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Les Canadiens comblent un déficit et remportent le sixième match de la Série du siècle

lundi 2012-09-24 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par John Kreiser - Chroniqueur LNH.com

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Les Canadiens comblent un déficit et remportent le sixième match de la Série du siècle

Il y a 40 ans que le monde du hockey a été profondément changé par le début de la série de huit matchs entre les équipes nationales du Canada, composée de joueurs de la LNH à leur apogée, et celle de l’U.R.S.S. Ces deux pays étaient considérés à l’époque comme les deux plus grandes nations du hockey. La série, qui a été présentée pendant tout le mois de septembre, a été assidûment suivie par tous les amateurs de hockey du monde. Et après la dramatique victoire du Canada (4-3-1), il n’y avait plus aucun doute que la LNH ne serait plus jamais la même. Le site LNH.com jettera un regard attentif sur l’historique Série du siècle en publiant une succession d’articles pendant tout le mois de septembre. Aujourd’hui, LNH.com donne un aperçu du premier match de cette série. Ne manquez pas les autres textes qui seront publiés pendant tout le mois de septembre.

Quand on est au fond du baril comme Équipe Canada se retrouvait avant le sixième match de la Série du siècle - soit tirer de l’arrière 3-1-1 et disputer les trois derniers matchs sur la patinoire adverse -, il est parfois préférable de ne pas regarder trop loin en avant.

Ce fut le discours de l’entraîneur en chef, Harry Sinden, lors de l’entraînement de l’équipe au lendemain de la troisième défaite des siens. Il a encouragé ses joueurs à se concentrer sur leur prochaine présence sur la patinoire et sur la prochaine période à disputer, plutôt qu’à l’immense défi qu’ils avaient à relever.

MATCH No 6: CANADA 3, URSS 2



Première période: Aucun.

Deuxième période: 1, URSS, Liapkin 1 (Yakushev, Shadrin), 1:12. 2, Canada, Hull 2 (Gilbert), 5:13. 3, Canada, Cournoyer 2 (Berenson), 6:21. 4, Canada, Henderson 5, 6:36. 5, URSS, Yakushev 3 (Shadrin, Liapkin), 17:11 (BAN).

Troisième période: Aucun.

Tirs au but: Canada 7-8-7-22. Union soviétique 12-8-9--29

Gardiens: Canada, Dryden 1-2-0 (29 tirs reçus, 27 arrêts). Union soviétique, Tretiak 3-2-1 (22-19)

Assistance: 15 000

Sinden a également changé de stratégie, s’éloignant du système de jeu généralement adopté dans la LNH. Il voulait augmenter le tempo et instaurer un meilleur échec-avant afin de profiter de la plus grande faiblesse des Soviétiques – leur jeu dans leur propre zone.

Quand ils ont sauté sur la patinoire le 24 septembre 1972, la condition physique des joueurs canadiens s’était améliorée et ils commençaient à comprendre de plus en plus les tactiques de leurs adversaires, système de jeu qu’ils n’avaient jamais vu auparavant.

« Au début de la série, leur système de jeu nous a causé beaucoup de problèmes, surtout à nos gardiens, a révélé Bob Clarke à LNH.com. Quand ils se retrouvaient dans certaines zones, ils passaient la rondelle, alors que nous, on tirait toujours. Nos gardiens, tout comme les autres joueurs, étaient confus. Notre condition physique était également minable. Mais quand notre forme physique est revenue, nous avons été capables de les contenir. Et quand nous avons atteint la même condition physique qu’eux et après avoir disputé un certain nombre de matchs ensemble, ils ne pouvaient pas nous contenir. »

Le spectre de retourner au Canada après avoir perdu contre une équipe qu’ils devaient écraser a procuré aux joueurs canadiens une motivation supplémentaire.

« La peur est une merveilleuse motivation, a indiqué Paul Henderson à LNH.com. Après avoir perdu le premier match à Moscou, j’ai dit à ma femme : 'Si nous ne gagnons pas les trois derniers matchs, nous serons reconnus comme des perdants pour le reste de nos vies. Nous devons gagner les trois derniers matchs.' »

Tout en voulant neutraliser le jeu des Canadiens sur la patinoire, les autorités soviétiques tentaient de freiner l’enthousiasme des 3000 Canadiens qui avaient fait le voyage à Moscou.

Les partisans canadiens étaient si bruyants et leur comportement importunait tellement les dirigeants soviétiques que ces derniers ont décidé d’éparpiller les visiteurs aux quatre coins de l’amphithéâtre. Tout ce que cela a provoqué, c’est que les Canadiens - tout de rouge vêtu - ont été encore plus bruyants.

En première période, les amateurs canadiens ont réservé leurs acclamations pour Ken Dryden, qui ne devait plus jouer de la série, mais qui a commencé le sixième match parce que Tony Esposito avait accordé cinq buts dans la troisième période du cinquième match.

Dryden a bloqué les 12 tirs qu’il a affrontés dans les 20 premières minutes de jeu et les joueurs canadiens ont neutralisé les trois supériorités numériques que les arbitres ouest-allemands Franz Baader et Josef Kompalla ont accordées aux Soviétiques.

Au début de la deuxième période, Yuri Liapkin a déjoué Dryden à l’aide d’un tir frappé voilé pour procurer une avance de 1-0 aux Soviétiques à 1:12.

Les Canadiens ont répliqué avec trois buts en l’espace de 83 secondes.

Dennis Hull a sauté sur le retour de lancer de Rod Gilbert pour déjouer Viacheslav Tretiak à 5:13.

Red Berenson a rejoint Yvan Cournoyer avec une passe dans l’enclave et ce dernier a marqué à l’aide d’un puissant tir à 6:31, et 15 secondes plus tard, Henderson a intercepté une passe avant de battre les défenseurs et de surprendre Tretiak pour porter la marque 3-1.

Dans un match et une série qui devenait de plus en plus robuste, le joueur étoile soviétique Valeri Kharlamov était devenue un homme marqué.

Clarke a écopé d’une mineure et d’une inconduite après une bousculade avec Kharlamov. À son retour sur la patinoire, Clarke a asséné un violent coup de bâton sur une cheville du Soviétique, geste qui n’a pas été puni.

Quelques secondes plus tard, ce fut Hull qui a été pénalisé à 17:02 pour un mystérieux cinglage que personne n’a vu.

Alexander Yakushev, un autre joueur soviétique qui avait fait forte impression sur les Canadiens, a réduit l’écart à un but en marquant lors d’un avantage numérique, neuf secondes après le début de la pénalité à Hull.

Mais l’unité en désavantage numérique des Canadiens a été sans faille pour le reste du match. Elle a écoulé la pénalité majeure décernée à Esposito pour bâton élevée en fin de deuxième période, une infériorité numérique qui est devenue un désavantage de deux joueurs quand Équipe Canada a écopé d’une mineure pour avoir contesté la première punition.

L’entraîneur en chef Harry Sinden et son adjoint John Ferguson étaient si furieux que Berenson a dû les calmer.

En troisième période, les Canadiens ont complètement anéanti les efforts des Soviétiques, écoulant une pénalité mineure pour avoir retenu à Ron Ellis avec 2:21 à jouer.

Les Canadiens ont finalement quitté la patinoire avec une victoire de 3-2, ce qui leur a procuré un regain de confiance et qui gardait encore en vie leurs espoirs de remporter la série.

Ce fut un match que les Canadiens ont gagné parce qu’ils ont tout simplement refusé de perdre.

« L’élément le plus important a été la force psychologique qui a fait en sorte que l’on ne voulait pas être, ce que mon frère a appelé ‘une bande de minables’ et ‘une honte pour le pays’, a dit Gilbert. Nous ne voulions tout simplement pas perdre. Nous n’aurions pas pu revenir au Canada. »

 

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