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Cinq Questions: Hartley entend bien relever le défi à Calgary

lundi 2012-10-22 / 11:38 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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Cinq Questions: Hartley entend bien relever le défi à Calgary

LNH.com publiera périodiquement une série appelée « Cinq questions avec… », un article incluant questions et réponses qui visera à en connaître un peu plus sur la vie et la carrière de quelques-uns des personnages influents du hockey.

Aujourd’hui, rencontre avec l’entraîneur en chef des Flames de Calgary : Bob Hartley

S’il y a une chose qui est certaine, c’est que les Flames de Calgary ont embauché, au cours de l’été, un entraîneur en chef qui sait ce que représente la victoire. Voilà la première étape pour une équipe qui n’a pas participé aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley depuis 2009.

Bob Hartley possède quatre bagues de championnat avec quatre équipes différentes dans quatre ligues.

Le fait saillant de Hartley a été la conquête de la Coupe Stanley avec l’Avalanche du Colorado en 2001, mais il a aussi mené la formation de Laval dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec au titre en 1993, en plus de permettre aux Bears de Hershey de remporter la Coupe Calder dans la Ligue américaine en 1997 et finalement, la saison dernière, il a mené les Lions de Zurich au championnat de la ligue A en Suisse.

Hartley a aussi gagné quatre titres consécutifs de la section Nord-Ouest avec l’Avalanche de 1999 à 2002 et il a remporté le titre de la section Sud-Est avec les Thrashers d’Atlanta en 2007, la seule et unique présence de la formation dans les séries éliminatoires.

Hartley est un gagnant et son objectif est de procurer un championnat à Calgary.

Avant de commencer son travail avec sa nouvelle équipe, il a fait connaître à LNH.com les raisons pour lesquelles il est allé à Zurich et qu’est-ce qu’il a appris là-bas, son style d’entraîneur en chef, son désir de revenir dans la LNH et le défi qui l’attend avec les Flames.

Voici les cinq questions avec… Bob Hartley:

Qu’est-ce qui vous a incité à aller à Zurich pour diriger une équipe dans la ligue suisse et pourquoi y être allé après avoir été tenu à l’écart pendant quelques saisons?

« Après avoir été congédié à Atlanta, j’ai discuté avec trois équipes de la KHL, je pense que j’ai parlé à trois formations de la ligue suisse, peut-être deux ou trois autres équipes de la ligue allemande et finalement, j’ai passé quelques entrevues avec des équipes de la LNH. Évidemment, un entraîneur est toujours un entraîneur et vous voulez toujours diriger une équipe. On pense toujours que notre place est derrière un banc, mais j’ai toujours voulu être à la bonne place. J’ai occupé de bons postes à RDS et à TVA, deux stations de télévision francophone. Je travaillais. Je n’ai jamais cessé d’être entraîneur en chef car j’enseignais à quelques jeunes à une patinoire privée de Laval, des jeunes de tous les âges. Je donnais des cours de patinage à des enfants de trois à six ans et j’enseignais aussi à quelques-uns des meilleurs joueurs bantams et midgets du Québec.

« Mais j’ai eu le choix d’aller à Fribourg et à Zurich dans la ligue suisse. À Fribourg, une ville francophone d’environ 40 000 habitants, j’aurais retrouvé cinq ou six joueurs que j’avais déjà dirigés. Alors qu’à Zurich, une ville allemande entre 800 000 et 1,1 million d’habitants en comptant la banlieue, je ne connaissais personne. Mais en plus de vouloir connaître la différence entre le hockey joué en Suisse et celui pratiqué en Amérique du Nord, je voulais découvrir la mentalité des joueurs, je voulais également vivre une expérience culturelle.

« J’ai dit à ma femme que nous pourrions aller à Fribourg, une petite ville où tout le monde parle français, une belle patinoire avec une bonne atmosphère ou aller dans un environnement totalement inconnu où nous pourrions avoir de la difficulté à faire notre épicerie et aller au restaurant au cours des premiers mois. Nous avons décidé d’aller à Zurich. Il aurait certes été plus facile de choisir Fribourg, mais ma femme et moi voulions vivre cette expérience et nous sommes tous les deux tombés d’accord pour choisir Zurich, et nous ne l’avons pas regretté. »

Est-ce que la saison passée à Zurich, vous a forcé à changer votre philosophie d’entraîneur en chef?

« Non. J’ai travaillé beaucoup sur le travail et sur les détails, mes joueurs devaient être responsables et je peux vous confirmer qu’ils ont bien répondu. J’ai beaucoup de respect pour les joueurs suisses. C’est une ligue incroyable et les joueurs sont très dévoués. J’ai dû effectuer quelques changements, mais en même temps ce fut très facile de vendre à ces joueurs que s’ils voulaient connaître du succès, nous devions avoir un plan, pas mon plan ou leur plan, mais un plan qui comblerait les besoins de chacun afin d’améliorer l’organisation.

« Je trouvais que l’on s’améliorait à tous les jours et j’ai dû faire un grand ajustement quand je parlais aux joueurs. La plupart des équipes pratiquent une défense homme-à-homme, donc tout le monde courait partout sur la patinoire. Nous étions l’une des rares équipes à pratiquer une défense de zone. Nous étions très combatifs mais nous étions très disciplinés en même temps et les cinq joueurs sur la patinoire devaient travailler ensemble. Ils ont acheté cela dès le premier jour.

« Je leur ai dit dès le premier jour que nous allions pratiquer un style nord-américain. Quand j’ai accepté le poste, je me suis dit 'Est-ce que je m’ajuste à eux et on pratique le même style que les 11 autres équipes, ou est-ce que je mets en place un style qui représenterait un défi pour mes joueurs au début, mais que les 11 autres équipes devraient également s’ajuster quand ils nous affronteraient.' Au début de la saison, on a présenté une fiche de 5-8, mais si on tient compte de nos 25 dernières rencontres, séries éliminatoires incluses, on a conservé un dossier de 19-6.

« Je me suis rapidement aperçu que les Suisses avaient un profond respect pour la LNH et j’ai donc tenté d’inculquer à notre équipe, la façon que l’on s’entraîne et que l’on joue dans la LNH. Mes joueurs se sont immédiatement pliés à mes demandes. Ils étaient fiers de dire qu’ils s’entraînaient comme une équipe de la LNH. À la fin de la saison, je leur ai dit que l’on pourrait battre certaines équipes de la LNH. »

Vous avez été qualifié de tyran, ce que les joueurs à Zurich ont fort probablement appris. Darryl Sutter, un autre entraîneur en chef qui porte lui aussi cette même étiquette, vient de remporter la Coupe Stanley. Est-ce que ça vous procure l’espoir et la confiance que les entraîneurs très sévères peuvent toujours réussir de nos jours et bien communiquer avec les jeunes joueurs?

« Oubliez les qualificatifs. La première chose que je veux, c’est de gagner. J’ai téléphoné deux fois à tous les joueurs des Flames et j’en ai probablement rencontré 15. Je me suis rendu compte que nous avions plusieurs gagnants dans notre groupe. Je ne pense pas que c’est à propos de moi ou de mon style ou à propos des joueurs et de ce qu’ils ont fait au cours des trois dernières saisons. Comme dans toutes les autres organisations, si on m’a choisi, c’est pour corriger certaines choses. C’est pour cela qu’ils m’ont approché. On ne change pas d’entraîneur quand ça va bien. J’arrive ici avec mes connaissances, ma façon de faire les choses, mais je connais déjà mes joueurs. Ils apprendront à me connaître et j’en apprendrai un peu plus sur eux, c’est comme cela que ça fonctionne.

« Ça me fait toujours rire quand j’entends dire que je suis un entraîneur très sévère, parce que je ne crois que je le suis. Je considère que je suis bien organisé et je sais ce que je veux de chacun. Je ne serais pas honnête envers nos partisans, envers mes patrons et mes joueurs si j’en laissais un prendre un raccourci. Ça n’a rien à voir avec le fait que ce sont les joueurs qui gagnent et les entraîneurs qui perdent ou encore avec les entraîneurs qui gagnent et les joueurs qui perdent, nous gagnons et nous perdons en équipe. Nous sommes une grande famille. »

Après quelques saisons à l’écart de la LNH, est-ce que vous aviez perdu espoir d’avoir une autre opportunité ou est-ce que vous avez pensé que vous seriez de retour dans la ligue à un moment?

« Le téléphone a sonné à chaque année.

« Je suis assez confiant et quand je travaillais à la télé ou à la radio plusieurs de mes amis auraient été surpris de savoir que j’ai refusé des offres. Ils m’auraient certainement dit, ‘Qu’est-ce qui se passe avec toi, tu es un entraîneur et tu dis non à un grand pays et à une grande organisation.' Je refusais poliment, car ce n’était pas le bon moment. J’ai surpris plusieurs personnes très près de moi, car ils me disaient, ‘Qu’est-ce que tu fais?’ Je leur répondais : ‘Je sais que je dirigerai à nouveau, mais j’accepterai quand le poste répondra à mes valeurs et à mes besoins.’ C’est la raison pour laquelle j’ai accepté d’aller à Zurich.

« C’est un privilège d’être entraîneur en chef dans la LNH. J’ai travaillé huit ans dans une usine et j’ai neuf ans d’expérience à titre d’entraîneur en chef des meilleurs joueurs de hockey du monde et je ne pense pas que l’on peut renier cela. On voit si souvent de grands entraîneurs en chef annoncer leur retraite et revenir après un mois, deux mois ou deux ou trois ans plus tard. C’est ma drogue, je ne fume pas, je ne bois pas, mais je sais que le hockey coule dans mes veines. »

Quel sera votre défi à Calgary quand le lock-out prendra fin?

« Je suis pleinement conscient de la situation. Que ce soit le propriétaire, le président, le directeur général, ils ont tous abordé cette question, et évidemment, c’est un grand défi pour moi. Mon dernier job au Canada remonte à 1995-1996 alors que j’étais entraîneur en chef à Cornwall. Depuis, j’ai dirigé aux États-Unis et à Zurich. J’ai été très chanceux de diriger à Hershey, qui a une grande tradition d’excellence dans la LAH. J’ai dirigé au Colorado, où rien de moins que la Coupe Stanley était acceptable. Par la suite, je me suis retrouvé à Atlanta avec une équipe où je savais que je devais fondamentalement enseigner beaucoup de chose. Maintenant, je me joins à une équipe qui a raté les séries éliminatoires au cours des trois dernières années.

« Calgary est un grand marché au Canada et la compétition est très relevée dans notre section. J’ai rencontré plusieurs joueurs et je leur ai demandé ce qu’ils croyaient qui devait être fait pour replacer la barque, et qu’est-ce qu’ils pensaient de l’équipe et de l’organisation. J’ai envoyé un questionnaire à tous les joueurs et je leur ai posé des questions personnelles, des questions sur le hockey et sur la vie en général. J’ai essayé d’avoir le plus de renseignements possible afin d’être le mieux préparé.

« Mon objectif et mon défi sera de créer une nouvelle culture et de mettre en place une nouvelle identité. Ce n’est rien de négatif pour ceux qui étaient en place avant mon arrivée, mais je suis celui qui a obtenu le mandat des propriétaires. Et quand tu commences à un nouveau poste, tu arrives avec tes connaissances et avec tes expériences et tu tentes de faire un tout avec les autres membres de ton équipe. J’ai travaillé avec Jay Feaster à Hershey, je connais donc ses attentes et je sais comment mon directeur général travaille. Avant de sauter sur la patinoire, mon travail consiste à inculquer une nouvelle identité et une nouvelle culture, de mettre tous les joueurs sur la même page et de faire en sorte qu’ils croiront à notre système.

« Bien qu’il n’y ait plus de billets disponibles, nous sommes dans l’industrie du divertissement, nous devons remporter des matchs et les amateurs vont toujours se rappeler de toi si tu gagnes. J'ai travaillé au sein d'organisations qui m’ont permis de remporter six championnats dans cinq ligues et après avoir tenu des réunions avec les joueurs, je suis confiant de pouvoir mener les Flames aux succès. Notre objectif n’est pas de participer aux séries éliminatoires, - c’est peut-être la première étape -, mais si tu ne joues pas dans le but de remporter la coupe Stanley, tu devrais changer de job. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter à: @drosennhl

 

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