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Ralph Krueger a pris un chemin peu orthodoxe pour aboutir à la LNH

vendredi 2012-12-14 / 15:17 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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Ralph Krueger a pris un chemin peu orthodoxe pour aboutir à la LNH

LNH.com publie périodiquement une série intitulée "Cinq questions avec…", une formule questions-réponses avec quelques-uns des principaux intervenants dans le hockey. Cette fois-ci: Ralph Krueger, entraîneur à Edmonton.

La plupart des entraîneurs empruntent une route assez semblable pour se rendre à la LNH, mais pas Ralph Krueger, des Oilers d’Edmonton, qui avait mis fin à son rêve de diriger dans la LNH bien des années avant d’obtenir finalement sa chance.

Plutôt que de jouer en Amérique du Nord et de faire ses débuts comme entraîneur à titre d’adjoint quelque part, Krueger s’est exilé en Allemagne à l’âge de 20 ans et est resté une trentaine d’années en Europe à apprendre puis approfondir le métier d’entraîneur et à développer des contacts, comme ceux avec les dirigeants des Oilers.

Il y a deux ans et demi, lorsque Tom Renney, Kevin Lowe et Steve Tambellini l’ont engagé pour assister le premier, les seuls liens de Krueger avec la LNH étaient les quelques joueurs qui ont joué pour lui au sein de l’équipe nationale Suisse et les cinq années qu’il a passé dans un rôle de consultant mineur pour les Hurricanes de la Caroline.

Krueger a dirigé des équipes en Allemagne et en Autriche avant d’aboutir en Suisse comme entraîneur d’une équipe nationale qui occupait le 15 e rang mondial en 2000 et qu’il a fait grimper au septième au moment de son départ en 2010.

Il a été nommé entraîneur-chef des Oilers au cours de l’été en remplacement de Renney.

« Les gens me disent que j’ai attendu cette occasion pendant 23 ans », a-t-il raconté à LNH.com. « Non, non, non. Je n’ai pas attendu 23 ans, les choses ont juste évolué de cette façon. »

Comment s’est faite cette évolution? Pourquoi Krueger a-t-il dû attendre jusqu’à 51 ans pour avoir un poste dans la LNH? Que pense-t-il du travail qui l’attend?

Les réponses suivent.

Voici donc cinq questions avec… Ralph Krueger:

Avoir joué en Allemagne, puis dirigé des équipes en Allemagne, en Autriche et en Suisse, avec l’équipe nationale, vous a procuré une expérience internationale avant d’arriver dans la LNH. Comment cela vous a-t-il aidé?

« C’est un des aspects les plus intéressants de ma carrière. J’ai eu toutes ces années de développement en Europe, que ce soit comme joueur ou entraîneur, avant de me frotter à des équipes et entraîneurs de la LNH.

« Quand je pense à mon passé si varié, je réalise que j’ai été exposé à tous les systèmes imaginables, ce qui constitue une merveilleuse banque d’informations. Trouver une façon d’apporter dans la LNH ce qu’il en reste de pertinent, voilà ce que j’envisage de faire.

« Je suis maintenant un entraîneur-chef qui peut compter sur quelques-uns des meilleurs joueurs au monde, ce qui devient un travail complètement différent que d’avoir à soutirer le maximum d’équipes face à une opposition généralement supérieure. Cette dernière étape dans ma carrière est quelque chose de vraiment excitant, à ma quatrième décennie comme entraîneur. »

Lors des différentes étapes de votre carrière, est-ce que diriger dans la LNH était votre objectif ultime, ou est-ce tout simplement arrivé comme ça?

« C’est surtout juste arrivé comme ça. Je peux vous dire qu’au début, je pensais que c’était important de fournir cette réponse quand on me demandait quel était mon objectif à long terme. Cependant, une chose que j’ai apprise c’est qu’avoir des rêves et des objectifs à long terme est important mais que plus important encore, il faut mettre vos énergies dans le moment présent, vous consacrer à votre équipe et ne pas regarder s’il y a des possibilités de l’autre côté de la clôture. J’ai appris ça vite, alors je ne me suis pas arrêté à me dire que mon but était de diriger dans la LNH.

« Si c’était pour être le cas, si c’est là que je devais arriver, ce serait fait naturellement. La seule pression que je me suis imposée a été de développer mon potentiel comme entraîneur, de découvrir jusqu’où je pouvais aller. Mais je n’ai jamais dit que ce devait être dans la LNH. Je voulais juste tenter de m’améliorer chaque jour. C’est ce que j’ai essayé de faire ces 15 dernières années sans trop de pression pour savoir où ça allait me mener. »

Mais vous avez bien battu le Canada 2-0 aux Jeux olympiques de 2006. Et votre équipe suisse a aussi suscité le respect en s’inclinant 3-2 en fusillade face au Canada plus récemment en 2010 à Vancouver. Est-ce que ces matchs vous ont mis sur la carte?

« Je suis conférencier à des rencontres internationales d’entraîneurs depuis maintenant 12 ans, ce qui vous amène à un autre niveau sur la scène internationale. Mais s’il y a un match qui m’a connecté au hockey nord-américain c’est bien cette victoire contre le Canada à Turin en 2006.

« Mais il y a eu d’autres occasions. Il y a eu cette défaite au championnat du monde de 2000 face au Canada alors que nous menions encore vers la fin de la rencontre jusqu’aux deux gros buts de Ryan Smyth. L’entraîneur qui a traversé la glace pour me féliciter – et je n’ai pas aimé être félicité pour une défaite – était Tom Renney.

« Il y a eu beaucoup d’autres contacts: Kevin Lowe qui m’a apostrophé après la victoire à Turin avec Wayne Gretzky à la remorque, Steve Tambellini qui m’a approché en de nombreuses occasions. Je me rappelle de tellement de conversations et contacts que nous avons eus sans but précis. C’était des relations très naturelles, très honnêtes.

« Tom Renney m’a appelé après les Jeux de 2010 et m’a demandé si je voulais me joindre à lui à Edmonton et j’ai maintenant cette excellente relation de travail avec Kevin Lowe, Steve Tambellini et Craig MacTavish, que j’ai rencontré dans les catacombes d’un aréna en Slovaquie à environ moins-20 degrés il y a cinq ans.

« Tout le monde ici à Edmonton, ce sont des hommes de hockey avec lesquels je me suis vraiment bien entendu. On parcourt le monde et on rencontre des gens, mais il y a ceux avec lesquels vous vous entendez bien et avec lesquels vous travaillez. C’est le cas avec ces gens-là, on cherchait à se voir lors des tournois, et c’est ce qui rend ma situation intéressante ici. »

Paul Maurice dirige maintenant une équipe de la KHL après une longue carrière dans la LNH et c’est un choc pour lui parce qu’il n’avait jamais dirigé une équipe en Russie et rarement mis le pied au pays. Pour vous, même si vous êtes né au Manitoba, la LNH était quelque chose de nouveau en 2010 parce que vous n’y aviez jamais joué ni dirigé. Avez-vous eu un choc culturel à votre arrivée?

« Absolument pas, parce que j’ai regardé tous les matchs de la LNH que j’ai pu depuis que j’ai commencé dans le coaching. J’ai toujours été un étudiant du jeu et regarder les matchs des séries éliminatoires de la LNH est quelque chose que j’ai fait pendant des dizaines d’années.

« C’est intéressant parce que lorsque j’étais dans la trentaine j’ai commencé à suivre un peu la LNH mais je voyais beaucoup de hockey international et je me rendais à tous les tournois. Lorsque je suis devenu entraîneur national en Suisse, les ligues européennes ne m’intéressaient plus autant et la seule façon dont je pouvais progresser était en surveillant la Ligue nationale. Mon passage en Suisse a dont permis un équilibre. On se lasse de voir à l’œuvre la Biélorussie, la Lettonie et l’Allemagne. Pour moi, en tant qu’amoureux et étudiant du sport, la LNH était mon point d’équilibre. Il y a donc eu très peu de choc culturel. Il s’agissait plus de me sentir à l’aise avec la magnitude du sport dans une ville comme Edmonton.

« L’importance du hockey dans la société canadienne est devenue plus grande que lorsque j’ai vécu ici avant. C’est plus gros que la vie! C’est donc une bonne chose que je sois resté adjoint une couple d’années pour apprendre à devenir à l’aise avec cette dynamique unique au Canada. Mes cinq années comme consultant pour les Hurricanes de 2005 à 2010 m’ont aussi servi.

« Être en contact, assister au repêchage, avoir eu des conversations avec Jim Rutherford, Ron Francis, Peter Laviolette et Jason Karmanos, avoir développé une amitié avec Paul Maurice, ces cinq années m’ont beaucoup aidé à me préparer pour ce que je fais aujourd’hui. On devient beaucoup plus familier avec ce qui se passe dans une organisation. »

Lorsqu’on recommencera à jouer dans la LNH, la jeune et talentueuse équipe que vous avez à Edmonton sera intéressante à surveiller et suscitera beaucoup d’excitation. Les amateurs portent attention à l’équipe d’Oklahoma city dans la Ligue américaine parce qu’on estime qu’une bonne partie de l’avenir des Oilers s’y trouve. Comment comptez-vous procéder pour convertir tout ce potentiel en victoires?

« Il s’agit de continuer à construire sur les bases érigées. Même si on a terminé 30e et 29e, cette équipe s’est beaucoup améliorée depuis deux ans sous le leadership de Tom Renney, ce qui n’a pas toujours paru au classement. Il y a eu des changements majeurs dans le fonctionnement de l’organisation et dans le personnel. Tout le système de valeurs a été changé. Tom Renney a posé une bonne fondation et je vais continuer à construire là-dessus.

« Nous n’avons pas à changer complètement de direction, nous devons juste continuer à progresser. Les victoires ne viendront pas juste parce que nous avons du talent, des habiletés et de hauts choix de repêchage. Nous avons constitué une équipe excitante à surveiller et c’est maintenant notre responsabilité à moi et à mon personnel de travailler avec nos joueurs pour devenir une équipe gagnante et accéder aux séries, ce qui n’est pas une étape facile dans la LNH.

« On a beaucoup de respect pour notre talent et je n’ai jamais ressenti ces deux dernières années que nos adversaires n’étaient pas préparés à affronter les Oilers d’Edmonton. Même si nous étions loin au classement, nous pouvions battre n’importe quelle équipe un soir donné. Il faut maintenant établir une constance, faire passer nos jeunes à un autre niveau de professionnalisme. Il reste encore beaucoup de travail à faire et on ne nous fera pas de cadeau, parce nous sommes sur le radar de toutes les équipes. Nous n’allons pas surprendre personne et tous nos adversaires seront prêts pour nous. Il va nous falloir apprendre à vivre avec ça. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter à: @drosennhl

 

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