EL SEGUNDO, Calif. – Au moins un joueur des Kings de Los Angeles admet l’évidence quand vient le temps de parler du match numéro quatre de la finale de la Coupe Stanley.
Avec une avance de 3-0 dans la série face aux Devils du New Jersey et une chance de voir cette organisation remporter, à domicile, une première Coupe Stanley dans son histoire, Colin Fraser a dit tout haut ce que tous pensent.
« Ça nous importe peu de l’endroit où cela se produira or, nous voici en position de le faire à domicile, a dit Fraser. Vous ne voulez perdre aucun match, pas vrai? Nous voulons définitivement le faire à la maison. Nous nous sommes mis dans une position favorable et nous voulons en tirer avantage. »
La plupart des joueurs des Kings ont sorti le refrain habituel, mardi, statuant qu’il fallait garder le focus et ne pas penser à la Coupe Stanley qui sera dans l’amphithéâtre, mercredi. Il est difficile d’envisager que les Kings ne parviendront pas à clore la série, spécialement après avoir vu les Devils n’offrir que très peu de résistance dans la défaite de 4-0 lors du match numéro trois.
Les célébrités envahiront encore l’aréna. Les serviettes blanches feront la vague et probablement que les bâtonnets blancs fluorescents seront encore de mise lors de la présentation d’avant match.
Les Kings ont l’opportunité de devenir la première équipe depuis les Oilers de 1988 à présenter une fiche de 16-2 durant les séries éliminatoires. Les Kings sont d’ailleurs les premiers à avoir pris une avance de 3-0 dans chacune des quatre rondes, depuis que le format 4 de 7 actuel est en vogue, soit depuis 1987.
Mais ces bouches cousues ont leur raison d’être, compte tenu du fait que les seuls matchs que les Kings ont échappés sont les quatrièmes face aux Canucks de Vancouver, en première ronde et face aux Coyotes de Phoenix, en troisième ronde.
Le défenseur Rob Scuderi a admis qu’il aimerait que son équipe soit spécialement préparée à ce propos.
« Nous sommes chanceux d’avoir pris des avances de 3-0 dans chacune des séries et nous en sommes heureux, mais nous avons étiré des séries plus que nous l’aurions souhaité, a lancé Scuderi. C’est simplement un moment où il faut tenir bon et il en revient à chaque joueur de se préparer individuellement en tant que membre de l’équipe. J’espère que nous pourrons aller chercher cette victoire rapidement. »
Scuderi et Fraser font partie de la poignée de joueurs qui ont déjà été dans cette position d’obtenir une 16e victoire en séries pour mettre la main sur la Coupe Stanley. Dustin Penner et Justin Williams ont également gagné la Coupe Stanley avec d’autres formations, tandis que Jarret Stoll fait partie des quelques Kings qui ont perdu en finale.
« C’est la chose la plus difficile à accomplir, relate Stoll. Nous le savons tous. Très peu de gens l’ont gagnée, nous savons donc à quel point ce sera difficile, demain soir, nous aurons besoin de nos jambes. Nous devons avoir le bon état d’esprit et l’instinct de le saisir l’occasion et de la mériter. »
Stoll est bien au fait de la fiche de 1-2 lors des quatrièmes matchs et avoue : « Je suis persuadé que nous pouvons capitaliser. Nous avons fait du bon travail pour clore la série à une occasion et les deux autres fois nous n’y sommes pas arrivés. Nous connaissons la différence. Nous savons comment nous pouvons jouer, vous ne pouvez pas penser trop loin. Vous pouvez regarder devant. Nous ne l’avons pas fait de toutes les séries. Il faut demeurer dans le moment présent. Si vous n’êtes pas dans le moment présent, votre concentration n’est pas centrée sur ce qui se passe devant vous. »
Pointer du doigt ces deux défaites semble un peu pointilleux. Pendant que les Kings sont littéralement en transe, ne parlant pas de leur fiche de 15-2, le reste de la planète hockey compare les Kings de 2012 aux Oilers de 1988, qui est la dernière équipe à n’avoir participé à aucun match numéro six en route vers une Coupe Stanley.
Pour remettre les choses en perspective, l’équipe des Oilers d’Edmonton de 1988 est considérée comme étant l’une des meilleures formations des Oilers de l’ère Wayne Gretzky, avec des noms comme Mark Messier, Jari Kurri et Grant Fuhr.
« C’est du hockey bien différent aujourd’hui, de rappeler Stoll. C’est particulier, c’est certain. »
C’est le plus proche qu’iront Stoll et ses coéquipiers à propos de leur appréciation de leur fiche de 15-2. Ils ne veulent pas rompre leur état d’esprit et leur préparation et c’est sans doute le reflet de la ligne de pensée unique de l’entraîneur Darryl Sutter.
Mais à propos de leur formidable lancée, Stoll ajoute : « on ne sait jamais, c’est simplement de la façon que tout cela se passe. Vous bâtissez votre confiance le plus possible. Vous poursuivez sur votre lancée, vous profitez des performances de votre gardien de but. Et tout le monde s’y met, c’est probablement la meilleure chose à propos de nous, nous formons une équipe. Si vous voulez nous vaincre, il faudra passer sur le corps de plusieurs d’entre-nous pour y arriver. C’est ainsi que nous nous sentons et c’est de cette façon que l’on joue. Il en faut une seule de plus.
« Il y a de grands joueurs qui sont passés par cette organisation sans jamais gagner, et c’est une des choses que nous, les joueurs, voulons changer. Nous ressentons beaucoup de fierté envers notre organisation. C’est un endroit formidable où jouer. Ils nous traitent vraiment bien. C’est difficile de ne pas vouloir gagner pour des gens qui vous traitent aussi bien. Cette ville le mérite. Beaucoup de championnats se sont gagnés dans cet amphithéâtre, nous avons déjà vu quelques bannières de championnats… Il est maintenant temps, pour les Kings, d’en accrocher une. »

