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Calme et mature, Seth Jones laisse peu de doute qu’il appartient à la LNH

dimanche 2013-10-20 / 18:31 / LNH.com - Nouvelles

Par Arpon Basu - Directeur de la rédaction LNH.com

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Calme et mature, Seth Jones laisse peu de doute qu’il appartient à la LNH
Calme et mature, Seth Jones laisse peu de doute qu’il appartient à la LNH

Lorsque Seth Jones s’est présenté au camp d’entraînement des Predators de Nashville le mois dernier, il n’a pas voulu que sa famille l’accompagne tant qu’il ne serait pas assuré de commencer la saison dans la LNH.

Le directeur général David Poile et l’entraîneur Barry Trotz n’ont pas caché que ce serait le cas, mais le quatrième choix du dernier repêchage ne voulait rien prendre pour acquis.

Jones est donc demeuré chez le capitaine des Predators, Shea Weber, le présent et le futur de la concession se retrouvant sous un même toit en s’amusant à jouer à des jeux vidéo et en apprenant à se connaître.

« Il n’avait pas grand-chose à faire », a dit Weber de son pensionnaire temporaire. « Garder sa chambre propre et bien rangée, et peut-être sortir le chien à l’occasion. »

Une fois sa présence à Nashville confirmée, Jones a invité sa mère à demeurer avec lui, pour toute la saison, espère-t-il.

« C’est mon plan si je reste ici comme je l’espère », a-t-il mentionné samedi matin avant le match contre le Canadien à Montréal.

« Es-tu sérieux? », lui a demandé un reporter.

« On ne sait jamais, a-t-il répondu. Je n’ai pas encore joué mon neuvième ou dixième match, alors on verra. »

Son neuvième match sera disputé dimanche à Winnipeg et s’il est encore en uniforme mardi au Minnesota, il en sera officiellement à la première année de son premier contrat professionnel, recevant ainsi l’assurance qu’il passera toute la saison à Nashville avec sa maman.

Comme si on pouvait en douter.

« Seth n’a rien pris pour acquis, a raconté Trotz samedi. Il a beaucoup de respect pour son sport quant à sa capacité à gagner un poste et à contribuer. »

Quelques heures après s’être demandé publiquement s’il allait passer la saison qui s’amorce dans la LNH ou dans la Ligue junior de l’Ouest, Jones a donné une preuve tangible que non seulement sa place était à Nashville, mais qu’il était un élément important des Predators.

Vers la fin du match contre le Canadien, le défenseur a stoppé une tentative de dégagement à la ligne bleue et passé la rondelle à David Legwand. Avec un score égal 1-1 et moins de deux minutes à jouer en troisième période, une recrue normale, à plus forte raison âgée de seulement 19 ans, aurait joué de prudence et serait restée à la ligne bleue.

Mais Jones n’est pas une recrue normale.

« Il n’y a rien de normal là-dedans », a d’ailleurs noté Poile.

Après avoir remis la rondelle à Legwand, donc, Jones a filé en direction du filet de Carey Price pour s’emparer d’un retour de lancer dans l’enclave. Au lieu de lancer immédiatement, il s’est habilement dégagé de son coéquipier Patrick Hornqvist et du défenseur Josh Gorges et a battu le gardien du Canadien d’un tir précis.

« C’est typique de lui », a déclaré Legwand à LNH.com après la rencontre. « C’est un joueur intelligent et il prend des risques au bon moment. Il peut corriger lui-même ses erreurs. »

Ce but était une heureuse conclusion à une soirée de travail typique de Jones aux côtés de Weber dans le premier duo de défenseurs des Predators; 27:29 de temps de glace, dont 5:56 en avantage numérique et 4:31 en désavantage. Il a marqué à sa 12e présence sur la patinoire en troisième période, sa 32e dans le match.

« Il joue extrêmement bien, a confié le gardien Pekka Rinne. C’est plaisant de voir comment un joueur aussi jeune utilise ses points forts. Il déplace la rondelle, il ne craint pas de défier un adversaire et de faire des jeux risqués à l’occasion. Il joue avec confiance et arrogance, c’est formidable de l’avoir avec nous. »

Il s’agissait samedi du deuxième match de suite au cours duquel Jones passait plus de 27 minutes sur la patinoire et de la cinquième fois en huit rencontres qu’il était utilisé plus de 25 minutes. De plus, il fait tout ça en jouant du côté gauche même s’il lance de la droite, une position qu’il n’avait occupée que de façon sporadique par le passé, mais qu’on lui demande maintenant d’adopter dans la meilleure ligue au monde.

Avons-nous dit qu’il n’a que 19 ans?

« C’est une éponge. Vous n’avez pas besoin de lui répéter plusieurs fois. Il a beaucoup de maturité dans son jeu, l’a vanté Trotz. Nous sommes très chanceux d’avoir pu le repêcher au quatrième rang. Je crois vraiment qu’il va être une pièce importante dans quelque succès que nous pourrons connaître au cours des 10 prochaines années. »

La bonne fortune des Predators au repêchage a été le résultat d’une situation que Poile ne souhaite plus revivre.

Jusqu’à tard la saison dernière, les Predators étaient au plus fort de la lutte pour participer aux séries une quatrième année de suite quand les blessures se sont mises de la partie et que sept attaquants sont tombés au combat en mars et avril. En même temps, Martin Erat, deuxième dans l’histoire de la concession pour les points (481) et les matchs disputés (723) a réclamé d’être échangé par la seule organisation pour laquelle il avait joué.

Cette demande, dont Poile dit avoir discuté avec Erat pendant trois semaines, était la dernière d’une série d’événements qui ont marqué les Predators, une jeune concession arrivée à la croisée des chemins. Tout avait commencé avec le départ du défenseur Ryan Suter qui, devenu joueur autonome à l’été 2012, a accepté une offre du Wild du Minnesota, et le contrat de 14 ans et 110 millions $ offert à Weber par les Flyers de Philadelphie, que les Predators ont choisi d’égaler.

Ces trois joueurs représentaient en bonne partie l’image de la concession et Poile a dû se faire à l’idée que deux d’entre eux allaient se retrouver ailleurs.

Mais quand le directeur général a été en mesure d’échanger Erat aux Capitals de Washington, le 3 avril, en retour de Filip Forsberg, le 11e choix du repêchage de 2012, les Predators avaient commencé à piquer du nez. Neuvièmes dans l’Ouest avec une fiche de 14-13-6 le 25 mars, ils ont conclu la saison au 14e rang après n’avoir remporté que deux de leurs 15 derniers matchs (2-10-3).

C’est ce qui leur a valu de repêcher au quatrième rang, et même s’il était classé premier espoir par le Bureau central de dépistage de la LNH et d’autres organismes, Jones a été ignoré par l’Avalanche du Colorado, les Panthers de la Floride et le Lightning de Tampa Bay.

« Nous avons beaucoup souffert et cela n’a pas été très amusant, a rappelé Poile. Mais notre récompense a été d’obtenir Seth et Filip Forsberg. C’est bien, j’imagine, mais je ne veux pas que ça arrive encore.

« Je préfère être des séries et aller dans une autre direction. »

Jones et Forsberg devraient jouer un grand rôle pour que les choses se passent ainsi, mais à première vue, c’est tout ce qu’ils semblent avoir en commun.

Jones est un Afro-Américain, fils d’un ancien joueur de la NBA et entraîneur, pratiquement né sous les feux de la rampe. Forsberg est un Suédois qui s’exprime d’une voix douce venant d’Ostervala, une petite ville de quelque 1500 habitants sise à 130 kilomètres au nord de Stockholm.

Mais les deux sont extrêmement talentueux et tous deux ont été repêchés à un rang plus éloigné que prévu.

Et voilà qu’on mise sur eux pour établir la fondation des nouveaux Predators.

« Forsberg va devenir un très bon joueur », a prédit Trotz en comparant ses mains et son talent pour se déplacer avec la rondelle à Jaromir Jagr. « Nous avons eu de la chance et nous avons pris de bonnes décisions pour mettre la main sur ces deux jeunes. »

Si Jones a dit publiquement que le fait d’avoir été sélectionné plus tard que prévu lui servirait de motivation, confiant avoir passé « neuf longues minutes » avant que les Predators soient invités à faire connaître leur choix, Forsberg a déclaré qu’avoir été repêché au 11e rang alors que certains le voyaient parmi les cinq premiers n’a pas été si difficile.

« Je consultais les classements et j’étais très haut dans certains et plus bas dans d’autres », a-t-il déclaré à LNH.com. Je n’avais donc pas vraiment idée où j’allais me retrouver et mon agent non plus parce qu’il avait entendu toutes sortes de choses.

« On réalise que c’est une grosse affaire de jouer dans la Ligue nationale. J’espère ne plus être échangé, mais on verra. Je veux juste continuer de bien jouer et de travailler fort pour garder ma place dans la formation. C’est tout ce à quoi je pense pour le moment. »

Forsberg n’a pas eu le même impact que Jones. Il a marqué un but et cumulé trois points en six rencontres en étant utilisé 13:46 en moyenne par match et souvent en avantage numérique.

Mais lui aussi n’a que 19 ans et la seule raison de considérer ses performances comme décevantes serait en les comparant à celles de Jones.

« Il est vraiment calme et il a beaucoup de maturité pour un jeune de son âge, a noté Trotz. Il ne faut pas lui répéter souvent, il comprend vite. »

Trotz a aussi parlé de calme et de maturité dans le cas de Jones, mais en faisant référence à sa conduite à l’extérieur de la patinoire.

« Il a autant de maturité que tous les joueurs avec lesquels j’ai eu à faire, son niveau de respect aussi, a dit Poile. J’ai parlé à ses parents au camp de développement à Nashville en juillet. Ils voulaient savoir comment il se débrouillait sur la patinoire, mais je ne leur ai jamais parlé de ce qu’il faisait sur la glace. Je leur ai juste dit à quel point c’était une bonne personne.

« Il a fait quelques erreurs, mais il ne se laisse pas abattre, il n’a pas de mauvais langage corporel. C’est la vraie bonne affaire et il va devenir un vrai bon joueur. »

Le plus effrayant pour le reste de la ligue est que Jones est peut-être déjà un vrai bon joueur. Et sa carrier ne fait que commencer.

 

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