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Lombardi parle de la conquête de la Coupe Stanley et ce qui se cache derrière un tel exploit

jeudi 2012-10-11 / 11:13 / LNH.com - Nouvelles

Par Dan Rosen - Journaliste Principal NHL.com

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Lombardi parle de la conquête de la Coupe Stanley et ce qui se cache derrière un tel exploit

LNH.com publiera périodiquement une série appelée « Cinq questions avec… », un article incluant questions et réponses qui visera à en connaître un peu plus sur la vie et la carrière de quelques-uns des personnages influents du hockey.

Rencontre avec le directeur général des Kings de Los Angeles Dean Lombardi

Remporter la Coupe Stanley n’a certainement pas adouci Dean Lombardi.

Pendant près de 45 minutes mardi après-midi, Lombardi, à qui on a posé seulement cinq questions durant toute l’entrevue, a discuté avec passion de plusieurs sujets. Il a à peine pris le temps de reprendre son souffle.

Il a parlé de ses recherches concernant les équipes qui s’en sont sorties après avoir remporté le championnat. Lombardi a aussi fait connaître son approche non-interventionniste avec son entraîneur en chef, Darryl Sutter; il a dévoilé ses émotions avant et pendant les matchs; il a révélé quel était l’aspect le plus difficile d’un directeur général dans la LNH et qu’est-ce qu’il a appris de son beau-père, ex-entraîneur en chef et membre du Temple de la renommée, Bob Pulford.

Lombardi, toujours volubile et ne ratant jamais une analogie, a comparé Sutter à Stonewall Jackson (NDLR : un officier américain durant la guerre de Sécession), les Kings d’aujourd’hui aux 49ers de San Francisco des années 1980, et il a rappelé à plusieurs reprises comment il avait appris de Lou Lamoriello et de Bobby Clarke quand il était un jeune directeur général.

Voici les cinq questions avec … Dean Lombardi:

Est-ce que gagner la Coupe Stanley vous a changé du tout au tout?

« Je suis en train de penser comment cela m’aurait changé.

« Dans la vie, on se dit souvent : "Si je pouvais rencontrer telle vedette rock ou avoir cette auto, je serais complètement heureux," mais ironiquement 99 fois sur 100 quand tu réalises ton rêve ou que tu rencontres cette personne, tu es désappointé puisque tes standards étaient trop élevés. Combien de fois vivez-vous cela dans la vie? C’est bien, mais ce n’est jamais aussi gratifiant à ce que tu t’étais imaginé. Gagner la Coupe Stanley a été plus gratifiant que j’avais imaginé. Et la journée que j’ai passée avec la Coupe a été plus gratifiante que j’avais pensé. Ça n’arrive pas souvent.

« Mais je ne pense pas que je vais changer, parce que ça n’a pas pris beaucoup de temps avant que j’aborde le prochain défi. C’est tout nouveau pour moi. J’ai bâti l’équipe à partir de rien à San Jose et j’ai essentiellement rebâti l’équipe à L.A. avant d’atteindre l’objectif ultime. Cela étant dit, ce n’est pas seulement de remporter le titre une fois, il faut que la franchise continue à connaître du succès. Les Patriots ont atteint ce statut. Les Yankees ont atteint ce statut depuis longtemps, tout comme les Red Wings. Ces franchises ont transcendé le temps. Je n’oublierai jamais les moments que nous avons passés avec les joueurs immédiatement après avoir remporté la Coupe. Il n’y a rien qui surpassera cela. Dès que la porte du vestiaire s’est ouverte, ce moment privilégié était terminé.

« On veut toujours être reconnu comme l’une des grandes équipes. Ça ne m’a pas pris de temps pour faire ma propre recherche et connaître ce que les équipes qui avaient remporté leur premier championnat au cours des 20 dernières années avaient fait la saison suivante. Quand j’ai terminé mes recherches, j’ai trouvé cela ironique. J’ai parlé à un certain nombre de personnes de ces équipes des années 1980. Je leur ai demandé ce qui était arrivé l’année suivant leur championnat, ce qu’ils avaient fait de bien et ce qu’ils avaient fait de mauvais. On entend toujours que c’est difficile de répéter, que l’on ne peut répéter nos exploits de la saison précédente. Tout le monde a une opinion concernant le fait que l’on ne peut répéter l’exploit. J’ai trouvé cela intéressant de parler à ces personnes. Le directeur général des 49ers dans les années 1980, John McVay, m’a indiqué que je devais commencer à regarder pourquoi on pourrait répéter l’exploit.

« J’ai lu le livre Team of the Decade (au sujet de la dynastie des 49ers dans les années 1980). Si vous regardez leur premier championnat, c’est incroyable de constater les similitudes avec notre équipe. Leurs meilleurs joueurs étaient Ronnie Lott, Joe Montana, Roger Craig et ils étaient jeunes. L’année suivante, la saison a été écourtée. Ils ont présenté une fiche de 3-6 et ils ont été exclus des séries éliminatoires, avant de rebondir et de devenir l’équipe de la décennie. John McVay m’a mis en contact avec Ronnie Lott. Ce dernier m’a parlé pendant deux heures et il m’a admis ce qu’il avait fait de mauvais pendant la saison écourtée. Son intuition était pour le moins particulière.

« C’est tout nouveau pour moi, ça peut être effrayant ou stimulant. Je serais idiot de penser que j’ai toutes les réponses. On ne doit jamais cesser de poser des questions et crois-moi, j’en ai posées plusieurs. Ces hommes ont fait beaucoup et j’ai un long chemin à parcourir avant de tout comprendre. J’ai déjà rempli tout un carnet de notes. »

À titre de directeur général, aimez-vous vous ingérer dans les stratégies de votre entraîneur en chef et dans l’utilisation des joueurs?

« Il m’arrive de faire des suggestions. Mais vous devez avoir totalement confiance en votre entraîneur en chef. Vous établissez les grands plans, mais quand il dirige, tu dois avoir une entière confiance en lui en ce qui concerne l’utilisation des joueurs. Tu dois être sur la même longueur d’ondes que ton entraîneur en chef en ce qui concerne ce que ça prend pour gagner dans cette ligue et quand on s’entend là-dessus, les joueurs doivent se couler dans le moule. Mais l’équipe doit avoir une identité sur laquelle vous et votre entraîneur en chef sont d’accord.

« Tu empiètes sur sa tâche si tu exiges que tel joueur doit jouer 10 ou 15 minutes. Et si les joueurs s’aperçoivent de ton ingérence, ils n’auront plus confiance en son leadership. Terry Murray et Darryl Sutter sont deux hommes avec de grandes convictions et c’est ce que vous recherchez d’un entraîneur en chef. Et quand c’est le temps de protéger vos arrières, il prend une décision. Darryl me rappelle Stonewall Jackson. »

Qu’est-ce que vous faites pour garder vos émotions sous contrôle quand vous regardez jouer vos Kings?

« Je me sens mieux quand le match est commencé, mais vous savez quoi? C’est quelque chose – la capacité de demeurer calme – que vous ne cessez d’apprendre. C’est essentiel. À mes débuts, j’ai épié attentivement Lou Lamoriello et Bobby Clarke concernant leur capacité de demeurer calme en toutes circonstances. Je dois m’améliorer dans cet aspect. Je pars de loin, mais soyons franc, c’est un sport émotif et mes émotions peuvent être mon plus grand atout. Après tout, c’est ce que vous demandez à vos joueurs. C’est un processus et je pense que j’ai appris un peu.

« Mon poste m’empêche d’être émotif comme un partisan. Mon travail consiste à évaluer et à critiquer afin d’apporter des correctifs. Un directeur général doit voir le tableau dans son ensemble et si tu n’es pas émotionnellement stable, tu ne fais pas bien ton travail. On est tous émotif, mais tu dois être celui qui ne prendra pas une décision sur un coup de tête. C’est difficile de nos jours étant donné tout le travail qu’un directeur général doit faire. »

Qu’est-ce que avez trouvé le plus difficile dans votre travail?

« De nous jours? Oh là, là. Permettez-moi de le dire d’une façon agréable : Quand j’ai commencé dans ce travail, c’était similaire à San Jose – construire à partir du repêchage, franchir une étape à la fois, la courbe d’apprentissage ne monte pas toujours en ligne droite. Tu rajeunis ton équipe à chaque année, mais quand tu rajeunis ton équipe, il y a des pièges, mais si vous avez confiance au caractère de vos joueurs, vous allez atteindre votre but. Vous définissez votre plan et vous le présenter à votre propriétaire, mais il est certain qu’il va y avoir des sautes d’humeur.

« Je dirais que la partie la plus difficile du travail, surtout quand tu bâtis une organisation, est de garder tout le monde sur la même page. Lamoriello a accompli une tâche énorme à ce niveau. Quand tu définis un plan, que ce soit dans l’inauguration d’une entreprise, dans la conduite d’une guerre ou dans la formation d’une équipe de hockey, tu vas connaître des hauts et des bas, mais tu ne dois pas changer de direction. Si tu changes de direction, tu vas échouer et c’est la raison pour laquelle plusieurs franchises sont si longtemps sans remporter un championnat.

« Il faut garder tout le monde sur la même page et faire en sorte que toutes les sections de l’organisation - amateurs, professionnels, développement, mineures et Europe – jouent leur propre rôle, s’intègrent et suivent la philosophie de l’organisation. Ça va du propriétaire au balayeur du vestiaire. De nos jours, je pense que c’est l’aspect le plus difficile du travail d’un directeur général. »

Depuis que vous êtes le gendre de Bob Pulford, qui a été entraîneur en chef et qui est membre du Temple de la renommée, à quoi ressemblent vos conversations quand vous parlez hockey?

« Pully ne cesse ne me dire que : "Quand tu es directeur général, tu dois te rappeler que tout le monde pense être capable de faire ton travail.' J’ai toujours pensé à cela et je considère qu’il y a très peu de respect pour le travail quotidien d’un directeur général. La perception est que notre travail consiste à s’asseoir et à discuter d’éventuels échanges et que si tu ne transiges pas, tu ne fais rien. Mais notre travail est tout aussi analytique que celui d’un avocat, c’est une profession et ça prend des compétences particulières. Il n’y a pas de tribunes radiophoniques qui contestent le travail d’un avocat. Pully a raison. Nous recevons très peu de reconnaissance.

« Mon beau-père m’a aussi dit : 'Chaque fois que tu commences à penser que tu es intelligent, souviens-toi qu’un directeur général est aussi bon que ses joueurs. Ce n’est pas toi qui gagne les matchs.' C’est une question de caractère, de travail, ce sont les joueurs qui remportent les victoires. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter: @drosennhl

 

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