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De retour dans la LNH, l’attaquant vedette Jaromir Jagr brille chez les Flyers à 40 ans

mercredi 2012-02-15 / 12:14 / LNH.com - Nouvelles

Par Adam Kimelman - Directeur adjoint de la rédaction à NHL.com

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De retour dans la LNH, l’attaquant vedette Jaromir Jagr brille chez les Flyers à 40 ans
Quand Jaromir Jagr a donné ses premiers coups de patin dans la LNH à l’âge de 18 ans, il filait à toute allure sur la glace, on se demandait même si ses longs cheveux bouclés et lustrés comptaient pour plus de 80% de son poids.

Vingt-deux ans plus tard, les cheveux sont plus clairsemés et la coupe d’antan n’est plus, on peut même y discerner quelques mèches grisonnantes. Ses six pieds et trois pouces sont maintenant accompagnés d’une charpente de 240 livres.

Mais sa bonne humeur et ses incroyables habiletés qu’il traîne avec lui chaque jour à l’aréna sont toujours au rendez-vous.

« Je ne comporte pas comme un joueur de 40 ans », raconte Jagr, qui souffle ses 40 chandelles mercredi. « Généralement, j’agis davantage comme (les jeunes joueurs). »

« Nous nous arrangeons pour le garder jeune dans le vestiaire », raconte pour sa part son compagnon de trio Scott Hartnell à LNH.com.

De retour dans la LNH après trois saisons en Russie, Jagr ne semble pas avoir perdu le rythme. Malgré quelques rencontres ratées suite à une blessure à l’aine, il a accumulé 13 buts et 26 passes en 48 parties.

Mais plus que son apport offensif, c’est son leadership qui a le plus aidé les Flyers, car l’équipe compte sur sept recrues qui occupent des rôles clés au sein d’une formation qui se bat pour le premier rang dans l’Association de l’Est.

« De la façon dont il s’entraine et dont il se comporte lors des pratiques, il n’a vraiment pas l’air d’un joueur de 40 ans », explique le pilote des Flyers, Peter Laviolette. « Juste par son attitude… L’âge n’est qu’un chiffre. Il ne s’entraîne pas comme un gars de cet âge.  Il ne demande pas de journée de congé sous prétexte qu’il a 40 ans, je dirais même que c’est l’inverse. Il a une influence positive inestimable pour nos jeunes joueurs. Il les influence à rester après les entraînements et à faire de l’extra sur la glace. Le simple fait de pouvoir compter sur son expérience dans le vestiaire est formidable. Quelqu’un qui ne le sait pas ne se douterait jamais qu’il a cet âge. Il a été fantastique pour nous. »

Jagr s’est très bien adapté à son rôle de mentor.

« Il est vraiment différent de ce que je m’imaginais de lui », racontait le coéquipier de Jagr, Jody Shelley, à Yahoo! Sports plus tôt cette saison. « C’est un bon gars, un gars à côtoyer pour chacun de nous. »

« Ces jeunes joueurs me regardaient jouer à la télé, autrefois », raconte Jagr en riant.

Jakub Voracek, par exemple, a grandi avec des affiches de Jagr sur les murs de sa chambre.

« Il était le meilleur joueur au monde », explique Voracek à LNH.com. « Il vient de la République tchèque, il vient de Kladno, comme moi, tous les jeunes avaient une affiche de Jagr. »

De Pittsburgh jusqu’à Prague, Jagr était une super vedette pratiquement dès ses premiers pas dans la LNH.

Le cinquième choix de repêchage de 1990 a inscrit 27 buts à 18 ans dans la LNH, ajoutant 13 points en 24 parties lors des séries de fins de saison, pour aider les Penguins à remporter une première Coupe Stanley dans leur histoire.

« Il n’avait que 18 ans quand il est arrivé », relate Mark Recchi, qui a joué avec Jagr lors de la conquête de la Coupe Stanley en 1991. « Il avait encore un visage de bébé, ne parlait pas anglais, mais il avait des aptitudes incroyables. Son talent était encore brut à cette époque, mais il avait tout pour réussir. Il avait aussi une excellente éthique de travail, je me souviens très bien. »

L’année suivante, Jagr a obtenu 32 buts et 69 points en saison régulière avant d’exploser avec 24 points en 21 parties en séries éliminatoires, aidant encore les Penguins à mettre la main sur le précieux saladier en argent. Il a terminé les séries avec quatre buts victorieux, dont trois lors de trois rencontres consécutives.

Cette saison était la première de douze consécutives avec au moins 30 buts, dont un sommet de 62 filets en 1995-96. Il a également enregistré une saison de 149 points cette année-là, terminant deuxième dans la LNH derrière son coéquipier Mario Lemieux.

En 11 campagnes à Pittsburgh, Jagr se classe bon deuxième dans l’histoire de la franchise derrière Lemieux dans plusieurs statistiques : 806 parties jouées, 439 buts, 640 passes, 1079 points. Il a remporté cinq trophées Art Ross (quatre de suite entre 1997 et 2001), deux Ted Lindsay Awards et le trophée Hart en 1999.

Suite à trois saisons décevantes lors de son séjour à Washington, il a été échangé aux Rangers de New York et a retrouvé ses élans. En 2005-06, il a terminé au deuxième rang de la LNH au chapitre des buts (54) et des points (123), en plus d’être finaliste pour l’obtention du trophée Hart. Il a alors aidé les Rangers à atteindre leur première participation aux séries de fins de saison en sept ans. On l’a désigné capitaine de l’équipe lors de la campagne suivante. New York a remporté une ronde des séries dans chacune des deux années suivantes, mais lorsque le contrat de Jagr a pris fin en 2007-08, les équipes de la LNH l’ont ignoré et il a signé un contrat avec l’Avangard d’Omsk dans la KHL.

« Peut-être que j’avais besoin d’autre chose », racontait Jagr à Sports Illustrated. « La Russie a fait de moi un autre homme. Moins de pression, peu de distraction. Moins de règlements. Je pouvais agir à mon gré, mais j’ai pris la chose très au sérieux. »

Il a connu trois bonnes saisons en Russie, amassant des points avec un ratio qui s’approchait du point par match (145 points en 155 parties). Occasionnellement, les rumeurs faisant état d’un possible retour dans la LNH faisaient surface, mais c’est suite à une solide performance lors des Championnats du monde de 2011 que quelques équipes ont démontré de l’intérêt envers Jagr.

Les rumeurs faisaient d’abord état d’une signature avec Detroit ou d’un retour à Pittsburgh, mais le premier juillet, ce sont les Flyers qui ont pris tout le monde par surprise, en offrant un contrat d’un an à raison de 3,3 millions de dollars à Jagr.

« Nos dépisteurs qui l’ont vu à l’œuvre lors de ce championnat étaient catégoriques, il a été incroyable », détaillait le directeur général des Flyers, Paul Holmgren à LNH.com, cet été. « Nous devons absolument considérer le fait qu’il est hyper motivé et veut revenir faire la différence dans la LNH. Pouvoir acquérir l’un des meilleurs joueurs au monde, ce qu’il était lorsqu’il jouait dans la LNH, sachant qu’il s’entraîne très sérieusement et avec beaucoup de rigueur… Nous avons très hâte qu’il se joigne à nous et il se dit prêt à aller de l’avant et à faire partie des Flyers. »

Jagr a avoué avoir opté pour les Flyers puisqu’il croyait qu’avec tous les changements apportés (transactions de Mike Richards, Jeff Carter et départ de Ville Leino), il aurait la chance d’obtenir beaucoup de temps de glace. Jagr a également admis qu’il ignorait comment se déroulerait ce retour après trois saisons loin de la LNH.

La chimie s’est tout de suite manifestée et ça a fonctionné à merveille avec ses compagnons de trio Claude Giroux et Hartnell (les deux ont participé au Match des étoiles). De plus, Jagr apporte beaucoup de leadership dans le vestiaire, grâce à son éthique de travail et à son « école de hockey Jagr », lui qui entraine plusieurs coéquipiers (de façon volontaire) à faire du surtemps dans les installations des Flyers.

« Je pense qu’il aime plus le hockey qui quiconque dans ce vestiaire », évoque Shelley, un des élèves assidus de « l’école de hockey Jagr », à Yahoo! Sports. « Je n’avais jamais vu personne faire cela avant. »

Pour Jagr, c’est sans aucun doute l’une des concessions occasionnées par son âge plus avancé, peut-être la seule.

« Vous devez vous entrainer beaucoup plus fort », raconte Jagr. « Je le sais très bien. Vous devez aimer le jeu à un tel point que même si vous êtes épuisé, vous y allez quand même. Je n’ai pas toujours le goût d’aller courir le soir, mais je sais que si je n’y vais pas je ne me sentirai pas bien demain. C’est ce qui me pousse à faire les efforts. »

Jagr dit ne pas être décidé encore à jouer dans la LNH l’an prochain, ayant reporté toutes discussions contractuelles à la saison morte. Il dit qu’il sera le premier et le seul à décider s’il lui en reste assez dans le réservoir pour disputer une autre saison.

Ses coéquipiers sont cependant convaincus de ce qu’ils ont vu. Si les temps ont changé, Jagr a toujours le même talent.

« Il est super dans la chambre des joueurs, nous avons beaucoup de plaisir avec lui », dit Voracek. « Il peut encore tenir son bout dans la LNH à 40 ans. Ce n’est pas donné à tout le monde. C’est pourquoi il est si spécial. »

Il est déjà passé bien près d’aboutir à Philadelphie.

Les Flyers détenaient le quatrième choix lors du repêchage de 1990, mais ils faisaient face à un dilemme. Russ Farwell, le directeur général de l’époque à Philadelphie, savait que le meilleur joueur disponible était ce grand tchèque élancé nommé Jagr. Cependant, Farwell hésitait à le prendre, compte tenu du fait qu’il aurait de la difficulté à justifier la sélection d’un Européen plutôt frêle aux amateurs de Philadelphie.

Lorsqu’est venu le temps d’annoncer leur sélection, les Flyers ont opté pour le choix le plus sûr : Mike Ricci des Petes de Peterborough.

Ricci a été un bon choix, mais n’a évolué que deux saisons avec les Flyers, avant de prendre le chemin de Québec dans la fameuse transaction impliquant Eric Lindros.

Quand les Flyers ont levé le nez sur Jagr, les Penguins se sont empressés de le sélectionner et ont remporté la Coupe Stanley à chacune des deux premières campagnes de ce dernier dans la LNH.

Vingt et un ans plus tard, l’actuel directeur général des Flyers, Paul Holmgren, qui aurait été l’entraîneur de Jagr si ce dernier avait été sélectionné par Philadelphie à l’époque, est celui qui a finalement attiré le grand tchèque chez les Flyers.

 

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