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Le but de Henderson couronne le ralliement du Canada dans la Série du siècle

vendredi 2012-09-28 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par John Kreiser - Chroniqueur LNH.com

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Le but de Henderson couronne le ralliement du Canada dans la Série du siècle

Il y a 40 ans que le monde du hockey a été profondément changé par le début de la série de huit matchs entre les équipes nationales du Canada, composée de joueurs de la LNH à leur apogée, et celle de l’U.R.S.S. Ces deux pays étaient considérés à l’époque comme les deux plus grandes nations du hockey. La série, qui a été présentée pendant tout le mois de septembre, a été assidûment suivie par tous les amateurs de hockey du monde. Et après la dramatique victoire du Canada (4-3-1), il n’y avait plus aucun doute que la LNH ne serait plus jamais la même. Le site LNH.com jettera un regard attentif sur l’historique Série du siècle en publiant une succession d’articles pendant tout le mois de septembre.

Rappelez-vous de l’excitation qui régnait avant la présentation du match de la médaille d’or aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010 ? Multipliez cela par deux ou même par trois.

Voilà l’enthousiasme qui avait envahi le Canada le 28 septembre 1972 quand Équipe Canada et la formation de l’ex-U.R.S.S. ont sauté sur la patinoire pour disputer le huitième et ultime match de la Série du siècle.

MATCH No 8: CANADA 6, URSS 5



Première période: 1, Union soviétique, Yakushev 6 (Liapkin, Maltsev), 3:34 (BAN). 2, Canada, P. Esposito 6 (Park), 6:45 (BAN). 3, URSS, Lutchenko 1 (Kharlamov), 13:10 (BAN). 4, Canada, Park 1 (Ratelle, Hull), 16:59.

Deuxième période: 5, URSS, Shadrin 3, :21. 6, Canada, White 1 (Gilbert, Ratelle), 10:32. 7, URSS, Yakushev 7, 11:43. 8, URSS, Vasiliev 1, 16:44 (pp).

Troisième période: 9, Canada, P. Esposito 7 (P. Mahovlich), 2:27. 10, Canada, Cournoyer 3 (P. Esposito, Park). 12:56. 11, Canada, Henderson 7 (P. Esposito), 19:26.

Tirs au but: Canada 14-8-14--36. Union soviétique 12-10-5--27

Gardiens: Canada, Dryden 2-2-0 (27 tirs reçus, 22 arrêts). Union soviétique, Tretiak (36-30)

Assistance: 15 000

Pendant que les 15 000 spectateurs piaffaient d’impatience à l’aréna Luzhniki de Moscou, au Canada, plusieurs parents avaient gardé leurs enfants à la maison afin qu’ils puissent regarder le match qui était présenté en après-midi en raison du décalage horaire.

Des directeurs d’école avaient fait installer des téléviseurs dans les classes afin que les élèves ne ratent pas le match.

Les bars et les restaurants étaient bondés et certains magasins avaient même placé des téléviseurs dans leurs vitrines.

Le momentum était définitivement du côté du Canada qui venait de remporter les sixième et septième matchs, mais malgré tout, Équipe Canada devait gagner la huitième rencontre pour enlever les honneurs de la série

Après une controverse concernant le choix des arbitres, contestation qui a failli faire en sorte que le match soit annulé, les joueurs des deux équipes ont sauté sur la patinoire côte à côte pour les dernières cérémonies d’avant-match.

Les protestations d’Équipe Canada concernant le choix des arbitres étaient bien fondées puisque Bill White et Pete Mahovlich ont écopé de pénalités discutables dans les trois premières minutes du match, ce qui a mené au but d’Alexander Yakushev lors d’un avantage de deux joueurs.

Yakushev, dont le grand talent avait fait écarquiller les yeux de plusieurs, a marqué à l’aide d’un tir du revers après s’être emparé d’un retour.

Quelques secondes plus tard, Jean-Paul Parisé a écopé à son tour d’une pénalité douteuse et s’est vu décerner une inconduite par l’arbitre ouest-allemand Josef Kompalla après avoir frappé son bâton contre la glace en guise de protestation.

Pendant que les joueurs canadiens protestaient, Parisé a quitté le banc des pénalités et a foncé vers Kompalla avant de rebrousser chemin, ce qui lui a valu une inconduite de match.

L’incident a motivé Équipe Canada. Phil Esposito a créé l’égalité en prenant le retour du tir de Brad Park pour déjouer Vladislav Tretiak.

Vladimir Lutchenko a battu Ken Dryden lors d’un autre avantage numérique à 13:10, mais Park a saisi une passe de son coéquipier des Rangers, Jean Ratelle, pour déjouer Tretiak à 16:59, ce qui a recréé l’égalité.

Malgré leurs nombreuses pénalités, Équipe Canada était à égalité avec leurs adversaires après 20 minutes de jeu.

Mais au début du deuxième engagement, les Canadiens ont joué de malchance.

Yakushev a raté le filet avec son tir, mais la rondelle a rebondi contre le grillage et elle est revenue dans l’enclave. Vladimir Shadrin n’a pas raté sa chance et a surpris Dryden.

Une clôture à poule était utilisée comme protection derrière les filets dans les arénas soviétiques au lieu du plexiglas qui entourait les patinoires de la LNH.

Au milieu de la période, White a dévié la brillante passe de Rod Gilbert pour recréer l’égalité 3-3, mais les Soviétiques ont complètement dominé la deuxième moitié de l’engagement.

Yakushev a marqué à 11:43 en déjouant Dryden avec un tir tout juste à l’intérieur du poteau droit après une mise en jeu remportée par Vladimir Shadrin.

Vladimir Vasiliev a porté la marque 5-3 à 16:44 lors du troisième avantage numérique des Soviétiques de la rencontre.

Malgré un déficit de deux buts, aucune panique ne s’était manifestée dans le clan canadien.

« Il n’y avait plus rien d’autre à faire que de tout donner, a expliqué Bob Clarke à LNH.com. Il n’y avait aucune garantie que nous allions gagner, mais nous savions que nous devions donner tout ce qu’on avait. »

Les Soviétiques auraient bien aimé marquer le but d’assommoir au début de la troisième période, mais ils n’ont pu le faire.

Esposito a permis au Canada de revenir dans le match quand il a fendu l’air sur un tir, avant de se reprendre et de tirer à nouveau pour déjouer Tretiak à 2:27.

Avec une priorité d’un seul but, les Soviétiques ont commis la même erreur qu’Équipe Canada avait fait dans le cinquième match – soit tenter de protéger leur mince avance.

Les Canadiens ont augmenté le rythme peu de temps après que les deux équipes eurent changé de côté de patinoire au milieu de la troisième période comme le stipulait alors le règlement international.

Esposito, qui jouait comme un homme en mission, a décoché un tir des poignets de l’enclave d’une quinzaine de pieds que Tretiak a bloqué avec sa poitrine.

Le grand centre canadien a récupéré la rondelle derrière le filet avant de la remettre devant le but. Yvan Cournoyer a tiré, mais Tretiak a effectué l’arrêt. Puis Esposito a sauté sur le retour, mais encore une fois le gardien soviétique a résisté.

Mais à sa deuxième tentative, Cournoyer a poussé la rondelle dans le filet avec un tir du revers à 12:56 pour recréer l’égalité 5-5 pendant que Tretiak était étendu de tout son long.

On a eu droit à un autre incident quand la lumière rouge derrière le filet ne s’est pas allumée.

« On a pensé qu’ils allaient refuser le but, a dit Gilbert à LNH.com. On était au centre de la patinoire pour la mise en jeu et ils ont dit ‘Le but est refusé’. C’est à ce moment que les troubles ont commencé. Alan Eagleson (NDLR : le patron de l’Association de joueurs et l’un des organisateurs de la série) était pris à partie dans les gradins et était sur le point de se faire expulser de l’aréna. C’était comme à la guerre, nous avions nos bâtons et ils avaient leurs fusils. Nous avons pu tirer Eagleson du pétrin et le ramener avec nous au banc des joueurs. On ne peut pas écrire un scénario comme cela. »

Alors que les Soviétiques commençaient à proclamer qu’ils seraient les gagnants de la série puisqu’ils avaient marqué un but de plus, ils se reposaient sur leurs lauriers à mesure que le temps s’écoulait.

Il restait moins d’une minute à jouer quand Cournoyer a intercepté une passe dans la zone soviétique. Il a tenté de rejoindre Paul Henderson, qui avait pris la place de Mahovlich, l’habituel ailier gauche du trio, car il voulait effectuer une dernière présence sur la patinoire, lui qui avait marqué les buts gagnants lors des sixième et septième matchs.

Henderson n’a pu saisir la rondelle et a trébuché avant de donner contre la bande. Mais Esposito, qui suivait, a saisi la rondelle et a tiré en direction de Tretiak qui a fait l’arrêt. Henderson, qui avait été oublié le long de la bande, est revenu devant le but et a sauté sur le retour, mais Tretiak a effectué l’arrêt sans être capable de contrôler la rondelle.

Toujours laissé sans couverture par les défenseurs soviétiques, Henderson a saisi son propre retour pour déjouer Tretiak avec 34 secondes à jouer.

« Notre trio a cédé sa place à celui d’Espo – qui jouait en compagnie de Peter Mahovlich et d’Yvan Cournoyer, a raconté Henderson à LNH.com. Je ne pensais pas effectuer une autre présence sur la patinoire. Mais Harry Sinden nous a dit que s’il restait du temps, ce serait notre trio qui retournerait sur la patinoire. On savait qu’il restait assez de temps. Je me suis mis à crier à Peter Mahovlich – ce que je n’avais jamais fait et que je n’ai jamais fait par la suite. C’était totalement non prémédité. Je me disais que je devais retourner sur la patinoire. Dieu merci, Peter a pensé que c’était l’entraîneur en chef qui criait. »

« Je l’ai remplacé et 10 secondes plus tard, la rondelle était dans le filet. »

Foster Hewitt en a fait l’une des descriptions les plus célèbres de l’histoire de la télévision.

« Henderson a marqué pour le Canada. »

Henderson s’est retourné avant de se jeter dans les bras de Cournoyer pendant que Tretiak était étendu dans son rectangle.

Le banc d’Équipe Canada s’est vidé et tous les joueurs ont entouré Henderson, même Dryden a traversé toute la patinoire pour participer aux célébrations.

Les Soviétiques stupéfaits n’ont obtenu qu’un faible tir sur Dryden avant la fin du match qui s’est terminé par la victoire de 6-5 du Canada.

Le ‘O Canada’ a été immédiatement entamé par les 3000 amateurs canadiens présents dans l’amphithéâtre pendant que les joueurs s’enlaçaient sur la glace.

La Série du siècle a été un moment marquant pour le hockey.

La vitesse des Soviétiques et leurs habiletés ont démontré au monde qu’ils n’avaient rien à envier aux joueurs de la LNH.

Mais les Canadiens ont aussi enseigné aux stoïques Soviétiques quelques leçons, comme, combattre avec ardeur, le désir de vaincre et l’importance de l’émotion.

« Le légendaire entraîneur en chef soviétique, Anatoli Tarasov, avait dit à l’époque: ‘Nous pouvons patiner aussi bien que les Canadiens. Nous avons les habiletés pour jouer contre eux. Nous avons d’aussi bons tirs qu’eux. Le seul avantage qu’ils ont sur nous, c’est le caractère, a déclaré Henderson. C’est ce qui a fait la différence. Nous avons été capables d’aller au fond de nous-mêmes et d’accomplir ce qu’ils n’ont pas été capables de battre. »

 

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