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Rien ne se compare à la pression des séries pour un gardien de but

lundi 2013-04-29 / 13:49 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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Rien ne se compare à la pression des séries pour un gardien de but

Chris Osgood était déjà au banc des siens quand il a vu Marc-André Fleury anéantir son rêve de remporter une quatrième Coupe Stanley.

Fleury a volé un but à Henrik Zetterberg avec un arrêt de la jambière, puis il a traversé sa cage pour repousser avec son bloqueur le tir de Nicklas Lidstrom dans un filet qui semblait abandonné. Fleury a permis aux Penguins de Pittsburgh de gagner le septième match de la finale de la Coupe Stanley 2009 par la marque de 2-1 contre Osgood et les Red Wings de Detroit.

Fleury est devenu un héros et une légende. On croyait alors que plus personne n’oserait remettre en doute ses capacités à Pittsburgh.

« C’est ce que je pensais de Marc-André Fleury », a confié Osgood à LNH.com.

Or, Fleury a perdu cette aura d’invincibilité après être devenu le bouc émissaire de l’élimination au premier tour des Penguins devant les Flyers de Philadelphie en avril dernier. Il n’était pas le seul responsable de cette défaite, mais il méritait une partie du blâme après avoir alloué 26 bus en six rencontres. Cependant, il n’a pas aussi mal fait que ses statistiques (pourcentage d’arrêts de ,834 et moyenne de buts accordés de 4,63) le suggèrent.

Pourtant, comme c’était lui qui était devant les buts, il en a payé le prix. Il ne pouvait pas y échapper.

Les séries éliminatoires de la Coupe Stanley constituent un véritable test pour un gardien de but. Ses succès dépendent en grande partie de sa capacité à gérer la pression et à élever son niveau de jeu.

« Le gardien reçoit beaucoup trop de mérite et il est aussi beaucoup trop blâmé. Et ça ne changera jamais, a avancé Osgood. Les gardiens de but doivent apprendre à vivre avec ça. Il faut savoir gérer les critiques qui suivent une contre-performance. On a choisi cette position et il faut l’accepter. Ce n’est peut-être pas notre faute, mais les amateurs ne le savent pas. Ils veulent te voir gagner et c’est tout ce qui compte pour eux. »

Les séries éliminatoires de 2013 ne seront pas différentes des autres à cet égard.

Des héros naîtront, alors que d’autres crouleront sous la pression. La réputation des nouveaux venus James Reimer et Viktor Fasth grandira au rythme de leurs succès et de leurs échecs.

Les performances des anciens champions ou finalistes, soit Fleury, Jonathan Quick, Antti Niemi et Ray Emery, seront comparées à leurs prestations passées. Est-ce juste? Non. Ils sont condamnés à répéter leurs anciens exploits, et ce, peu importe si le contexte, leurs formations et leurs adversaires ont changé.

Quant aux gardiens moins expérimentés, c’est-à-dire Corey Crawford, Carey Price, Jimmy Howard, Braden Holtby, Brian Elliott, Craig Anderson et Jonas Hiller, on s’attendra à ce qu’ils atteignent de nouveaux sommets. S’ils n’y parviennent pas, ils seront assaillis par le doute pendant la saison morte… même s’ils ne voudront pas l’admettre.

Cory Schneider et Tuukka Rask se sont établis comme gardiens numéro un avec leur équipe respective. On découvrira vite s’ils possèdent réellement la force mentale pour s’imposer pendant les séries d’après-saison.

Henrik Lundqvist sera surveillé de près. Pourra-t-il mener les siens aux grands honneurs? Il est passé bien près en atteignant la finale de l’Association de l’Est l’an dernier, mais est-il un vrai champion ou un simple aspirant incapable de franchir cette dernière étape? Est-il capable d’exceller en séries pour justifier tous les éloges qu’il reçoit pendant la saison régulière?

« En séries, le gardien de but peut facilement passer de héros à zéro », a déclaré Kevin Weekes, un analyste du NHL Network, à LNH.com.

« Combien de fois entend-on quelqu’un dire que c’est impossible de gagner en séries sans un bon gardien de but?, a ajouté Weekes. Personne ne dit que ça prend une bonne performance des centres dans les deux zones pour gagner ou qu’il faut que la troisième paire de défenseurs offre 12-13 minutes de jeu solide. Personne ne dit ça. On ne parle que de l’importance du gardien de but et on ressent cette pression. »

Et cela peut être très dur pour le moral du gardien de but.

Weekes, qui a joué huit parties pendant les séries de 2002 lorsque la Caroline avait atteint la finale, prétend que le gardien peut s’en tirer s’il ne se laisse pas emporter par l’ampleur de la situation.

« Il faut respirer profondément, a-t-il dit. C’est facile de se laisser emporter, mais ce qui m’a aidé, c’est de prendre de grandes respirations pendant les arrêts de jeu. On inspire profondément, on expire lentement et on garde des pensées positives. »

Et qu’en est-il de l’attitude?

« Il faut essayer de ne pas accorder le premier but, a expliqué Weekes. C’est la même chose pendant la saison régulière, mais on y accorde plus d’importance pendant les séries. Patrick Roy a toujours dit que son attitude était en grande partie responsable de ses succès. Il ne voulait jamais accorder le premier but. C’est encore plus vrai pendant les séries éliminatoires. »

Même si un gardien de but possède toutes ces qualités, il n’est pas complètement à l’abri du blâme si les choses tournent mal. C’est la conséquence de toute l’attention qui lui est accordée. Le gardien de but est habituellement le joueur le plus demandé par les médias après les parties et les séances d’entraînement. Il est toujours au centre de l’attention du public.

« On ne peut pas se cacher », a révélé Martin Brodeur, le gardien de but des Devils du New Jersey, à LNH.com. « C’est la même chose pour un lanceur ou un quart arrière. On ne peut pas se cacher après les gros matchs. En tant que gardien de but, on est jugé. Quand on gagne, on est un héros et quand on perd, tout le monde vous blâme. La saison régulière ne compte plus. C’est complètement différent pendant les séries. »

La pression est si forte que Brodeur se souvient d’avoir déjà pensé à ce qu’il allait dire aux journalistes immédiatement après avoir accordé un mauvais but. Ça lui est arrivé pendant le sixième match de la finale de la Coupe Stanley de 2003, par exemple, alors qu’il avait échappé son bâton avant que la rondelle traverse la ligne des buts après avoir rebondi sur lui. Les Devils ont tout de même remporté la finale en sept parties.

« Je l’ai pris en riant et mes coéquipiers ont trouvé ça drôle, a admis Brodeur. C’est l’attitude à adopter quand de tels incidents surviennent. »

Cependant, Osgood croit qu’un gardien de but doit analyser ses performances plus sérieusement pendant les séries éliminatoires, car un mauvais but peut être jugé de différentes façons par les critiques et le cerbère. Le gardien doit faire confiance à son propre jugement.

« Je dirais qu’en général, pendant la première ronde des séries éliminatoires, il n’y a pas beaucoup de mauvais buts, a affirmé Osgood. Il y en a, bien entendu, mais il y en a qui sont le résultat d’un excellent lancer, par exemple. L’amateur moyen pourrait appeler ça un mauvais but, mais ce n’est pas le cas. Ce serait exagéré de le faire. »

Même si le gardien de but fait confiance à son jugement, cela importe peu lorsque l’enjeu est si élevé et tout est amplifié comme en séries. La clé est de ne pas se laisser perturber par toutes ces critiques, mais c’est pratiquement impossible.

« Ça finit par nous influencer parce que tout est si gros et notre entourage y contribue, a admis Brodeur. C’est difficile de fréquenter ses amis et sa famille parce qu’on voudrait rester dans notre bulle. Les gens font attention à tout ce qu’ils disent et on le sent.

« On prend les choses plus à cœur pendant les séries. C’est naturel. »

Reimer et Fasth vont bientôt le découvrir. Tout comme Schneider et Rask. Les enjeux ne sont plus les mêmes.

Fleury, Quick et Niemi ont connu les joies de la victoire, alors tous s’attendent à ce qu’ils demeurent au sommet. S’ils ne le font pas, on parlera alors de déception.

Crawford, Holtby, Price, Howard, Anderson, Elliott et Hiller n’ont plus d’excuses. Ils savent ce que c’est, ils connaissent cette pression, ils l’ont déjà vécue.

Emery, Lundqvist, Evgeni Nabokov et Niklas Backstrom, qui n’a pas participé aux séries éliminatoires depuis 2008, n’auront peut-être pas l’occasion de vivre cette expérience à nouveau. Le temps joue contre eux.

« Ce sont des moments d’une très grande importance, a conclu Weekes. Chaque instant d’un match est plus important qu’en saison régulière. Tout le monde vous observe. L’ambiance à l’intérieur et à l’extérieur de l’aréna est complètement folle. Et l’attention médiatique est encore plus amplifiée. »

Un gardien de but deviendra un héros. Plusieurs serviront de boucs émissaires. Bienvenue aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

« On ne peut tout simplement pas être ordinaire », a ajouté Brodeur.

Même si vous avez déjà réalisé des exploits héroïques par le passé.

Suivez Dan Rosen sur Twitter : @drosennhl

 

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