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MTL VS OTT

Les progrès de Subban en tant que coéquipier le récompensent individuellement

Par Arpon Basu - Directeur de la rédaction LNH.com

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Les progrès de Subban en tant que coéquipier le récompensent individuellement

OTTAWA – P.K. Subban a quitté la glace tard mardi, comme il le fait souvent, après l’entraînement matinal tenu par le Canadien de Montréal en vue du match no 4 de sa série quarts de finale dans l’Est face aux Sénateurs (19 h 00, CBC, RDS, CNBC), qu’Ottawa mène 2-1.

Ça faisait deux heures que la ligue avait annoncé que Subban faisait partie des trois finalistes pour l’obtention du trophée Norris remis annuellement au meilleur défenseur de la LNH.

Le vestiaire du Canadien était bondé de journalistes, qui étaient tous au courant que Subban ne voulait pas parler de sa nomination puisqu’il désirait que l’attention soit uniquement dirigée sur l’équipe et non sur lui.

Mais certains membres des médias ont tout de même essayé de lui tirer les vers du nez.

« Désolé », a dit Subban en se dépêchant de retirer son équipement. « Je dois me préparer pour le match les gars. »

Cette concentration unidirectionnelle sur la victoire et sur l’importance de son équipe est une des raisons pour lesquelles Subban a connu la saison qu’il a connue, et qu’il a finalement été choisi parmi les trois meilleurs défenseurs de la ligue aux côtés de Kristopher Letang des Penguins de Pittsburgh et Ryan Suter du Wild du Minnesota.

Il y a à peine un an, Subban aurait probablement sauté sur l’occasion de parler aux journalistes de cette si belle nomination à un si jeune âge. Mais à presque 24 ans, la mentalité de Subban a changé.

« On se concentre sur la victoire. On veut gagner. Je veux gagner, avait déclaré Subban lundi. On veut revenir à Montréal [avec une série égale] 2-2. Ce sont les séries. Rien d’autre n’est important. »

Alors que Subban se changeait mardi matin, son ancien partenaire à la défense Josh Gorges parlait en son nom, discutant du match qui allait être disputé plus tard ce soir-là. Mais lorsqu’il a été interrogé à propos de Subban, Gorges a hésité avant de répondre.

« Earmuffs (cache-oreilles) », a dit Gorges en regardant Subban, faisant référence à une réplique du film Old School (Vive la fraternité) qu’un des personnages utilisait avec son fils lorsqu’il ne voulait pas qu’il entende ce qu’il disait.

Gorges se moquait, parlant de Subban de façon élogieuse même s’il savait très bien que son coéquipier l’entendait très bien. Mais la réaction initiale a tout de même démontré l’étendue du processus d’apprentissage de Subban cette saison et ce que l’entraîneur Michel Therrien et ses coéquipiers ont tenté de lui inculquer.

« Nous voulons qu’il soit un joueur humble, un joueur mature, a évoqué Therrien. Mais le crédit lui revient. On voulait lui enseigner des trucs sur la patinoire, lui montrer comment être un professionnel, et il était ouvert à apprendre. »

Subban a raté les six premières rencontres de la saison alors qu’il était toujours en train de négocier son nouveau contrat avec le Canadien, et lorsqu’il était de retour, Therrien l’a inséré graduellement dans la formation, le faisant commencer sur la troisième paire de défenseurs et la deuxième vague du jeu de puissance. Malgré tout, Subban a réussi à récolter un point lors de ses quatre premiers matchs et à partir du 21 février, il a connu une séquence incroyable au cours de laquelle il a inscrit huit buts et amassé 22 aides en 26 rencontres. Subban a terminé la saison régulière à égalité avec Letang au sommet des pointeurs de la LNH chez les défenseurs avec 38 points, et a mené tous les défenseurs et pris le troisième rang au total de la ligue au chapitre des points en avantage numérique.

Mais les plus grandes habiletés de Subban pourraient être ce qu’il réussi à faire à 200 pieds du filet adverse, c’est-à-dire se défaire des joueurs adverses en échec avant.

Le premier attaquant à s’amener vers Subban connaît rarement du succès en raison de la capacité du no 76 d’utiliser son corps pour protéger la rondelle, accepter la mise en échec et ensuite décider comment il va déjouer le joueur adverse. L’échec avant de l’équipe adverse avorte d’ailleurs souvent avant-même qu’il ne soit commencé à cause de ce premier attaquant que Subban réussit à contrer neuf fois sur 10.

« En tant que défenseur, quand un joueur vient faire de l’échec avant tu veux te mettre en position pour pouvoir prendre la mise en échec et placer la rondelle pour qu’un de tes coéquipiers puisse venir la chercher, a mentionné Gorges. Mais avec P.K., il est capable d’absorber un coup et d’une manière ou d’une autre utiliser le joueur en échec avant pour se propulser de l’autre côté. Et peu importe de quel côté il le frappe, parce que [P.K.] peut aller des deux côtés.

« C’est assez exceptionnel ce qu’il réussit à faire avec ses pieds et la force qu’il a. »

Mais alors que Subban a toujours eu ce talent – même s’il semble l’avoir vraiment maîtrisé cette saison –, Gorges soutient que c’est sa volonté de ne pas utiliser ses habiletés aussi souvent qu’avant qui a fait de lui un meilleur joueur et un coéquipier plus fiable.

Par le passé, a expliqué Gorges, il était parfois difficile de jouer avec Subban puisqu’on ne savait jamais vraiment ce qu’il allait faire, mais maintenant, il suit beaucoup mieux le système de jeu et choisit ses moments pour utiliser ses habiletés.

« Souvent, il battait le premier jouer, battait le deuxième et ensuite transportait la rondelle, a ajouté Gorges. Eh bien ce joueur était déjà ouvert, ce n’était pas nécessaire de le déjouer. C’était un gaspillage d’énergie et au final tu finis par faire le même jeu que tu aurais fait de toute façon. Il s’est rendu compte maintenant qu’il allait avoir beaucoup de temps de glace, alors pourquoi gaspiller de l’énergie à faire des trucs en trop? »

Le fait que Subban ait appris aussi tôt dans sa carrière augure bien pour son avenir, que Therrien a très hâte d’aider à modeler.

« Considérant son âge, il peut encore atteindre un autre niveau, et c’est ce qui rend le tout tellement intéressant pour nous les entraîneurs, a dit Therrien. Il a le talent et la force pour élever son jeu d’un cran. »

 

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