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Bouchard : Qui va réussir à garder le rythme?

dimanche 2013-10-27 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Qui va réussir à garder le rythme?
Bouchard : Qui va réussir à garder le rythme?

« Gardera-t-il le rythme? »

C’est certainement une des questions favorites des amateurs et des commentateurs lorsque survient la fin du mois d’octobre. Si les meilleurs marqueurs sont connus et savent se faire voir au sommet des classements saison après saison, les merveilles du mois d’octobre ont souvent à vivre des lendemains difficiles.

Le phénomène est inhérent au fait que les buts sont extrêmement rares dans la LNH. Les bons marqueurs exécuter de manière routinière des jeux que la plupart des joueurs ne tentent même pas, mais c’est le temps d’utilisation dont ils bénéficient qui leur permet de surclasser les autres. La chose est plus claire lorsqu’on prend le temps de regarder les performances des attaquants de la LNH répartis en quelques grands groupes, en fonction de leur temps d’utilisation.

On retrouve dans les bases de données de behindthenet.ca 1011 attaquants ayant joué dans la LNH depuis le début de la saison 2007-2008. Ils ont décoché en moyenne 6,8 tirs par heure passée sur la glace à 5 contre 5 et ont marqué en moyenne 7 buts (4 pour la saison écourtée en 2012-13). En ne retenant que les seules saisons d’au moins 20 matchs entre 2007-2008 et 2011-2012 (dernière saison complète de 82 matchs), nous obtenons un groupe de 609 attaquants ayant disputé un grand total de 2169 saisons.

Près du quart de ces saisons ont été disputées par des joueurs ayant joué moins de 10 minutes en moyenne par match alors que 4 pour cent ont obtenu plus de 15 minutes de jeu.

Cette première figure laisse entrevoir à quel point la compétition est féroce entre ceux qui se disputent les postes aux marges de la LNH.

Le temps d’utilisation des attaquants est fortement différencié, les marqueurs les plus prolifiques étant les plus utilisés. Les joueurs les plus utilisés à forces égales sont aussi ceux qui accaparent l’essentiel du temps de glace en avantage numérique. Le graphique suivant illustre ces tendances en regroupant les 2169 saisons en sept groupes représentant le temps de glace obtenu en moyenne à 5 contre 5.


Cette concentration du temps de glace vers le haut des alignements s’explique un peu plus aisément lorsqu’on regarde ce que ces différentes catégories de joueurs produisent avec ces assignations. La figure ci-dessous montre que les joueurs qui obtiennent la part du lion en temps de jeu sont aussi, globalement, les plus productifs.


La montée en efficacité se constate sur tous les plans : les meilleurs joueurs sont plus susceptibles de menacer le filet adverse d’un tir et sont aussi les plus susceptibles de convertir ces menaces en buts. On comprend mieux le taux de roulement constaté dans la première figure lorsqu’on constate que ceux des attaquants les moins utilisés sont aussi ceux qui produisent le moins, tant en quantité qu’en qualité. Plus encore, la part de mises en jeu en zone défensive attribuée aux différents groupes d’attaquants, mesure des responsabilités défensive qu’un joueur se voit assignées par son entraîneur, n’est pas particulièrement élevée dans ce dernier groupe. Entendre par là que ce sont les joueurs établis (ceux qui, comme groupe, jouent 11, 12 ou 13 minutes par matchs et plus de 70 matchs par saison) qui se voient confier le plus de tâches défensives. Les joueurs moins utilisés semblent donc bel et bien former un groupe principalement constitué de joueurs cherchant à s’établir dans la LNH en s’y trouvant un rôle, et non pas des spécialistes moins utilisés que les généralistes ou même que les vedettes.

Mais revenons à nos marqueurs. Les précédentes figures illustrent les principaux leviers utilisés par les entraineurs pour maximiser l’impact de leurs meilleurs joueurs : le temps de glace à forces égales et celui en avantage numérique. En utilisant la base de données d’un autre excellent site de référence, extraskater.com, reprenons la liste des meilleurs buteurs de ce début de campagne et tâchons de reconnaitre les tendances à l’œuvre en observant comment certains joueurs se démarquent particulièrement.


Alex Ovechkin
, meilleur buteur de la ligue depuis le lock-out de 2004, effectue cette saison un retour au sommet des classements. Sa production de tirs au but est proprement stupéfiante, tant à forces égales qu’en avantage numérique. À forces égales, Ovechkin (dont le ratio en carrière est de loin le meilleur de ceux illustrés ici) dépasse de plus de 50 pour cent sa production normale. Idem en avantage numérique, où sa production horaire de tirs au but (29,1) le classerait au 16e rang des équipes à forces égales. Dit autrement : Ovechkin produit personnellement, en une heure passée sur l’avantage numérique, plus de tirs au filet que 14 des 30 équipes de la ligue à forces égales. C’est extraordinaire et intenable comme rythme et c’est une page supplémentaire qui s’ajoute à l’histoire de ce joueur remarquable.

Sidney Crosby, un des rares joueurs à faire de l’ombre au grand Ovie, livre ici certain de ses secrets. Joueur le plus utilisé à la fois à forces égales et en avantage numérique, il nous force à remarquer qu’il ne génère présentement ni tirs ni taux de réussites hors de l’ordinaire lorsque comparés à ses moyennes en carrière. En d’autres termes : si Ovechkin semble présentement sur une séquence torride qui ne saurait durer, Crosby semble quant à lui rouler à son rythme de croisière.

Phil Kessel est un autre joueur qui semble présentement rouler à son rythme de croisière. L’homme de 8 millions est un des marqueurs les plus prolifiques de la ligue depuis quelques saisons maintenant, un fait accentué par l’immense quantité de glace qu’on lui donne. En effet, seuls Crosby et Kesler (un joueur talentueux, certes, mais à vocation plus défensive) le surpassent dans cette liste. Notons aussi que s’il produit une quantité industrielle de tirs en avantage numérique, il ne convertit pas pour l’instant, une situation qui va éventuellement se corriger.

Tomas Hertl et Sean Monahan sont deux recrues qui ont fait sensation au mois d’octobre. Hertl joue beaucoup et génère une quantité appréciable de tirs au but à forces égales et en avantage numérique (où il joue peu). Reste que ses taux de conversions sont hors de l’ordinaire, tout comme ceux de Monahan; à 19 pour cent et 22 pour cent de tirs convertis en buts, ces deux jeunes joueurs caracolent à des niveaux normalement atteints par de rares talents de tireurs (Stamkos) ou encore des fabricants de jeu particulièrement sélectifs (Alex Tanguay, notamment).

Parisé et Vrbata sont au bas de cette liste, mais probablement pas pour longtemps. Parisé produit autant de tirs au but qu’Ovechkin en avantage numérique en plus d’afficher un des meilleurs ratios à forces égales. Seul un taux de conversion anémique à 5 contre 5 l’empêche présentement de remonter dans ce classement, ce qui ne saurait tarder vu sa moyenne en carrière. Vrbata, s’il lui cède le pas en avantage numérique, affiche lui aussi un rythme de tir au filet et une ration de temps de glace qui montrent qu’il n’a ni ralenti, ni perdu la confiance de son entraineur. Décollage imminent.

Bien que la saison soit encore jeune, le classement des buteurs est déjà monopolisé par nombre de joueurs établis. On constate que si certains d’entre eux sont sur des séquences particulièrement torrides, ces joueurs ont tous en commun le fait de bénéficier d’un généreux temps d’utilisation.

 

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