Se connecter avec votre compte LNH.com:
  • Soumettre
  • Ou
  • Se connecter avec Google
 

Les deux matchs en Suède ont aidé le Canada à se regrouper

vendredi 2012-09-14 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par John Kreiser - Chroniqueur LNH.com

Partagez avec vos amis


Les deux matchs en Suède ont aidé le Canada à se regrouper

Il y a 40 ans que le monde du hockey a été profondément changé par le début de la série de huit matchs entre les équipes nationales du Canada, composée de joueurs de la LNH à leur apogée, et celle de l’U.R.S.S. Ces deux pays étaient considérés à l’époque comme les deux plus grandes nations du hockey. La série, qui a été présentée pendant tout le mois de septembre, a été assidûment suivie par tous les amateurs de hockey du monde. Et après la dramatique victoire du Canada (4-3-1), il n’y avait plus aucun doute que la LNH ne serait plus jamais la même. Le site LNH.com jettera un regard attentif sur l’historique Série du siècle en publiant une succession d’articles pendant tout le mois de septembre. Aujourd’hui, LNH.com donne un aperçu du premier match de cette série. Ne manquez pas les autres textes qui seront publiés pendant tout le mois de septembre.

Il n’a suffi qu’une semaine en septembre 1972 pour que le monde du hockey apprenne comment les joueurs de l’U.R.S.S. étaient devenus bons. Heureusement pour Équipe Canada, il y a eu une intermission de deux semaines avant que la Série du siècle reprenne ses activités le 22 septembre à Moscou.

Les Soviétiques menaient 2-1-1 après les quatre premiers matchs – incluant une convaincante victoire de 5-3 dans la quatrième rencontre disputée à Vancouver. Les joueurs d’Équipe Canada avaient d’ailleurs été hués après le match et Phil Esposito avait fustigé les amateurs qui avaient manifesté leur mécontentement.

Pendant que les Soviétiques prenaient la direction de Montréal pour magasiner avant de retourner chez eux, Équipe Canada s’était dirigé vers Toronto avant de partir pour Stockholm le 12 septembre afin de disputer deux matchs préparatoires contre l’équipe nationale de la Suède.

Ces deux rencontres avaient pour but d’aider les joueurs canadiens à s’adapter aux larges patinoires internationales sur lesquelles ils joueront à Moscow. Ces matchs avaient aussi pour but de regrouper un groupe de joueurs étoiles qui avaient fortement été secoués après qu’on leur eut dit qu’ils l’emporteraient aisément contre de supposés adversaires nettement inférieurs.

« Nous sommes devenus une équipe en Suède », s’est rappelé Rod Gilbert, qui venait de connaître une très bonne saison avec les Rangers de New York. « Il ne faut pas oublier que nous avions toujours joué l’un contre l’autre. On affrontait Phil Esposito et Wayne Cashman, des Bruins de Boston; Yvan Cournoyer et Serge Savard, des Canadiens de Montréal. C’était difficile, car nous devions former une équipe. Nous étions découragés, nous devions jouer en équipe et non pas de façon individuelle. Ils nous avaient donné une leçon de hockey comme nous en n’avions jamais eu. »

L’entraîneur en chef d’Équipe Canada, Harry Sinden, devait effectuer quelques modifications à sa formation après avoir vu son équipe connaître amples difficultés contre une équipe qui jouait un style de jeu complètement différent que l’on jouait dans la LNH.

« Nous n’avions jamais vu un jeu de transition comme cela, a dit l’attaquant Paul Henderson à LNH.com. Leur jeu de transition était fantastique. Nous venions d’obtenir une bonne chance de marquer dans leur zone et la première chose que l’on savait, c’est qu’ils attaquaient notre but. Nous n’étions pas préparés du tout à faire face à ce jeu de transition. »

Sinden devait aussi négocier avec les égos de chacun et de garder toutes ces vedettes contentes même si certaines devaient se contenter d’un rôle mineur. Mais les joueurs avaient un but commun.

« Nous étions 35 joueurs, mais seulement 17 pouvaient jouer, a dit Gilbert à LNH.com. Ils ont pris les 18 autres, ceux qui ne jouaient pas, et ils imitaient le jeu des Russes. On s’entraînait et on devenait de plus en plus familier avec leur système. »

Les joueurs canadiens devenaient de plus en plus en forme, un aspect sur lequel Gilbert a insisté pour expliquer les difficultés qu’Équipe Canada avait connues devant ses partisans.

« Ils étaient en bien meilleure condition physique que nous », a déclaré Gilbert en parlant des Soviétiques. « Notre forme physique s’est améliorée et en Suède, on a commencé à avoir notre forme de match. »

Le 16 septembre à Stockholm, les joueurs d’Équipe Canada ont sauté sur la glace avec le couteau entre les dents et ils ont laissé sortir leur frustration en l’emportant 4-1, tout en dominant 34-24 au chapitre des tirs même s’ils ont fait face à huit avantages numériques, alors qu’ils en ont obtenu seulement quatre.

Même l’ambassadeur canadien en Suède a critiqué le jeu robuste d’Équipe Canada, alors que Sinden blâmait les coups de bâton et l’obstruction des joueurs suédois.

Cashman, l’un des plus gros joueurs des « Big Bad Bruins » à Boston, a eu besoin de 50 points de suture pour refermer une coupure à la langue après avoir été atteint par le bâton de Ulf Sterner, qui, sept ans plus tard, est devenu le premier Suédois à jouer dans la LNH.

Sterner est cependant retourné dans son pays car il trouvait que le jeu était trop robuste en Amérique du Nord (c’était l’époque où les règlements du hockey international sur les mises en échec étaient nettement différents de ceux de la LNH).

Deux soirs plus tard, le Canada a pris une avance de 2-1 en troisième période, mais ils ont dû marquer dans la dernière minute de jeu pour soutirer un verdict nul de 4-4.

Esposito, qui était devenu le leader de l’équipe après sa sortie à Vancouver, a marqué en désavantage numérique avec 47 secondes à jouer pour créer l’égalité.

Équipe Canada jouait en infériorité numérique car Vic Hadfield avait écopé d’une pénalité majeure pour avoir porté son bâton trop élevé contre le capitaine suédois Lars-Erik Sjoberg.

Mais les deux matchs disputés en Suède ont été profitables, tant à l’extérieur de la patinoire que sur la glace.

« Après avoir joué 10 ou 12 jours, peut-être deux semaines sur les grandes patinoires, nous avions retrouvé nos jambes », a dit Henderson.

Équipe Canada était arrivée à Moscou beaucoup plus unie qu’elle l’était deux semaines auparavant, malgré le départ de trois joueurs - Hadfield, Gilbert Perreault et Richard Martin – avant que la série reprenne ses activités à Moscou.

« Ils faisaient circuler la rondelle beaucoup mieux que nous le faisions jusqu’à ce que nous comprenions ce qu’ils faisaient, a dit Gilbert. Nous sommes devenus une équipe en Suède. »

Malgré leur priorité de 2-1-1, les Soviétiques n’étaient pas prêts à célébrer leur victoire même si le reste de la série était disputée devant leurs partisans.

« Non, je ne suis pas confiant et personne au sein de notre équipe l’est, avait déclaré à l’époque le défenseur Alexander Ragulin. Nous ne dirons rien tant que la série ne sera pas terminée. »

 

La LNH sur Facebook