un client de Orr.

« Il me téléphone à mon anniversaire à chaque année, a dit Boyle à LNH.com. C’est fantastique qu’il se souvienne de ma fête. Il a tellement de choses à faire, il est très généreux de son temps, sa philanthropie, et il prend le temps de penser à moi. Ça signifie beaucoup pour moi. J’aurai 29 ans en décembre et je suis certain qu’il me téléphonera. Il me demandera comment je vais. Parfois, il m’appelle au hasard. Il semble toujours m’appeler au bon moment. »

IL EST UN GUIDE POUR LES JOUEURS D'AUJOURD'HUI

Professionnellement, Orr est un agent de joueurs depuis deux décennies. Il occupe ce poste pour vivre, mais c’est aussi une manière pour Orr d’aider les joueurs actuels à devenir de meilleures personnes.

« Philosophiquement, il aime se sentir comme la conscience de la compagnie », a dit Curran.

Il guide les joueurs, incluant plusieurs vedettes, tant sur la patinoire qu’à l’extérieur. Il ne les conseille pas sur quoi faire avec l’argent qu’ils empochent, mais il croit par contre qu’ils ont besoin d’apprendre une partie de la vie par eux-mêmes.

Il n’a jamais fait attention à ses finances personnelles et il en a subi les conséquences. Orr ne veut pas que cela arrive à un autre joueur.

« La réalité, c’est que Bobby ne savait pas ce qui se passait avec ses affaires. Il veut - et il insiste là-dessus – que ces jeunes joueurs sachent que c’est une chose d’avoir un agent, une chose d’avoir quelqu’un qui te conseille et qui s’occupe de tes affaires tant sur la patinoire qu’à l’extérieur, mais il faut qu’ils sachent ce qui se passe, a dit Curran. Ils doivent poser des questions. »

Orr sait tout ce qui se passe avec ses clients. Chaque matin, il est debout à 5 h 00. Il consulte les sommaires et les comptes rendus de la veille. Il a une liste d’items qui doivent être abordés quand Curran l’appelle à 7 h 30 – Curran lui téléphone à chaque jour à 7 h 30 –, à moins que l’un des deux soit en voyage ou non disponible.

« Des personnes me disent souvent, ‘Bobby Orr! Il est toujours actif?’, a indiqué Curran. Je leur réponds: ‘Tu te fous de ma gueule ?’

« Que Dieu le bénisse. Ce n’est pas évident d’être au téléphone à 7 h 30, mais il a tellement de choses à faire. C’est Bobby. Il est très consciencieux au sujet de tout cela. »

Il est aussi consciencieux au sujet du jeu de ses clients qu’il l’est au sujet de leur vie personnelle.

« Ma mère m’a toujours dit de me comporter comme un homme, a déclaré Boyle. On le regarde et il fait tout de la bonne manière. »

Curran a indiqué que Orr est aussi loyal envers ses clients qu’il l’était envers ses coéquipiers, ce qui signifie que sa loyauté n’affectera pas son opinion si un client ne fait pas tout son possible pour être le meilleur qu’il peut, ou si un client ne vit pas selon les valeurs de Orr.

« Orr et ses associés comprennent très bien le sport et ils disent la vérité aux joueurs », a déclaré Lombardi en parlant du Groupe Orr Hockey. « J’ai remarqué cela avec eux et comme le faisait remrquer Ricky, ça commence avec la philosophie de Bobby qui est de ne pas seulement dire aux jeunes ce qu’ils veulent bien entendre. Ils vont droit au but et à la fin, ils auront un meilleur joueur et un meilleur client. C’est ce qui ressort clairement de cette firme. »

IL EST UN AUTEUR

Depuis des années, Orr a reçu des offres pour écrire un livre. Mais, il ne voulait pas écrire une autobiographie à propos de ses exploits sportifs.

Le fait qu’il a fallu attendre 35 ans après la retraite de Orr pour qu’il se sente à l’aise d’écrire des choses importantes est symbolique du genre de personne qu’il est. Le thème se pose à nouveau. Orr veut être perçu sur un pied d’égalité, pas comme celui qui a accompli de grandes choses et qui a gagné le respect de tout le monde.

Dans son livre, il parle très peu de ses statistiques, de ses exploits personnels et de ses nombreux trophées. Selon lui, ces choses-là ne le définissent pas en tant qu’homme et ne définissent pas sa carrière.

« Si vous voulez connaître mes statistiques, allez voir les livres de la LNH », a dit Orr.

Il a écrit le livre pour faire connaître aux gens qui l’avaient guidé, qui lui avaient enseigné ses valeurs et qui avaient influencé sa carrière. Il a écrit le livre pour faire connaître ses opinions (et il dit lui-même que ce n’est rien de plus que des opinions). Il explique comment le hockey devrait être rien d’autre que d’être amusant dans les catégories inférieures pour les enfants. Il parle des règlements de la LNH qui ont rendu le jeu trop rapide et trop dangereux.

« Ce ne sont que des opinions, a dit Orr. Je ne veux pas dire à la ligue: ‘Hey, changez vos règlements’. C’est juste ce que je pense. »

Comme Curran l’a noté, Orr n’a jamais présumé que son opinion était plus importante que celle des autres.

« S’il y a 20 personnes dans la chambre, il veut être l’une des 20 voix », a dit Sanderson.

Orr est toutefois conscient de ce qu’il est, de la stature qu’il a gagnée. Mais il n’a pas changé la manière qu’il regarde le sport qu’il a tant aimé quand il était enfant et qu’il a dominé en tant que joueur.

Ce n’est pas une surprise si le journaliste qui a approché Sanderson il y a 30 ans n’ait rien trouvé de mauvais à dire sur Orr.

« Il est au-dessus de la sempiternelle discussion de qui est le meilleur joueur, a déclaré Sanderson. Il est une personne extraordinaire. Comparez et vous verrez que vous n’êtes pas dans sa ligue. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter à: @drosennhl

 

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