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Touchette : Ken Dryden, un Voyageur pas comme les autres

mercredi 2012-12-19 / 13:16 / LNH.com - Nouvelles

Par Serge Touchette - Chroniqueur LNH.com

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Touchette : Ken Dryden, un Voyageur pas comme les autres

Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler de Ken Dryden.

Pourquoi Dryden plus qu'un autre ? Élémentaire, mon cher Watson.

En cette période de l'année où plein de gens se font des cadeaux, je me suis souvenu que le Canadien s'était offert l'un des plus beaux cadeaux de son histoire en 1971 lorsqu'il a rappelé Ken Dryden des Voyageurs de Montréal-Halifax (l'équipe disputait ses matchs locaux dans les deux villes).

Tirez-vous une chaise et laissez-moi vous raconter ...

Comme journaliste, j'étais affecté à la couverture des Voyageurs, une équipe assez ordinaire, merci, à l'époque.

Une équipe ordinaire, sauf devant le filet.

Chacune des victoires des Voyageurs rimait avec Dryden. Et je n'exagère pas.

Régulièrement, il bloquait entre 40 et 45 lancers par match.

Il y a des soirs où, sans blague, il aurait mérité la première et la deuxième étoile. Et des ailes de poulet en prime.

Un grand bonhomme timide sur les bords, Dryden, qui poursuivait ses études en droit, avait peu de choses en commun avec ses coéquipiers.

Dans les lobby d'hôtel, par exemple, Dryden feuilletait religieusement les journaux pendant que quelques-uns de ses coéquipiers s'échangeaient des blagues.

II était à ce point investi dans sa lecture qu'il se trouvait toujours un joueur pour lui jouer le même tour, c'est à dire mettre le feu à son journal.

Une fois, Dryden était tellement concentré sur un article qu'un client de l'hôtel, un brin paniqué, a dû lui signaler que son journal était en flammes !

Calme, il a déposé ce qui restait de son journal dans un cendrier. Il en aurait fallu davantage pour énerver le grand gaillard.

Oui, il était bien différent des autres, Dryden. Dans le lobby de l'hôtel comme dans le filet.

A une autre occasion, quelques-uns de ses coéquipiers avaient entrepris de lui faire subir la traditionnelle initiation, qui consistait, entre autres choses, à raser le crâne des recrues.

Ne me demandez pas comment il s'y était pris, mais ils n'ont jamais réussi à le piéger.

« Si le Canadien le rappelle ... »

Un soir, les Voyageurs affrontaient les Clippers à Baltimore. Et les Clippers formaient l'une des bonnes équipes de la Ligue américaine.

Or Dryden avait connu l'un de ses meilleurs matchs. Si ma mémoire est bonne, il avait repoussé tout près de 60 rondelles pour mener les siens à une victoire de 2-1.

Quelques heures après le match, je sirotais une bière dans le bar de l'hôtel en compagnie de feu Floyd Curry, un ancien joueur du Canadien, qui était l'entraîneur des Voyageurs.

Curry était en verve. Il multipliait les éloges à l'endroit de Dryden, l'homme qui tenait son équipe à bout de bras.

« Si jamais le Canadien le rappelle », m'a lancé soudainement Curry, « il gagnera la Coupe

Stanley ».

Dryden, malgré ses succès dans la Ligue américaine, était relativement peu connu du public montréalais à ce moment-là.

Toujours est-il que le Canadien, vers la fin du calendrier régulier, a décidé de lui lancer un S.O.S. Il ne devait pas le regretter.

Une pieuvre

Dryden a eu le temps de jouer seulement six matchs en saison régulière, mais il a suffisamment impressionné pour convaincre le Canadien de parier sur lui contre les puissants Bruins de Boston lors de la première ronde des séries éliminatoires.

Les Bruins, faut-il le rappeler, étaient largement favoris pour l'emporter. Ils avaient bouclé la saison régulière au premier rang avec 121 points, 24 de plus que le Canadien, qui s'était contenté de la troisième place.

Bien des experts avaient prédit un balayage des Bruins, qui misaient notamment sur Phil Esposito, auteur de 76 buts, et de l'incomparable Bobby Orr, qui avait contribué 102 mentions d'aide.

Mais le Canadien, contre toute attente, réalisa l'impossible en liquidant les Bruins en sept matchs.

Pour un, Dryden avait été prodigieux. « Une véritable pieuvre », avait résumé Esposito, qui s'était fait voler plusieurs buts par le gardien du Canadien.

Dryden a éventuellement mené le Canadien à la conquête de la Coupe Stanley, lui qui est devenu le seul joueur de l'histoire à gagner le trophée Conn Smythe, remis au meilleur joueur des séries, avant de gagner le trophée Calder, attribué à la recrue par excellence.

Avant les séries de la Coupe Stanley, beaucoup d'experts, c'est bien connu, font des prédictions, qui ne se réalisent pas. Mais en 1971, Floyd Curry s'en est permis une qui l'aura consacré au rang de prophète !

 

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