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La genèse de la carrière qui a mené Sundin au Panthéon de la renommée a commencé à Québec

vendredi 2012-11-09 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Dave Lozo - Journaliste LNH.com

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La genèse de la carrière qui a mené Sundin au Panthéon de la renommée a commencé à Québec

Quand on entend le nom de Mats Sundin, on s’imagine tout de suite le Suédois de 6 pieds 5 pouces, 230 livres avec le chandail bleu des Maple Leafs de Toronto qu’il a porté pendant 13 saisons.

Sundin a utilisé son amalgame unique de taille, de finesse, de force et d’habileté pour marquer 420 de ses 564 buts et amassé 987 de ses 1349 points à Toronto. Il a disputé 77 matchs éliminatoires avec les Leafs, mais il n’a jamais atteint la finale de la Coupe Stanley, lui qui sera officiellement admis au Panthéon de la renommée lundi à Toronto.

Il a pris sa retraite en 2009 après avoir joué une saison avec les Canucks de Vancouver. Il n’y a que 26 joueurs qui ont totalisé plus de points et seulement 20 qui ont marqué plus de buts que lui.

Mais les bases de cette illustre carrière ont été jetées à Québec, où Sundin y a disputé les quatre premières saisons de sa carrière – incluant sa plus prolifique en 1992-1993, quand il a marqué 47 buts et totalisé 114 points – après avoir été le premier choix du repêchage de la LNH en 1989 par les Nordiques.

C’est facile de dire 23 ans plus tard qu’un joueur avec les habiletés et le physique de Sundin était destiné au Panthéon de la renommée. Mais Robbie Ftorek, alors entraîneur-adjoint avec les Nordiques, a vu des choses qu’il lui permettait de croire qu’elles feraient la différence à long terme sur Sundin, l’être humain, et non pas sur Sundin, le joueur, alors que la recrue vivait des moments difficiles.

C’est survenu en novembre 1990.

Sundin se retrouvait au milieu d’une disette de 10 matchs sans but, une séquence au cours de laquelle les Nordiques présentaient une fiche de 0-9-1. Le Suédois n’avait amassé que deux assistances durant cette période et il affichait un différentiel de moins-14, lui qui allait d’ailleurs terminer la saison avec un différentiel de moins-24.

Le fils de Ftorek, Casey, qui n’avait pas encore sept ans à l’époque, a décidé par lui-même de sortir Sundin de sa disette.

« Mats connaissait vraiment une période difficile », a raconté Ftorek à LNH.com. « Mon fils était venu me visiter car il était en congé scolaire. Après un match, alors que nous nous dirigions vers la maison, j’ai demandé à Casey ce qu’il pensait de son ami car il allait patiner avec Mats le lendemain. Il m’a répondu : "Il ne marque pas de buts". Je lui ai alors dit : "C’est vrai. Tu devrais justement y parler car nous avons besoin qu’il marque des buts."

« Le lendemain matin, Casey et Mats s’échangeaient la rondelle. À un moment donné, j’ai vu Mats penché vers Casey et Casey la tête penchée vers l’arrière qui regardait Mats. Ils discutaient. Dans l’auto en direction de la maison, j’ai demandé à mon fils : "As-tu parlé à Mats?" Il m’a répondu : "Oh oui, je lui parlé." Je lui ai demandé : "Qu’est-ce qu’il t’a dit". "Mats m’a dit qu’il allait marquer un but pour moi ce soir". »

Sundin n’a pas seulement marqué un but pour Casey ce soir-là, il en a inscrit trois – le premier tour du chapeau de sa carrière dans la LNH.

Sundin n’avait pas oublié qui l’avait aidé à se sortir de sa disette.

« Après le match je suis descendu dans le bureau de l’entraîneur en chef et Casey est venu me rejoindre, a dit Ftorek. Je lui ai alors demandé s’il avait vu Mats? Il m’a répondu non et je lui ai dit de faire vite, s’il voulait le voir. Vous savez comment c’était à Québec, il y avait toujours plein de gens autour de lui. Casey est entré dans le vestiaire, s’est frayé un chemin à travers les journalistes jusqu’à Mats. Ce dernier l’a vu et a lancé : "Hey, Casey, viens ici, j’ai quelque chose pour toi." Et il lui a donné une rondelle. "C’est la rondelle de mon tour du chapeau et je te la donne".

« Il était un bon ami de mon fils Casey, qui était très, très jeune. »

Malgré les trois buts de Sundin, les Nordiques ont perdu 11-4 contre les Jets de Winnipeg, ce qui était habituel au cours des deux premières saisons du Suédois à Québec.

En 1990-1991, les Nordiques ont encore une fois terminés au dernier rang de la ligue, avant de finir en 21e et avant-dernière position la saison suivante, mais l’équipe s’améliorait lentement.

En 1990-1991, les Nordiques alignaient plusieurs jeunes joueurs très talentueux.

En plus de Sundin, les Nordiques pouvaient compter sur les services de Joe Sakic, âgé de 21 ans, qui sera lui aussi admis au Panthéon lundi, et Owen Nolan alors âgé de 18 ans, et qui marquera 422 buts au cours de sa carrière.

La saison suivante, le défenseur Adam Foote, âgé de 20 ans, fera ses débuts dans la LNH.

Mais le talent n’avait pas encore éclos et les victoires se faisaient rares et les Nordiques n’ont totalisé que 46 points, 11 de moins que l’équipe la plus proche, les Maple Leafs.

Soir après soir, Sundin, qui évoluait au sein des deux premiers trios, était confronté à des joueurs beaucoup plus expérimentés. Au sein d’une équipe aussi minable que les Nordiques au cours de ses deux premières saisons, on ne pouvait « cacher » Sundin sur la troisième ligne et lui permettre de se développer lentement, comme on le fait souvent avec des recrues de nos jours.

Aussi difficiles ont été ces deux premières saisons, elles ont été un élément important dans le développement de Sundin.

« Il n’y a aucun doute, a affirmé Ftorek. Il jouait sur la deuxième unité en avantage numérique, si ce n’était pas la première. Il jouait sur l’unité en désavantage numérique où il n’aurait fort probablement pas dû jouer. Il a appris toutes ces choses car les entraîneurs se sont aperçus qu’il avait les habiletés pour réaliser de grandes choses. Qu’est-ce qu’on aurait dû faire? Faire jouer un vétéran en fin de carrière ou avoir recours à un jeune qui représentait l’avenir de l’équipe et qui allait apprendre? Ce fut une grande expérience pour lui.

« Il a saisi sa chance et il a connu la carrière que l’on connaît. »

À sa première saison, Sundin a marqué 23 buts et amassé 36 assistances. La saison suivante, il a inscrit 33 buts et récolté 43 aides. Il est devenu un joueur d’élite en 1992-1993 à l’âge de 21 ans, en terminant au 11e rang des pointeurs avec un total de 114 points.

Cette année-là, les trois autres membres de la cuvée 2012 du Panthéon de la renommée, Adam Oates, Pavel Bure et Sakic, ont respectivement terminé aux 3e, 13e  et 17e rangs des pointeurs de la ligue.

À son unique présence en séries éliminatoires dans l’uniforme des Nordiques, Sundin a marqué trois buts et amassé une aide quand ils ont perdu en six matchs contre les Canadiens de Montréal dans la demi-finale de la section Adams.

C’était un exploit relativement impressionnant car les Canadiens n’ont subi que deux autres défaites dans les trois rondes suivantes en route vers la conquête de la Coupe Stanley.

Les Nordiques détenaient une avance de 2-0 quand les Canadiens ont remporté le troisième match 2-1 en prolongation à Montréal.

Sundin a marqué deux buts dans le cinquième match perdu 5-4 contre les Canadiens. Il réussissait ainsi, sans le savoir, son dernier but dans les séries éliminatoires dans l’uniforme des Nordiques, puisque ces derniers ont raté de peu leur qualification quand le Suédois a disputé sa dernière saison avec eux.

« Mats a continué de s’améliorer en faisant du travail supplémentaire, en regardant des vidéos et en étudiant encore plus le jeu, a dit Ftorek. On pouvait voir qu’il allait devenir un joueur étoile. Il avait tous les atouts. Il était fort, il savait comment utiliser son physique pour contrer ceux qui voulaient lui enlever la rondelle. Il travaillait fort à tous les jours et il voulait toujours s’améliorer. Ce fut un plaisir de le côtoyer. »

À la fin de la saison 1993-1994, les Nordiques ont décidé qu’ils avaient besoin de devenir une équipe plus robuste.

Le directeur général des Maple Leafs de l’époque, Cliff Fletcher, a dévoilé que les Nordiques s’étaient informés de la disponibilité de Wendel Clark, le visage incontesté de la franchise torontoise depuis 1985 qui venait de connaître la meilleure campagne de sa carrière avec 46 buts dans l’uniforme des Maple Leafs.

L’échange a été conclu le 28 juin 1994, le matin du repêchage. Les Maple Leafs obtenaient les services de Sundin, Garth Butcher, Todd Warriner et d’un choix de première ronde de 1994 qui allait être Nolan Baumgartner en retour de Clark, Sylvain Lefebvre, Landon Wilson et un choix de première ronde qui allait être Jeff Kealty.

« Je ne me souviens pas de tous les détails de l’échange », a indiqué, Fletcher à LNH.com. « Mais Québec s’était informé de la disponibilité de Wendel et si je me souviens bien, j’avais répondu : " Si vous êtes intéressés d’acquérir Wendel, je veux Mats Sundin." Les discussions ont commencé et elles se sont déroulées pendant quelques mois. »

Quand l’échange a été conclu, la LNH ne comptait que 26 équipes et les Maple Leafs et les Nordiques évoluaient dans des associations différentes, mais Sundin était tellement un joueur de grande qualité à Québec que Fletcher l’avait remarqué.

Les habiletés et le talent de Sundin n’ont pas été les seules qualités qui avaient retenu l’attention de Fletcher – ce dernier avait noté l’endurance du Suédois au cours de ses quatre premières saisons.

« On ne pouvait s’empêcher de le remarquer, a rappelé Fletcher. Nous avions un grand intérêt pour lui. Il mesurait 6 pieds 5 pouces et s’il pesait 230 livres à la fin de sa carrière, à cette époque, il en pesait 215. Il était gros, fort et quand on a commencé à discuter de l’échange, on s’est aperçu qu’il n’avait pas manqué un match à ses quatre premières saisons à Québec. Sans oublier que sa production avait été fantastique.

« Comme plusieurs autres grands joueurs, Mats a été constant tout au long de sa carrière. Il a été un joueur de qualité pendant toutes ces années. C’est le genre de joueurs que tous les entraîneurs rêvent de diriger. »

Le rêve s’est concrétisé à Toronto, mais le tout a vraiment commencé à Québec.

Suivez Dave Lozo sur Twitter: @DaveLozo

 

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