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Le repêchage de 1992 a été marqué par l’arrivée massive de joueurs d’Europe de l’Est

vendredi 2012-11-09 / 6:00 / 92/93 - La meilleure saison?

Par Tal Pinchevsky - Journaliste LNH.com

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Le repêchage de 1992 a été marqué par l’arrivée massive de joueurs d’Europe de l’Est

Lors du repêchage de 1981, les Sabres de Buffalo avaient choisi l’ailier Jiri Dudacek, le fils d’un membre haut placé du Parti communiste tchécoslovaque, au 17e rang. Malgré tous leurs efforts, les Sabres ne sont jamais parvenus à attirer la jeune vedette à Buffalo.

Pour les directeurs généraux de la LNH, c’était une leçon importante : il valait mieux ne pas gaspiller un bon choix au repêchage pour un joueur provenant d’un pays communiste.

Pendant la guerre froide, les gouvernements de l’Union soviétique et de la Tchécoslovaquie interdisaient à leurs joueurs d’évoluer pour des équipes professionnelles de l’Ouest. C’était donc pratiquement impossible pour une organisation d’ajouter ces joueurs à son alignement. Si une équipe voulait prendre ce risque, elle utilisait un 10e ou un 11e choix pour sélectionner un joueur du bloc de l’Est pour éviter de perdre un choix de l’une des premières rondes.

Tout a changé en 1992.

Après la dissolution de l’Union soviétique et de la Tchécoslovaquie, le repêchage de 1992 de la LNH a été pris d’assaut par les joueurs d’Europe de l’Est.

Le directeur général des Rangers de New York, Neil Smith, avait été un précurseur en surprenant tout le monde en réclamant le Russe Alexei Kovalev au 15e rang l’année précédente. Il s’agissait d’un risque calculé, car Smith convoitait des joueurs russes depuis l’époque où il œuvrait pour l’organisation des Red Wings de Detroit.

Choix Joueur Pos Pays Équipe
1 Roman Hamrlik D TCH TBL
2 Alexei Yashin C RUS OTT
3 Mike Rathje D CAN SJS
4 Todd Warriner AG CAN QUE
5 Darius Kasparaitis D RUS NYI
6 Cory Stillman AG CAN CGY
7 Ryan Sittler AG CAN PHI
8 Brandon Convery C CAN TOR
9 Robert Petrovicky AD TCH HAR
10 Andrei Nazarov AG RUS SJS
11 David Cooper D CAN BUF
12 Sergei Krivokrasov AD RUS CHI
13 Joe Hulbig AG E-U EDM
14 Sergei Gonchar D RUS WSH
15 Jason Bowen D CAN PHI
16 Dmitri Kvartalnov AG RUS BOS
17 Sergei Bautin D RUS WPG
18 Jason Smith D CAN NJD
19 Martin Straka C TCH PIT
20 David Wilkie D E-U MTL
21 Libor Polasek C TCH VAN
22 Curtis Bowen AG CAN DET
23 Grant Marshall AD CAN TOR
24 Peter Ferraro C E-U NYR

« On était un peu en avance sur notre temps parce qu’on avait choisi Kovalev en 1991. Par contre, j’avais déjà brisé la glace à Detroit quand j’avais sélectionné [Sergei] Fedorov [en 1989], a déclaré Smith. Je repêchais des joueurs de l’Est avant même la disparition du Rideau de fer. Je savais qu’il ne durerait pas éternellement. »

Le Rideau est tombé et les conséquences se sont faites immédiatement sentir lors du repêchage de 1992 de la LNH.

Avec les deux premières sélections, les deux nouvelles franchises de la ligue, le Lightning de Tampa Bay et les Sénateurs d’Ottawa, ont lancé le bal en choisissant respectivement le défenseur tchèque Roman Hamrlik et le centre russe Alexei Yashin. Puis, tout le monde s’est emballé.

« Je crois que tout le monde a réalisé qu’on pouvait maintenant les choisir plus tôt que par le passé. Avant, personne ne savait à quoi s’attendre parce qu’ils étaient encore sous le régime communiste », a expliqué le directeur général des Sharks de San Jose de l’époque, Jack Ferreira. « Maintenant, ils étaient libres. Il y avait encore des incertitudes relatives aux attentes à conclure avec leurs équipes, mais ils étaient choisis beaucoup plus tôt. Et ils le méritaient, d’ailleurs. »

Au cours de la première ronde, 11 des 21 premiers joueurs choisis venaient de la Tchécoslovaquie et de la Russie. Neuf autres joueurs de l’Europe de l’Est ont été réclamés en deuxième ronde. À la fin du repêchage, 41 Russes et 20 Tchécoslovaques avaient été sélectionnés, deux nouveaux records. De plus, cinq autres joueurs originaires des anciennes républiques soviétiques de la Lettonie, du Belarus et de l’Ukraine ont été choisis.

Or, les spectateurs présents au Forum de Montréal n’étaient pas tous heureux des résultats.

« Environ aux deux tiers du premier tour, les amateurs ont commencé à huer les joueurs choisis parce que plusieurs d’entre eux étaient Européens et Russes », a raconté le directeur général des Jets à l’époque, Mike Smith. « Tout le monde prenait des Européens à ce repêchage et les amateurs ont réagi en huant. C’est comme si la Ligue réalisait soudainement qu’il y avait des joueurs en Europe capables de jouer ici. »

Mike Smith était le dirigeant d’une équipe de la LNH qui convoitait le plus les joueurs des pays du bloc de l’Est. Dès son premier repêchage à la tête des Jets en 1989, il s’est tourné vers l’Est pour mettre la main sur les Russes Evgeny Davydov et Sergei Kharin avec ses deux dernières sélections. En 1991, à l’aube des bouleversements qu’allait connaître l’Union soviétique, Smith en a surpris plus d’un en réclamant quatre joueurs russes. Puis, au fameux repêchage de 1992, alors que la plupart des formations sélectionnaient de deux à quatre joueurs issus des pays communistes, Smith a renversé le monde du hockey en réclamant pas moins de neuf Russes.

« On a peut-être exagéré un peu, mais on savait que la Russie allait s’ouvrir au monde. On a mis la main sur trois ou quatre Russes qui ont joué un rôle important avec nous à ce repêchage », a admis Mike Smith à LNH.com. « On a créé une petite controverse à l’époque, mais ça ne nous dérangeait pas. »

Du jour au lendemain, le visage de la Ligue nationale de hockey était métamorphosé. Or, comme n’importe quel autre jeune joueur, ces espoirs d’Europe de l’Est devaient s’adapter à leur nouvel environnement. Dans certains cas, l’apprentissage d’une nouvelle langue et d’une nouvelle culture ne faisait qu’ajouter à leurs problèmes.

« Celui qui nous a donné le plus de fil à retordre a été [Sandis] Ozolinsh », a révélé Ferreira, qui a repêché le défenseur au 30e rang en 1991. « Il conduisait comme [le pilote de course] A.J. Foyt. Il était incorrigible. Il se faisait toujours arrêter. Mais il était jeune et très talentueux. »

Les joueurs russes et tchécoslovaques repêchés en 1992 ont laissé leur marque dans la ligue. Parmi les 24 joueurs sélectionnés au premier tour, cinq ont participé au Match des Étoiles et ces cinq joueurs venaient d’Europe de l’Est. Trois autres joueurs issus des pays communistes réclamés plus tard dans ce repêchage ont également participé à cet événement, dont un certain gardien de but choisi au 204e rang par les Jets, Nikolai Khabibulin.

Toutefois, ce repêchage exceptionnel de 1992 n’annonçait pas nécessairement une tendance lourde pour les années à venir.

Ce fut particulièrement évident dès la séance de 1993, où un seul joueur d’Europe de l’Est a été choisi en première ronde (Viktor Kozlov, réclamé au 6e rang par San Jose). Des huit joueurs issus des pays de l’Est repêchés dans les deux premiers tours, six ont disputé moins de deux saisons complètes dans la LNH.

Si certaines équipes ont exagéré en 1992, comme le disait Mike Smith, elles l’ont fait à l’aveugle, car il n’y avait pas de dépisteurs professionnels installés dans cette région du globe. Après 1992, les organisations ont pris un peu de recul et elles ont commencé à mettre sur pied un système de dépistage local plus performant.

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« À cette époque, notre dépisteur européen était habituellement basé en Suède ou en Finlande. Il pouvait parfois utiliser ses contacts en Tchécoslovaquie et en URSS. Il n’y avait pas de dépisteurs à temps plein dans ce coin, a expliqué Mike Smith. Ce n’est qu’à la fin des années 1990 que les équipes ont embauché des dépisteurs à temps plein en Europe de l’Est. »

Sans véritable infrastructure de dépistage et avec la période prolongée de déclin économique dans la région, la vague de joueurs d’Europe de l’Est s’est vite estompée.

Chaque année après 1992 a vu le nombre de Russes réclamés au repêchage de la LNH diminuer. En 1997, 18 joueurs russes ont été sélectionnés pendant la séance. Les difficultés éprouvées par la Russie à la suite du démantèlement de l’Union soviétique se sont également fait sentir dans ses performances au hockey.

Après avoir remporté le Championnat mondial de hockey junior en 1992, la Russie a dû patienter six ans avant de goûter à nouveau aux joies de la victoire. Ce fut de loin la plus longue disette du pays dans l’histoire de ce tournoi.

Cependant, tout a changé en 1999, alors que la Russie est de nouveau montée sur la plus haute marche du podium aux Mondiaux juniors. C’était le début d’un règne de cinq années, au cours desquelles les Russes et les Tchèques allaient monopoliser l’or. Et c’était également le signe d’une évolution à l’intérieur de ces pays.

Après avoir vu son produit intérieur brut s’effondrer pendant presque toutes les années 1990, la Russie s’est relevée grâce à son importante croissance industrielle. À ce moment, les formations de la LNH disposaient toutes d’une solide structure de dépistage dans le pays et elles avaient conclu des ententes avec les équipes professionnelles d’Europe de l’Est.

« Au milieu des années 1990, il fallait acheter les joueurs aux équipes russes et on ne savait jamais vraiment quel serait le montant à verser, a ajouté Mike Smith. Avec tous les changements qu’ils ont vécus là-bas, il a fallu quelques années avant qu’on puisse établir une bonne structure pour les transferts. »

Si 1992 a marqué la première vague importante de jeunes espoirs provenant d’Europe de l’Est, 2000 en a été la renaissance. Cette année-là, 18 joueurs d’origine russe, tchèque ou slovaque ont été sélectionnés parmi les 44 premiers, comparativement à 19 en 1992. L’année suivante, Ilya Kovalchuk est devenu le premier Russe à être réclamé au premier rang et un nombre record de 84 joueurs russes, tchèques et slovaques ont été repêchés, ce qui représente 29 % de tous les joueurs sélectionnés.

Aujourd’hui, on trouve régulièrement des Russes, des Tchèques et des Slovaques au sommet de chaque repêchage de la LNH. Quand le monde a changé en 1992, le repêchage de la LNH a suivi le pas. Sa première ronde historique qui a transformé la ligue à jamais en est la preuve.

 

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