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La décision des Rangers de bâtir à l’aide du repêchage rapporte

jeudi 2012-05-17 / 15:37 / LNH.com - Nouvelles

Par Dave Lozo - Journaliste LNH.com

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La décision des Rangers de bâtir à l’aide du repêchage rapporte

La célébration qui a suivi le magnifique but marqué par le défenseur de 21 ans Michael Del Zotto a réuni cinq joueurs des Rangers de New York qui représentent tous le mouvement jeunesse d’une franchise autrefois décrite comme étant l’une des plus vieilles de la ligue, et l’une de celle connaissant le moins de succès.

Pour accueillir Del Zotto, on pouvait voir Derek Stepan, 21 ans, souriant après avoir effectué une passe parfaite pour mettre la table pour ce but. Artem Anisimov, 23 ans, faisait également partie de ce groupe aux yeux écarquillés. Anisimov avait amorcé la contre-attaque après que le défenseur de 28 ans Dan Girardi, un homme d’âge mûr selon les critères en vigueur chez les Rangers, eut bloqué un lancer dans son territoire.

La cinquième et dernière personne présente dans ce rassemblement était Marian Gaborik, qui représente plutôt l’exception sur cet alignement, alors qu’il aurait représenté la norme au cours des cinq premières saisons de Glen Sather au poste de directeur général. Le joueur de 30 ans s’est joint aux Rangers en 2009 à gros prix en tant que joueur autonome, lui qui a accepté un contrat de cinq ans et 37,5 millions $ pour quitter le Wild du Minnesota. Lui et Brad Richards, 32 ans, un vieillard par rapport au reste de l’équipe, sont les deux seuls joueurs d’impact des Rangers qui n’ont pas été repêchés ou réembauchés par l’équipe.

« Ça fait quelques années que ça se prépare », affirme le capitaine de 27 ans des Rangers Ryan Callahan, qui a effectué ses débuts avec l’équipe en 2006 à l’âge de 21 ans. « Nous avons tenté de bâtir autour de ce noyau de jeunes joueurs. Nous avons effectué quelques ajouts, mais nous avons toujours progressé ensemble et nous avons intégré le système ensemble, et nous voyons que ça commence à donner des résultats. On pouvait sentir que l’on s’approchait au cours des dernières saisons. »

Des 16 équipes qui ont pris part aux séries de la Coupe Stanley en 2012, les Rangers représentaient la deuxième équipe la plus jeune avec une moyenne de 26,0 ans. C’est une chose de présenter un alignement rempli de joueurs ayant de fortes chances de se faire demander une preuve d’identité lorsqu’ils achètent de l’alcool où tentent d’aller voir un film pour adulte; c’en est une autre de faire en sorte que ces joueurs contribuent de manière immédiate aux succès d’une équipe gagnante.

Richards et Gaborik mènent l’équipe au chapitre des points dans les présentes séries, mais parmi les neuf joueurs qui les suivent au classement des pointeurs, seulement trois sont âgés de plus de 26 ans.

Depuis l’arrêt de travail en 2004-05, le changement de philosophie consistant à s’attarder davantage à bâtir à l’interne et de dépendre moins des joueurs autonomes vieillissants a porté fruit. Les Rangers ont raté les séries à une seule occasion, échappant le huitième et dernier rang en 2010 lorsqu’Olli Jokinen, un vétéran de location acquis à la date limite des échanges, n’a pu marquer en fusillade au cours du dernier match de la saison régulière face aux Flyers de Philadelphie.

Les Rangers ont maintenu une moyenne de 43,4 victoires par saison depuis le lock-out, le tout couronné par une campagne de 51 victoires en 2011-12, le deuxième plus haut total de l’histoire de l’équipe. Il s’agit d’un accomplissement encore plus impressionnant lorsque l’on considère à quel point cette équipe est jeune.

« C’est immense. Il s’agit d’un excellent processus d’apprentissage pour eux, déclare Gaborik. Ils font du bon travail et ils jouent avec confiance. [Le défenseur Ryan] McDonagh est probablement l’un des meilleurs joueurs de la ligue. Que ce soit en supériorité ou en infériorité numérique, ils s’en tirent bien. »

Aussi incroyable que soit cette renaissance à Manhattan, l’idée d’un virage jeunesse était considérée ridicule il n’y a pas si longtemps.

L’argent n’achète pas tout

Après deux décennies de succès presque ininterrompu avec les Oilers d’Edmonton, Sather a pris les commandes des Rangers au mois de juin 2000. Reconnu pour répéter à qui voulait l’entendre que s’il possédait l’argent et les ressources des Rangers, il remporterait la Coupe Stanley chaque année, il avait alors la chance de passer de la parole aux actes.

Les Rangers ont raté les séries éliminatoires au cours des trois saisons précédant le règne de Sather, et ses tentatives de régler le problème avec l’argent n’ont pas fonctionné. Les joueurs des Rangers ont regardé les quatre tournois printaniers suivants dans le confort de leurs foyers, et si l’on se fie aux montants accordés par Sather, ces foyers devaient être extrêmement confortables.

La liste des mises sous contrat douteuses entre 2000 et 2004 a été plutôt longue, mais les pires contrats accordés comprennent celui de Bobby Holik, 31 ans, pour cinq ans et 45 millions $ en 2002, et celui d’Eric Lindros, 28 ans, pour quatre ans et 37 millions $ en 2001, malgré le fait que ce dernier venait de subir une sixième commotion cérébrale au cours des 27 mois précédents. La masse salariale des Rangers au cours des quatre premières saisons sous la gouverne de Sather s’est classée respectivement au premier, troisième, premier et deuxième rang de la ligue. De plus, l’équipe ne comptait sur aucun jeune de talent.

« Le hockey est un sport de jeunes hommes, il ne sert à rien de le nier », avait déclaré Mark Messier, qui a effectué un retour avec l’équipe en 2000 à l’âge de 39 ans pour y demeurer jusqu’à sa retraite à l’âge de 43 ans. Il occupe aujourd’hui un poste de conseiller spécial auprès de Sather. « Il faut être jeune et ambitieux pour mettre les efforts nécessaires à l’entraînement et dans les matchs pour connaître du succès. Ça semble très amusant, et ça l’est, mais c’est aussi beaucoup de travail acharné. »

De 2000 à 2004, les Rangers ont affiché une moyenne de 32 victoires par saison, et ont atteint le fond du baril en 2003-04 avec une saison de 27 gains alors que la moyenne d’âge des joueurs faisant partie de l’alignement lors du match d’ouverture était de 30,6 ans.

Non seulement les Rangers ont-ils raté leur coup avec presque tous les joueurs autonomes d’envergure qu’ils ont mis sous contrat, mais leurs performances au repêchage ont aussi été décevantes. Sather a frappé un coup de circuit en septième ronde en 2000 lorsqu’il a mis la main sur le gardien vedette Henrik Lundqvist, mais parmi les 39 autres joueurs repêchés pendant ces quatre années, les trois joueurs les plus connus qui évoluent toujours dans la ligue sont Marek Zidlicky, Fedor Tyutin et Dominic Moore, et aucun d’entre eux ne joue avec les Rangers aujourd’hui.

La jeunesse et l’énergie dont avait tant besoin cette équipe étaient tout simplement inexistantes.

« De nos jours, le repêchage est probablement l’élément le plus important de notre sport en raison du plafond salarial, analyse Messier. Vous devez non seulement bien repêcher, mais aussi bien développer les jeunes. Le repêchage et le développement sont donc devenus primordiaux dans notre ligue, et la jeunesse est évidemment au centre de tout cela. Le développement des jeunes du club-école à la LNH est absolument essentiel au succès. Nous avons pu voir cette réalité s’établir après le lock-out. »

Nous pouvons aussi finalement voir cette réalité s’imposer chez les Rangers aujourd’hui.

Une nouvelle ère synonyme de nouvelle philosophie

Si quelqu’un est bien au fait de l’importance de la préparation et de la patience avec les jeunes repêchés, c’est bien le directeur du personnel des joueurs des Rangers Gordie Clark. Il a été embauché en 2002 en tant que recruteur après avoir passé six saisons avec les Islanders de New York à titre d’entraîneur adjoint et de directeur du personnel des joueurs.

Pendant l’arrêt de travail, lorsque Clark a été nommé dépisteur en chef des Rangers, il s’est assis avec Sather et le vice-président du personnel Don Maloney afin de leur présenter un plan à propos du futur de l’équipe, un futur qui allait fort probablement comprendre un plafond salarial. Après avoir écouté Clark, il semble bien que son passage chez les Islanders ait servi d’avertissement pour les Rangers.

« C’est évidemment quelque chose qui s’est produit pendant mon séjour à Long Island, et c’est l’une des raisons qui m’ont poussé à quitter », raconte Clark au sujet d’une équipe qui a perdu patience avec plusieurs jeunes joueurs pour ensuite les échanger. « [Zdeno] Chara est parti. [Roberto] Luongo est parti. [Todd] Bertuzzi est parti. Le changement est survenu à ce moment et je m’en suis bien rendu compte. Les Islanders étaient en bonne posture, et nous attendions que tout se mette en place. Puis, tout à coup, ils ont échangé tous ces jeunes joueurs et j’ai alors décidé de quitter l’organisation. »

Au cours de la saison perdue en raison du lock-out, Clark a réalisé qu’il faisait maintenant partie d’une organisation qui allait valoriser les jeunes joueurs.

« Je me suis assis avec Don et avec Glen pour leur parler, au moment où ils cherchaient à modifier leur philosophie et qu’ils souhaitaient amorcer un virage jeunesse, se rappelle Clark. Beaucoup de gens croyaient qu’à New York, il suffisait d’aller chercher tous les joueurs coûteux, mais au bout du compte, Don et Glen voulaient une équipe qui allait travailler très fort, et nous avons donc concentré nos efforts là-dessus. Cette équipe allait être plus jeune. »

Clark est devenu directeur du personnel des joueurs en 2005, soit environ deux ans avant que Maloney ne quitte pour devenir le directeur général des Coyotes de Phoenix. Clark a depuis eu une grande influence sur les repêchages des Rangers, où ils ont entre autres pu mettre la main sur Marc Staal, Michael Sauer, Carl Hagelin, Del Zotto, Stepan et Anisimov.

Chris Kreider, le 19e joueur sélectionné lors de l’encan 2009, s’est joint aux Rangers avant le début des séries d’après saison, et il fait maintenant sa marque. Il compte quatre buts, dont le but vainqueur du match numéro six en première ronde contre les Sénateurs d’Ottawa, alors que les Rangers faisaient face à l’élimination.

Parmi les onze meilleurs pointeurs des Rangers avant le deuxième match des Rangers en finale d’association, six ont été repêchés pendant le règne de Clark.

Lorsqu’il tente de mettre le doigt sur ce qui changé dans la manière dont les Rangers évaluent le talent, Clark précise que l’attitude du joueur est devenue tout aussi importante que ses habiletés.

« Les habiletés sont importantes, mais le dénominateur commun des joueurs que nous repêchons est le caractère, révèle Clark. La culture des joueurs que nous greffons aux Rangers est l’élément le plus important que nous avons modifié. New York est un endroit spécial où jouer, mais il est devenu spécial pour les mauvaises raisons, et plusieurs joueurs venaient y terminer leur carrière. C’est redevenu spécial de jouer ici pour les bonnes raisons. »

Les filiales, qui étaient à sec en raison d’horribles repêchages entre 2000 et 2003, ont été regarnies. Il s’agissait maintenant pour Sather et les Rangers de permettre à ces jeunes de prendre le temps de se développer convenablement, et leur patience est maintenant récompensée. Ajoutez à cela de judicieuses signatures de joueurs autonomes ces dernières années, plus particulièrement Gaborik et Richards, et les Rangers ont mis en place quelque chose de très intéressant.

« Je pense que cela a été très important au cours des dernières années, que Glen permette à nos jeunes joueurs de rester ensemble et d’avoir suffisamment de temps pour se développer », raconte l’entraîneur-chef des Rangers John Tortorella, embauché au cours de la campagne 2008-09. « Je crois qu’il s’agit de la première étape du processus de construction de cette équipe. Nous avons ensuite passé à l’étape suivante cet été en mettant sous contrat Richards, un joueur de centre de qualité avec un peu plus d’expérience. Mais les jeunes sont toujours demeurés avec nous. De ce côté, Glen a fait un travail fantastique. »

Oui, il y a eu ce contrat de six ans d’un montant de 39 millions $ accordé à Wade Redden à l’été 2008. Ce contrat pèse lourd sur les épaules de l’équipe, telle une ancre plaquée or, mais tous les excellents choix de repêchage et les jeunes joueurs mis sous contrat par les Rangers ont permis à New York d’exceller malgré le fait que ce contrat leur fait mal.

Le virage jeunesse bat son plein. La saison dernière, les quatre meilleurs pointeurs des Rangers étaient âgés de 24, 25, 28 et 20 ans. Au cours de la première saison après l’arrêt de travail, alors que les Rangers n’en étaient qu’au début de leur virage jeunesse, leurs quatre meilleurs pointeurs étaient âgés de 33, 33, 33 et 34 ans.

Vous vous rappelez que les Rangers étaient une équipe dont la moyenne d’âge se chiffrait à 30,6 ans au début de la saison 2003-04? La moyenne de la ligue s’établissait alors à 27,9 ans. L’édition des Rangers de cette année était âgée en moyenne de 26,6 ans en saison régulière. Malgré la perception que la LNH est une « ligue de jeunes hommes », la moyenne de la ligue s’établissait toujours à 27,9 ans au début de la saison 2011-12.

À notre époque, bien repêcher et bien développer les joueurs sont des éléments primordiaux pour obtenir du succès dans la LNH. Il a fallu du temps aux Rangers, mais ils ont finalement compris cette réalité.

« Encore plus dans cette ère de plafond salarial, vous devez développer vos joueurs à l’interne, et cette responsabilité revient à Glen, dit Tortorella. C’est excellent qu’il ait gardé confiance en ces jeunes. Même si nous avons mis la main sur McDonagh dans le cadre d’un échange, nous avons repêché d’autres jeunes comme Girardi, Sauer, Marc Staal, Michael Del Zotto, qui ont tous fait des pas dans la bonne direction. À la position de défenseur particulièrement, on ne veut pas abandonner trop vite et prendre des décisions hâtives.

« Cette attitude s’étend à toute l’équipe, et je crois qu’il s’agit d’un point positif pour toute l’organisation des Rangers. »

Suivez Dave Lozo sur Twitter : @DaveLozo

 

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