Nous avons mis à jour nos Conditions d'utilisation et notre Politique de confidentialité.  En continuant d'utiliser les services en ligne de la LNH, vous acceptez ces documents mis à jour et l'arbitrage de différends.
Bienvenue |Compte|Déconnecter 
NOUVEAUTÉ! SE CONNECTER AVEC VOTRE PROFIL DES MÉDIAS SOCIAUX
OU
Nom d’utilisateur ou courrielMot de passe
 

La Série du siècle a marqué la carrière de Henderson qui était un inconnu à l’époque

samedi 2012-09-29 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par John Kreiser - Chroniqueur LNH.com

Partagez avec vos amis


La Série du siècle a marqué la carrière de Henderson qui était un inconnu à l’époque

Quarante ans après avoir marqué l’un des buts les plus célèbres de l’histoire du hockey, Paul Henderson se moque de l’idée qu’il n’avait pas sa place au sein d’Équipe Canada.

Il n’y avait jamais eu une équipe aussi talentueuse pour affronter les Soviétiques que celle lors de la Série du siècle. C’était une liste de futurs membres du Temple de la renommée : Ken Dryden et Tony Esposito étaient devant les buts; Brad Park, Serge Savard et Guy Lapointe dirigeaient la brigade défensive; à l’attaque, on retrouvait Phil Esposito, Yvan Cournoyer, Jean Ratelle, Rod Gilbert et Bob Clarke.

Et puis, il y avait Henderson, un attaquant âgé de 29 ans qui avait marqué 38 buts avec les Maple Leafs de Toronto en 1971-1972, mais qui était vu à l’époque comme un négligé parmi tous les joueurs étoiles présents au camp d’entraînement.

Si Henderson était négligé pour décrocher un poste, quelqu’un a oublié de lui dire.

« J’étais un candidat idéal, a-t-il dit à LNH.com. J’avais marqué 38 buts la saison précédente. J’étais rapide, j’étais aussi un bon joueur défensif et j’étais fiable dans notre territoire. Je croyais vraiment que je méritais une invitation. Je crois que les dirigeants pensaient que je pouvais faire partie de l’équipe. »

L’entraîneur en chef, Harry Sinden, a réuni Henderson à son coéquipier des Maple Leafs, Ron Ellis, et à Clarke, un exubérant mais talentueux joueur de centre âgé de 23 ans qui venait de connaître la meilleure de ses trois saisons dans la LNH, avec 35 buts et 81 points avec les Flyers de Philadelphie, une équipe qui venait de rater les séries éliminatoires. Les trois joueurs n’ont pas perdu de temps à bien s’entendre.

« Le fait que Ronnie Ellis et moi jouions ensemble depuis plusieurs années a certes aidé, a admis Henderson. Bob Clarke était plus jeune et un peu plus combatif que Norm Ullman, qui était notre centre régulier à Toronto. Normie et Bobby étaient des fabricants de jeux et très bons en échec-avant. J’ai eu très peu d’ajustements à faire. »

Mais avec tous les meilleurs joueurs de la LNH réunis, une place dans l’équipe toute étoile était loin d’être assurée.

« Nous n’étions pas supposés faire partie de l’équipe, a dit Henderson. Il y avait sept trios et si vous examinez la formation, nous formions au mieux le quatrième, probablement plus le cinquième ou le sixième trio. Mais nous avons bien fait pendant les entraînements. Lors d’un match inter-équipe, nous avions gagné 5-3. J’avais marqué deux buts, Clarkie en avait réussi un et nous en n’avions accordé aucun lorsque nous étions sur la patinoire. Il n’y avait aucun doute que notre trio était aussi bon que tous les autres, sinon le meilleur. »

De plus avec une équipe remplie de talents offensifs qui n’étaient pas habitués à bien jouer dans leur territoire, Henderson et ses coéquipiers se sont donné une chance, car ils étaient prêts à se replier et à bien jouer défensivement.

« Nous étions tous les trois de bons joueurs défensifs, a-t-il déclaré. Nous étions aussi préoccupés à empêcher l’adversaire de marquer que nous l’étions à marquer nous-mêmes. On jouait bien dans notre territoire et avec ma vitesse, on pouvait les surprendre. »

Clarke a lui aussi souligné qu’il n’avait pas fallu beaucoup de temps pour que la chimie s’installe entre les trois joueurs.

« Quand on nous a réunis au sein du même trio, on savait que les gros noms de la ligue auraient beaucoup de temps de glace et que nous devrions nous contenter du reste, a dit Clarke à LNH.com. Mais pour une raison quelconque, nous avons tous les trois très bien fait dès que nous avons été réunis. On devait travailler très fort si nous voulions décrocher un poste. Plus on s’entraînait et plus nous jouions ensemble, plus on s’améliorait. »

Dans le premier match de la série, Henderson a marqué à 6:02 de la première période pour procurer une rapide avance de 2-0 au Canada, qui s’est tout de même incliné 7-3.

L’attaquant a inscrit le quatrième but des siens dans la troisième rencontre disputée à Winnipeg, ce qui procurait alors une priorité de 4-2 au Canada qui devait finalement se contenter d’un verdict nul de 4-4.

Mais Henderson a gardé le meilleur pour les quatre matchs disputés à Moscou.

Il a préparé le but de Clarke à la deuxième période du cinquième match, avant de marquer son deuxième but de la rencontre en troisième pour procurer une avance de 4-1 au Canada. Ce ne fut cependant pas suffisant, car les Soviétiques ont comblé le déficit pour l’emporter 5-4.

Dans le sixième match, l’attaquant a inscrit, sans aide, le but qui allait faire la différence quand il a subtilisé la rondelle à un adversaire pour procurer une victoire de 3-2 au Canada.

C’est encore lui qui a rompu l’égalité de 3-3 vers la fin du septième match après avoir saisi une passe de Serge Savard. Il s’est présenté seul devant deux défenseurs soviétiques. Au lieu de tenter de passer entre les deux adversaires, le rapide attaquant a laissé glisser la rondelle entre eux avant de contourner Evgeny Tsygankov et de se retrouver seul devant Tretiak.

L’autre défenseur, Vladimir Vasiliev, a bien tenté de le mettre en échec, mais il n’a pu empêcher Henderson de tirer dans la partie supérieure alors qu’il tombait lui-même sur la glace et de déjouer Tretiak à 17:54. La rondelle est passée entre le coude du gardien et la barre horizontale pour procurer une victoire de 4-3 au Canada.

« Ma vitesse et mon tir étaient mes atouts, a déclaré Henderson. Je pouvais causer des dommages avec ma rapidité. J’ai d’ailleurs marqué quelques buts en échappée. J’ai battu de vitesse l’un de leurs défenseurs et j’ai pu marquer. »

Six buts en sept matchs, c’était déjà beaucoup pour un joueur qui n’était pas censé avoir beaucoup de temps de glace.

Mais ce n’était qu’un avant-goût pour le huitième match.

Après que le Canada ait comblé un déficit de 5-3 en marquant deux buts en troisième période de l’ultime rencontre, l’opiniâtreté de Henderson dans la dernière minute a fait de lui l’un des plus grands héros de l’histoire sportive du Canada.

« Notre trio a cédé sa place à celui d’Espo qui jouait en compagnie de Peter Mahovlich et d’Yvan Cournoyer, a raconté Henderson. Je ne pensais pas effectuer une autre présence sur la patinoire. Mais Harry Sinden nous a dit sur le banc : ‘que s’il restait du temps, ce serait notre trio qui retournerait sur la patinoire.’ On savait qu’il restait assez de temps. Je me suis mis à crier à Peter Mahovlich – ce que je n’avais jamais fait et que je n’ai jamais fait par la suite. C’était totalement non prémédité. Je me disais que je devais retourner sur la patinoire. Dieu merci, Peter a pensé que c’était l’entraîneur en chef qui criait. Je l’ai remplacé et 10 secondes plus tard, la rondelle était dans le filet. »

Il restait moins d’une minute à jouer quand Cournoyer a intercepté une tentative de dégagement dans la zone soviétique. Il a tenté de rejoindre Henderson, mais sa passe a manqué de précision, et ce dernier a trébuché avant de donner contre la bande.

Esposito, qui suivait, a saisi la rondelle et a tiré en direction de Tretiak qui a fait l’arrêt. Henderson, qui avait été oublié le long de la bande, est revenu devant le but et a sauté sur le retour, mais Tretiak a bloqué le tir sans être capable de contrôler la rondelle.

Et avec une défense en plein désarroi, Henderson a pu saisir son propre retour et cette fois-ci avec 34 secondes à jouer, il a trouvé le fond du filet… et une place dans l’histoire.

« Ce fut certainement le match le plus mémorable, surtout de la manière que ça c’est terminé, a-t-il dit. Ce fut si étrange. »

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Henderson a déclaré que les joueurs n’avaient pas eu beaucoup de temps pour célébrer leur victoire.

Équipe Canada a disputé un match hors-concours en Tchécoslovaquie avant de revenir au pays. Par la suite, les joueurs se sont présentés au camp d’entraînement de leur équipe respective pour entreprendre une autre saison de la LNH.

« Nous n’avons vraiment jamais eu la chance de célébrer, a dit Henderson. Nous sommes revenus au pays et bang!, nous devions nous présenter à nos camps d’entraînement. Ce fut le seul côté négatif. Nous n’avons jamais vraiment célébré notre victoire en tant qu’équipe sous quelque forme que ce soit. Mais, nous célébrons depuis 40 ans, c’est plaisant. »

Henderson a joué deux autres saisons avec les Maple Leafs, avant de signer un contrat avec les Toros de Toronto de l’Association mondiale. Il a par la suite déménagé quand l’équipe est devenue les Bulls de Birmingham.

En 1979-1980, il est revenu dans la LNH et a disputé 30 matchs avec les Flames d’Atlanta.

Mais comme un acteur dont la carrière a été marquée par un seul film, Henderson a toujours été reconnu comme celui qui a inscrit le but victorieux qui a permis au Canada de remporter la Série du siècle.

En 2010, le chandail qu’il a porté lors de la série a été vendu pour 1 million $ dans un encan.

Henderson, maintenant âgé de 69 ans, souffre de la leucémie lymphoïde chronique, et la maladie diagnostiquée en 2009 l’a empêché d’accompagner ses 14 coéquipiers qui ont fait le voyage en Russie au début du mois pour célébrer le 40e anniversaire de la série.

Mais il était présent au gala qui a eu lieu à Toronto vendredi pour célébrer le 40e anniversaire de son historique but victorieux.

« Il est un homme incroyable », a déclaré au début du mois son coéquipier d’Équipe Canada, Marcel Dionne. « Un autre que lui aurait pu marquer ce but… mais ça ne pouvait arriver à un meilleur gars. »

Henderson a minimisé les appels pour qu’il puisse être admis au Temple de la renommée, prétextant qu’il ne mérite pas pareil honneur.

Mais Ellis, le directeur des affaires publiques du Temple de la renommée et l’un des meilleurs amis de Henderson, ne partage pas son avis.

« Je crois fermement que Paul Henderson devrait être membre du Temple de la renommée », a mentionné Ellis avant son voyage en Russie. « Le Temple de la renommée commémore les grands du hockey et les événements importants de notre sport. J’espère que le comité de sélection réglera cette question dans un très proche avenir. »

 

La LNH sur Facebook