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Muller doit son ascension en tant qu’entraîneur à la responsabilité

mercredi 2012-10-24 / 10:57 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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Muller doit son ascension en tant qu’entraîneur à la responsabilité

Pour bien comprendre l’entraîneur des Hurricanes de la Caroline Kirk Muller, il suffit de connaître un seul mot :

Responsabilité.

* C’est ce que le directeur général de la Caroline Jim Rutherford a remarqué chez son équipe la saison dernière après l’arrivée de Muller, qui a compilé un dossier de 25-20-12 avec les Hurricanes et de 20-12-10 après le 1er janvier.

* C’est le terme que le directeur général du New Jersey Lou Lamoriello a employé pour décrire la plus grande qualité de Muller, et ce, autant comme joueur que d’après ce qu’il a vu de lui comme entraîneur.

* C’est ainsi que l’ancien défenseur des Devils Ken Daneyko a décrit le règne de Muller en tant que capitaine du New Jersey de 1987 à 1991.

* C’est en partie la raison pour laquelle l’ancien entraîneur-chef des Canadiens Guy Carbonneau l’a embauché pour l’assister derrière le banc montréalais, où il est resté pendant cinq saisons.

* C’est exactement ce que le directeur général adjoint de Nashville Paul Fenton a constaté lors du bref passage de 16 parties de Muller à la barre du club-école des Predators dans la Ligue américaine de hockey, les Admirals de Milwaukee.

« Je dis toujours à mes joueurs qu’ils doivent réaliser qu’ils n’excelleront pas tous les soirs, mais je m’attends à ce qu’ils travaillent fort à chaque partie et à ce qu’ils forment une équipe qui donnera du fil à retordre à l’adversaire », a expliqué Muller à LNH.com. « Ce n’est rien de très compliqué. »

Peut-être, mais le respect du sens véritable de ce mot de 14 lettres, responsabilité, a permis à Muller de connaître une carrière de 19 saisons dans la LNH en tant que joueur, de diriger une équipe universitaire canadienne pendant une année, de passer cinq campagnes en tant qu’entraîneur adjoint chez les Canadiens de Montréal et d’assumer le poste d’entraîneur-chef dans la Ligue américaine pendant quelques parties.

Maintenant âgé de 46 ans, il est de retour dans la LNH et il est l’un des entraîneurs les plus prometteurs du circuit. Il n’aurait jamais imaginé aboutir là.

La naissance de Muller, l’entraîneur

Muller a toujours été un coéquipier responsable, mais il rigolait quand Jacques Demers lui disait qu’un jour, il dirigerait une formation de la LNH.

« Je lui disais que je ne serais jamais un entraîneur et il me répondait : “Oh oui, tu vas l’être”, a révélé Muller. Je n’ai jamais cru que je deviendrais entraîneur après ma carrière de joueur. Peu importe ce qu’on me disait, je ne croyais pas que c’était pour moi. »

Alors, comment est-il devenu entraîneur?

On en revient encore à cette notion de responsabilité qui a guidé la carrière de Muller.

Après avoir accroché ses patins en 2003, Muller s’est fait conseiller par Bob Gainey, le DG des Stars de Dallas à l’époque, de prendre une année sabbatique pour réfléchir à sa nouvelle carrière. Muller est retourné chez lui à Kingston, en Ontario, pour se détendre et pour commencer à planifier sa deuxième carrière.

Cependant, il a reçu un appel de l’Université Queens de Kingston. Elle avait besoin de quelqu’un de connu et de respecté dans la communauté pour remettre son programme de hockey sur les rails.

Muller n’a pas seulement accepté ce nouveau poste, il s’y est investi corps et âme.

« Je me suis dit que ça serait un beau défi », a révélé Muller, marié et père de quatre filles. « Ça m’a forcé à travailler. Il faut accumuler plusieurs fonctions au hockey universitaire canadien. J’ai vraiment dû trouver la motivation nécessaire pour découvrir si c’était quelque chose qui m’intéressait. J’ai adoré passer des journées entières à l’aréna et j’ai réalisé que c’était ce que je voulais faire. »

Muller est tout de même allé en discuter avec Lamoriello, l’ancien entraîneur et directeur athlétique du Providence College, juste pour être certain de sa décision.

Lamoriello a subtilement laissé entendre à LNH.com qu’il avait toujours cru que Muller pourrait devenir entraîneur s’il le voulait. Sa conversation avec Muller en 2006 est venue renforcer cette opinion.

« Lorsqu’il a décidé de diriger une équipe universitaire, avec tout ce que cela implique au niveau du recrutement et de l’enseignement, on est resté en contact et j’ai vite constaté qu’il adorait ça. J’avais la même opinion de Kirk à ce moment qu’aujourd’hui, a déclaré Lamoriello. Il a dû bâtir le programme. Il devait tout faire et c’est exactement ce qu’il voulait. C’est pour ça que je le respecte autant. Il était prêt à relancer ce programme, il aimait ça et il a accompli de l’excellent travail. Je le sais parce que je l’ai suivi de près. Il a fait les horaires et tout ce qu’il devait faire. »

« Il était responsable. »

Tout comme lorsqu’il était joueur, d’abord en tant que jeune capitaine du New Jersey, une formation solidaire et en plein essor, puis en tant que champion de la Coupe Stanley à Montréal. Quand on a demandé à Muller d’abandonner son style offensif pour devenir un attaquant défensif, il a fait cette transition avec brio et il a failli remporter une autre Coupe Stanley à Dallas en 2000.

« Tous les capitaines dans cette ligue, et Kirk a été capitaine à un très jeune âge, sont des joueurs compétitifs et acharnés et cette attitude influence les autres joueurs », a expliqué Daneyko à LNH.com. « Ce sont ces qualités qui, une fois additionnées, entraînent la responsabilité. J’ai joué avec lui, alors je sais qu’il était responsable parce que c’est ce qu’il voulait. Il voulait assumer ses responsabilités. »

Kirk, le communicateur

Mais comment Muller réussit-il à transmettre l’importance de cette responsabilité à ses joueurs?

Il le leur dit, tout simplement.

« Il possède une qualité que je n’ai pas », a avoué Carbonneau à LNH.com. « Il est capable de parler. »

Les talents de communicateur et la responsabilité de Muller en tant que coéquipier ont convaincu Carbonneau de le sortir du programme de hockey de l’Université Queens pour l’amener à Montréal avant le début de la saison 2006-07.

Carbonneau, qui a gagné la Coupe Stanley avec Muller en 1993, aurait préféré trouver un ancien défenseur pour diriger les arrières du CH, mais le nom de Muller ressortait toujours dans ses recherches.

Quand Doug Jarvis a fait savoir qu’il voulait devenir l’entraîneur des défenseurs du Canadien, Carbonneau a finalement décidé d’embaucher Muller. Carbonneau admet que Muller « n’était pas nécessairement le candidat idéal », mais c’était un ancien joueur respecté qui possédait une bonne éthique de travail et qui était assurément un excellent communicateur.

« Les joueurs ne veulent pas discuter avec l’entraîneur-chef. Ils préfèrent parler avec l’entraîneur adjoint parce qu’ils peuvent se plaindre un peu plus avec lui, a affirmé Carbonneau. Kirk savait quand être drôle et détendu et quand être sérieux et sévère. C’est quelque chose qui ne s’enseigne pas.

« J’ai toujours dit que si Kirk entrait dans un autobus plein d’étrangers, au bout d’une heure il connaîtrait tout le monde et tout le monde rirait. C’est un don. Il ne s’agit pas seulement d’être drôle et juste. Il faut parfois prendre des décisions qui rendront certains joueurs mécontents et il est aussi capable de le faire. »

Muller prétend qu’il a développé ses talents de communicateurs à la maison.

« Honnêtement, j’ai quatre filles et c’est identique avec elles, a-t-il dit. Il faut beaucoup plus communiquer avec les jeunes de la nouvelle génération. Par exemple, ils se fient plus sur nous pour évaluer leurs performances que nous le faisions avant. Ils ont besoin de réponses et ils posent plus de questions. Ils ont besoin de savoir immédiatement comment ça va. Pour ça, il faut gagner leur confiance, être près d’eux et socialiser avec eux. »

Fenton a déclaré que l’année dernière, les joueurs de Milwaukee trouvaient qu’ils étaient mieux préparés lorsque Muller était derrière le banc principalement en raison de sa façon de parler.

« Il avait le tour de leur parler, de leur montrer quelque chose et de s’assurer qu’ils l’exécutent ensuite », a raconté Fenton à LNH.com. « Ce qui m’a le plus impressionné a été de voir à quel point ses joueurs lui obéissaient. »

Muller a peaufiné ses habiletés de communicateur et a découvert la réalité des joueurs actuels de la LNH pendant ses cinq saisons passées comme adjoint à Montréal.

Il a survécu au changement d’entraîneur-chef lorsque Jacques Martin a remplacé Carbonneau en 2009 et il a été l’un des architectes de la stratégie qui a permis aux Canadiens d’éliminer les Capitals et les Penguins en route vers la finale de l’Association de l’Est en 2010.

Et pendant ce temps, Rutherford l’observait.

« Je n’ai pas pris le téléphone un bon matin pour appeler quelqu’un et lui demander de me parler de Kirk Muller », a expliqué Rutherford à LNH.com. « J’ai sondé mes homologues. C’est quelque chose que je fais régulièrement. Je parle de différentes personnes avec mes collègues. Je fais mes devoirs et c’est ce que j’ai fait pendant quelques années pour Kirk. »

« Pour mon travail, je tiens toujours une liste de choses que je pourrais éventuellement devoir faire. Le poste d’entraîneur est vital au succès d’une formation, alors je suivais la carrière de Kirk. »

Or, Nashville a mis la main dessus avant Rutherford.

Demers avait raison

Muller, celui-là même qui avait ri quand Demers avait insinué qu’il deviendrait un jour entraîneur, savait qu’il était prêt à assumer les fonctions d’entraîneur-chef après la prestation des Canadiens pendant les séries éliminatoires de 2010.

Ces deux séries remportées en sept matchs contre Washington et Pittsburgh ont donné à Muller la confiance dont il avait besoin.

Il ne restait plus qu’à trouver une occasion pour s’épanouir. Celle-ci s’est présentée du côté de la Ligue américaine de hockey, un peu plus d’un an après le beau parcours des Canadiens en séries. Et ça convenait très bien à Muller.

« Je me disais qu’il fallait que je fasse mes preuves, a ajouté Muller. Je savais que je devais être prêt avant d’accepter un poste dans la LNH. On ne peut pas arriver dans une nouvelle équipe et exiger aux gens d’être patients pendant qu’on fait ses classes. »

Muller n’aura dirigé les Admirals que pendant 16 rencontres, dont 10 victoires. Rutherford l’a embauché pour succéder à Paul Maurice le 28 novembre 2011.

Moins de 48 heures après l’arrivée de Muller, Rutherford recevait des appels qui confortaient sa décision.

« À peine quelques jours plus tard, j’ai reçu deux appels d’homologues qui me félicitaient d’avoir mis la main sur lui parce qu’il aurait été leur choix s’ils avaient eu à changer d’entraîneur, a admis Rutherford. Pour moi, c’était une belle reconnaissance. »

Lorsque la LNH reprendra ses activités, Muller devra tenter de poursuivre sur sa lancée en Caroline afin de faire ses preuves et de relancer une formation qui, sur papier, devrait pouvoir aspirer aux grands honneurs, mais qui a été exclue du bal printanier tous les ans depuis 2009.

À quoi doivent s’attendre ses joueurs?

Vous l’avez deviné…

« Je crois que le mot clé est la responsabilité », a conclu Muller.

Suivez Dan Rosen sur Twitter : @drosennhl

 

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