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Sidney Crosby et Nathan MacKinnon sont la fierté de Cole Harbour

dimanche 2013-10-20 / 23:29 / LNH.com - Nouvelles

Par Corey Masisak - Journaliste LNH.com

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Sidney Crosby et Nathan MacKinnon sont la fierté de Cole Harbour
Ce qui sépare Cole Harbour des communautés voisines ou de toute autre communauté de cette taille au Canada, est l'un des biens les plus précieux de notre pays. En terme de joueurs de hockey, Cole Harbour n’a pas son égal.

COLE HARBOUR, Nouvelle-Écosse – Le soleil s’est levé, ici, peu après sept heures trente par un dimanche paisible, même si son effet était estompé par une matinée nuageuse.

Il y a autant de panneaux indiquant les passages de cerfs qu’il y a de panneaux de limite de vitesse, ce qui pourrait un jour sauver la vie du chevreuil à quatre pointes qui s’est retrouvé dans une cour avant sur Davies Lane juste avant le lever du soleil.

Les premières impressions de Cole Harbour ne sont probablement pas très différentes de la plupart des villes de cette taille, un peu plus de 25 000 habitants, dans n'importe quelle partie du Canada.

Le panneau de bienvenue est dans l'ombre du Walmart. Il y a plusieurs Tim Hortons et une épicerie qui annonce un accès exclusif à la fameuse viande fumée de Schwartz.

Il y a assez d'élévations dans les alentours pour offrir de vastes panoramas d'arbres colorés de nuances de feuillages rouges, oranges et jaunes qui font de cette période de l'année une si belle période dans ce coin du monde. Ces arbres sont partout, sauf aux endroits développés par les humains et là où les plans d'eau ne leur permettent pas de pousser.

C’est une communauté paisible et agréable majoritairement formée de gens de la classe moyenne. Son voisin, Dartmouth, fait un peu plus de deux fois sa taille, dispose d'un campus allié au Nova Scotia Community College, une paire de beaux centres commerciaux et a été le théâtre du tournage de Trailer Park Boys, un film culte à la manière d’un faux documentaire et une série télévisée. La ville de Halifax, avec son bel aréna de 10 500 places et son centre-ville dynamique, se trouve à environ 10 kilomètres à l'ouest.

Ce qui sépare Cole Harbour des communautés voisines ou de toute autre communauté de cette taille au Canada, est l'un des biens les plus précieux de notre pays. En terme de joueurs de hockey, Cole Harbour n’a pas son égal.

Le panneau de bienvenue est une attraction touristique. Il dit: « Bienvenue à Cole Harbour, la maison de Sidney Crosby. » Être la maison de celui qui est sans doute le meilleur joueur de hockey de sa génération fait de Cole Harbour un lieu culte, un peu à la manière de Brantford et de Parry Sound, en Ontario, qui sont connus par les amateurs de hockey au-delà les frontières du Canada pour être les endroits où ont grandi Wayne Gretzky et Bobby Orr.

Un prodige du hockey dans une ville de cette taille est remarquable, mais certainement pas sans précédent. Puis, Nathan MacKinnon est arrivé et pour la deuxième fois en huit ans, le premier joueur sélectionné dans un repêchage de la LNH provenait de cette ville nommée d'après un petit port peu profond en Nouvelle-Écosse.

Les deux fiertés de Cole Harbour vont s'affronter pour la première fois lundi soir lorsque Crosby et les Penguins de Pittsburgh affronteront MacKinnon et l’Avalanche du Colorado Avalanche au Consol Energy Center (19h30 HE, RDS2, TSN2, NBCSN, ROOT).

« C'est un exploit incroyable. Deux premiers choix au total c’est ahurissant », a déclaré Cam Russell, qui a grandi à Cole Harbour et a joué près de 10 saisons dans la LNH avant de devenir le directeur général des Mooseheads de Halifax de la Ligue de hockey junior majeure du Québec, l'équipe pour laquelle a joué MacKinnon lors des deux dernières saisons.

« Personne ne sait comment l'expliquer. Vous avez une communauté très humble qui ne veut pas recevoir d’éloges à ce sujet, mais vous avez des joueurs comme Sidney et Nathan qui sont spéciaux, ce sont des jeunes très spéciaux et ils ont à l’intérieur d’eux ce qu’il faut pour être les meilleurs, la détermination et le feu sacré. Ils ont des aptitudes de classe mondiale, mais il est difficile d'y arriver sans les bonnes personnes autour de vous pour vous aider. Il y a beaucoup de gens à Cole Harbour qui n'ont jamais obtenu de tapes dans le dos pour avoir aidé chacun d'entre nous. »

La chambre à coucher de MacKinnon était décorée avec des souvenirs à l’effigie de Crosby et il retenait l'attention au niveau atome au moment où Sid the Kid devenait le plus jeune joueur dans l'histoire de la LNH à marquer 100 points en une saison.

Quand Crosby a mené les Penguins à la finale de la Coupe Stanley en 2008, MacKinnon, âgé de 12 ans, avait enregistré 110 points en 50 matchs, lui qui évoluait dans un niveau supérieur à son âge (Bantam), tout comme Crosby l’avait fait avant lui.

Ce n'était pas un hasard qui a conduit MacKinnon à Shattuck Saint Mary’s, une école située dans le Minnesota que Crosby a contribué à rendre célèbre. Alors que MacKinnon ne s’est jamais caché au sujet de son admiration pour Crosby, la pression d'être comparé à un talent générationnel n'est pas une chose avec laquelle la plupart des joueurs de hockey préadolescents ont à traiter.

« Je pense que la partie chance pour notre ville est, et c’est ce qu’on dit toujours au sujet de Sid, qu’il est une meilleure personne qu’il est bon au hockey », déclare Paul Mason, qui a dirigé Crosby au niveau Pee-Wee (Crosby avait 10 ans, les autres joueurs avaient 11 et 12), et est un ami proche de la famille. « Il le démontre tout le temps. Nathan le fait de la même façon. Ils sont tous les deux des gens formidables et nous en sommes très fiers au sein de notre communauté. »

Il y a une caractéristique à propos de Crosby, une haine de perdre plus grande que le désir de gagner, qui l'a défini. C'est une des facettes où MacKinnon se compare favorablement à Crosby et probablement une partie de la raison pour laquelle le poids des comparaisons constantes ne l'a pas empêché de devenir le meilleur joueur au pays dans sa tranche d'âge et un favori, même si la saison est jeune, pour remporter le trophée Calder à sa campagne recrue dans la LNH.

MacKinnon est rentré à la maison suite à deux années passées au Minnesota pour intégrer la LHJMQ et la saison dernière il a accompli quelque chose que Crosby a raté en passant à une petite victoire d’y parvenir, c’est-à-dire gagner la Coupe Memorial. Il pourrait aussi gagner le titre de recrue de l'année, ce qui lui donnerait une autre chose à raconter à Crosby quand ils patineront ensemble durant l'été à Cole Harbour et Halifax.

« Ils ont appris à se connaître assez bien lors des deux dernières années. Sidney a vraiment été un mentor pour Nathan », a déclaré Jon Greenwood, qui a dirigé MacKinnon aux niveaux Pee-Wee et Bantam à Cole Harbour et a aussi été un enseignant/entraîneur à l'Académie de hockey des Maritimes. « Ils ont patiné ensemble et ont travaillé ensemble. Je suis sûr que ce sera spécial pour eux. Surtout pour Nathan, parce qu'il a grandi en idolâtrant Sidney. Leurs parcours sont remarquables, mais c’était leur but. Nathan vénérait Sidney et il était son modèle, donc je suis sûr que ce sera spécial. »

Bien qu'il existe une « Rue Principale » à Cole Harbour, la rue principale est en fait Cole Harbour Road. C'est au centre commercial où ce signe désormais célèbre est affiché.

Il ne fait pas de doute que le cœur, au sens figuré, de cette ville se trouve à une courte distance en voiture de Cole Harbour Road à Cole Harbour Place, un centre communautaire complet resplendissant qui comprend un centre aquatique, trois piscines, une bibliothèque, des zones pour soulever des poids, un lieu pour jouer au racquetball, faire une exposition d'artisanat, des terrains de soccer extérieurs, de baseball et de sports divers.

Et il y a les patinoires de hockey Scotia 1 et Scotia 2, où s’activent sur patins des centaines d'enfants de tous âges sur une base quotidienne. Au moment où le soleil est apparu dans le ciel, dimanche, trois groupes de jeunes joueurs de hockey avaient déjà profité du temps de glace et il y avait un quatrième groupe formé de jeunes en uniforme complet. Ces jeunes étaient assis patiemment arborant des chandails Timbits dont les noms ne figuraient pas sur leurs maillots, mais étaient plutôt inscrits sur une pièce de ruban adhésif collé à leurs casques.

Il n'y a pas de numéro 87 parmi ces minuscules joueurs, mais il y a un numéro 29 accolé à un équipement. Le numéro 87 est partout à Cole Harbour et Pittsburgh, un peu comme les enfants qui ont toujours voulu porter les numéros 9, 66 ou 99.

Il ne faudra probablement pas trop de temps pour que le numéro 29, celui que porte MacKinnon avec l'Avalanche, rejoigne ce groupe, en particulier dans cette partie du pays.

« Nous sommes très chanceux, en tant qu’entraîneurs, d’avoir fait partie de leur parcours quand ils sont passés, a déclaré Mason. Très peu d'enfants à Cole Harbour avaient leurs parents comme entraîneurs. À cette époque pour ces deux gars-là, il n'y en avait presque pas. Je pense que ces jeunes seraient tout de même là où ils sont, mais c'est agréable à entendre. Je sais que Nathan est très friand de Jon et Sid a dit des choses très élogieuses sur moi. Nous apprécions, mais nous avons la chance de nous être retrouvés sur leurs chemins. C'est la simple vérité. »

Produire deux joueurs sélectionnés au premier rang au total dans un repêchage de la LNH est une distinction incroyable pour toute la communauté de hockey, mais le fait que la loupe soit pointée vers Cole Harbour dépasse la normalité. L'ensemble de la province de la Nouvelle-Écosse a produit un seul joueur admis au Temple de la renommée du hockey (Al MacInnis) et seulement trois, outre Crosby, qui ont récolté plus de 400 points dans la LNH (MacInnins , Bobby Smith et Glen Murray) .

Et pourtant Crosby et MacKinnon ne sont pas les seuls joueurs en provenance de Cole Harbour. Russell, un défenseur qui a joué près de 400 matchs dans la LNH pour les Blackhawks de Chicago et l'Avalanche, a grandi ici. Joe DiPenta, qui a joué 176 matchs dans la LNH et qui a son nom gravé sur la Coupe Stanley suite à son passage avec les Ducks d'Anaheim, a également grandi ici et y est récemment revenu s’installer.

Stephen MacAulay, un choix de sixième ronde des Blues de St. Louis en 2010, est originaire de Cole Harbour et a rejoint les Mooseheads lors de leur conquête de la Coupe Memorial suite à une transaction survenue à la mi-saison, l'an dernier. Brendan Duke, un défenseur qui a deux ans de plus que MacKinnon, mais qui a joué avec lui quand il a été monté à un niveau supérieur dans leur jeunesse, en est à sa troisième saison avec Halifax.

Mitchell Maynard, qui a remporté la Coupe Memorial avec Shawinigan en 2012, a vécu à deux pas de Duke. Cole Murphy aussi, lui qui joue actuellement pour le Phoenix de Sherbrooke.

« Je suis passé par-là il y a 35 ans, mais nous avons toujours eu de bons entraîneurs, a déclaré Russell. Sans rien vouloir enlever aux autres entraîneurs ailleurs, nous n'avons jamais eu des entraîneurs qui avaient un fils ou une fille au sein de l'équipe, alors ils passaient leurs jours de congé avec l'équipe. Ils étaient très dévoués.

« Nous avons eu un entraîneur nommé Wallace Deveau, qui s'est rendu en Russie il y a 35 ans pour un séminaire de coaching. C'était il y a 35 ans, avant la chute du Mur de Berlin. Clary Mullane a amené Pierre Pagé à l'époque pour des instructions de patinage. Il y avait des gars de pointe et on pouvait dire qu'il y avait un véritable amour du jeu. Il y avait aussi beaucoup d'enseignement au sujet de la responsabilisation et de la responsabilité ».

Ce n'est pas seulement l’affaire des garçons. La sœur de Crosby, Taylor, en est à son année senior à Shattuck-St. Mary’s et est considérée comme l'un des meilleurs gardiens de but au Canada à son niveau d'âge. Alexis Crossley est une étudiante de première année à l'Université du New Hampshire après avoir fait partie des athlètes de Cole Harbour qui sont passés au Shattuck-St. Mary’s et elle a fait partie de l’équipe championne des moins de 18 ans du Canada en 2012.

La ville de Cole Harbour est devenue une sorte d'usine de hockey, à la manière des petites villes semblables dans l'Ohio ou la Pennsylvanie qui ont produit des stars du football à un taux comparable à celui de grandes communautés dans la Californie, la Floride et le Texas.

L'échelle est plus petite, mais Cole Harbour Place éclipse le lycée vieillissant d’à côté d'une manière qui se veut un peu comme ce que Buzz Bissinger décrit quand il est arrivé à Odessa, au Texas il y a 25 ans, pour écrire son célèbre livre sur le football d’école secondaire dans cet état. Le patinage du dimanche matin n’a pas le côté dramatique de Friday Night Lights, mais la passion de la communauté pour son sport favori y est bien présente.

« Je pense que c'est ce que Sidney et Nathan ont tous deux en commun, a déclaré Greenwood. C’est très classe moyenne ici. Il n'y a pas beaucoup de richesse et pas beaucoup de pauvreté. C'est vraiment une ville de classe moyenne qui, selon moi, est parfaite pour le hockey. Tout le monde peut se permettre de jouer et peut compter sur le soutien pour pouvoir jouer, mais je pense qu'ils ont encore tous deux l'éthique de travail et la fierté typique des Maritimes. Vous voyez qu'ici, les meilleurs athlètes jouent au hockey, mais il y a l’éthique de travail et la fierté d’une petite ville. »

Lorsque le soleil se lèvera lundi matin sur Cole Harbour, un groupe de joueurs novices avancés (7 et 8 ans) seront déjà passés sur la glace pour une pratique, une heure avant la rentrée scolaire. Il y aura beaucoup plus d’entraînements et de matchs lundi soir (mauvais timing pour les enfants).

La plupart des villes n'ont jamais eu un jeune comme Crosby. Les endroits de la taille de Cole Harbour n’en ont jamais eu deux. Si la tendance se maintient, il y a un jeune garçon de 9 ou 10 ans qui se prépare à devenir le premier choix au total du repêchage 2021 ou 2022 de la LNH.

« Je ne sais pas. Vous n’aimez pas placer cette étiquette à quelqu’un, a déclaré Greenwood. Je suis certain que la prochaine fois qu'un gamin de Cole Harbour va marquer 70 ou 80 buts, tout le monde va en entendre parler, mais c'est en mettre beaucoup sur le dos d’un enfant. Je suis convaincu que tous les enfants veulent être comme ça, mais il faut pratiquement parler d’autres gars parce qu'il est vraiment, vraiment difficile d'aspirer à être comme ces deux-là.

« Mais non, il n'y a personne ici, présentement, qui fait dire aux gens qu’il pourrait être le prochain. La vérité est qu’il pourrait ne jamais y en avoir un autre. »

Il y en a eu deux cependant et les deux prodiges vont s'affronter pour la première fois lundi. Mason a déclaré qu'il aurait souhaité être au Consol Energy Center et a entendu parler de plusieurs habitants qui vont faire le voyage.

L’expérience visuelle devrait être intéressante. La loyauté, dans une ville majoritairement peinte en noir et or, sera testée.

« Je suppose que presque tout le monde qui est amateur de hockey à Cole Harbour, ce qui est essentiellement le cas pour l'ensemble de Cole Harbour, regardera ce match, a dit Mason. J'espère que ce sera un match de 8-7 et les deux joueurs obtiendront un tour du chapeau. C'est drôle, mais à cause de mes connexions avec Sid, je vais souhaiter le voir marquer le but vainqueur en fusillade ou en prolongation et je devine que Jon souhaitera voir Nathan inscrire le but victorieux. »

Peut-être qu’un jour, l’affiche à côté du Walmart se lira ainsi : « Bienvenue à Cole Harbour, la maison de Sidney Crosby et de Nathan MacKinnon. » Si c'est le cas, les gens de cette ville feront probablement un signe de tête aux touristes qui sont en train de prendre des photos et n'oublieront pas la fois où ils ont vu un petit gamin nommé Sidney Crosby faire quelque chose d'incroyable pour un enfant de cet âge. Et l’époque où un petit gamin nommé Nathan MacKinnon a fait la même chose.

« J'espère que ce sera le cas, a déclaré Mason. Nathan connaît un excellent départ. Sid a vraiment fait sa marque ici et puis, il est parti et a fait son propre chemin. Nathan fait la même chose.

« Nous sommes vraiment fiers d'eux en tant que communauté. »

 

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