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Touchette : Les derniers gladiateurs

mercredi 2012-10-24 / 11:11 / LNH.com - Nouvelles

Par Serge Touchette - Chroniqueur LNH.com

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Touchette : Les derniers gladiateurs

C'était soir de première, lundi, à Montréal pour le documentaire « The last Gladiators » ( ou Les derniers gladiateurs, si vous préférez), documentaire qui porte un regard sur la carrière de Chris Nilan, l'ex-homme fort du Canadien, dont le rôle consistait à protéger ses coéquipiers à n'importe quel prix.

Ce documentaire signé Alex Gibney raconte l'univers sombre et tordu des joueurs, qui semaient la terreur dans la LNH. Dans le sport professionnel, il n'y avait sûrement pas pire job que celui-là.

Nilan était surnommé « Knuckles » et ce n'est pas, vous l'aurez deviné, parce qu'il avait les jointures d'un pianiste. Il était parmi les meilleurs bagarreurs de la LNH.

Comme bien d'autres, il a payé le prix fort: multiples maux et blessures, dépendance à la drogue, sans compter les effets pervers de son curieux métier sur son entourage immédiat.

Nilan, certes, n'est pas le premier matamore à raconter son histoire, mais c'est à force d'entendre des histoires comme la sienne que les mentalités finissent parfois par changer ou, à tout le moins, par provoquer de profondes réflexions dans les cercles du hockey.

Et la mentalité du matamore dans la LNH, faut bien le dire, en est une engagée sur la voie d'évitement depuis déjà quelques années. Tant mieux.

Quand je pense à Nilan, je pense aussi à John Ferguson, à Dave Schultz et à combien d'autres hommes forts, qui, pendant nombre d'années, ont gagné leur vie au bout de leurs poings endoloris, quitte à hypothéquer sérieusement leur santé à court ou moyen terme.

Je ne m'en cache pas: j'étais de ceux qui se levaient d'un seul trait lorsqu'une bagarre éclatait sur la patinoire.

Aujourd'hui, je me lève encore, mais je me garde une petite gêne.

Un jour, qui sait, je ne me lèverai plus du tout.

Ce jour-là, si jamais il se pointe, je serai le premier à m'applaudir. Et bien fort.

Une réaction propre à l'époque

Je me souviens encore de ces soirées où Ferguson démolissait un rival sur la glace du Forum ou celle du Madison Square Garden, peu importe.

Au Forum, nous étions au moins 12,000 à cogner à tour de bras avec Fergie ... Quand j'y repense, je ne suis pas tellement fier, mais c'était là une réaction propre à une époque, qui encourageait joyeusement ce genre d'affrontement.

A Philadelphie, par exemple, un Dave Schultz était aussi populaire sinon plus qu'un Bobby Clarke ou un Bernard Parent.

Imaginez: dans ce temps-là, chaque équipe ou presque comptait sur un policier ou deux chargés de protéger ses coéquipiers et d'intimider l'adversaire.

Heureusement, les temps changent. A mes yeux, il y aura toujours trop de bagarres mais, qu'on le veuille ou non, la tendance est à la baisse.

Si le hockey ne fera jamais dans la dentelle, les durs à cuir chargés principalement de démantibuler un rival n'ont plus leur place.

La petite histoire de Chris Nilan est là pour nous rappeler qu'il ne faudrait surtout pas que le comportement fier-à-bras redevienne à la mode.

« Plante-le ! »

Cela dit, certaines mentalités ont la couenne plus dure que d'autres.

Un exemple: L'autre jour, j'assistais à un match de hockey mineur. Le jeu était parfois rude et les arbitres, visiblement, avaient la mèche courte.

A un moment donné, un jeune a appliqué une solide, mais légale mise en échec à l'endroit d'un attaquant un peu trop fringuant, qui s'est retrouvé les quatre fers en l'air dans le coin de la patinoire.

Quand l'attaquant, un peu sonné, s'est relevé, un spectateur lui a crié bien fort: « Plante-le ! ».

Le jeune, sagement et après avoir jeté un regard rapide vers l'estrade, a choisi de retourner au banc.

Oui, les mentalités changent. Lentement, mais elles changent.

Mais vous savez quoi ? Il faudrait aussi qu'elles changent dans les gradins.

 

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