Se connecter avec votre compte LNH.com:
  • Soumettre
  • Ou
  • Se connecter avec Google
 

La saison 1992-93 s’est distinguée par une explosion offensive sans précédent

vendredi 2012-11-30 / 9:00 / 92/93 - La meilleure saison?

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

Partagez avec vos amis


La saison 1992-93 s’est distinguée par une explosion offensive sans précédent

Les statistiques offensives de la campagne 1992-93 sont étonnantes comparativement à celles d’aujourd’hui dans la Ligue nationale de hockey. Pourtant, le jeu est considéré comme étant plus rapide et plus excitant qu’il y a 20 ans.

« Je dois avouer que les gardiens de but n’étaient pas aussi bons à l’époque », a admis Brendan Shanahan à LNH.com. « Les entraîneurs n’étaient pas aussi minutieux non plus. »

Il a peut-être mis le doigt sur quelque chose.

Il suffit de jeter un coup d’œil aux statistiques et aux faits qui suivent pour s’en convaincre :

Un nombre record de 21 joueurs ont compté au moins 100 points pendant la saison 1992-93. Quatre d'entre eux dont Mario Lemieux jouaient pour les Penguins de Pittsburgh. (Photo: Getty Images)

* Un nombre record de 21 joueurs ont compté au moins 100 points pendant la saison 1992-93. Quatre d’entre eux jouaient pour les Penguins de Pittsburgh. Wayne Gretzky a été exclu de ce groupe pour la première fois de sa carrière.

* Un nombre record de 14 joueurs ont marqué au moins 50 buts. Sept d’entre eux ne sont jamais parvenus à répéter cet exploit au cours de leur carrière. Pierre Turgeon et Mark Recchi ont connu leur unique saison de 50 buts en carrière. Les 51 buts de Shanahan n’ont même pas été suffisants pour lui permettre de se hisser parmi les 10 meilleurs à ce chapitre.

* Il s’est compté en moyenne 7,25 buts par partie, un autre record.

* Onze des 24 équipes de la ligue ont conclu l’année avec un taux de réussite d’au moins 20 % en supériorité numérique. À titre de comparaison, en 2011-12, seulement 3 des 30 formations de la LNH y sont parvenues.

* La saison dernière, les Penguins ont dominé le circuit avec 282 buts marqués. Ce total leur aurait valu le 18e rang en 1992-93. Les Red Wings de Detroit avaient alors terminé au premier rang avec 369 buts marqués et les Whalers de Hartford, une équipe qui n’a remporté que 26 matchs, en ont inscrit 284.

* Quinze formations ont compté 300 buts ou plus en 1992-93, comparativement à aucune l’année dernière.

* Les 110 points de Pavel Bure, qui lui ont valu le 13e rang des compteurs en 1992-93, auraient été suffisants pour dominer le circuit à ce chapitre lors des deux dernières saisons.

« Ça prouve à quel point la Ligue s’est améliorée et qu’elle a progressé », a déclaré Adam Oates, qui avait pris le troisième rang des marqueurs avec 142 points en 1992-93, à LNH.com. « Je voulais atteindre le cap de 100 assistances, mais j’en ai obtenu 97. Ce fut une année magique. »

Or, ces chiffres gonflés ne devraient-ils pas nous faire réfléchir un peu? Pourquoi y a-t-il eu autant de buts cette saison-là, il y a 20 ans, et pourquoi n’a-t-on jamais rien vu de tel depuis, à l’exception de la campagne 2005-06?

'LA MEILLEURE SAISON?'

Le Super Bowl des échanges

Par Arpon Basu - Directeur de la rédaction LNH.com
L'échange de Herschel Walker dans la NFL a inspiré les Nordiques dans l’affaire Lindros. LISEZ

Il y a eu 7311 buts comptés en 1008 parties en 1992-93, alors qu’il y en a eu 7443 en 1230 matchs en 2005-06. C’était la saison marquant le retour au jeu après un arrêt de travail et l’application plus stricte des règlements concernant l’obstruction avait provoqué une augmentation du nombre moyen de supériorités numériques par équipe. Les 480 jeux de puissance par équipe en 2005-06 représentaient 37 occasions de plus par équipe pendant la saison de 84 parties de 1992-93.

« Les équipes ne jouaient pas nécessairement la trappe ou le 1-2-2 à l’époque. Aujourd’hui, on accorde beaucoup d’importance à l’aspect défensif du jeu », a révélé le centre Steve Yzerman. Le membre du Temple de la renommée a terminé au quatrième rang des compteurs avec 137 points en 1992-93. « Et les gardiens de but sont nettement supérieurs de nos jours comparativement à il y a 20 ans. Leur équipement, leurs qualités athlétiques, leur gabarit… Ils sont meilleurs. »

« Donc, 84 parties, deux équipes d’expansion, des gardiens de but et une défensive inférieurs, moins d’importance accordée au jeu défensif… Additionnez tout ça et vous obtenez plus d’offensive. »

Yzerman souligne plusieurs points intéressants. Toutefois, il mentionne deux faits concrets, c’est-à-dire le calendrier de 84 rencontres de 1992-93 et l’arrivée des Sénateurs d’Ottawa et du Lightning de Tampa Bay, qui ont grandement contribué à cette explosion offensive.

Il ne faut pas négliger le fait qu’au moins 128 parties de plus ont été jouées pendant cette saison comparativement à toutes les autres. Cela a évidemment permis de gonfler les statistiques des buts marqués.

Et ces statistiques suggèrent aussi que ces matchs supplémentaires, dont les 252 impliquant les Sénateurs, le Lightning et les Sharks de San Jose qui avaient fait leurs premiers pas dans le circuit en 1991, ont mené à une avalanche de buts.

Ensemble, San Jose, Ottawa et Tampa Bay ont accordé 1141 buts en 1992-93. C’est sans surprise que ces trois équipes d’expansion n’ont remporté que 44 victoires, dont 23 pour le Lightning (un succès inespéré considérant que San Jose n’a gagné que 11 matchs et Ottawa, 10).

« L’année a été longue », a avoué Jamie Baker, un défenseur des Sénateurs de 1992-93, à LNH.com. « On ne s’attendait pas à être bon, mais on ne pensait pas qu’on serait aussi mauvais. »

Les cinq meilleurs marqueurs de 1992-93 se sont amusés aux dépens des équipes d’expansion en inscrivant plus de deux points par partie contre elles.

Mario Lemieux, qui a mené la ligue avec 160 points en seulement 60 parties, a amassé 18 points en cinq matchs contre Ottawa, San Jose et Tampa Bay. Pat LaFontaine, deuxième avec 148 points, en a obtenu 27 en 11 parties contre ces trois formations, pendant qu’Oates en inscrivait 23 en autant de matchs.

Yzerman a récolté 28 points en 13 rencontres face à Ottawa, San Jose et Tampa Bay. Turgeon en a obtenu 15 en sept parties.

« Certaines des équipes d’expansion ont commis l’erreur d’aller chercher des joueurs plus âgés, établis et relativement connus, mais qui étaient sur le déclin, a analysé Shanahan. C’était parfois facile de jouer contre ces formations. Certains de ces joueurs étaient en fin de carrière ou même déjà à leur 19e trou! Les équipes voulaient s’établir, accumuler des choix de repêchage, mais ils voulaient aussi des noms pour attirer les amateurs. »

L'attaquant des Islanders, Pierre Turgeon, a été un des 14 joueurs qui ont marqué au moins 50 buts dans ce qui était une saison sans précédent. (Photo: Getty Images)

La quantité impressionnante de supériorités numériques (480) et l’incroyable taux de réussite (19,57 pour cent en moyenne) des équipes n’ont rien fait pour aider la situation des défenseurs et des gardiens de but.

Les Sabres de Buffalo ont pris le 10e rang du circuit avec un taux de réussite de 20,34 pour cent grâce, entre autres, aux 79 buts en avantage numérique de Dave Andreychuk, Alexander Mogilny et LaFontaine.

Le nombre moyen de supériorités numériques par équipe a atteint la marque de 400 à seulement deux reprises entre 1992-93 et 2005-06. Ce chiffre est en chute libre depuis avec une moyenne de 271 la saison dernière.

« C’est probablement lors de cette saison-là [1992-93] qu’on a commencé à décerner plus de punitions pour l'accrochage et je crois qu’il y a eu plus de supériorités numériques dans les premiers mois », a raconté LaFontaine à LNH.com. « On a eu beaucoup de succès en avantage numérique cette année-là. Ce fut une campagne marquée par l’attaque. Dès qu’on essayait de ralentir un adversaire, on se retrouvait au cachot. »

Shanahan croit également que la télévision, ou plutôt l’absence des technologies modernes aujourd’hui disponibles pour les entraîneurs, les joueurs, les dépisteurs, les directeurs généraux et les médias, est en partie responsable de ces statistiques offensives gonflées de 1992-93.

« On connaissait les joueurs, mais je ne crois pas que les rapports de dépistage étaient aussi complets qu’aujourd’hui, a-t-il affirmé. Pendant les séries éliminatoires, on analysait vraiment notre adversaire pour connaître les habitudes de leurs meilleurs joueurs, mais pas en saison régulière. Quand on jouait trois ou quatre parties par semaine, c’était impossible d’étudier une équipe comme aujourd’hui, alors que tous les matchs sont télévisés.

« Quand on était à la maison, les soirs de congé, il n’y avait pas beaucoup de parties télévisées à l’échelle nationale. Il n’y avait pas de forfaits de chaînes de hockey qui nous permettait de suivre chaque équipe à la télé. On lisait les statistiques. Donc, c’était un avantage pour les attaquants parce qu’aujourd’hui, les stratégies défensives enseignées par les entraîneurs leur compliquent la tâche.

« C’était plutôt du bouche-à-oreille [il y a 20 ans] parce qu’on ne pouvait pas regarder jouer toutes les autres équipes. Ce facteur a probablement aidé les joueurs offensifs. »

Shanahan note également que le peu de profondeur à l’époque influençait les performances défensives des formations.

« Je me souviens de gars comme Pat LaFontaine et Alex Mogilny. On ne pouvait pas jouer à quatre trios [contre eux]. Il fallait employer surtout deux trios. Le troisième voyait un peu d’action, mais le quatrième n’était envoyé dans la mêlée qu’une fois par période selon l’adversaire et l’allure de la rencontre, a-t-il ajouté. Mes amis du quatrième trio se plaignaient parce qu’ils n’avaient qu’une ou deux présences par partie. On ne jouait pas à quatre trios, donc un attaquant qui était sur une bonne séquence allait avoir plus de temps de glace, ce qui lui permettait d’encaisser plus de points.

« Quand on raccourcit le banc, on n’a pas la même énergie et la même intensité pour les retraits défensifs. Donc, on avait plus de temps pour s’installer en zone adverse et pour fabriquer nos jeux, ce qui a entraîné plus d’offensive. Je ne connais pas les chiffres exacts, mais je crois que les trois ou quatre meilleurs attaquants de chaque équipe devaient jouer de 25 à 35 minutes par partie. C’était donc plus facile pour eux [de compter]. »

« C’était plutôt du bouche-à-oreille [il y a 20 ans] parce qu’on ne pouvait pas regarder jouer toutes les autres équipes. Ce facteur a probablement aidé les joueurs offensifs. »
-- Brendan Shanahan sur l'explosion offensive pendant la saison 1992-93

C’est également possible que, pour une raison ou une autre, les gardiens de but n’étaient pas au sommet de leur forme cette année-là.

Félix Potvin et Eddie Belfour ont été les seuls gardiens ayant disputé plus de 25 matchs avec une moyenne de buts accordés inférieure à 3,00. La saison dernière, par exemple, 40 gardiens ont affiché une moyenne inférieure à 3,00 et cinq, une moyenne inférieure à 2,00.

Curtis Joseph, Potvin, Belfour, Tom Barrasso et John Vanbiesbrouck ont été les seuls gardiens de but ayant disputé 25 rencontres ou plus à présenter un pourcentage d’arrêts d’au moins 90 pour cent. L’an dernier, ils étaient 41.

« Je me souviens des buts et des points. Je ne sais pas si c’était uniquement à cause du talent offensif ou si c’était dû à une contre-performance des gardiens de but cette année-là », a révélé l’attaquant Dino Ciccarelli à LNH.com. Ce membre du Temple de la renommée a été l’un des 25 compteurs de 40 buts en 1992-93. « Je n’en ai aucune idée. C’est l’une de ces occasions où tout semble marcher et on dirait que c’est arrivé à plusieurs joueurs offensifs.

« C’était comme si on ne pouvait pas gagner une partie 3-1 ou 4-2. Il fallait compter encore plus de buts et toutes les équipes ont suivi le pas. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter : @drosennhl

 

La LNH sur Facebook