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Les Soviétiques ont ébranlé le Canada dans le premier match de la Série du siècle

dimanche 2012-09-02 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par John Kreiser - Chroniqueur LNH.com

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Les Soviétiques ont ébranlé le Canada dans le premier match de la Série du siècle

Il y a 40 ans aujourd’hui que le monde du hockey a été profondément changé par le début de la série de huit matchs entre les équipes nationales du Canada, composée de joueurs de la LNH à leur apogée, et celle de l’U.R.S.S. Ces deux pays étaient considérés à l’époque comme les deux plus grandes nations du hockey. La série, qui a été présentée pendant tout le mois de septembre, a été assidûment suivie par tous les amateurs de hockey du monde. Et après la dramatique victoire du Canada (4-3-1), il n’y avait plus aucun doute que la LNH ne serait plus jamais la même. Le site LNH.com jettera un regard attentif sur l’historique Série du siècle en publiant une succession d’articles pendant tout le mois de septembre. Aujourd’hui, LNH.com donne un aperçu du premier match de cette série. Ne manquez pas les autres textes qui seront publiés pendant tout le mois de septembre.

Il n’y avait aucun doute dans l’esprit des 18 818 amateurs massés dans le Forum de Montréal, en ce soir du 2 septembre 1972, de ce qui allait se passer lors du premier match entre les joueurs Canadiens de la Ligue nationale de hockey et ceux de l’Union soviétique.

Depuis des semaines, la plupart des médias canadiens claironnaient la supériorité de l’Équipe Canada, une formation qui comptait 14 des 25 meilleurs pointeurs de la LNH de la saison 1971-1972. Cette confiance régnait malgré l’absence de Bobby Hull, qui avait joint la nouvelle Association mondiale de hockey, et Bobby Orr, qui soignait des blessures aux genoux. Ken Dryden et Tony Esposito, deux gardiens étoiles, seraient devant les buts.

MATCH 1: URSS 7, CANADA 3



Première période:
1, Canada, P. Esposito 1 (F. Mahovlich, Bergman), :30. 2, Canada, Henderson 1 (Clarke), 6:32. 3, URSS, Zimin 1 (Yakushev, Shadrin) 11:40. 4, URSS, Petrov 1 (Mikhailov) 17.28, (BDN).

Première période: 5, URSS, Kharlamov 1 (Maltsev), 2:40. 6, URSS, Kharlamov 2 (Maltsev), 10:18.

Troisième période: 7, Canada, Clarke 1 (Ellis, Henderson), 8:22. 8, URSS, Mikhailov 1 (Blinov), 13:32. 9, URSS, Zimin 2, 14:29. 10, URSS, Yakushev 1 (Shadrin), 18:37

Tirs au but: Union soviétique 10-10-10--30. Canada 10-10-12--32.

Gardiens: Union soviétique, Tretiak 1-0-0 (32 tirs reçus, 29 arrêts). Canada, Dryden 0-1-0 (30-23).

Assistance: 18 818

Les Soviétiques étaient, quant à eux, un groupe de parfaits inconnus qui portaient des noms difficiles à prononcer. Ils portaient de vieux équipements, leurs chandails étaient trop petits et leurs bâtons étaient usés.

Quelle chance pouvaient-ils avoir contre les meilleurs joueurs professionnels du monde?

Au milieu de la première période, on pouvait facilement répondre « qu’ils en n’avaient pas beaucoup ».

Seulement 30 secondes après avoir remporté la mise en jeu officielle, Phil Esposito a procuré les devants au Canada en sautant sur le retour du tir de Frank Mahovlich pour déjouer le gardien Vladislav Tretiak, âgé de 20 ans.

Et 6:02 plus tard, Paul Henderson a porté la marque 2-0 en déjouant Tretiak avec un tir inoffensif.

Il semblait que le tracé était pavé. Les joueurs canadiens étaient impatients de sauter sur la glace et d’avoir leur chance de déjouer le jeune gardien soviétique. La seule chose que la plupart des joueurs canadiens savaient au sujet de Tretiak, c’est qu’il avait accordé neuf buts dans un match préparatoire contre les Suédois. Ils ignoraient cependant que cette rencontre avait été disputée au lendemain de son mariage.

Un spectateur derrière le banc soviétique a fait rire les amateurs quand il a demandé à voix haute s’il y avait une règle de 10 buts dans le hockey international.

Mais les Soviétiques, qui s’entraînaient à longueur d’année, sont arrivés en Amérique du Nord en bien meilleure forme que les joueurs de la LNH, qui dans une autre année, n’auraient même pas encore commencé leur camp d’entraînement.

Et quand les Soviétiques se sont ressaisis et que le manque de conditionnement physique des Canadiens commençait à se faire sentir, le jeu a complètement changé de bord.

« Quand je suis revenu au banc après avoir marqué le deuxième but du match, j’ai dit à Ronnie Ellis et à Bobby Clarke que ce serait une longue série, a raconté Henderson à LNH.com. Je savais déjà que nous les avions nettement sous-estimés. Je savais que nous étions loin d’être aussi bons qu’eux. Nous l’avions déjà constaté dans les six premières minutes. Ces gars-là étaient dans une forme déconcertante. »

À 11:40, le rapide Evgeny Zimin a saisi une passe de l’attaquant Alexander Yakushev et a déjoué Dryden. Moins de six minutes plus tard, Vladimir Petrov a créé l’égalité à 17:28 en marquant en désavantage numérique quand il a dévié une passe de Boris Mikhailov lors d’une montée à 2-contre-1.

Quand la sirène annonçant la fin de la première période s’est fait entendre, les deux équipes étaient à égalité 2-2 et le Forum était étrangement calme.

L’amphithéâtre est devenu encore plus calme en deuxième période quand les Soviétiques ont augmenté leur domination avec un style de jeu qui était complètement étranger pour leurs adversaires.

Les visiteurs ne tiraient pas la rondelle dans le fond de la zone adverse en tentant de la récupérer, comme le faisaient la plupart des équipes de la LNH.

Au lieu de cela, ils gardaient le contrôle de la rondelle, effectuant passes après passes jusqu’à ce qu’ils obtiennent une bonne opportunité de marquer, même si cela pouvait signifier de tourner en rond au centre de la patinoire avant de trouver l’ouverture.

La vitesse des Soviétiques, la précision de leurs passes et leurs attaques inventives faisaient en sorte que les ouvertures se créaient de plus en plus au fur et à mesure que le match progressait.

« Nous n’avions jamais rien vu comme cela », a rappelé Rod Gilbert à LNH.com.

Valeri Kharlamov a été le joueur le plus éblouissant, lui qui a marqué deux buts spectaculaires au milieu de la deuxième période pour procurer une avance 4-2 aux siens après 40 minutes de jeu. À la fin de la soirée, le nom de Kharlamov était très bien connu à travers le Canada.

Équipe Canada a réduit l’écart à un but quand Bobby Clarke a marqué à 8:22 de la troisième période. Les Canadiens ont bien tenté de créer l’égalité, mais Tretiak s’est dressé devant eux, démontrant que les rapports des dépisteurs sur le gardien soviétique ne valaient pas plus chers que le papier sur lesquels ils étaient écrits.

Les Soviétiques ont mis le match hors de portée en fin de rencontre en inscrivant trois buts en l’espace de 5:05 pour finalement l’emporter 7-3.

« Nous avons pu les contenir pendant deux périodes, mais à la troisième, nos pauvres défenseurs cherchaient leur souffle, a déclaré Henderson. On expédiait la rondelle dans le fond de leur zone et ils contre-attaquaient à la vitesse de l’éclair. Nous n’avions jamais vu un tel jeu de transition, c’était irréel. Nous étions dans leur zone et tentions de marquer sur notre chance, et la seule chose que l’on savait, c’est qu’ils étaient rendus dans notre territoire. Nous n’étions pas préparés du tout à ce jeu de transition. Ça nous a coupé les jambes. »

L’étonnant silence qui régnait dans le Forum quand la sirène s’est fait entendre à la fin du match en disait plus que ce que les mots pouvaient expliquer. Les amateurs canadiens ne pouvaient croire ce qui venait de se passer, les meilleurs joueurs de hockey du monde venaient d’être humiliés par un groupe « d’amateurs ».

Au lieu d’être une partie de plaisir, les joueurs de la LNH avaient reçu une tarte en pleine figure.

Même les Soviétiques étaient surpris. Après tout, on leur avait vanté le grand talent des joueurs de la LNH et ils sont arrivés au Canada en entendant le battage médiatique qui prédisait une victoire facile des joueurs de la LNH.

Mais ils se sont entraînés ensemble pendant des mois, et leur travail d’équipe ainsi que leur meilleure forme physique ont démontré qu’ils étaient, et de loin, bien mieux préparés pour le premier match de la plus grande série de l’histoire du hockey.

« C’était un grand projet pour eux, a dit Gilbert. On n’avait aucune idée comment ils étaient bons, sans oublier qu’ils étaient en bien meilleure forme. Nous savions que ce serait une série bien plus difficile que ce que nous avions anticipé. »

Henderson a ajouté.

« Ils avaient un programme de deux ans. Ils s’étaient entraînés ensemble pendant deux ans. Ils avaient joué ensemble pendant deux ans, ai-je besoin de vous dire, qu’ils étaient prêts! »

 

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