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La Série du siècle a changé le hockey pour toujours

dimanche 2012-09-30 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par John Kreiser - Chroniqueur LNH.com

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La Série du siècle a changé le hockey pour toujours

Il y a 40 ans que le monde du hockey a été profondément changé par le début de la série de huit matchs entre les équipes nationales du Canada, composée de joueurs de la LNH à leur apogée, et celle de l’U.R.S.S. Ces deux pays étaient considérés à l’époque comme les deux plus grandes nations du hockey. La série, qui a été présentée pendant tout le mois de septembre, a été assidûment suivie par tous les amateurs de hockey du monde. Et après la dramatique victoire du Canada (4-3-1), il n’y avait plus aucun doute que la LNH ne serait plus jamais la même.

Le but de Paul Henderson dans la dernière minute de jeu du huitième match a permis au Canada d’enlever les honneurs de la Série du siècle, déclenchant des célébrations que le pays n’avait jamais connu.

Mais le fait reste que parmi toutes les célébrations, on a presqu’oublié que les meilleurs joueurs de la Ligue nationale de hockey ont dû combler un déficit pour vaincre une équipe, que l’on croyait – un mois plus tôt -, pouvoir battre facilement.

Encore plus incroyable fut les effets que la série a eu sur le sport. Il n’est pas exagéré de dire que le hockey n’a plus jamais été le même depuis.

Les héros de la Série du siècle



La réaction à la victoire du Canada lors de la Série du siècle illustre très bien comment le monde a changé depuis 40 ans.

Même s’il y avait 3000 amateurs canadiens à Moscou et que la télévision nationale a retransmis l’événement d’un océan à l’autre, les membres d’Équipe Canada ignoraient l’ampleur qu’avait pris la série au pays. Ils ne s’attendaient pas à recevoir ce genre de réception à leur arrivée en sol canadien.

« Tout le monde a été surpris, a admis Bob Clarke à LNH.com en parlant du chaleureux accueil que les joueurs ont reçu à leur descente d’avion. Il y avait des milliers d’amateurs, le premier ministre était présent. Nous nous doutions que notre victoire avait eu un certain impact au Canada, mais nous en ignorions complètement l’importance et combien de temps cela allait durer, ce fut vraiment incroyable. »

Rod Gilbert, qui a marqué un but dans le huitième match, est retourné au Canada avant de se rendre au camp d’entraînement des Rangers de New York. Il a indiqué que la réaction entre les deux pays ne pouvait être plus à l’opposé.

« Nous étions des héros à Montréal, à Toronto et à travers tout le Canada, a raconté Gilbert à LNH.com. Mais à New York, la seule personne qui m’a félicité a été Peter Jennings (le lecteur de nouvelles de ABC). Il m’a dit que la série avait été l’événement le plus excitant qu’il n’avait jamais vu. Oubliez le sport, il y avait un peu de tout dans cet événement.

« Mais la série n’a pas soulevé les passions aux États-Unis. La seule personne qui en avait fait la publicité a été Jennings… car il était Canadien. »


-- John Kreiser

Le hockey pratiqué dans la LNH au début des années 1970 était surtout disputé en ligne droite, on jouait dans des corridors préétablis. La plupart des joueurs, à l’exception de quelques Américains, provenaient du Canada, tout comme les dirigeants, même si 11 des 14 équipes étaient basées aux États-Unis.

Il n’y avait qu’un seul entraîneur derrière le banc et il n’était pas encore venu à l’idée de Fred Shero, qui fut pourtant celui qui a instauré le concept en Amérique du Nord, d’avoir plusieurs adjoints.

La condition physique des joueurs n’était en rien comparable à ce qu’elle est aujourd’hui, alors que les joueurs se présentaient au camp d’entraînement pour se mettre en forme. La vitesse du jeu était nettement plus lente.

Voilà les principales raisons pour lesquelles les joueurs d’Équipe Canada ont été si stupéfaits quand ils ont affronté les Soviétiques pour la première fois.

En apparence, les Soviétiques étaient des joueurs amateurs. Il n’y avait pas de hockeyeurs professionnels en U.R.S.S. à cette époque, mais en réalité, ils étaient des professionnels qui passaient 11 mois par année à jouer au hockey.

Leur conditionnement physique laissait les Canadiens à bout de souffle et selon Henderson, le fait de mettre l’emphase sur une meilleure forme physique a complètement transformé le sport.

« Les Soviétiques ont modifié l’aspect physique du jeu, a-t-il dit à LNH.com. Nous n’étions pas aussi en forme qu’eux. Leur condition physique était nettement meilleure que la nôtre. »

Il y avait d’autres éléments qui embêtaient les Canadiens, du moins au début de la série.

Les Soviétiques tournoyaient, s’entrecroisaient et refusaient de tirer la rondelle dans le fond de la zone s’ils ne pouvaient compléter un jeu. Ils préféraient contrôler la rondelle et réorganiser leur attaque. Ils étaient les précurseurs du contrôle de la rondelle que nous connaissons aujourd’hui.

Ils effectuaient rarement, pour ne pas dire jamais, de lancer frappé, ils optaient pour les tirs des poignets et du revers, et ils tentaient de faire le jeu parfait. Les Soviétiques appliquaient des mises en échec seulement quand le besoin se faisait sentir. Ils préféraient contourner leurs adversaires plutôt que de les renverser, ce qui était pratiquement à l’opposé du style de jeu pratiqué dans la LNH à l’époque.

C’était un changement renversant.

« C’était du hockey révolutionnaire », a déclaré à LNH.com, Rod Gilbert, membre du Temple de la renommée. « Fred Shero (alors entraîneur en chef du club-école des Rangers qui a par la suite dirigé les Flyers de Philadelphie) a commencé à se rendre en Russie, suivi par plusieurs recruteurs qui l’ont imité afin d’étudier leur système.

« Regardez le hockey d’aujourd’hui, il est joué comme les Russes le faisaient dans le temps. Les ailiers changent de position et l’échec-avant est exercé de façon différente. Cette série a vraiment amélioré le hockey », a ajouté Gilbert.

Clarke, la quintessence même du joueur combatif pendant son illustre carrière avec les Flyers de Philadelphie qui l’a amené au Temple de la renommée, croit que l’un des legs de la série, a été l’amélioration des habiletés des joueurs canadiens.

« Je considère que les habiletés individuelles du joueur de hockey canadien se sont nettement améliorées à la suite de la série, a allégué Clarke à LNH.com. Les Soviétiques ont toujours formé des joueurs très habiles individuellement, des joueurs qui se démarquaient. Mais malgré une population beaucoup plus nombreuse que la nôtre, ils ne nous déclassent pas. Le Canada forme maintenant des joueurs beaucoup plus talentueux qui ont amené le hockey à un autre calibre – plus de talent implique, moins de jeu décousu.

« Le hockey est plus intéressant à regarder de nos jours, car il y a tellement de joueurs talentueux. »

Si on compare avec le hockey joué il y a 40 ans, il est facile de constater que les deux styles se sont fusionnés. Le système de la LNH qui consistait à tirer la rondelle dans le fond de la zone et d’aller la récupérer a été bonifié par les rapides passes et la vitesse des Soviétiques. Alors que les Russes, et autres Européens, jouent maintenant un style plus robuste qu’ils le faisaient il y a quatre décennies.

« De nos jours, les Canadiens jouent comme les Russes le faisaient dans les années 1970, et ils jouent maintenant comme nous le faisions dans les années 1970 », a exprimé Phil Esposito lors du récent voyage des 14 membres d’Équipe Canada en Russie. « C’est bien, c’est vraiment très bien. »

Ironiquement, Esposito, qui était le joueur le plus détesté à Moscou, il y a 40 ans, est maintenant une vedette rock en Russie. Il a été pris d’assaut par plusieurs amateurs pour signer des autographes lors de sa visite.

Sa fille Carrie, qui est décédée plus tôt cette année, avait marié le Russe Alexander Selivanov, qui a joué pendant plusieurs saisons dans la LNH, avant de retourner en Europe.

Ce n’est qu’un exemple pour démontrer comment la Série du siècle a internationalisé le hockey.

De nos jours, on retrouve des joueurs en provenance de nombreux pays, incluant la Russie, dans toutes les équipes de la LNH, ce qui était impensable il y a 40 ans.

Ce qui est encore plus remarquable, c’est l’héritage que la Série du siècle a laissé en ce qui concerne les compétitions internationales.

Avant la Série du siècle, les Nord-américains étaient concentrés à remporter la Coupe Stanley, alors que les Européens considéraient que les Jeux olympiques et les Championnats du monde étaient plus importants.

La Série du siècle a permis de trouver un terrain d’entente, ce qui a donné naissance à la Coupe du Canada, à la Coupe du monde de hockey et à d’autres compétitions internationales – et ultimement, à ce que les professionnels de tous les pays participent aux Jeux olympiques.

Le Canada a remporté la Série du siècle 4-3-1, mais 40 ans plus tard, il n’y a aucun doute que c’est le hockey qui a été le grand gagnant.

 

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