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Les fondations de la conquête de la Coupe Stanley des Rangers en 1994 ont été coulées pendant la pénible campagne de 1992-93

vendredi 2013-01-04 / 6:00 / 92/93 - La meilleure saison?

Par Peter Draney - Correspondant LNH.com

Les Rangers de New York de 1992-93 sont la preuve vivante qu’après l’orage vient toujours le beau temps.

Les Rangers de 1992-93 formaient une équipe bourrée de jeunes joueurs talentueux et de vétérans aguerris et leurs attentes étaient élevés après avoir remporté le Trophée des présidents la saison précédente. Par contre, ils avaient malheureusement été éliminés en deuxième ronde des séries éliminatoires par les Penguins de Pittsburgh. Chaque année, les partisans qui scandaient « 1940 » se faisaient de plus en plus nombreux et ils espéraient que la saison 1992-93 verrait enfin leurs favoris mettre un terme à une longue et pénible disette. En effet, les Rangers n’avaient pas remporté la Coupe Stanley depuis plus de 50 ans.

Or, ce fut une saison de misère. La frustration et la déception des partisans n’ont fait que s’amplifier, alors que les Rangers ont été exclus des séries d’après-saison. Ils ont récolté 26 points de moins que l’année précédente pour chuter au classement. La campagne a été marquée par des conflits internes, principalement entre l’entraîneur Roger Neilson et le capitaine Mark Messier. À la fin de la saison, cette formation avait été considérablement transformée par le directeur général Neil Smith, mais toutes ces modifications n’allaient porter leurs fruits que l’année suivante.

'LA MEILLEURE SAISON?'

« Nos attentes étaient très élevées à l’aube de la saison [1992-93], a admis Smith. Nous avions subi une défaite crève-cœur contre Pittsburgh l’année d’avant après avoir mené la série deux à un. On menait le quatrième match, mais on l’a perdu. Nous étions convaincus que si nous avions pu conserver cette avance pendant ce match précis, nous aurions remporté la coupe cette année-là. »

Les Rangers de 1992-93 pouvaient compter sur leur capitaine Messier, le gagnant du trophée Hart, ainsi que sur le détenteur du trophée Norris à la ligne bleue, Brian Leetch. Mike Gartner, un compteur de 40 buts régulier comme une horloge, amorçait sa troisième campagne à New York. Tony Amonte, Doug Weight, Alexei Kovalev et Sergei Zubov constituaient un groupe de jeunes joueurs fort prometteurs. Les Rangers n’avaient pas à s’inquiéter de la situation devant le filet avec l’ancien gagnant du trophée Vézina John Vanbiesbrouck et un jeune espoir du nom de Mike Richter. Cependant, leur force véritable venait surtout du fait que leur alignement comprenait plusieurs champions de la Coupe Stanley. En plus de Messier, Adam Graves et Jeff

Beukeboom avaient aussi remporté le prestigieux trophée avec les Oilers d’Edmonton.

Puis, il y avait Neilson. Mieux connu pour avoir miraculeusement mené les Canucks de Vancouver à la finale en 1982 et pour le célèbre incident de la serviette, Neilson avait transformé les Rangers en véritables prétendants au titre après les avoir pris sous son aile en 1989.

« Roger était le bon entraîneur pour cette équipe pendant son passage à New York », a déclaré l’ancien analyste des matchs de Rangers et actuel président des opérations hockey des Blue Jackets, John Davidson. « Certains entraîneurs peuvent vous faire progresser jusqu’à un certain niveau. Il a montré à ses protégés comment jouer sans la rondelle et comment gagner des parties serrées parce que pendant les séries, les matchs sont toujours plus âprement disputés qu’en saison régulière. »

Toutefois, la philosophie de Neilson s’est heurtée au style plus soutenu qui avait fait le succès de Messier tout au long de sa carrière. Après tout, Messier avait gagné cinq coupes Stanley avec Edmonton, qui alignait toujours des formations explosives à l’attaque. Les Rangers ont connu un début de saison modeste avec une fiche de 11-10-3 et dès décembre, la relation entre les deux hommes s’était grandement détériorée.

« Il y avait des tensions entre eux, c’est certain », a révélé le commentateur Eddie Olczyk. Cet ancien joueur de centre des Rangers avait été acquis des Jets de Winnipeg au cours de la campagne.

En plus de la relation houleuse entre leur entraîneur et leur capitaine, les Rangers ont été durement touchés par les blessures. Leetch a été limité à seulement 36 parties en raison de blessures au cou et à l’épaule et Messier a été contraint à l’inactivité en raison d’une entorse au poignet.

Alors, que pouvait faire le directeur général? Comme Smith le fait remarquer, les contre-performances de l’équipe ne reposaient pas sur un seul facteur.

Le capitaine des Rangers, Mark Messier, soulève la Coupe Stanley en 1994.
(Archive du NY Daily News via Getty Images)

« Il semblait y avoir une certaine controverse à propos de nos gardiens de but. On se demandait qui de Vanbiesbrouck ou de Richter était le numéro un, a expliqué Smith. C’est typique de New York : on crée des controverses là où il n’y en aurait pas ailleurs. Messier et Leetch ont été blessés. Une foule d’éléments ont créé cette impression qu’on ne serait pas en mesure d’atteindre nos objectifs, que ça ne serait pas notre année. »

Pourtant, les médias new-yorkais ont continué de scruter à la loupe la relation entre Neilson et Messier. Voyant ses aspirations de triomphe fondre comme neige au soleil, Smith a constaté que les divergences d’opinions entre ces deux-là nuisaient à l’équipe.

« Le problème est devenu de plus en plus apparent au fil des mois, a ajouté Smith. On le sait quand une équipe arrête de jouer pour son entraîneur. On a essayé différentes choses, comme laisser certains joueurs sur le banc, mais ça ne marchait pas. On a fait des échanges, mais ça n’a rien donné non plus. On le remarquait par leur langage corporel. Il fallait absolument poser un geste drastique. Ça n’a surpris personne à l’époque. »

Le geste dont Smith parle est arrivé le 4 janvier 1993 lorsque Neilson a été remercié après avoir présenté un dossier de 19-17-4 lors des 40 premières parties de la saison.

« Roger est l’un des êtres les plus formidables que j’ai connus. Il l’a bien pris, se souvient Smith. J’étais plus abattu que lui. Ma relation avec Roger était très bonne. Il était le doyen, il était là depuis longtemps et moi, je n’en étais qu’à ma quatrième saison. Je me sentais très mal. J’avais l’impression de l’abandonner, mais lui, il a réagi en véritable professionnel. »

Le successeur de Neilson, Ron Smith, avait connu du succès dans la Ligue américaine de hockey, mais il n’avait pas beaucoup d’expérience dans la LNH. Maintenant que Neilson était parti et que Messier avait les coudées franches, les partisans espéraient que le vent tourne et que leurs favoris puissent se relancer juste à temps pour les séries éliminatoires. Cependant, l’arrivée de Ron Smith n’a rien changé. Avec une fiche de 12-10-7 depuis le changement d’entraîneur, Neil Smith y est allé d’une autre action d’éclat.

Le soir du 17 mars 1993, les Oilers étaient en ville quand Neil Smith a conclu une transaction qui envoyait Doug Weight, 22 ans, à Edmonton en retour d’Esa Tikkanen, 28 ans, juste avant le duel entre les deux formations. Weight avait fait la démonstration de son talent à sa première saison dans la ligue avec une récolte de 30 points en 53 parties, mais Neil Smith savait que les Rangers avaient besoin de la fougue et de l’expérience de Tikkanen pour passer à un niveau supérieur.

« À ce moment, malgré tout le potentiel de Doug, il fallait bouger pour ne pas manquer notre chance de remporter la Coupe Stanley, a révélé Smith. On avait besoin de joueurs qui allaient à la guerre, comme Tikkanen. »

« Nos attentes étaient très élevées à l’aube de la saison [1992-93]. Nous avions subi une défaite crève-cœur contre Pittsburgh l’année d’avant après avoir mené la série deux à un. On menait le quatrième match, mais on l’a perdu. Nous étions convaincus que si nous avions pu conserver cette avance pendant ce match précis, nous aurions remporté la coupe cette année-là. » -- Neil Smith, l'ancien directeur-général des Rangers

Même si Weight était très talentueux, comme en fait foi sa fiche de plus de 1000 points en carrière, Davidson admet que l’acquisition de Tikkanen a été cruciale pour les Rangers à l’époque.

« C’était un gagnant, a déclaré Davidson. Quand on veut gagner, on dispose de peu de temps, alors il faut parfois faire des transactions qui apporteront ce petit extra. Doug Weight était jeune et très prometteur, mais il faut faire des sacrifices pour gagner. »

Malgré la présence de plusieurs joueurs issus de la dynastie des Oilers d’Edmonton au Madison Square Garden, les Rangers ne sont pas parvenus à se remettre en marche. Ils ont perdu 11 de leurs 12 dernières rencontres pour conclure la saison avec un dossier de 34-39-11, bon pour la dernière position de la division Patrick. C’était la première fois depuis l’introduction du Trophée des présidents en 1986 que les champions en titre rataient les séries éliminatoires la saison suivante. Et cela ne s’est produit qu’une seule autre fois depuis.

Neil Smith n’était pas resté à rien faire, mais ses actions n’avaient pas produit les résultats escomptés. Il n’était donc pas à l’abri des rumeurs concernant son avenir avec l’organisation.

« Certains croyaient que je risquais d’être congédié parce qu’on avait une bonne équipe qui avait connu une mauvaise saison, a révélé Smith. J’avais remercié l’entraîneur et ça n’avait pas marché. On a raté les séries, alors plusieurs croyaient que je serais aussi remercié. Je ne me préoccupe pas de ce que les autres pensent ou racontent à mon sujet. Je m’impose moi-même beaucoup de pression. Honnêtement, je ne rentrais pas à la maison chaque soir en craignant d’être congédié. Je pensais plutôt à la Coupe Stanley. Je me disais qu’on était si près, qu’il ne fallait pas rater cette chance. »

Bien que Ron Smith ait fait du mieux qu’il pouvait, Neil Smith était déterminé à aller chercher un entraîneur accompli qui pourrait conduire ses troupes au sommet. Cet entraîneur était Mike Keenan, qui avait mené les Flyers à deux finales de la Coupe Stanley dans les années 1980 et qui avait répété l’exploit avec les Blackhawks en 1992.

Après une saison décevante en 1992-93, les Rangers ont immédiatement embauché Mike Keenan, lui qui a mené les Rangers à leur première victoire de la Coupe Stanley depuis 1940. (Denis Brodeur/NHLI via Getty Images)

« Pendant les dernières semaines de la saison, j’avais dit aux propriétaires que nous avions besoin d’un entraîneur aguerri qui savait comment diriger des vedettes et comment gagner avec de tels joueurs, a expliqué Smith. Trois noms me venaient à l’esprit : Al Arbour, Scotty Bowman et Mike Keenan. Mike n’avait pas remporté la Coupe Stanley, mais il avait gagné la Coupe Canada. On n’aurait jamais pu convaincre Al de quitter les Islanders et Scotty était à Pittsburgh, alors on s’est tourné vers Mike. »

Autant l’embauche que le moment auquel elle est survenue étaient importants. Seulement une journée après la fin de la saison régulière de 1992-93, les Rangers ont tenu une conférence de presse pour présenter leur nouvel entraîneur, Mike Keenan.

« Mon objectif était de dire immédiatement à nos partisans que nous n’étions pas satisfaits et que nous allions procéder à des changements rapidement, a raconté Smith. En agissant de la sorte, je voulais dissiper l’atmosphère négative qui régnait. »

Et on connaît tous la suite.

Un Trophée des présidents, une promesse de Messier, un descripteur qui scande « Matteau, Matteau! » et une victoire arrachée en sept parties contre Vancouver ont permis aux Rangers de remporter la Coupe Stanley en 1994 et de reléguer aux oubliettes les chants de « 1940 ».

Bien que ce titre ait effacé en partie les souvenirs de cette décevante campagne 1992-93, Davidson croit que les enseignements de Neilson ont grandement influencé la formation championne de 1994.

« Je suis convaincu que les fondations de l’équipe [de 1994] reposaient sur ce que Roger avait enseigné aux joueurs, a expliqué Davidson. Roger Neilson était un excellent homme de hockey et un entraîneur incroyable. Au sein d’une même organisation, on trouve différents styles de jeu, différentes personnalités et différentes responsabilités. Parfois, elle connaîtra plus de succès avec d’autres personnes à sa tête. J’admire ce que Roger a fait avec les Rangers de New York et j’admire ce que Mike Keenan a fait pour gagner avec cette formation. J’admire aussi les transactions que Neil Smith a conclues pour permettre à Mike de gagner. »

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