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Penguins vs. Islanders

L’approche de Oates lui a valu le respect des Capitals

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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L’approche de Oates lui a valu le respect des Capitals

ARLINGTON, Virginie – Vers la fin de l’entraînement mercredi, alors que quelques joueurs patinaient tranquillement en échangeant des plaisanteries, on retrouvait Alex Ovechkin au centre de la patinoire, un genou sur la glace, la tête levée, les yeux fixés sur son entraîneur Adam Oates, qui semblait indiquer à la supervedette des Capitals de Washington comment se positionner pour décocher un bon lancer du côté de la mitaine du gardien.

Oates faisait semblant de lancer, et Ovechkin observait attentivement. Oates prenait la place du gardien et faisait bouger sa mitaine, et Ovechkin observait attentivement. Lorsque la démonstration fut terminée, les deux hommes ont discuté brièvement avant que Oates n’éclate de rire, donne une tape sur l’épaule d’Ovechkin et s’éloigne tranquillement.

Pourquoi est-il si important que l’entraîneur et son joueur étoile discutent ainsi à la veille de la première partie de la série quart de finale d’association entre les Capitals et les Rangers de New York?

C’est très simple.

Le style de Oates, axé sur une communication individuelle, a redonné à Ovechkin le plaisir de jouer, tout en entraînant un style de jeu excitant et gagnant à Washington, ce qui a amené les Capitals à croire que leur heure était finalement arrivée.

« Il voit tellement de choses, il regarde tous les gars jouer pour ensuite venir nous donner des petits conseils, nous faire part de petits détails que nous pourrions améliorer en fonction de notre position ou de notre façon de jouer », a expliqué le défenseur Mike Green au NHL.com. « Il comprend vraiment bien les joueurs, et c’est très réconfortant. Il est très intelligent, et c’est parce qu’il porte une attention aux détails. »

Oates n’a pas seulement changé la manière de jouer des Capitals, il a aussi modifié leur façon de penser.

Il encourage les joueurs à jouer en unité de cinq, ce qui signifie que la chimie est aussi importante que le talent. Les joueurs doivent créer cette chimie en communiquant énormément, autant entre eux qu’avec l’équipe d’entraîneurs.

Il souhaite que ses troupes tentent agressivement de provoquer des revirements en territoire central, ce qui nécessite une bonne compréhension des angles et de la position de chaque joueur sur la glace. Encore une fois, la communication et l’enseignement sont des éléments essentiels dans cette optique.

Il désire voir ses défenseurs sortir le disque de leur zone à l’aide de passes rapides plutôt que de les voir transporter la rondelle par eux-mêmes. Pour y parvenir, ils doivent savoir où seront postés les attaquants et aussi faire preuve d’instinct pour faire la passe au bon moment, et pour déterminer s’ils doivent ensuite appuyer l’attaque ou non.

Chimie, enseignement, attention aux détails, réflexion… voilà qui résume bien la nouvelle identité des Capitals.

« L’an dernier, l’entraîneur [Dale Hunter] n’enseignait qu’une seule chose », a analysé Ovechkin, en faisant référence aux principes défensifs de Hunter. « Maintenant, [Oates] enseigne plusieurs choses différentes. Il connaît mieux son hockey que la majorité des entraîneurs. Chaque entraîneur a ses bons et ses moins bons côtés, mais pour ma part, je ne vois aucun côté négatif à son style. »

Mais le succès qu’obtient Oates à Washington ne devrait pas constituer une surprise.

Quiconque a porté attention au parcours de ce centre intelligent, réfléchi et membre du Temple de la renommée, et qui était prêt à faire preuve d’un minimum de patience aurait pu prédire que Oates allait connaître du succès en tant qu’entraîneur-chef dans la LNH à partir du moment où les joueurs de Washington allaient commencer à le comprendre, à lui faire confiance, et à se faire confiance à eux-mêmes pour mettre en œuvre son plan.

Brett Hull à St. Louis, Cam Neely à Boston et Peter Bondra à Washington ont tous eu besoin d’un peu de temps pour comprendre Oates et lui faire confiance. Oates a fait de ces trois joueurs des marqueurs de 50 buts. Hull a marqué 86 buts en une saison avec Oates à ses côtés, et il en avait inscrit 72 la saison précédente. Hull croit qu’il aurait pu atteindre le plateau des 1 000 buts s’il avait pu évoluer avec Oates pendant plus de deux saisons et quelques matchs.

« Il sait exactement ce qu’est un marqueur de 50 buts, a noté Ovechkin. Il sait comment expliquer à un joueur de centre quoi faire et quoi me dire pour que je me libère, pour que je trouve un espace libre sur la glace. »

De plus, lorsqu’il jouait, Oates s’est initié lui-même au concept d’équipe en discutant et en écoutant les joueurs de troisième et quatrième trios avec qui il a évolué.

« Il allait souvent souper avec Chaser [Kelly Chase], discuter avec Bobby Bassen, Dave Lowery et Garth Butcher pendant le dîner, a révélé Hull au LNH.com. Il écoutait, et il a compris ce que ces joueurs attendaient des entraîneurs, comment ils désiraient être traités, et comment ils percevaient leur propre contribution.

« Évidemment, son expertise c’est l’attaque, le talent et travailler avec des joueurs comme [Ovechkin], mais il est assez intelligent pour savoir qu’il ne peut l’emporter sans un Eric Fehr ou un Jason Chimera, et d’autres joueurs comme eux. Il sait comment utiliser ces joueurs et comment les traiter afin qu’ils sentent qu’ils ont un rôle aussi important à jouer dans une victoire que [Nicklas] Backstrom, Ovechkin et les autres joueurs de talent. »

L’une des clés pour y parvenir est de s’assurer que sa porte est ouverte pour tout le monde. Oates espérait que ses entraîneurs agissent de la sorte lorsqu’il jouait, mais il a l’impression que ce n’est jamais arrivé, car à l’époque où il évoluait dans la LNH, les joueurs discutaient davantage avec les adjoints plutôt qu’avec l’entraîneur-chef.

« Je veux que les joueurs sentent qu’ils peuvent venir me voir pour me demander quelque chose, a déclaré Oates. C’est pourquoi il faut faire ses devoirs, car il faudra fournir les réponses. On ne peut pas inventer, car ils le détectent. Chaque joueur sait combien de temps il passe sur la glace à la seconde près, combien de tirs ils ont décochés, de même que les statistiques de tous les autres joueurs. Il n’y a pas de secrets. Alors lorsqu’un joueur vient me poser une question, ce que j’encourage, si je n’ai pas la réponse tout de suite, je vais faire mon possible pour l’avoir le lendemain. »

Les joueurs affirment qu’ils ne sont jamais déçus.

« Je n’ai jamais joué pour un entraîneur qui comprend autant ses joueurs, a avoué Troy Brouwer au LNH.com. Il nous parle comme s’il était toujours un joueur, mais un joueur très intelligent. »

Intelligent… et respectueux. Oates ne crie jamais. Il ne croit pas qu’il parviendra à mieux faire comprendre quelque chose à un joueur en élevant la voix.

« Je crois seulement que lorsque je ne suis pas satisfait à l’égard d’un joueur, je n’ai pas à lui crier après pour le lui faire comprendre, a expliqué Oates. Je peux simplement lui parler. C’est un professionnel, nous sommes tous des professionnels. Le sport a changé par rapport à avant. »

Les joueurs le respectent davantage en raison de la manière dont il les traite.

« On ne quitte pas les séances vidéo avec l’impression de s’être fait gronder. C’est parfois le cas avec d’autres entraîneurs, et l’on quitte la pièce en se disant “Wow, j’ai besoin d’un verre pour oublier ça”, a imagé Chimera. Avec lui, on a l’impression d’avoir appris quelque chose. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter : @drosennhl

 

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