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La carrière légendaire de Sakic se définit par sa constance et sa discrétion

samedi 2012-11-03 / 9:56 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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La carrière légendaire de Sakic se définit par sa constance et sa discrétion

C’est par un soir d’automne à Hartford, lors de l’inauguration de la 72e saison de la Ligue nationale de hockey, que Joe Sakic a enfin réalisé son rêve.

Avec des papillons dans l’estomac, Sakic, le joueur de centre recrue des Nordiques de Québec au tir des poignets redoutable, a enfilé son équipement dans le petit vestiaire des visiteurs du Civic Center de Hartford avant de sauter sur la glace pour la période d’échauffement.

Il est ensuite retourné au vestiaire pour attendre nerveusement le début de la rencontre. Pendant ce qui lui a paru être une éternité, la glace a été nettoyée et les partisans ont pris place sans se douter qu’ils allaient assister à la naissance de la carrière d’un futur membre du Temple de la renommée.

« Évidemment, j’aime gagner des championnats, mais je n’oublierai jamais mon premier match en carrière », a raconté Sakic à LNH.com à propos de cette soirée du 6 octobre 1988. « J’étais tellement nerveux avant la partie et pendant la période d’échauffement. Ce n’est que pendant ma première présence que j’ai réalisé que j’avais enfin réussi. »

Sakic a obtenu une mention d’aide sur le but d’Anton Stastny en première période, le premier de ses 1641 points dans la LNH. Québec a gagné 5-2, la première des 749 victoires remportées en saison régulière par les équipes de Sakic au cours de sa carrière de 20 campagnes dans la LNH.

Il a remporté la Coupe Stanley à deux reprises, chaque fois avec l’Avalanche du Colorado, en 1996 et en 2001.

Il a mis la main sur le trophée Hart, le trophée Conn-Smythe, le trophée Lady-Byng et le trophée Lester-B.-Pearson.

Il a disputé 1378 parties en saison régulière et 172 autres pendant les séries éliminatoires.

Il a pris part à 13 Matchs des Étoiles.

Il a participé à trois Jeux olympiques et il a remporté l’or pour le Canada en 2002.

Or, lorsqu’on lui demande quel est son plus beau souvenir, Sakic pense immédiatement à sa première partie à Hartford, là où il a amorcé son parcours vers le Temple de la renommée.

Sakic sera intronisé au Panthéon du hockey le 12 novembre en compagnie de ses collègues de la promotion 2012, soit Adam Oates, Pavel Bure et Mats Sundin. Sakic est le seul d’entre eux à avoir accumulé plus de 1600 points et à avoir gagné la Coupe Stanley.

« Je l’admire et le respecte énormément », a révélé Steve Yzerman, un autre membre du Temple de la renommée, à LNH.com. « J’ai appris à le connaître tout au long de sa carrière. J’ai joué avec lui à la Coupe du monde et aux Olympiques et je l’aimais beaucoup. C’était agréable d’être avec lui et j’ai toujours admiré sa façon de jouer. Je l’enviais même. »

Respect et admiration. Voilà deux mots qui ont suivi Sakic tout au long de sa carrière.

Il a été un capitaine exemplaire dans la LNH, responsabilité qu’il a assumée pendant 17 ans. Selon Joel Quenneville, Bob Hartley et Tony Granato, qui ont tous les trois dirigé Sakic à différentes périodes de sa carrière, c’était aussi un excellent élève.

« Rien n’était spectaculaire chez lui, mais il était constamment excellent », a déclaré Joel Quenneville à LNH.com. « Il était discret, silencieux, extrêmement bien préparé et souriant. On n’avait pas besoin de s’occuper de lui et il était prêt à tout pour l’équipe. Il n’avait pas besoin d’attention ou de compliments. C’était un professionnel et un leader exemplaire. »

Après avoir passé les sept premières saisons de sa carrière à Québec, Sakic se souvient encore du moment où il a reçu cet appel qui allait changer sa vie. C’était à l’été 1995. L’ancien président des Nordiques, Marcel Aubut, et l’ancien directeur général de la formation québécoise et actuel président de l’Avalanche, Pierre Lacroix, l’ont tour à tour contacté pour lui annoncer que les Nordiques déménageaient à Denver.

« Ç’a été difficile, a admis Sakic. J’ai joué [à Québec] pendant sept merveilleuses années. C’était une excellente ville de hockey et on avait enfin une équipe compétitive. C’est toujours un choc quand on apprend qu’on va déménager, mais à notre arrivée [à Denver], on a réalisé que c’était une ville superbe aussi. En tant qu’équipe, on voulait se ressaisir. L’enthousiasme de notre nouvelle ville et l’excitation provoquée par l’approche d’une nouvelle saison se faisaient sentir. »

Et cet enthousiasme a atteint son apogée moins d’un an plus tard lorsque l’Avalanche a remporté sa première Coupe Stanley en balayant les Panthers de la Floride en quatre parties.

Sakic a reçu le trophée Conn-Smythe grâce à une récolte de 18 buts et 34 points, un sommet dans la ligue, en 22 parties éliminatoires. Il couronnait ainsi une campagne de 120 points, lui ayant valu le troisième rang des compteurs du circuit, en 82 matchs.

« Tout d’abord, c’est difficile d’expliquer ce qu’on ressent quand on soulève la Coupe, a déclaré Sakic. C’est excitant, mais pour moi, c’était aussi un soulagement. J’y étais enfin parvenu. »

Quenneville, qui était alors entraîneur adjoint avec l’Avalanche, se souvient de la réaction de Sakic après cette victoire qui lui avait permis de mettre la main sur la convoitée Coupe Stanley.

« Il était très satisfait. Il était fier et excité, s’est remémoré Quenneville. C’était comme s’il était surtout heureux pour ses coéquipiers. Joe n’était pas très expressif. Il souriait et on savait qu’il était comblé et heureux. Il n’était pas exubérant comme d’autres. C’est Joe. C’est un type très calme. »

Sakic était toujours aussi calme lorsqu’il a de nouveau accepté la Coupe Stanley des mains du commissaire de la LNH Gary Bettman cinq ans plus tard. Cependant, cette fois-là, il l’a rapidement remise au légendaire Raymond Bourque, qui remportait le trophée pour la première et dernière fois de son illustre carrière qui l’a directement conduit au Temple de la renommée.

Patrick Roy a remporté le trophée Conn-Smythe, mais Sakic a aidé l’Avalanche à mettre la main sur le trophée des Présidents grâce à une récolte de 54 buts et 118 points en saison régulière, ce qui lui a valu le trophée Hart.

« Avec l’équipe que nous avions, absolument », a répondu Sakic lorsqu’on lui a demandé si l’Avalanche pouvait gagner de nouveau la Coupe après 1996. « Nous étions encore jeunes, alors oui, absolument. Quand on gagne la Coupe Stanley, on pense pouvoir la gagner à nouveau la saison suivante, mais ça n’a pas été possible. Il a fallu attendre cinq ans. On avait vraiment une bonne équipe à l’époque. »

Mais le Colorado a failli perdre Sakic en 1997. Les Rangers de New York lui avaient alors soumis une généreuse offre hostile pour un contrat de trois ans d’une valeur de 21 millions $.

« J’ai reçu un appel de mon agent qui m’a présenté l’offre. Il m’a demandé si je l’acceptais, a raconté Sakic. Je n’y ai pas réfléchi longtemps. Cette entente me réjouissait. »

Sakic ne pouvait pas perdre.

« D’un côté, j’avais la chance d’aller jouer à New York avec mon idole d’enfance, Wayne Gretzky, a-t-il ajouté. De l’autre, si le Colorado égalait l’offre, ce qu’ils ont fait, je me retrouvais dans d’excellentes conditions. Peu importe la décision, j’en ressortais gagnant. »

Avec le recul, Sakic admet qu’il valait mieux pour lui et sa famille que le Colorado égale l’offre. Après tout, il demeure toujours à Denver et il travaille encore au sein de l’organisation à titre de conseiller exécutif et de gouverneur suppléant.

Personne, pas même durant cette courte période où il est presque devenu un Ranger, n’a douté des qualités de leader de Sakic.

Il a été nommé capitaine des Nordiques en 1992 et il a conservé le «C» sur son chandail après le déménagement à Denver jusqu’à sa retraite après la campagne 2008-09.

« Quand on utilise le mot “capitaine”, on pense à toutes les responsabilités que ça implique et son nom est le premier qui me vient à l’esprit », a expliqué Granato à LNH.com. Granato a joué avec et contre Sakic en plus de le diriger. « C’est quelqu’un qui a beaucoup de classe. C’est un homme de famille, un coéquipier exemplaire, bref, il possède toutes les qualités. C’est le capitaine idéal.

« Habituellement, on trouve toujours le moyen de détester l’adversaire, mais c’est extrêmement difficile de ne pas aimer Joe. »

Hartley, l’entraîneur du Colorado en 2001, a admis à LNH.com que Sakic était « de loin le meilleur joueur » qu’il ait eu l’occasion de diriger. Or, ce n’est pas seulement en raison de ses performances sur la glace.

« Je pourrais vous parler de Joe Sakic pendant une semaine, a avoué Hartley. Il était simplement extraordinaire, tant sur la glace, que dans la communauté et dans le vestiaire. Une équipe formée de 20 Joe Sakic n’aurait pas besoin d’entraîneurs. C’était un plaisir de le diriger, c’est tout. »

Les anciens entraîneurs de Sakic ont surtout apprécié son éthique de travail.

« Je regardais le vidéo d’une partie quand il est entré dans mon bureau. Il m’a demandé de reculer à la 12e minute de la deuxième période pour me montrer qu’il avait perdu son joueur, a raconté Hartley. Très peu de joueurs viennent dans le bureau de l’entraîneur. Lui, il venait et il voulait revoir une présence précise. Il comprenait toujours exactement ce qui se passait. C’était un joueur dominant, mais il cherchait toujours des façons de s’améliorer. »

Son intensité à l’entraînement est devenue légendaire.

« Je sautais sur la glace 15 minutes avant le début de l’entraînement et Joe était déjà là avec un seau de rondelles pour pratiquer son lancer des poignets, a révélé Hartley. On finissait l’entraînement et lui continuait à pratiquer son lancer des poignets et à faire d’autres exercices. C’était un excellent élève en plus d’être un exemple pour beaucoup d’autres joueurs de la ligue. »

Granato a admis que Sakic n’aimait pas beaucoup les entraînements matinaux, mais il travaillait tout de même plus fort que la plupart de ses coéquipiers.

« Tous les jours, il faisait sa routine et ses exercices dans la salle de musculation jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite », a affirmé Granato.

Et même la blessure au dos qui allait éventuellement le contraindre à accrocher ses patins ne pouvait pas empêcher Sakic de se préparer pour une partie.

Toutefois, après 15 matchs pendant la saison 2008-09, une hernie discale est venue mettre un terme à sa brillante carrière.

« J’ai travaillé fort pour revenir au jeu, mais j’ai dû subir une intervention chirurgicale au dos et j’ai perdu toute ma force dans ma jambe gauche. Je ne l’ai jamais toute récupérée d’ailleurs, a expliqué Sakic. J’aurais aimé pouvoir jouer quelques autres parties, mais quand j’ai remarqué que je ne retrouvais pas toute ma force dans ma jambe, je savais que je ne reviendrais pas. Je voulais revenir au jeu seulement si je pouvais continuer à jouer comme avant.

« C’est tout de même une chance que cette blessure survienne à la fin de ma carrière et non pas en plein milieu. »

Sakic a annoncé sa retraite le 9 juillet 2009, deux jours après avoir célébré ses 40 ans et 7582 jours après avoir réalisé son rêve d’enfance à Hartford.

« Je n’oublierai jamais ma première partie. J’y rêvais depuis que j’étais tout petit, a conclu Sakic. Évidemment, en 20 ans de carrière, on accumule d’autres beaux souvenirs, mais on se rend compte qu’on a réussi quand on réalise son rêve. »

Prochaine étape… le Temple de la renommée.

Suivez Dan Rosen sur Twitter : @drosennhl

 

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