EL SEGUNDO, Calif. - Dean Lombardi n'a pas oublié ses mentors.
N'eut été des conseils de Lou Lamoriello en 1996 ainsi que de l'amitié et une offre d'emploi de Bobby Clarke en 2003, Lombardi pourrait être quelque part au Massachusetts, ayant utilisé son diplôme en droit de l'Université Tulane pour obtenir un emploi plus sûr – mais beaucoup moins gratifiant – que maintenant en tant que directeur général des Kings de Los Angeles, une des cinq équipes étant toujours dans la course pour l'obtention de la Coupe Stanley.
En poste depuis six ans à Los Angeles, Lombardi a fait des Kings des aspirants au championnat en s'inspirant de la philosophie de ces deux membres du Temple de la renommée.
« Ce sont des gens spéciaux avec des concessions spéciales », a souligné Lombardi à LNH.com lors d'un entretien à son bureau du Toyota Sports Center. « J'ai été très chanceux d'être conseillé par des gens comme eux. »
Le lien entre Lombardi et Lamoriello remonte à la fin des années 1980 quand il s'est joint aux North Stars du Minnesota pour être l'adjoint du directeur général Jack Ferreira, un natif de Providence qui connait bien Lamoriello. Ce dernier est aussi près du beau-père de Lombardi, Bob Pulford, un autre membre du Temple de la renommée.
A 39 ans, quand Lombardi est devenu le directeur général des Sharks de San Jose en 1996, il s'est tourné vers son compatriote de la Nouvelle-Angleterre.
Lamoriello a invité Lombardi à son bureau du New Jersey pour donner des conseils au jeune et nouveau membre de confrérie des directeurs généraux de la LNH.
« Je n'oublierai jamais le jour où il m'a amené dans mon bureau en ratant l'autobus de son équipe. Il m'a montré l'organigramme de l'organisation et il m'a expliqué comment une organisation doit être structurée si elle veut connaître du succès », a raconté Lombardi, qui en est à sa sixième saison comme dg des Kings. « C'était formidable. Il ne parlait même pas de son équipe, il parlait de son organisation. Ce qu'il tenait à démontrer, c'était qu'il fallait que tout soit en bon ordre pour avoir une culture gagnante. J'ai toujours les documents qu'il m'avait remis et ses commentaires que j'avais notés. »
Lombardi garde ces documents dans son bureau du Toyota Sports Center. Il se souvient que Lamoriello avait dit à son propre relationniste que l'autobus des Devils qui s'en allait à Philadelphie pouvait partir sans lui en raison de l'importance de sa rencontre avec Lombardi.
Le fait que Lombardi se préparait à être le directeur général d'une autre équipe de la LNH n'avait pas ennuyé Lamoriello.
« Je me souviens très bien de cette rencontre », a dit Lamoriello à LNH.com lors d'un entretien téléphonique. « Il voulait me poser quelques questions, et j'ai apprécié. Quand on peut aider quelqu'un, on le fait. Dean est un bon ami. Il voulait savoir si j'acceptais de partager ma philosophie avec lui, et je n'avais aucun problème avec ça. Nous avons parlé pendant longtemps. »
Lombardi indique qu'un des documents contient des citations de Vince Lombardi.
« Lou m'a dit: «Chaque fois que tu auras des difficultés, sors-le et lis-le».
Et c'est ce qu'il fait.
« Ça se produit dans la vie; il y a toujours des gens qui vous aident et envers qui on a une dette, a révélé Lombardi. Espérons que je pourrai en faire autant pour un jeune, éventuellement. »
Sept ans plus tard, après que Lombardi eut été congédié tard en 2002-03 à la suite d'une mauvaise année après six bonnes saisons, chacune meilleure que la précédente, une autre légende du hockey lui a donné un deuxième souffle de vie à l'âge de 45 ans.
Clarke, qui était alors le directeur général des Flyers de Philadelphie, a appelé Lombardi chaque semaine à la suite de son congédiement pour s'assurer qu'il était correct et que tout allait bien.
« C'était le pire moment de ma vie, a confié Lombardi. Au début quand on est congédié, on reçoit des appels mais quand on n'a plus d'appels, on se sent seul. Ce gars-là m'appelait pour me demander comment j'étais, ce que je faisais. J'étais abattu, mais il m'a redonné espoir. Il m'appelait. »
Clarke, qui avait appris à connaître Lombardi lors des rencontres annuelles des directeurs généraux de la LNH, voulait tout simplement s'assurer que Lombardi savait qu'il avait un ami.
« Chaque directeur général est éventuellement congédié, et le protocole est généralement d'appeler le gars, de lui dire que l'organisation a commis une erreur, mais après une semaine, c'est comme si on n'avait jamais existé », a expliqué Clarke à LNH.com lors d'un entretien au téléphone. « Ça peut faire en sorte qu'on peut se sentir seul quand le hockey est toute sa vie. Je savais qu'il avait mal. Je l'appelais pour parler de hockey parce que nous étions des amis.
« Le hockey était toute sa vie. Ce n'est pas comme s'il ne faisait que passer. Il était dévasté. »
Le jour est venu où Clarke a finalement téléphoné à Lombardi pour lui dire autre chose que de garder la tête haute. Il avait une offre d'emploi à lui offrir pour qu'il devienne un dépisteur des Flyers.
« Il m'a appelé et il m'a dit: Assez bouder, c'est le temps de se relever. C'est suffisant. Tu viens travailler avec moi et tu reviens au travail, s'est souvenu Lombardi. Ce fut ce qu'il est convenu d'appeler un moment crucial dans ma vie. »
Lombardi est devenu le dépisteur des Flyers dans l'Association de l'Ouest.
« Nous étions des amis, mais nous avions confiance à son jugement et nous avions une position pour lui, a expliqué Clarke. Il connaissait bien les joueurs de l'Ouest, il aimait faire du dépistage et il était de retour dans le hockey. Je savais que le dépistage ne serait pas la fin pour lui, mais il fallait qu'il revienne dans le hockey, qu'il se retrouve de nouveau dans le monde du hockey. »
Lombardi n'échangerait pas ses trois années avec les Flyers pour tout autre chose.
« Ça m'a vraiment ouvert les yeux, a-t-il révélé. Ce fut formidable de me rendre dans les amphithéâtres et de me concentrer sur le hockey. Parfois en tant que directeur général, il y a tellement de choses à faire qu'on ne regarde pas les matchs comme on le devrait le faire. Clarke m'invitait, tous les 90 jours, à rejoindre l'équipe et à m'asseoir avec lui.
« C'était très instructif de m'asseoir dans son bureau. Le troisième mot qui sortait toujours de sa bouche était “l'équipe.” Si on voulait qu'il sorte un peu de venin, il fallait parler d'un geste égoïste. Il n'y a rien qui l'irritait plus que ça. C'était de la colère pure. »
Lombardi n'a pas voulu dire si les Flyers lui ont servi de modèle pour bâtir les Kings, mais il s'en est servi comme un exemple de culture – et pourquoi bâtir une culture gagnante est plus important que seulement reconstruire une équipe.
« Avec une culture, on transcende les générations, a dit Lombardi. Il y a une transmission qui s'opère et tout le monde le ressent. »
Ce n'est donc pas une surprise de voir que l'ancien gardien des Flyers Ron Hextall est son adjoint et que plusieurs anciens des Flyers sont des joueurs étoiles des Kings.
« C'est la seule autre équipe à l'exception des Flyers que j'aime et que je veux voir gagner, a affirmé Clarke en parlant des Kings. Dean est brillant. Il est intense et il est très curieux. »
Il ne lui faut aussi que huit victoires de plus pour devenir un champion de la Coupe Stanley, tout comme ses mentors.
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