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MTL VS OTT

Aperçu de la série Canadien-Sénateurs

Par Arpon Basu et John Kreiser - Journalistes LNH.com

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Aperçu de la série Canadien-Sénateurs

Canadiens de Montréal

Rang: 229-14-563 Pts.

Sénateurs d'Ottawa

Rang: 725-17-656 Pts.

Les Sénateurs d’Ottawa se sont assurés de terminer au septième rang dans l’Est et d’affronter le Canadien de Montréal en première ronde des séries éliminatoires – et d’éviter d’avoir à faire face aux puissants Penguins de Pittsburgh – grâce à une victoire de 4-2 contre les Bruins de Boston, dimanche, dans le cadre du tout dernier match de la saison régulière dans la LNH.

Le résultat de ce match a également décidé du sort de plusieurs autres équipes, permettant entre autres au Canadien de gagner le titre de la section nord-est et de conclure la campagne au deuxième échelon dans l’Est.

Ottawa a réussi à se qualifier pour le grand bal du printemps malgré d’importantes blessures à des joueurs clés, mais avec le retour du défenseur Erik Karlsson et du gardien Craig Anderson, les Sénateurs semblent être encore plus dangereux que ce que le démontre leur septième rang.

Le Canadien a connu des difficultés en fin de campagne, mais ça n’a finalement pas eu beaucoup d’impact, et peut-être bénéficiera-t-il d’un regain de confiance avec ce titre de section et son deuxième échelon dans l’Est à l’aube des séries.

En quatre affrontements cette saison, chaque équipe a remporté un match en temps réglementaire et un autre en fusillade.

Attaquants

En l’espace d’une saison morte, le Canadien de Montréal est passé d’une équipe qui ne se fiait que sur la production d’un trio à une équipe qui possède une des unités offensives les mieux balancées de la LNH.

Chacun des trois premiers trios du Canadien est une menace légitime pour l’autre équipe – huit des neuf attaquants formant ces trios ont récolté plus de 25 points cette saison, et le neuvième, Rene Bourque, aurait également réussi l’exploit n’eussent été ses 21 matchs raté en raison d’une commotion cérébrale.

L’entraîneur Michel Therrien a créé ses trois premiers trios avec des duos: Tomas Plekanec et Brian Gionta, David Desharnais et Max Pacioretty, et Lars Eller avec Alex Galchenyuk. Le troisième membre de chaque unité peut changer, mais Therrien a généralement jumelé Michael Ryder avec Plekanec et Gionta, Brendan Gallagher avec Pacioretty et Desharnais, et Bourque avec Eller et Galchenyuk.

Il n’est pas évident d’apposer les étiquettes traditionnelles de premier, deuxième et troisième trios à cette équipe, mais chaque unité a clairement un rôle établi au sein de l’organisation. Therrien s’attarde rarement au jumelage de ses trios avec ceux des autres équipes, mais lorsqu’il le fait, c’est celui de Plekanec qui est chargé de faire face aux meilleurs joueurs de l’équipe adverse. Celui de Desharnais et presque exclusivement utilisé dans un rôle offensif, et celui d’Eller est en quelque sorte un heureux mélange des deux premiers.

Le quatrième trio du Canadien est piloté par Jeff Halpern et Brandon Prust, et complété par Travis Moen ou Colby Armstrong. Halpern s’est avéré être un ajout inestimable pour son talent dans le cercle des mises en jeu et ses habiletés en infériorité numérique.


L'absence de Jason Spezza à partir du sixième match de la saison (dos) et de nombreuses autres blessures ont forcé les Sénateurs à pratiquer un style de jeu serré. Ils ont fini la saison parmi les derniers pour le nombre de buts marqués mais ils en ont réussi suffisamment pour se classer dans les séries même si seulement trois joueurs, Kyle Turris, le capitaine Daniel Alfredsson et la recrue Jakob Silfverberg, ont marqué 10 buts et plus, et si aucun n'a atteint le plateau des 20 mentions d'aide.

Les Sénateurs auront besoin de la production de Milan Michalek, auteur de 35 buts en 2011-12, mais qui n'en a réussi que quatre cette saison, alors qu'il a dû rater 21 matchs en raison de blessures au genou. En santé, il ajoute de la vitesse et des habiletés à une formation largement composée de plombiers. À 40 ans, Alfredsson n'a plus le talent offensif qui était le sien à ses plus belles années mais il est encore un joueur utile ainsi qu'un meneur et un mentor pour les jeunes recrues suédoises Mika Zibanejad et Silfverberg, qui ont tous deux vécu de beaux moments à leur première saison complète dans la LNH.

Les Sénateurs ont fait l'acquisition de Cory Conacher avant l'heure limite des échanges dans le but d'améliorer leur attaque, mais l'ancien du Lightning de Tampa Bay n'a marqué que deux buts et totalise quatre points en 10 rencontres.

Ce que les Sénateurs ont en quantité, ce sont de bons travaillants. Zach Smith, Colin Greening, Chris Neil et Erik Condra ne vont pas remplir le filet, mais ils foncent et bousculent l'adversaire afin d'amener la rondelle au filet. Les Sénateurs ont d'ailleurs dominé la LNH pour le total des tirs au but.

Le retour de Spezza n'est pas du tout prévu pour bientôt de sorte que les Sénateurs devront profiter de toutes leurs occasions en attaque.


Défenseurs

La défensive du Canadien a été la plus dangereuse de la ligue à l’attaque, grâce à la contribution significative de P.K. Subban et d’Andrei Markov à titre de première paire de défenseurs sur le jeu de puissance. Mais au cours de la mauvaise séquence du Tricolore en fin de saison, la défensive a été grandement responsable de l’incapacité de l’équipe à compenser pour la perte du robuste Alexei Emelin.

Emelin a subi une déchirure ligamentaire au genou gauche dans une victoire de 2-1 face aux Bruins de Boston le 6 avril dernier. Au moment de sa blessure, le Canadien allouait en moyenne 2,34 buts par match. Dix rencontres plus tard, le CH en accordait 3,5 alors que le désavantage numérique et la couverture défensive du territoire souffrait grandement de l’absence d’Emelin.

Therrien et l’entraîneur des défenseurs Jean-Jacques Daigneault ont jonglé avec leurs paires de défenseurs tout au long des deux dernières semaines du calendrier régulier. Le retour au jeu de Rapahel Diaz le 20 avril après une commotion cérébrale a permis de distribuer les minutes perdues par l’absence d’Emelin, mais le manque de cohésion demeure un problème pour Montréal.

Subban, Markov, Diaz et Josh Gorges forment le top-4 du Canadien, avec le vétéran Francis Bouillon fermement établi au cinquième échelon. Le sixième poste disponible a été occupé par plus d’un joueur récemment, alors que Davis Drewiske, Yannick Weber et la recrue Jarred Tinordi sont tous des candidats capables de remplir ce rôle.


Le retour beaucoup plus vite que prévu d'Erik Karlsson, le détenteur du trophée Norris, a transformé les Sénateurs. Le Suédois est le meilleur défenseur offensif de la LNH et il a surclassé tous ses rivaux la saison dernière. Il a raté tout près de 10 semaines d'activités après avoir été opéré au tendon d'Achille. Il est revenu au jeu jeudi et a été utilisé pendant plus de 27 minutes, ayant préparé les deux buts des Sénateurs qui leur ont permis de vaincre les Capitals de Washington et de confirmer leur présence en séries.

Le retour de Karlsson permet aussi aux autres défenseurs de reprendre des rôles qui leur conviennent mieux. Sergei Gonchar, qui a marqué en prolongation le but qui a assuré les Sénateurs de se classer en séries à Washington, est beaucoup mieux utilisé dans un rôle de deuxième défenseur offensif, les vétérans Chris Phillips et Matt Méthot sont fiables dans leur territoire, la recrue Patrick Wiercioch a contribué à l'attaque et un autre vétéran, Mike Lundin, ajoute de la profondeur.

Les Sénateurs ont aussi profité du retour de Jared Cowen, le neuvième joueur sélectionné au repêchage de 2009, qui a lui aussi raté la plus grande partie de la saison après avoir été opéré à une hanche en novembre. Cowen est tout le contraire de Karlsson: il n'obtiendra pas beaucoup de points mais il est solide en territoire défensif. Il adisputé une moyenne de 20 bonnes minutes par match depuis son retour au jeu.


Gardiens

Carey Price est l’homme de confiance à Montréal, mais quelques ratés en fin de saison combinés aux problèmes du CH en défensive ont transformé la saison 2012-13 en une des pires campagnes de sa carrière, statistiquement parlant. Son pourcentage d’efficacité de ,905 en est en fait un de ,9047, ce qui est encore plus bas que son ,9054 affiché en 2008-09, ce qui était jusqu’à maintenant son pire pourcentage en carrière.

Le pourcentage d’efficacité de Price s’élevait à ,916 après 32 matchs le 8 avril, chutant donc de 11 points à ses sept dernières apparitions alors qu’il a alloué 27 buts sur 188 lancers, pour un pourcentage d’efficacité de ,856.

Mais la question est plutôt de savoir si Price sera d’office en séries.

Plusieurs décrient la fiche de 8-15 de Price en séries depuis le début de sa carrière, mise à part sa dernière apparition en 2011, alors qu’il avait présenté un pourcentage d’efficacité de ,934 tout en obligeant les Bruins de Boston et éventuels champions de la Coupe Stanley à disputer un septième et ultime match en première ronde.

Le gardien no 2 du Canadien, Peter Budaj, a connu une saison exceptionnelle, mais si Therrien lui donne du temps de glace, ça voudra dire que le jeu Price fait défaut, ce qui constituerait un très gros problème pour le CH.

Il a raté presque la moitié de la saison en raison d'une blessure à une cheville mais Craig Anderson compte parmi les meilleurs de sa profession quand il est sur la patinoire. Il affichait d'ailleurs la meilleure moyenne et le meilleur taux d'arrêts de tous les gardiens au moment d'être blessé et il n'a montré aucun signe de ralentissement à son retour au jeu. Il est un de ces gardiens qui semblent à son meilleur quand il est bombardé par l'adversaire.

Anderson a été le meilleur joueur de son équipe quand les Sénateurs ont été éliminés en sept matchs par les Rangers de New York lors de la ronde initiale des séries le printemps dernier et il n'y a pas de raison qu'il ne soit pas encore à la hauteur. Il devra être en mesure de voler un match ou deux pour une équipe qui ne devrait pas marquer beaucoup de buts.

La recrue Robin Lehner sera son auxiliaire et il a démontré qu'il était capable de faire le travail. Ses statistiques sont presque aussi bonnes que celles d'Anderson, et il a permis aux Sénateurs de remporter leur dernier match de la saison à Boston.

Entraîneurs

Le travail accompli par Therrien pour transformer une équipe qui a terminé au dernier échelon dans l’Est en une équipe qui bénéficiera de l’avantage de la patinoire grâce à son deuxième rang lui permet de se retrouver dans la liste de la plupart des gens pour l’obtention du trophée Jack Adams. Les insuccès de l’équipe en fin de saison lui ont peut-être coûté quelques votes, mais n’enlèvent rien à ce que Therrien a réussi à faire.

Il s’est servi des deux plus grandes forces du Canadien – la tenue des gardiens de but et l’équilibre – et a conçu un plan autour de ces atouts. Le Tricolore a été excellent en possession de rondelle tout au long de la campagne, passant la majorité de son temps en zone offensive et jouant plus souvent qu’autrement avec une avance.

Le défi de Therrien sera de convaincre ses joueurs qu’ils peuvent en faire autant en séries, après avoir semblé oublier l’identité qu’ils s’étaient forgés lors des 35 premières rencontres de la campagne.

C'est à se demander pourquoi Paul MacLean a dû attendre d'atteindre la cinquantaine pour se voir confier un poste d'entraîneur-chef dans la LNH. Il sera parmi les favoris au trophée Jack Adams après avoir mené les Sénateurs aux séries en dépit de toutes ces blessures à des joueurs d'importance.

MacLean a fait un travail magistral pour intégrer ses jeunes joueurs dans la formation pendant que les vétérans tombaient au combat et il a réussi à les convaincre de viser la victoire avec ce qu'ils avaient sur place plutôt que de s'en faire avec ceux qui n'étaient plus là.


Unités spéciales

Les succès du Canadien au cours des dernières années sont habituellement liés à leur tenue sur le jeu de puissance, et cette saison n’y a pas fait exception. Avec Subban et Markov – le duo de défenseurs le plus productif de la ligue en avantage numérique – qui récoltent la majorité des points, les équipes adverses ne sauront pas sur qui se concentrer, une question qui ne comporte pas de bonne réponse. Et si les équipes adverses décident de mettre toute leur attention sur les deux défenseurs, ça créera beaucoup d’ouvertures pour les attaquants du CH.

Le désavantage numérique a été assez décent pendant la majeure partie de la campagne avec une efficacité de 82,4 pour cent en date du 11 avril, le jour où Montréal s’est assuré d’une place en séries. Mais il a terminé la saison en allouant 11 buts en 36 occasions au cours des huit dernières rencontres, ce qui a fait glisser le Canadien jusqu’au 23e rang de la ligue à 79,8 pour cent.

Sans surprise, l'absence de Karlsson et Spezza a été ressentie en avantage numérique. Déjà que les Sénateurs n'en ont pas obtenu beaucoup, surtout à domicile, ils n'en ont profité qu'environ une fois sur six. Aucun joueur n'a marqué plus de trois buts avec le jeu de puissance. Le retour de Karlsson, qui a récolté 28 points en avantage numérique la saison dernière, devrait aider grandement.

Les succès des Sénateurs en infériorité numérique sont une des principales raisons pour lesquelles ils sont de retour en séries. Ils se sont classés parmi les trois premiers de la ligue, aussi bien à domicile qu'à l'étranger, et le retour de Karlsson ne pourra qu'aider encore une fois.

Il pourrait faire la différence

Carey Price -- Les insuccès du Tricolore en fin de saison ne sont pas entièrement dus aux performances de Price, même si ses statistiques ont été horrible au cours de cette séquence. Le tout a débuté avec ce qui pourrait avoir été le pire match de Price en carrière, alors qu’il a accordé trois buts sur quatre tirs dans un revers de 5-1 contre les Maple Leafs de Toronto. Le CH a été poreux en défensive à partir de ce moment-là, mais Price avait également perdu toute sa concentration. S’il la retrouve, Price a le potentiel de gagner une série entière à lui seul. S’il ne la retrouve pas, le Canadien n’a pratiquement aucune chance.

Craig Anderson -- Le système de jeu de MacLean repose sur un gardien de première qualité, et Anderson a prouvé qu'il en était un. Il est habitué de jouer dans des matchs serrés et il s'illustre quand il affronte beaucoup de lancers. Derrière une équipe dont on n'attend pas beaucoup de buts, il devra voler un match ou deux si les Sénateurs veulent avancer en séries.


Analyse

Le Canadien va gagner si… Il revient à ce qui l’a mené à radicalement changer l’allure de l’équipe cette année, notamment en connaissant de bons débuts de matchs pour jouer avec une avance et en imposant son style et son système de jeu à ses adversaires. Le CH aura besoin de la même défensive et de la même tenue devant le but qui lui a permis d’être la troisième équipe à s’assurer d’une place en séries. Pour ce faire, la troupe de Therrien devra se débarrasser des mauvaises habitudes qu’elle a développées en fin de saison.
 

Les Sénateurs vont gagner si… Anderson est aussi bon en séries que pendant la saison régulière, si Karlsson a retrouvé la forme qui en a fait le meilleur défenseur de la LNH la saison dernière et s'ils parviennent à marquer suffisamment de buts pour remporter des matchs à petit pointage.

 

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