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Alexander Mogilny a été consacré superstar en marquant 76 buts en 1992-93

lundi 2012-12-17 / 12:00 / 92/93 - La meilleure saison?

Par Tal Pinchevsky - Journaliste LNH.com

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Alexander Mogilny a été consacré superstar en marquant 76 buts en 1992-93


Déjà considéré comme une vedette à Buffalo dès qu’il a posé les pieds en sol américain, Alexander Mogilny n’avait peut-être que 23 ans quand il a entrepris la saison 1992-93 mais il en était déjà à la croisée des chemins dans sa carrière.

Ayant fait défection aux États-Unis trois ans plus tôt, il avait été forcé d’apprendre une nouvelle langue et une nouvelle culture. Déjà difficile, cette période de transition a été rendue encore plus compliquée par sa peur viscérale de l’avion ainsi que par une enquête du FBI qui a conduit à l’arrestation et la déportation d’un collègue russe qui l’avait aidé dans sa fuite.

À l’automne 1972, le directeur général des Sabres Gerry Meehan l’a réuni à deux joueurs étoiles, Pat Lafontaine et Dale Hawerchuk, capables de suivre son rythme effréné. Résultat pour Mogilny: une saison historique de 76 buts qui aurait bien pu ne jamais prendre son envol.

À ses débuts à Buffalo, sa peur de l’avion et l’affaire de son camarade ont provoqué bien des rumeurs d’échange. Mais Meehan a résisté aux nombreuses offres en choisissant de garder ce joueur au potentiel de superstar.

'LA MEILLEURE SAISON?'

Des buts à la tonne

Par Dan Rosen - Journaliste principal LNH.com
La saison 1992-93 s’est distinguée par une explosion offensive sans précédent. LISEZ

« Plusieurs équipes le voulaient mais j’ai simplement dit à tous mes collègues qu’on allait mener cette affaire jusqu’au bout, qu’aucune offre n’allait nous faire céder un joueur aussi prometteur, se rappelle Meehan. On nous offrait des choix au repêchage ou un joueur de premier trio et un autre de soutien, mais nous n’étions intéressés à aucune discussion. »

Lorsque Meehan a entrepris les négociations avec les Islanders de New York pour mettre la main sur LaFontaine tôt au début de la saison 1991-92, le nom de Mogilny a surgi plus d’une fois.

« Bill Torrey disait que cet échange ne pourrait être complété sans un de deux jeunes joueurs, Pierre Turgeon ou Mogilny. On voulait faire l’acquisition de LaFontaine pour jouer avec Alex », explique Meehan, qui a finalement cédé Turgeon dans le cadre d’un échange impliquant six joueurs. « Turgeon était un grand joueur, mais d’un style différent. Il jouait de façon plus réfléchie. Mogilny était un artiste des échappées. La vitesse était son point fort. Avant l’arrivée de LaFontaine nous n’avions personne pour mettre en valeur sa grande vitesse et ses habiletés naturelles. »

À leur première saison ensemble, Mogilny et LaFontaine ont raté un total combiné de 44 matchs en raison de blessures. Malgré tout, Mogilny a marqué 39 buts et LaFontaine récolté 93 points en 57 rencontres, de sorte qu’on attendait de grandes réalisations de ces deux-là pour la saison 1992-93 s’ils pouvaient éviter les blessures.

« Je me souviens de lui avoir parlé tôt dans la saison et Patty (LaFontaine) m’a dit qu’il allait marquer 70 buts », raconte Ken Martin, qui travaillait à l’époque aux relations publiques des Sabres et est aujourd’hui à l’emploi de la LNH. « Patty avait prédit les 70 buts. Ils s’entendaient vraiment bien. »

En effet Mogilny n’a pas déçu.

Il a entrepris la saison avec un tour du chapeau dans une défaite de 5-4 face aux Nordiques, LaFontaine ayant préparé les trois buts en plus de marquer l’autre. Mais après à peine un match, Mogilny était de nouveau sur la liste des blessés pour trois semaines. En son absence, Bob Sweeney a été promu dans le premier trio avec LaFontaine et Dave Andreychuk, et il a récolté 11 points en sept matchs. Les Sabres ont conservé une fiche de 5-2 en l’absence de Mogilny, qui a marqué deux autres buts à son retour au jeu contre les Maple Leafs de Toronto (4-4). Il ne devait jamais plus regarder derrière.

« De la façon dont il marquait des buts, c’était assez incroyable de le voir à l’œuvre, se rappelle Sweeney. Il dégainait tellement rapidement. Il passait de son revers à son côté fort et visait la partie supérieure du filet. Je pense que le gardien savait probablement où se dirigeait la rondelle mais il était difficile de l’arrêter. On se sentait mal parfois pour les gardiens. »

Même s’il a raté sept matchs, Mogilny a enfilé six buts en octobre, puis 10 autres en novembre, ce qui constituerait l’exploit d’une carrière pour plusieurs joueurs. Mais Mogilny ne faisait que commencer.

« Il avait tout un lancer et je lui ai dit de commencer à lancer plus souvent, indique Lafontaine. Je lui ai dit de me laisser la rondelle entre les lignes bleues, de se server de sa vitesse et que j’allais le trouver. »

Mogilny a entrepris décembre avec un but en trois matchs puis un tour du chapeau contre les Bruins de Boston. A partir de là, il a été en feu comme on l’a rarement vu dans la LNH. Durant le temps des Fêtes, il a marqué 24 buts en seulement 14 rencontres, dont 13 en cinq matchs. En février, il marquait quatre buts dans un match deux fois en l’espace de deux semaines.

La ville de Buffalo, qui achevait de vivre quatre défaites de suite de ses Bills au Super Bowl, avait un nouveau héros.

Mark Adams
ALEXANDER MOGILNY
AILIER DROIT  - BUF
Buts: 76 | Aides: 51 | Points: 127
Tirs au but: 360 | Différentiel: +7

« C’était une superstar qui vivait comme une superstar, se souvient Martin. Il a fait construire cette maison incroyable de 500 000 $ à une époque où on n’érigeait pas encore ce genre de résidence. Il conduisait une Rolls Royce. C’était la superstar qui menait une vie de célibataire. »

La vitesse et le talent qu’on retrouvait dans la formation des Sabres a aidé Mogilny à emplir les filets. Mais il a aussi été favorisé par une modification apportée au jeu de puissance par l’entraîneur John Muckler, qui cherchait une façon de réunir Mogilny, LaFontaine et Hawerchuk. Il a donc placé Hawerchuk à la pointe et avec ce joueur de centre qui avait connu sept saisons de 40 buts avant d’aboutir à Buffalo pour servir de quart-arrière, l’attaque à cinq des Sabres est devenue une des meilleures de la ligue. Mogilny était celui qui apportait le plus souvent la touche finale et il a marqué 27 buts en avantage numérique, au troisième rang dans la LNH, devancé seulement par Brett Hull et son coéquipier Andreychuk, qui devait être échangé à Toronto à la mi-saison en retour du gardien Grant Fuhr.

« Nous étions aussi bons que quiconque pour improviser, pour moi c ‘était la clé en avantage numérique. Quand vous avez des joueurs aussi talentueux sur la patinoire, vous laissez leurs instincts prendre le dessus. Il ne m’a pas fallu bien du temps pour réaliser qu’il fallait remettre le disque à Mogilny ou LaFontaine », affirme aujourd’hui Hawerchuk. « Je me souviens d’un match à Hartford un soir, Pierre McGuire était l’entraîneur. Nous avons marqué cinq ou six buts en avantage numérique et il a été congédié le lendemain. Quand je suis tombé sur lui des années plus tard, il m’a dit qu’on lui avait coûté son poste. »

Mogilny a complété le calendrier régulier avec une légère léthargie mais a recommencé à produire en première ronde des séries, marquant six buts en quatre rencontres lorsque les Sabres ont balayé les Bruins de Boston, pourtant grands favoris. Mais LaFontaine et lui ont subi de graves blessures qui les ont forcés à rater presque toute la deuxième ronde et les Sabres ont été balayés à leur tour par le Canadien, en route vers sa dernière conquête de la Coupe Stanley.

Vingt-cinq ans plus tard les 76 buts de Mogilny demeurent le cinquième total plus élevé atteint dans la LNH. L’exploit a été égalé la même saison par une recrue du nom de Teemu Selanne, des Jets de Winnipeg, qui a eu droit à sept matchs et 27 tirs au filet de plus. Les blessures ont limité LaFontaine à seulement 16 matchs la saison suivante et Mogilny n’a jamais retrouvé cette touche de super marqueur avant d’être échangé à Vancouver en 1995.

« Il avait un pur talent. A ce niveau de superstar, c’est difficile de répéter chaque soir. Je pense que ça explique une partie de la frustration de certains amateurs qui s’attendaient à le voir marquer 76 buts chaque saison. Ça ne s’est pas produit et quand sa production a ralenti, je crois qu’il y a eu un sentiment de frustration à cause de qui il était, estime Martin. Je me souviens qu’il appréciait Buffalo et qu’il a ressenti des émotions mitigées lorsqu’il a été échangé à Vancouver. Je ne crois pas qu’il était du genre très expansif mais je sais que ça l’a dérangé. »

La saison historique de Mogilny n’a pas été qu’une affaire de buts. Il s’est aussi avéré très opportuniste et a fini à égalité au sommet de la LNH avec 11 buts victorieux, qui représentaient 29 pour cent des 38 victoires de son équipe. Et pour celui qui a préparé tellement de ces 76 buts, ce fut une saison unique qui restera marquée dans l’histoire de la LNH.

« Quand il savait que j’avais la rondelle, il trouvait une façon de se découvrir. Ce sport est tellement affaire d’anticipation, de trouver les ouvertures et de parvenir à se découvrir », explique LaFontaine, qui a complété la saison 1992-93 avec 95 mentions d’aide et 148 points. « Quel est le joueur le plus important sur la patinoire? Celui qui n’a pas la rondelle. Et comment allez-vous couvrir un joueur avec une vitesse aussi explosive que Mogilny? »

 

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