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L’impact de Jaromir Jagr dans la LNH et chez lui a commencé à se faire sentir en 1992-93

mardi 2013-01-22 / 13:41 / 92/93 - La meilleure saison?

Par Michael Langr - Correspondant LNH.com

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L’impact de Jaromir Jagr dans la LNH et chez lui a commencé à se faire sentir en 1992-93

C’est l’année où Jaromir Jagr est devenu un véritable joueur étoile dans la LNH.

L’ailier tchèque de 21 ans a récolté 94 points lors de la campagne de 1992-93 et il a démontré au monde entier qu’il était prêt à dominer le circuit dans un avenir rapproché. Pourtant, si vous lui demandez son avis, il préférerait oublier cette saison. Il en garde un très mauvais souvenir et pas seulement parce que c’était la première fois de sa jeune carrière dans la LNH qu’il terminait l’année sans soulever la Coupe Stanley.

« Je préférerais effacer cette saison de ma mémoire », a écrit Jagr dans sa biographie tchèque intitulée De Kladno à l’Amérique. « J’ai éprouvé des difficultés jusqu’à Noël. Et janvier a été encore pire. Je n’ai compté que trois buts pendant ce mois, dont un dans un filet désert. »

De l’avis de Jagr, les deux seuls événements positifs qui sont survenus pendant cette campagne de 1992-93 ont été sa participation au Match des étoiles à Montréal et sa rencontre avec l’ancien président des États-Unis, Ronald Reagan. Jagr idolâtrait secrètement cet homme pendant sa jeunesse dans la Tchécoslovaquie communiste.

Dans son livre, Jagr parle de problèmes entre lui et le légendaire entraîneur Scotty Bowman.

« J’avais l’impression d’avoir beaucoup de pression et que j’allais exploser d’un instant à l’autre, a-t-il écrit. Le problème, c’est que je ne jouais pas beaucoup. Scotty me donnait deux ou trois présences par période. Je ne jouais presque jamais en avantage numérique et j’en avais assez de rester sur le banc. »

Après avoir remporté sa deuxième Coupe Stanley à sa deuxième saison dans la LNH avec les Penguins en 1992, Jagr s’était fixé un objectif personnel pour la saison suivante : inscrire au moins 100 points.

« Je n’ai pas atteint mon objectif et j’étais déçu », a déclaré Jagr, qui a par la suite gagné cinq trophées Art-Ross remis au meilleur marqueur de la ligue et un trophée Hart pour le titre de joueur le plus utile à son équipe.

Bien que Jagr n’aime pas penser à cette saison 1992-93, il a tout de même obtenu 25 points de plus que l’année précédente. Et pour les amateurs de hockey tchèques, 1992 est l’année où la popularité de Jagr a commencé à gagner tout le pays.

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Après l’excellente prestation de Jagr lors des séries éliminatoires de 1992, de plus en plus de ses compatriotes étaient prêts à veiller tard la nuit devant le téléviseur pour regarder ses feintes habiles dans le circuit nord-américain. Il a attiré l’attention des Tchèques sur la LNH comme personne d’autre ne l’avait fait auparavant et presque tous les amateurs de hockey tchèques sont devenus partisans des Penguins de Pittsburgh.

Le fait que Jagr soit originaire de Kladno a permis à sa ville de devenir une véritable pépinière de joueurs de la LNH en République tchèque. Le gardien de but Ondrej Pavelec, les défenseurs Tomas Kaberle et Marek Zidlicky, les attaquants Tomas Plekanec, Jiri Tlusty, Jakub Voracek, Michael Frolik ainsi que d’autres joueurs comme Patrik Elias, Tomas Vokoun et David Krejci ont tous grandi à Kladno en vénérant Jagr et en le regardant dominer la LNH dans les années 1990.

« Quand on était petit à Kladno, on regardait Jagr et on essayait de l’imiter », s’est remémoré Plekanec.

Et il n’y avait pas qu’à Kladno où l’on admirait Jagr. C’était comme ça dans tout le pays.

« Qui était mon idole? Jagr, bien sûr. Qui d’autre voulez-vous que ce soit? », a déclaré Tomas Hertl, le choix de première ronde des Sharks de San Jose au repêchage de 2012 de la LNH et l’un des plus beaux espoirs tchèques. Hertl a joué pour le rival de Kladno, le Slavia de Prague.

Or, toutes les rivalités s’effacent lorsqu’on parle du numéro 68 dans le monde du hockey tchèque.

Jagr est une légende. C’est probablement l’athlète le plus populaire de l’histoire du sport tchèque. Personne d’autre n’attire autant l’attention et n’est aussi présent dans les médias, des tabloïdes aux magazines populaires de toutes sortes. Dans plusieurs entrevues, Jagr tente de mettre ses priorités en valeur et d’inspirer les gens. Même ceux qui ne s’intéressent pas au hockey l’écoutent.

Lorsque Jagr a joué pour Kladno dans l’Extraliga en République tchèque pendant le conflit de travail dans la LNH, certaines parties à domicile de son équipe du Rytiri de Kladno ont dû être disputées à l’aréna O2 de Prague pour accommoder les foules plus importantes qu’à l’habitude. Les assistances moyennes tournent autour de 5000 spectateurs par match dans cette ligue, mais plus de 17 000 personnes sont allées voir Jagr et compagnie à presque toutes les rencontres jouées à Prague.

Lors de ces matchs, environ 20 % des amateurs encourageaient Kladno, un autre 20 % encourageait l’équipe adverse et le reste n’était là que pour Jagr. Le résultat leur importait peu.

La popularité de Jagr transcende les générations, les opinions politiques, les villes et les provinces.

« Je n’étais pas surpris de voir tout le pays s’enflammer pour Jagr pendant son séjour dans la ligue tchèque », a admis l’attaquant des Flyers de Philadelphie et compatriote de Jagr, Jakub Voracek. « Je suis aussi convaincu que la même chose se reproduira quand il y retournera après la fin de sa carrière dans la LNH. Il a tellement d’impact en République tchèque. Il pourrait jouer là encore longtemps. Il a tout pour réussir : le gabarit, la force et le sens du hockey. On pourrait le voir sur la glace pendant encore plusieurs années. »

Cependant, le Jagr d’aujourd’hui est devenu un modèle différent pour les jeunes athlètes et les enfants de celui des années 1990. En 1993, on aimait son sourire moqueur, sa désinvolture et sa fougue. Par contre, certains le dédaignaient parce qu’il était aussi une vedette au sens péjoratif du mot. Il avait des problèmes de jeu, il avait des relations conflictuelles avec ses entraîneurs et il n’aimait pas se replier en défensive. C’était un joueur égoïste dans un sport d’équipe.

« Le plus important, pour moi, était de compter des buts. Je croyais que c’était la meilleure façon d’aider mon équipe, a expliqué Jagr. Quand j’entendais : “Le but marqué par le numéro 68”, c’était ça qui me motivait. Aujourd’hui, je retire plus de satisfaction des victoires de mon équipe. Avant, j’adorais les parties comme celles opposant les Penguins aux Rangers qui se terminaient par la marque de 7-5 ou 8-7. Aujourd’hui, mes meilleurs matchs sont ceux que l’on gagne 2-1 parce qu’on s’est battu en équipe jusqu’à la fin. »

En 2012, Jagr a changé. Il a gagné en maturité et en sagesse. Il a modifié son approche et il place désormais l’équipe en premier. Il aide les jeunes joueurs à grandir et il n’a jamais travaillé aussi fort tant sur la glace qu’à l’extérieur.

Ses séances d’entraînement tardives sont maintenant aussi connues à Philadelphie qu’à Kladno. Lorsqu’il a publié sur Facebook une vidéo de l’un de ces entraînements (où il patine avec des poids aux chevilles et une veste de 50 livres), elle a instantanément fait le tour de la République tchèque et de la Slovaquie.

Certains de ses compatriotes tchèques n’aimaient peut-être pas le Jagr des années 1990, mais aujourd’hui, ils se sont ravisés.

Il y a peut-être des gens qui se préoccupent peu du hockey en République tchèque, mais tout le monde s’intéresse à Jagr.

 

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