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Regardons de plus près d’étranges statistiques de certains gardiens en ce début de saison

lundi 2013-01-28 / 18:24 / LNH.com - Nouvelles

Par Kevin Woodley - Correspondant LNH.com

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Regardons de plus près d’étranges statistiques de certains gardiens en ce début de saison

VANCOUVER – À la fin des courts camps d’entraînement et au début du calendrier condensé, on a demandé à l’expérimenté entraîneur des gardiens de but dans la LNH, Mitch Korn, quelles étaient ses attentes concernant les gardiens au début de la saison.

Korn, qui a passé sept saisons à Buffalo, avant de se joindre aux Predators de Nashville au cours des 14 dernières campagnes, avait vécu le retour au jeu après le conflit de 1995. Il a tenté d’analyser ce qu’il prévoyait pour la saison, mais il a admis qu’il n’avait aucune idée comment allaient se comporter les gardiens.

Les gardiens – et la pression qu’on leur impose –, ont beaucoup changé au cours de 18 dernières années, soit depuis que la LNH a présenté son dernier calendrier de 48 matchs.

« Il n’y a pas vraiment de précédent, a précisé Korn. On se retrouve en territoire inconnu et je pense que tout le monde en sera affecté de façon différente. J’ai le pressentiment, que ce sera complètement aléatoire.”

Dix jours après le début de la saison, les prédictions de Korn se sont révélées prophétiques.

Les gardiens ont en réalité été beaucoup affectés. Certains gros noms ont connu des débuts difficiles et présentent des moyennes gonflées.

C’est un petit échantillon, mais la seule chose qui est encore plus surprenante que le nombre de gardiens avec une moyenne supérieure à 3,00 buts par match, ce sont les noms que l’on retrouve sur la liste de ceux qui présentent un pourcentage d’efficacité sous les ,900.

Mike Smith, des Coyotes de Phoenix, qui est normalement avare devant son filet, présentait un pourcentage d’efficacité de ,836 avant d’être blessé. Le groupe de gardiens avec un pourcentage au-dessous de ,900 comprend le gagnant du trophée Vézina, Henrik Lundqvist (,893), Niklas Backstrom (,885), Miikka Kiprusoff (,872), Jonas Hiller (,864) et Cam Ward (,845), sans oublier Brian Elliott (,875) et Cory Schneider (,897), qui occupaient les deux premières positions à ce chapitre la saison dernière.

« Les marqueurs peuvent prendre un certain temps à regagner leur touche, mais aussi longtemps qu’ils auront le temps de viser là où ils veulent, ils auront toujours l’avantage sur les gardiens, a indiqué Schneider. Si les gardiens sont en retard d’une demi-seconde, la rondelle va pénétrer dans le but. La préparation finale est plus importante pour nous que pour les patineurs. »

Le consensus est que les gardiens souffrent plus d’un arrêt de huit mois, d’un camp d’entraînement écourté et de l’absence de matchs préparatoires que les tireurs. Toutes ces raisons font en sorte que les gardiens sont beaucoup plus affectés et qu’ils ont besoin de plus de temps pour retrouver leurs réflexes.

Mais la raison la plus importante pour laquelle les gardiens connaissent des difficultés en ce début de saison et sans aucun doute le fait qu’il n’y ait pas eu de matchs préparatoires.

« Je me souviens que même s’il y avait des matchs simulés, c’était dans les matchs préparatoires que je pouvais regagner mes réflexes », a déclaré Clint Malarchuk, ex-gardien des Nordiques de Québec, qui est maintenant entraîneur des gardiens avec les Flames de Calgary. « Donc, le fait qu’il n’y ait pas eu de matchs préparatoires, fait une énorme différence. »

Les entraîneurs comme Malarchuk font tout en leur possible pour simuler des situations de jeu lors des entraînements, et bien que les gardiens font face aux tirs de leurs coéquipiers, ce n’est pas comme disputer des matchs contre des équipes adverses.

Selon Kiprusoff, le plus difficile est de repérer la rondelle quand il y a de la circulation devant le but.

« De nos jours, il y a beaucoup de circulation, plusieurs jeux s’organisent rapidement derrière le filet, il y a plusieurs tirs, tu tentes de couvrir le plus d’espace possible, tout en essayant de savoir où est la rondelle, a expliqué Kiprusoff. Nous avons beau tenter ces situations durant les entraînements, mais ce n’est jamais comme dans les rencontres. C’est ce qui fait que ça peut être un peu plus long pour les gardiens de retrouver tous leurs moyens. »

L’ex-gardien de la LNH, Kelly Hrudey, qui est maintenant analyste au réseau CBC, a indiqué que les muscles autour des yeux avaient besoin de se réhabituer aux tirs de la LNH. Il a rappelé qu’il avait effectué des exercices pour entraîner sa vision lors du dernier conflit et que ces exercices l’avaient grandement aidé. De nos jours, plusieurs gardiens font de tels exercices visuels, soit dans des laboratoires hautement technologiques, soit en jonglant avant les matchs. Mais encore là, on ne peut reproduire la vitesse que l’on retrouve dans les matchs.

Malarchuk a souligné que la « vision » de Kiprusoff n’était pas à point après que le gardien des Flames eut accordé neuf buts à ses deux premiers départs.

« J’ai travaillé avec Kipper afin qu’il voit vraiment bien la rondelle – pas seulement la regarder –, mais bien la ‘voir’, a indiqué Malarchuk. Si je veux faire une analogie, je dirais que c’est noir, mais quel degré de noir, c’est ce genre de mise au point que je veux faire.

« Le jeu est tellement rapide dans un match que tu ne peux pas le reproduire dans un entraînement, a dit Malarchuk. Tu as beau tenter de le faire, mais il y a 20 000 personnes dans l’amphithéâtre lors d’un match, c’est émotif, les battements cardiaques sont plus élevés et l’adrénaline coule à flots, les gardiens doivent faire face à tout cela, c’est pourquoi, ça leur prendra un peu plus de temps à retrouver leurs réflexes. »

La prochaine question est donc pourquoi ça prend plus temps à certains gardiens qu’à d’autres.

Plusieurs se sont demandés comment les gardiens avaient passé le temps durant le conflit, mais même encore là, il y a des écarts dans les résultats obtenus.

La plupart des gardiens sont demeurés à la maison, participant à des séances informelles de patinage et d’entraînements. Certains ont effectué des entraînements spécifiques avec l’aide d’entraîneur personnel, alors que d’autres ont travaillé exclusivement avec un entraîneur de gardien afin de ne pas prendre de mauvaises habitudes en s’entraînant avec leurs coéquipiers.

Seulement quelques gardiens ont disputé des matchs, soit dans la Ligue américaine de hockey, soit en Europe.

Dan Ellis a signé un contrat pour jouer dans la LAH afin de retrouver sa touche après avoir pratiquement raté toute la dernière saison en raison d’une blessure à l’aine qui avait nécessité une opération. Ce fut profitable, car il a pu dénicher un poste avec les Hurricanes de la Caroline et il a effectué 40 arrêts pour remporter son premier départ durant le week-end.

Braden Holtby, des Capitals de Washington, a également joué dans la LAH après avoir connu des difficultés lors des dernières séries éliminatoires. Il a d’ailleurs été nommé le gardien du mois dans la LAH, tout juste avant que les activités reprennent dans la LNH. Mais, il présente une moyenne de 5,04 buts accordés par match, l’avant-dernière pire de la LNH après avoir commencé les deux premières rencontres des Capitals. Il a depuis cédé sa place à Michal Neuvirth qui a entrepris les trois matchs suivants.

« C’est le rythme, a dit Schneider. Le jeu est tellement rapide dans la LNH, si votre coordination n’est pas à point, tu te retrouves une fraction de seconde en retard et c’est dans ce temps-là que tu accordes des buts. »

Schneider est l’un des rares gardiens qui est allé jouer en Europe, car il trouvait que les séances d’entraînement informelles à Vancouver n’étaient pas assez intensives. Mais après un mois dans la ligue suisse, Schneider était prêt à revenir au pays, car il avait peur de prendre de mauvaises habitudes.

En Europe, où le jeu est plus ouvert, un gardien doit souvent tricher pour espérer faire l’arrêt, et le gardien des Canucks ne voulait pas prendre de mauvaises habitudes.

« J’ai commencé à régresser un peu, a admis Schneider. Si j’étais resté, j’aurais dû m’ajuster au style européen où il y a beaucoup plus de passes avant de tirer. Je jouais sur les talons, ma lecture du jeu était affectée et je commençais à tricher. »

Au moins un autre entraîneur des gardiens de la LNH a vu l’un de ses gardiens revenir avec de mauvaises habitudes après son séjour en Europe, mais pour ceux qui avaient déjà fait cette transition, le fait d’avoir disputé des matchs a été bénéfique pour eux.

Antti Niemi (,933), Ondrej Pavelec (,932), Semyon Varlamov (,927), Tuukka Rask (,925) et Ilya Bryzgalov (,923) figuraient tous parmi les 12 premiers au chapitre du pourcentage d’arrêts après avoir joué en Europe durant le conflit.

Bien sûr, Neuvirth a aussi joué en Europe, et même s’il a bien fait à ses trois départs, il présente un pourcentage de ,889, ce qui nous amène au système de jeu des équipes qui représente un autre facteur aggravant.

Les Capitals, comme les Flames, ont un nouvel entraîneur en chef, et les joueurs doivent s’habituer à une nouvelle couverture en zone défensive, ce qui amène de nombreuses erreurs et rend les gardiens beaucoup plus vulnérables. On peut dire la même chose, pour les joueurs qui joignent de nouvelles équipes ou pour les défenseurs qui forment un nouveau duo.

Même ceux qui ont retrouvé les mêmes coéquipiers au sein de leur équipe avec le même système peuvent connaître des difficultés après une si longue interruption. Dans ces cas, plusieurs de leurs erreurs commises sont subtiles et sont plus difficiles à voir que celles des gardiens qui dès qu’ils en commettent une, voient la rondelle pénétrer dans le filet. Une hausse du nombre d’avantages numériques et des piètres unités en infériorité numérique, n’ont pas aidé non plus.

« Certaines équipes jouent encore un style ouvert, mais certaines présentent déjà un style très défensif », a dit Schneider.

Bien sûr, les gardiens ne connaissent pas tous des mauvais débuts de saison.

Craig Anderson excelle et on peut en dire autant de Martin Brodeur.

Ironiquement, les deux sont considérés comme des gardiens à réflexes plutôt que des gardiens qui privilégient la technique. Pourtant, plusieurs considéraient que ce serait les gardiens à réflexes qui connaîtraient le plus de difficultés après une si longue interruption.

« Martin joue depuis tellement longtemps. Il ne priorise pas la technique, mais il sait comment bloquer la rondelle peu importe sa position. Je suis certain qu’il se fie à son instinct, c’est ce qui l’a aidé à avoir un bon départ », a déclaré Roberto Luongo, des Canucks, qui est un gardien technique. « La ligne est tellement mince entre être au sommet de ton art ou non, c’est une lame de rasoir. »

Là encore, Anderson a passé quatre semaines sur la patinoire avec Luongo et l’ex-entraîneur des gardiens des Canadiens, des Ducks d’Anaheim et des Maple Leafs de Toronto, François Allaire, qui a mis au point le style papillon.

C’était un curieux mélange que quelques entraîneurs de gardien ont eu à se gratter la tête.

Dix jours après le début de la saison dans la LNH, ils ne sont pas les seuls à être désorientés par le jeu des gardiens.

 

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