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Rocket Richard, le premier à marquer 500 buts, a établi un standard d’excellence

vendredi 2012-10-19 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Davis Harper - Journaliste - LNH.com

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Rocket Richard, le premier à marquer 500 buts, a établi un standard d’excellence

Le 19 octobre 1957, Maurice Richard est devenu le premier joueur de l’histoire de la LNH à marquer 500 buts. Le Rocket a établi la norme pour l’excellence à ce chapitre. Depuis, 41 autres grands joueurs de la LNH ont suivi ses traces.

Pour commémorer l’exploit extraordinaire de Richard survenu, il y a 55 ans, LNH.com a rencontré plusieurs légendes qui ont suivi ses traces et qui font partie d’un des clubs les plus exclusifs du hockey.

Il y a plusieurs manières de définir un grand marqueur dans la LNH. Il doit posséder les habiletés pour compléter les jeux et la persistance de le faire encore et encore; il doit avoir la faculté de voir les ouvertures offertes par les défenseurs et les aptitudes physiques pour capitaliser; il doit avoir la force de se démarquer et la patience d’ignorer les instigateurs; mais surtout, le travail incessant qui laisse voir que ses prouesses sont réussies sans effort.

Un grand marqueur peut pratiquer son art de n’importe quel endroit sur la patinoire. Il peut marquer de près, il peut le faire en décochant un puissant tir de la ligne bleue, en coupant au filet ou en dégainant de l’enclave, tout en faisant toujours preuve d’une précision inouïe.

Il doit marquer dans les moments les plus importants, il doit inscrire le but victorieux et participer aux séries éliminatoires et finalement, il doit marquer pour soulever la Coupe Stanley.

Il marque et marque encore, jusqu’à ce que nous, en tant qu’amateurs, nous soyons forcés de nous lever et de simplement le qualifier de grand joueur.

Maurice Rocket Richard a non seulement rencontré tous ces critères, mais dans plusieurs cas, il a aidé à les écrire.

Richard a dépassé les seuils de ce qu’un joueur pouvait accomplir offensivement. Il a été le marqueur le plus opportuniste de l’histoire de la LNH, il a été le premier à inscrire 50 buts en 50 matchs, et il a surtout été le premier membre du groupe des 500 buts.

Le 19 octobre 1957, Richard a saisi une passe de son coéquipier des Canadiens de Montréal, Jean Béliveau et a décoché un tir des poignets qui a déjoué Glenn Hall, le gardien des Blackhawks de Chicago. Dès que la rondelle a pénétré dans le filet, les amateurs réunis au Forum de Montréal lui ont réservé une ovation qui a failli faire exploser le toit de l’amphithéâtre pendant que leur héros célébrait son exploit.

Non seulement Richard marquait en séquences, mais il a aussi établi les standards des grands qui complétaient les jeux dans les moments cruciaux. Il occupe le deuxième rang avec six buts victorieux en prolongation dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley et il a conservé une moyenne de ,617 but par match dans les séries éliminatoires, la quatrième meilleure de l’histoire de la ligue. Ses 82 buts dans les séries éliminatoires ont aidé les Canadiens à remporter huit coupes Stanley, dont cinq consécutives à la toute fin de sa carrière.

« Il a marqué tellement de buts importants, tellement de buts victorieux », a déclaré à LNH.com, son coéquipier Dickie Moore. « Il avait cette touche et il pouvait déborder les défenseurs. Il était un ailier droit très fort. Il tirait de la gauche, mais il jouait à l’aile droite, ce qui lui procurait un avantage. »

Au cours de ses premières saisons à Montréal, le Rocket a formé la Punch Line, avec le centre Elmer Lach et l’ailier gauche Hector Toe Blake. Leur cohésion a permis à Richard d’atteindre dès sa deuxième saison en 1944-1945, ce que plusieurs pensaient qu’il était impossible d’atteindre: 50 buts en 50 matchs.

Richard est l’un des cinq joueurs de la LNH à avoir marqué 50 buts en 50 matchs. L’attaquant Mike Bossy, des Islanders de New York, a réussi pareil exploit 36 ans plus tard.

Bossy – un Montréalais qui a grandi en regardant jouer le légendaire Richard – se rappelle ce qu’a signifié rejoindre le Rocket dans le groupe très fermé qui compte aussi Wayne Gretzky, Mario Lemieux et Brett Hull.

« Quand tu connais du succès, tu crois que tout est possible. Encore plus parce que Maurice était Montréalais tout comme moi et qu’il jouissait d’une telle renommée, a dit Bossy. Ce fut très gratifiant d’atteindre ce plateau, car à cette époque j’étais le seul autre joueur à avoir réussi cet exploit. »

Même à la fin de sa carrière, Richard, qui jouait avec les futurs membres du Temple de la renommée, Moore et Béliveau qui commençaient à faire leur nom chez les Canadiens, le Rocket demeurait l’attraction.

« Je l’ai vu jouer dans ses dernières années et j’aurais aimé le voir à son apogée, parce qu’il était comme un Dieu, a déclaré Bobby Hull, l’ex-étoile des Blackhawks. La foule le faisait sentir ainsi. »

Richard a inscrit 500 buts avant même qu’un autre joueur de la ligue ne marque 400 buts, ce qui est surprenant et qui démontre toutes ses habiletés.

On aime rappeler que Richard quittait un match blessé avec le visage en sang, quelques fois en raison d’une bagarre qu’il avait lui-même commencée, pour revenir au jeu et marquer deux buts dans une autre victoire des Canadiens.

« Ce que je me souviens le plus du Rocket c’est qu’il ne fallait pas le réveiller », a lancé Murray Costello, un ancien adversaire. « Si tu lui appliquais une solide mise en échec en début de match et que tu le réveillais; il se concentrait encore plus, et on pouvait voir le feu dans ses yeux. Aucun doute, il pouvait marquer des buts, il était si intense. »

Pour mesurer toute l’influence de Richard, on n’a qu’à écouter deux des grands joueurs qui ont joint le club très sélectif des 500 buts.

Bobby Hull et Luc Robitaille se souviennent quand ils ont commencé à s’approcher du fameux plateau.

« Le légendaire Scotty Bowman m’a fait le plus grand compliment que je n’ai jamais reçu, a dit Hull. Il discutait avec un groupe près de notre bureau à Chicago et je passais tout près quand il m’a dit : ‘Attends, jeune homme.’ Comme je me retournais, il s’est adressé aux personnes autour de lui: ‘Toe Blake a joué et a dirigé les Canadiens de Montréal. Il m’a déjà dit qu’il n’avait vu que trois joueurs qui pouvaient faire lever les amateurs de leur siège : Howie Morenz, Rocket Richard et ce gars-là devant vous.’ Ce fut le plus grand compliment que je n’ai jamais reçu.

« Donc, le fait de surpasser le nombre de buts du Rocket en marquant mon 545e but, le deuxième plus haut total de tous les temps, a signifié beaucoup pour moi. »

Robitaille, qui tout comme Bossy, est né à Montréal et qui a connu très jeune le statut pratiquement mythique de Richard, va dans le même sens.

« Je connaissais une bonne séquence et je participais à une conférence téléphonique de la ligue, s’est rappelé Robitaille. Un journaliste francophone m’a demandé : ‘Comment te sens-tu d’être à deux buts du total de Rocket Richard?’ Je totalisais 542 buts et lui, il en avait marqué 544. Je me souviens, j’ai complètement gelé. À cette époque, je croyais pratiquement que je n’avais pas le droit de surpasser la marque de Rocket Richard. Ce fut un moment de très grande humilité. Ça m’a complètement renversé. Au Québec, le Rocket est notre Babe Ruth. Donc, je croyais que je n’avais pas le droit. »

Quelques autres joueurs ont surpassé Richard dans le livre des records, mais sa réputation a été telle qu’on l’a qualifié de Babe Ruth du hockey.

Moore, son coéquipier et voisin de vestiaire, croit que le Rocket mérite plus que cela.

« Il était meilleur que Babe Ruth, a dit Moore à LNH.com. Je me souviens qu’à chaque fois que le match était serré le directeur général des Canadiens, Frank Selke, disait : ‘Le Rocket va marquer le but victorieux,’ et effectivement, il marquait le but gagnant. C’est ce qui le rendait si grand. Il réussissait toujours à marquer les buts importants. »

 

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