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Darren Haydar a aimé sa carrière, peu importe où il a joué

mercredi 2012-12-12 / 16:39 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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Darren Haydar a aimé sa carrière, peu importe où il a joué

Pendant quelques secondes, il y a eu un grand éclat de rire à l’autre bout du fil quand la conversation a tourné à savoir s’il a oublié ce qu’aurait pu être son destin, si son parcours n’avait pas été défini par les nombreux « si » qui ont marqué sa carrière de hockeyeur professionnel.

Qu’auriez-vous fait d’autre que rire, quand un autre journaliste vous aurait mentionné le nom de Crash Davis, l’infâme personnage joué par Kevin Costner dans le film Bull Durham, si vous aviez été à la place de Darren Haydar, un attaquant de 33 ans des Wolves de Chicago, qui a passé sa vie dans les ligues mineures ?

Haydar a été décrit comme le Crash Davis de la Ligue américaine de hockey. Il le sait et il préfère en rire.

« Je regarde la vie et je suis davantage une personne réaliste qu’un rêveur, donc cette description me fait rire », a déclaré Haydar à LNH.com. « Tu fais avec ce que tu as et j’ai soutiré le plus que j’ai pu. »

Le point de vue de Haydar vient du fait qu’il a disputé 726 matchs dans la LAH, contre seulement 23 dans la Ligue nationale de hockey au cours de sa carrière de 11 saisons dans le hockey professionnel, carrière qui se poursuit toujours.

Darren Haydar a remporté la Coupe Calder en 2008 comme membre des Wolves de Chicago dans la LAH. (Photo: Jonathan Daniel/Getty Images)

Il a vu plusieurs jeunes joueurs qui présentaient des statistiques inférieures aux siennes lui être préférés quand l’équipe de la LNH effectuait un rappel.

À chaque année, les entraîneurs, les recruteurs et les dirigeants d’équipe lui ont fait savoir que la seule façon qu’il pourrait atteindre la LNH serait de faire partie des six meilleurs attaquants de l’équipe, mais personne n’était prêt à lui accorder une juste chance pour qu’il démontre qu’il en est capable, lui qui a amassé 739 points (273 buts, 467 assistances) dans la LAH.

En juillet, Haydar a signé pour une troisième année consécutive un contrat d’une saison à un volet avec les Wolves de la LAH.

« Est-ce que ça me frustre? a répété Haydar. Je mentirais si je disais que ça ne m’a pas frustré, mais c’est quelque chose que je dois accepter. »

Mais ne confondez pas la frustration de Haydar avec une mauvaise volonté. Elle n’en contient aucune, en raison principalement de ce qui s’est passé dans sa vie personnelle.

Sara, la femme de Haydar, a combattu un cancer de la gorge pendant près de cinq ans. On a diagnostiqué sa maladie trois mois avant que Haydar ne remporte la Coupe Calder avec les Wolves en 2008.

Sara a subi près de 30 interventions chirurgicales et a eu recours à un tube trachéotomisé pendant trois ans et demi. Le tube a été retiré depuis et Haydar a fait savoir que les médecins sont sur le point de dire que le cancer de Sara est en rémission.

« Ça me fait juste rappeler que je joue un jeu pour gagner ma vie et qu’il y a des personnes qui passent à travers des choses pas mal plus difficiles que moi, a dit Haydar. Je joue au hockey et je reçois un chèque de paie. »

À ce jour, il ne veut toujours pas savoir pourquoi ce chèque n’est pas signé au nom d’une équipe de la LNH.

C’est plus facile pour un expert de déterminer pourquoi les statistiques de Haydar dans la LAH ont été ignorées.

Grandeur. Vitesse. Adaptation.

Haydar mesure 5 pieds 10 pouces et pèse 173 livres.

Il n’a jamais été reconnu comme un marchand de vitesse, ce qui a permis à de plus petits joueurs de faire leur chemin jusqu’à la LNH.

Même si ses habiletés de marqueur et son sens du hockey ont toujours été salués par les entraîneurs et les dirigeants de la LNH, ces derniers ne croient pas que Haydar peut jouer sur une base régulière sur les deux premiers trios d’une équipe de la LNH. Ces mêmes dirigeants ne pensent pas non plus qu’il pourrait se faire justice au sein d’un troisième et d’un quatrième trio.

« Il n’est pas lent, mais il n’a pas l’accélération pour se démarquer », a déclaré l’entraîneur-adjoint des Coyotes de Phoenix, John Anderson, à LNH.com. « Les joueurs de la LNH sont si gros et si forts qu’ils pourraient le tasser facilement. »

Anderson le sait plus que quiconque, car il a été son entraîneur avec les Wolves. Anderson n’hésite d’ailleurs pas à dire que Haydar est peut-être le joueur le plus intelligent qu’il a dirigé, lui qui totalise pas moins que 111 buts en avantages numériques en raison de son anticipation en zone offensive.

« Il a les habiletés d’une super vedette, a admis Anderson. Mais s’il joue dans la LNH, il devra jouer sur toutes les supériorités numériques pendant au moins 20 matchs pour savoir s’il pourra survivre. Il est difficile de demander à un entraîneur en chef de la LNH, qui subit une énorme pression, de tasser un autre joueur et de dire : ‘Je vais lui donner une chance’. »

Haydar a été un choix de neuvième ronde (248e) des Predators de Nashville lors du repêchage de 1999 de la LNH. Il a joué deux matchs avec eux en 2002-2003, mais n’a pas disputé une autre rencontre dans la LNH avant qu’il n’effectue un séjour de quatre matchs avec les Thrashers d’Atlanta en 2006-2007.

Haydar a connu sa plus longue séquence dans la LNH, la saison suivante, quand il a disputé 16 matchs avec les Thrashers après avoir gagné un poste au camp d’entraînement. Il a amassé huit points et il a été utilisé sur la deuxième unité en avantage numérique pendant la moitié de son séjour à Atlanta avant d’être retourné à Chicago où, sous les ordres d’Anderson, il a totalisé 27 points dans les séries de la Coupe Calder pour mener les Wolves au championnat.

Depuis, il n’a disputé qu’un seul match dans la LNH, soit le 10 février 2010 avec l’Avalanche du Colorado.

« Son accélération et sa petitesse l’ont empêché de graduer », a déclaré à LNH.com, le recruteur et analyste aux réseaux NHL Network et TSN, Craig Button. « Je ne suis pas surpris qu’il n’ait pas obtenu une autre chance, car même s’il a tout essayé, ses faiblesses étaient toujours présentes. »

Haydar a néanmoins pensé qu’il obtiendrait une vraie chance après avoir signé une entente d’un an à deux volets avec les Red Wings de Detroit en 2008-2009. Il croyait que le style de jeu des Red Wings lui conviendrait bien et que l’entraîneur en chef, Mike Babcock, et le directeur général, Ken Holland, n’hésiteraient pas à lui dénicher un poste afin de le faire jouer en avantage numérique.

Malheureusement pour lui, ils ont hésité.

Haydar n’a jamais disputé un match avec les Red Wings. Il a passé l’entière saison à Grand Rapids, où il a amassé 80 points (31 buts et 49 assistances) en 79 matchs pendant que Darren Helm, Ville Leino et Justin Abdelkader ont tous été rappelés par les Red Wings au cours de la saison.

« Il s’est toujours retrouvé entre tout », a dit le directeur général adjoint des Red Wings Jim Nill à LNH.com. « Il lui manque un petit peu de tout. Ce n’est pas de sa faute, ça fait partie de la nature. Il n’est pas très gros, il n’est vraiment pas rapide. Il est très bon, mais pour faire partie des six premiers joueurs d’une équipe, tu joues avec Pavel Datsyuk, Henrik Zetterberg ou Joe Thornton ou tu joues contre eux. Il n’est pas assez bon pour cela.

« Il n’est tout simplement pas assez dynamique pour être l’un des six premiers attaquants et il n’a pas les qualités requises pour jouer au sein des troisième et quatrième trios. »

Il y a peut-être une chance pour que Haydar fasse un jour sa marque dans la LNH, soit devenir un entraîneur.

Anderson a pris l’exemple de l’entraîneur en chef des Ducks d’Anaheim, Bruce Boudreau, qui a passé près de 32 ans dans les ligues mineures, ne totalisant que 141 matchs dans la LNH et 30 dans l’Association mondiale, avant de diriger les Capitals de Washington à l’âge de 52 ans.

« C’est certainement un poste que j’aimerais occuper quand je prendrai ma retraite, a indiqué Haydar. Je franchirai le pont quand j’arriverai à la rivière, mais ce serait gratifiant de devenir un entraîneur en chef dans la LNH. »

Et si cela arrive un jour, Haydar pourrait enfin mettre fin à la comparaison avec Crash Davis, une comparaison qui le fait rire même si ce n’est pas nécessairement un compliment.

« Je comprends que le hockey est une business, a dit Haydar. J’ai encore la chance de jouer au hockey pour gagner ma vie. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter à : @drosennhl

 

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