Bienvenue |Compte|Déconnecter 
NOUVEAUTÉ! SE CONNECTER AVEC VOTRE PROFIL DES MÉDIAS SOCIAUX
OU
Nom d’utilisateur ou courrielMot de passe
 

Bure a su surmonter les blessures pour faire la preuve de ses exceptionnels talents

mercredi 2012-11-07 / 12:50 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

Partagez avec vos amis


Bure a su surmonter les blessures pour faire la preuve de ses exceptionnels talents

Le coup de patin et les talents de marqueur de Pavel Bure l’ont séparé de la masse dès sa première saison dans la LNH. Et ça s’est continué.

Avant même son arrivée en Amérique du Nord en 1991, Bure avait déjà gagné des médailles d’or pour la Russie au Championnat du monde de hockey junior en 1989 puis au Championnat du monde l’année suivante, et il avait déjà disputé trois saisons professionnelles avec le Club de l’Armée rouge, marquant 35 buts à l’âge de 19 ans.

« J’ai été élu meilleur attaquant aux Mondiaux juniors et des participants avaient déjà joué, et bien paru, dans la LNH », a rappelé Bure à LNH.com à partir de Moscou. « Je me suis dit que puisque je pouvais marquer plus de buts que ces gars-là, je devrais être correct. »

Juste correct?

Bure n’a eu besoin que d’une seule saison pour prouver qu’il était bien meilleur que ça. Il a gagné le trophée Calder en 1992 après avoir amassé 60 points en 65 rencontres.

N’eut été de blessures au genou qui l’ont forcé à prendre une retraite hâtive, la superstar russe aurait pu compiler des statistiques dignes du statut de légende.

Les circonstances ont fait qu’il n’en aura pas eu besoin et Bure passera à l’histoire lundi soir.

Sept ans après avoir annoncé sa retraite à l’âge de 34 ans, Bure, trois fois meilleur buteur de la LNH, connaîtra son jour de gloire à Toronto lorsqu’il sera intronisé au Temple de la renommée lundi en même temps que Joe Sakic, Mats Sundin et Adam Oates, mettant ainsi fin à une vieille controverse quant à savoir s’il méritait ou non d’accéder au Panthéon.

Pour plusieurs, son intronisation n’était qu’une question de temps après avoir marqué 437 buts et totalisé 779 points en seulement 702 matchs dans la LNH.

« Pavel a vendu le sport grâce à ses seuls talents », affirme Mike Keenan, qui l’a dirigé à Vancouver puis en Floride. « On venait à l’aréna juste pour lui. J’ai dirigé plusieurs grands joueurs et Pavel était le favori de ma femme. Elle avait l’habitude de dire qu’elle devait se lever chaque fois qu’il avait la rondelle et je lui disais qu’elle n’était pas la seule. Il aurait facilement atteint le total de 600 buts. »

Bure en a marqué 254 en sept saisons avec les Canucks, atteignant la marque de 60 en 1992-93 et 1993-94. A sa dernière saison à Vancouver, en 1997-98, il en a réussi 51 après deux campagnes ruinées par les blessures.

Il a vite hérité du surnom de « Rocket russe. »

« Il y avait des patineurs plus fluides, mais Pavel avait cette explosion qui le rendait si rapide », se souvient l’ancien capitaine des Canucks Trevor Linden. « C’était presque comme s’il volait, c’était incroyable. Des joueurs sont vites et d’autres sont explosifs. Pavel avait les deux qualités. »

« Pavel pouvait changer l’allure d’un match », se rappelle quant à lui le gardien Kay Whitmore. « Il marquait de gros buts. »

Ses disputes contractuelles avec la direction des Canucks, incluant les directeurs généraux Pat Quinn et Brian Burke, étaient aussi célèbres.

Tout a commencé au printemps 1994 quand des rumeurs indiquaient que Bure n’allaient pas jouer dans les séries éliminatoires s’il n’obtenait pas un nouveau contrat. En fait, il a disputé tous les matchs et obtenu un contrat de cinq ans après la finale de la Coupe Stanley.

Il a fait une grève après le lock-out de la saison 1994-95 lorsque son agent a prétendu qu’il devait recevoir son plein salaire en dépit de l’arrêt de travail.

Et finalement, il a refusé d’honorer la dernière année de son contrat en 1998-99, tenant son bout jusqu’à ce que Burke l’échange aux Panthers le 17 janvier.

« Je n’ai aucun regret parce que j’ai tout fait bien, affirme Bure. Je sais que je n’ai rien fait de mal. Eux (les dirigeants des Canucks) ont mal agi et c’était leur problème. »

Bure insiste aujourd’hui pour dire que les bons moments qu’il a connu à Vancouver surpasse de loin les mauvais. Il va même jusqu’à parler de Quinn comme d’une « figure paternelle » pour lui durant son séjour avec les Canucks.

« J’ai vécu de merveilleux moments là-bas, dit-il. C’est avec les Canucks que j’ai disputé mon premier match et marqué mon premier but dans la LNH, et j’ai passé sept ans à Vancouver. Ce sont de très beaux souvenirs aujourd’hui. Nous avons atteint la finale de la Coupe Stanley (en 1994) et j’ai rencontré plusieurs bonnes personnes. J’ai eu des différends avec la direction mais je n’ai que de bons souvenirs des partisans et des gars avec qui j’ai joué. »

Whitmore, qui a joué avec lui de 1992 à 1995, assure que Bure n’a jamais traîné ses problèmes de négociations dans le vestiaire ou sur la glace.

« C’était un bon coéquipier, dit-il. Il ne socialisait pas toujours beaucoup mais il n’a jamais été un sujet de distraction. Tous les gars l’aimaient. »

Et tous s’émerveillaient de son talent parce qu’il était incontestablement le meilleur joueur de l’histoire des Canucks quand il a quitté Vancouver.

« Il représente beaucoup dans l’histoire des Canucks, estime Linden. Il était le plus dynamique. Quand il était à son mieux, il donnait l’impression de pouvoir marquer à volonté. Il a été incroyable pendant ses deux saisons consécutives de 60 buts. Ca lui semblait si facile par moments. »

Pour Keenan, la seule raison que ses Rangers ont pu contenir Bure juste ce qu’il fallait lors de la finale de 1994 a été la présence de Brian Leetch. Bure n’en a pas moins amassé huit points (3-5) en sept matchs même en ratant presque tout le troisième après avoir été expulsé en raison d’un coup trop élevé à l’endroit de Jay Wells.

« Il n’y avait pas beaucoup de stratégie, confesse Keenan. On savait qu’il était une menace à chaque présence et on a simplement ajusté notre plan de match chaque fois qu’il sautait sur la patinoire. »

Les Flames de Calgary, les Stars de Dallas et les Maple Leafs de Toronto n’avaient pas de Leetch et n’ont donc pu contenir Bure, qui leur a infligé 13 buts et 23 points en route vers la finale.

Son but le plus mémorable, et un des plus mémorables de l’histoire des Canucks, est celui qu’il a réussi en deuxième prolongation du septième match de la première ronde à Calgary. Il a alors battu Mike Vernon en échappée, répétant les mêmes gestes qui n’avaient pas donné de résultat plus tôt dans la rencontre.

« On oublie plusieurs choses avant la finale, raconte Whitmore, comment il s’est moqué des Stars (six buts et huit points en cinq matchs), et j’imagine que Félix Potvin (le gardien des Leafs) fait encore des cauchemars tellement Pavel l’a ridiculisé (quatre buts et sept points en cinq matchs). Arrivé en finale, il a fallu des pur-sang pour le ralentir. »

Bure a commencé à éprouver des difficultés avec ses genoux tôt en 1995-96 quand sa saison a pris fin le 9 novembre après une grave blessure aux ligaments croisés antérieurs du genou droit.

Il a été affaibli par une blessure au cou la saison suivante mais est revenu avec une campagne de 51 buts en 1997-98. Il a malheureusement subi une autre blessure au genou droit peu après son arrivée en Floride, qui l’a forcé à s’absenter pendant trois semaines, puis il a eu besoin d’une autre opération qui l’a empêché de compléter la saison.

« À ce moment, c’était juste une autre opération, mais je devais la surmonter, rappelle Bure. Je devais faire tout mon possible pour revenir au jeu le plus vite possible et on allait voir ce qui allait se passer. »

Ce qui s’est passé c’est que Bure a gagné le trophée Maurice Richard en 1999-2000 et 2000-2001 avec un total de 117 buts.

« Je ne m’étais pas attendu à marquer autant de buts dans les circonstances, convient Bure.

Impressionnant? Oui, j’imagine. »

Ce furent ses derniers vrais moments de gloire.

Bure a été échangé aux Rangers le 18 mars 2002, victime des restrictions budgétaires en Floride. Il en était à la troisième année d’un contrat de cinq ans devant lui rapporter 47,5 millions $ et les Panthers étaient une des pires équipes dans la ligue.

« On ne peut remplacer un joueur semblable », soutient Keenan, qui était l’entraîneur des Panthers à l’époque. « Je me souviens que lorsque les propriétaires m’ont dit qu’il fallait échanger Pavel, j’ai répondu quelque chose comme “Quoi? Échanger Pavel? C’est notre meilleur joueur.” Le proprio m’a dit que c’était pour des raisons économiques et je me suis dit “Oh mon Dieu.” C’était notre pièce maîtresse. On ne peut pas remplacer un gars comme ça. C’est impossible. »

Bure était fou de joie de s’en aller à New York, comparant la popularité et l’histoire des Rangers à celles de l’Armée rouge.

Mais ça n’a pas fonctionné pour lui dans la Big Apple.

Il a subi une autre blessure au genou durant un match préparatoire à la saison 2002-03 et il a plus tard dû subir une autre opération qui lui a fait rater toute la saison 2003-04 et mis fin à sa carrière.

« Je me suis blessé au genou à une couple de reprises avec les Rangers, j’ai subi une couple de petites interventions chirurgicales et on m’a plus ou moins dit que je n’avais plus de ligaments, explique Bure. Si je subissais une autre opération, il y avait 20 pour cent de chance d’améliorer mon cas, 30 pour cent de rester au même point et 50 pour cent d’aggraver ma situation. J’adore le hockey mais il y avait une vie après. Je ne voulais pas la passer dans un fauteuil roulant, je voulais être capable de marcher. »

Bure va marcher jusque sur l’estrade lundi soir pour livrer son discours d’acceptation.

« Je pense que ce qu’il faut faire avec les joueurs qui ont dû abréger leur carrière en raison de blessures, c’est de considérer ce qu’ils auraient été en mesure d’accomplir s’ils étaient restés en santé, estime Linden. Pavel a été un de ces joueurs qui avait tout ce qu’il faut pour accéder au Temple. Ca carrière s’est terminée rapidement, mais on se rappelle de lui comme d’un joueur au Temple de la Renommée. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter à: @drosennhl

 

La LNH sur Facebook