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Bouchard : Les statistiques aident à comprendre le monde rapide du hockey

dimanche 2013-10-06 / 20:13 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Les statistiques aident à comprendre le monde rapide du hockey
Ouvrons cette nouvelle chronique en posant une question toute simple: en quoi les statistiques peuvent-elles intéresser l'amateur de hockey?

Ouvrons cette nouvelle chronique en posant une question toute simple: en quoi les statistiques peuvent-elles intéresser l'amateur de hockey?

La réponse est toute simple : parce que le hockey disputé dans la LNH est, très certainement, un des sports les plus rapides au monde. Rares, très rares sont les individus qui sont capables de tout voir ce qu'il y a d'important à voir dans le feu roulant qu'est un match de la LNH (j'en suis personnellement incapable).

Plus encore, il est parfaitement normal de s'absorber sur un aspect, un moment, un joueur : notre équipe va-t-elle remonter un déficit de quelques buts? Notre joueur favori fera-t-il enfin une poussée en zone offensive? C'est bien sûr là un des plaisirs que procure l'écoute d'un match: s'absorber dans le moment présent, dans le déferlement de l’action.

Mais cette expérience nous laisse souvent, suite à un match, avec la tête pleine de points d'interrogation. C'est pourquoi nous sommes si avides de ces articles, émissions et autres blogues qui traitent de ces matchs, c'est pourquoi tant d'entre nous aiment discuter de ce match auquel nous avons assisté hier au soir. Au-delà du moment magique (ou tragique!), nous savons bien qu'il y a encore tant à découvrir.

Et c'est là où cette chronique cherchera à prendre le relais. Ce rendez-vous hebdomadaire portera sur le hockey de la LNH un regard basé sur l'analyse des statistiques recueillies à chaque match, un domaine en pleine ébullition depuis maintenant quelques années.

Les chroniques publiées ici traiteront de ce qui se passe à travers la ligue, parfois trop vite, mais aussi parfois trop lentement pour qu'on s'en aperçoive. De nombreux outils statistiques développés au cours des dernières années seront utilisés à cet effet. Mais il ne sera pas pour autant question d'enfiler des formules, des tableaux et des graphiques à n'en plus finir. Ces outils seront systématiquement vulgarisés, entendre par là qu'on n'insistera pas tant sur le détail des formules et des indicateurs que sur les concepts qu'ils mettent en lumière. Le lecteur sera rapidement familiarisé avec des notions qui se révèleront toutes simples à l’usage: minutes dures, trios d'exploitation, distribution des mises en jeu, tirs vers le filet et temps de possession, chances de marquer, entrées de zones, qualités des adversaires affrontés, qualités des coéquipiers, l'impact du pointage, les pourcentages de conversion cumulés...

Il sera donc question d'expliquer ces outils en les utilisant. Si tant est que cette chronique atteigne ses objectifs, ces outils seront pour vous autant de "mitaines" que vous pourrez utiliser pour retirer des morceaux de choix du feu roulant d'un match.

Un exemple concret: les chances de marquer

Mais revenons au constat de départ: l'intérêt des statistiques au hockey réside dans le fait qu'elles sont basées sur des observations (Tir au but, mise en jeu, pénalité...) qui nous indiquent ce qui s'est passé pendant un match. Si nous n'avons pas le temps de tout voir, nous ne sommes par contre pas les seuls à regarder ces matchs. La LNH s'assure de publier au sujet de chaque confrontation une pléthore de données et des blogueurs et journalistes en publient aussi.

Je prendrai à titre d'exemple le travail que j'ai accompli ces dernières années, travail qui m'a valu le plaisir de me faire offrir cette chronique. Je publie, depuis maintenant 4 ans, un blogue dédié à l'analyse statistique des matchs du Canadien de Montréal, intitulé En attendant les Nordiques.

J'ai lancé ce blogue en m'inspirant du travail de Dennis King, qui a décidé, au début de la saison 2007-2008, de commencer à recenser les chances de marquer survenues pendant les matchs des Oilers d'Edmonton pour ensuite les publier sur l'excellent blogue tenu par Tyler Dellow. Je continue à ce jour à fréquenter ce blogue ainsi que de nombreux autres que vous pourrez découvrir au fil de certaines chroniques.

Donc, reprenant l'approche de King, j'utilise depuis le début une méthode simple et efficace. Dans un premier temps, je note chaque moment du match où un joueur d'une des deux équipes décoche un tir au but ou un tir manqué à partir d'une zone précise (identifiée par une ligne rouge sur le petit graphique ci-contre). Ensuite, je consigne ces informations dans une base de données et j'y ajoute les données publiées par la LNH.

Il devient alors possible de déterminer qui était sur la glace pour quel événement, à quel moment du match telle équipe dominait. Cela permet aussi de déterminer avec plus de clarté comment les entraîneurs déploient leurs effectifs.

Plus la saison progresse, plus les données s'accumulent, plus certaines tendances lourdes apparaissent. Des tendances qui, à l'échelle d'un match, ne sont pas toujours évidentes. Ainsi, lorsqu'on considère les données d'une saison complète, on constate que, toutes proportions gardées, la capacité d'un club à déclasser ses adversaires aux tirs au but coïncide avec sa capacité à déclasses ses adversaires aux chances de marquer.

Pourtant, à l'échelle d'un match, on peut voir un club se faire dominer dans un département et faire jeu égal dans l'autre. Ainsi, lors de l'affrontement Canadiens - Maple Leafs du 1er octobre, Montréal a effectué 70 tentatives de tirs, contre 61 pour Toronto. Or, le décompte final des chances que j'ai consignées pour ce match montrait une égalité parfaite: 25 chances de chaque côté!

Bref, les apparences sont parfois trompeuses. La parité dans la Ligue nationale d'aujourd'hui est telle que des équipes moyennes peuvent connaître de belles séries de succès, tout comme les séquences difficiles guettent les équipes les plus dominantes. Ces aspects cachés que les statistiques appliquées au hockey peuvent nous révéler sont souvent à la base de ce qui fait à terme le succès des bonnes équipes et la perte des équipes plus moyennes.

C'est là un des aspects les plus fascinants du hockey contemporain, que j'espère vous faire découvrir au fil des prochaines chroniques.

Pour notre rendez-vous de la semaine prochaine, nous ferons un tour d’horizon des principaux indicateurs statistiques (exemples à l’appui!) que nous utiliserons au cours de la saison.

D’ici là, bon début de saison!

 

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