BROSSARD - Ami d'enfance de Mario Lemieux, Marc Bergevin a grandi dans le quartier Pointe Saint-Charles à Montréal, à quelques pas de l'ancien Forum, et il a aussi joué avec les Saguenéens de Chicoutimi de la LHJMQ avant d'entreprendre sa longue carrière de 20 ans dans la LNH.
Expérimenté mais peu connu malgré ses racines québécoises, Bergevin répondait à tous les critères et il aura fallu d'une seule rencontre avec les médias pour démontrer qu'il soufflera un vent de fraîcheur comme le nouveau directeur général de l'organisation.
C'est un excellent communicateur, ce qui n'était pas le fort de son prédécesseur Pierre Gauthier, et en plus d'être expérimenté, il a aussi un bon sens de l'humour. Plutôt froid et distant, Gauthier n'était pas à l'aise en public.
Il y avait une soixantaine de représentants des médias quand le propriétaire du Canadien Geoff Molson l'a officiellement présenté mercredi après-midi au Complexe sportif de Brossard et on aurait dit que Bergevin avait fait ça toute sa vie.
« Si j'ai accepté le poste, c'est parce que je suis sûr d'être prêt, a-t-il confié, ému de revenir au bercail dans sa ville natale après avoir passé la majeure partie de sa carrière aux Etats-Unis.
« C'est émotif. Le Canadien, c'est le Canadien. Je suis parti en 1984 mais le Canadien, ça fait partie de moi. Je suis fier, ému et... proud», a-t-il avoué au cours d'une conférence de presse qui s'est déroulée autant en français qu'en anglais.
« Quand je suis entré et que je vous ai vus, j'étais nerveux, je l'admets. Mais je suis bien maintenant... »
A-t-il des craintes en raison de l'ampleur de la tâche ?
« L'inconnu ne me fait pas peur. Je l'ai vécu », a-t-il dit avec une sincérité évidente en faisant référence à ses nombreux déplacements au cours de sa carrière dans la LNH. « Je vais m'entourer de gens pour prendre les bonnes décisions. »
Des francophones un priorité
Reconnaissant qu'il « y a beaucoup de place pour l'amélioration quand on finit 15e », Bergevin a indiqué qu'il verra à ce que le Canadien porte une attention particulière aux joueurs francophones.
« Il n'y a aucun doute là-dessus », a-t-il admis en parlant des joueurs de la LHJMQ. « A Montréal, les joueurs du Québec sont dans notre cour. Nous aurons le personnel pour être certain qu'on ne négligera pas les gars du Québec. On va faire de notre mieux pour ne pas les manquer (...)
« On a présentement un dépisteur au Québec. Il y en aura plus. Ce sera une priorité pour moi, une fierté.»
Bergevin, 46 ans, est un ancien défenseur qui croit au travail d'équipe.
« Pour avoir du succès dans la LNH il faut d'un peu de tout. J'ai évolué pendant longtemps dans la LNH. Je n'étais pas le plus grand des joueurs mais j'apportais quelque chose à la table.
« Ce qui compte à la fin de la journée, c'est le concept d'équipe. »
Que pense-t-il de Trevor Timmins, le directeur du programme de recrutement des joueurs ?
« Il a fait du bon travail, a dit Bergevin. Il sera assis à mes côtés lors de la séance de repêchage (en juin) à Pittsburgh. »
Pour le moment, Larry Carrière est le directeur général adjoint du Canadien et Bergevin n'a pas l'intention de s'en départir.
« C'est une bonne personne, a-t-il dit. Il est respecté. Il va rester dans mon équipe. Plus on en a, mieux c'est. »
Amené sur un terrain glissant quand il lui a été signalé que Gauthier n'était pas un bon communicateur, Bergevin a répondu spontanément avec une diplomatie qui l'honore.
« Ce qui est derrière nous, c'est du passé. Ce qui est arrivé auparavant, c'est arrivé, a-t-il dit. Moi, je suis comme ça. Ce que vous voyez, c'est ce que vous obtenez. Mon travail sera d'améliorer l'équipe et c'est ce que je vais faire à compter d'aujourd'hui. »
Selon Bergevin, il y a un bon noyau dans l'équipe. Il y a de bons éléments mais il est clair qu'il y a du travail à faire pour remonter les échelons après avoir fini 15e.
« Les fondations sont là», a-t-il noté.
En ce qui concerne le choix du prochain entraîneur-chef, le nouveau dg du Canadien a indiqué qu'il va consulter autour de lui pour prendre la meilleure décision. Il a rappelé d'ailleurs au cours de la conférence de presse qu'à ses yeux, « communiquer, c'est aussi écouter ».
Que recherche-t-il ?
« C'est sur mes épaules (à moi) mais je vais consulter. J'ai mes idées mais je veux entendre les idées des autres. Je vais travailler en équipe. Le processus va commencer plus tôt que tard. »




