LAS VEGAS -- Wayne Gretzky aime beaucoup sa nouvelle vie d’amateur de hockey.
La « Merveille » regarde les matchs de sa résidence de Los Angeles et avoue admirer les joueurs, le talent et la parité qui prévalent actuellement dans la LNH.
« Le spectacle est toujours aussi relevé et les joueurs s’améliorent encore », expliquait Gretzky à LNH.com du Bellagio, où se tient son dixième « Fantasy Camp » annuel. « Quand vous pouvez identifier jusqu’à une vingtaine d’équipes qui ont des chances de gagner, c’est merveilleux. Je pense que le hockey est très en santé actuellement. »
Gretzky admet jeter un œil particulièrement attentif à quatre équipes. Oui, vous l’aurez deviné, il s’agit des quatre équipes pour lesquelles le joueur a évolué au cours d’une merveilleuse carrière marquée par les honneurs.
Il admet parler encore au président des Oilers d’Edmonton, Kevin Lowe, de façon régulière, et qu’il souhaite ardemment voir l’équipe connaître du succès. Comme il demeure en Californie, il est le témoin privilégié des matchs des Kings et s’entretient à l’occasion avec leur directeur général, Dean Lombardi.
L’ancien numéro 99 demeure également en très bons termes avec son ami John Davidson, président des Blues de St. Louis, et souhaite beaucoup de bien à l’équipe, en plus de se tenir informé sur leurs performances. Enfin, de par sa longue relation avec le grand patron des Rangers de New York, Glen Sather, équipe avec laquelle il a terminé sa carrière et une ville où il a noué des liens spéciaux, Gretzky est toujours intéressé par les résultats de cette équipe.
« Ce sont mes quatre équipes, je les surveille de plus près que les autres. »
Que pense-t-il de la saison actuelle de ces quatre équipes ?
La patience est de mise à Edmonton
Gretzky estime que les Oilers reconstruisent leur formation de la bonne façon, et leur entraineur Tom Renney est l’homme tout désigné pour accomplir le travail. Par ses conversations avec son ancien coéquipier Lowe, Gretzky semble un peu soucieux du fait que les partisans pourraient s’impatienter plus rapidement que la direction.
« C’est évident qu’ils aimeraient avoir plus de victoires au compteur, mais ils sont sur la bonne voie, ils sont plus forts, plus talentueux et meilleurs chaque année », détaille Gretzky.
Les Oilers sont jeunes et avec des vedettes émergentes comme Taylor Hall, Ryan Nugent-Hopkins, Jordan Eberle et Sam Gagner, il y a de quoi rappeler des souvenirs de l’équipe lorsque Gretzky a débuté sa carrière dans la LNH.
« Je pense qu’ils ont pris la décision, il y a quelques années, que c’était le chemin qu’ils emprunteraient pour tenter de monter une équipe comme les Oilers d’antan, alors que l’équipe avait pu bénéficier de repêchages fructueux avec des joueurs comme Messier, Coffey, Anderson, Kurri, Lowe, Fuhr et Andy Moog, raconte Gretzky. Ils ont opté pour entourer ces jeunes de vétérans qui se comportent en professionnels, qui pensent en fonction de l’équipe en premier et qui travaillent sans relâche. Néanmoins, ils utilisent leurs jeunes de façon judicieuse, leur donnant du temps de glace dans des situations clés comme l’avantage numérique, les infériorités numériques et dans les dernières minutes d’un match, ils peuvent apprendre de leurs erreurs, même si ce n’est pas toujours facile.
« Ces jeunes n’ont que 19, 20 et 21 ans et le hockey d’aujourd’hui est plus rapide, les joueurs sont meilleurs et il est très difficile de gagner. Ils sont patients et savent qu’il faudra du temps, c’est à pas de bébé que les choses progressent, il faut absolument s’améliorer chaque année. »
Il se dit certain que Renney est l’homme de la situation puisqu’il a la patience pour laisser les jeunes se développer.
« Il comprend et accepte qu’ils fassent des erreurs, mais ne les cloue pas au banc ou ne les envoie pas sur la passerelle, il ne les punit pas en les utilisant peu sur un quatrième trio. Il leur donne des minutes de qualité. C’est un excellent professeur qui maîtrise bien le jeu, ils n’ont pas d’autre choix que de s’améliorer. Il est définitivement l’entraîneur idéal pour les Oilers. »
Concernant la récente blessure à une épaule de Nugent-Hopkins, Gretzky l’attribue à une combinaison du fait que le joueur n’a que 18 ans, donc qu’il a encore besoin de prendre de la maturité physique et qu’il s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment…
« Il est tellement habile avec sa mobilité et son sens inné du hockey, mais le jeu est plus difficile que jamais, c’est très dur pour le corps humain, d’avoir à subir les contrecoups de 82 matchs de hockey à un si haut niveau. Le jeu est très rapide et les joueurs sont gros, détaille Gretzky. C’est vraiment difficile. »
Toujours proche de L.A.
Demeurant à Los Angeles, Gretzky avoue regarder beaucoup de matchs des Kings.
« Ils sont très près, ils ont une très bonne équipe. »
Gretzky est élogieux envers le travail de l’ancien entraîneur des Kings, Terry Murray, lui donnant beaucoup de crédit pour la philosophie de responsabilité défensive inculquée aux joueurs, philosophie toujours en vogue avec l’arrivée de Darryl Sutter derrière le banc. Il croit toutefois que Sutter prône une offensive générée davantage par un échec avant plus agressif, cependant, il estime que les Kings ont besoin de plus de marqueurs naturels.
Après tout, les Kings sont bons derniers dans la LNH avec une moyenne anémique de 2,11 buts marqués par match.
« Ils ont besoin d’un Luc Robitaille, d’un Bernie Nichols, d’un joueur qui arrive à marquer des buts même quand tout le monde est épuisé, des buts chanceux, des rebonds, des buts marqués grâce à une bataille devant le filet et qui nécessitent du travail acharné, analyse Gretzky. C’est de ça qu’ils auraient besoin, et le D.G. de l’équipe le sait très bien. Ce n’est pas un secret, cette équipe a des joueurs de caractère, ils travaillent très fort chaque soir. Quand ils perdent, c’est par des scores de 1-0 ou 2-1. Ils ont une bonne éthique de travail et l’expérience des deux dernières années en éliminatoires aidera beaucoup les Kings lors des prochaines séries. »
Un autre facteur qui aidera les Kings, selon Gretzky, est le gardien Jonathan Quick. Le gardien étoilé est, selon « La Merveille », dans la même classe que les Henrik Lundqvist et Pekka Rinne.
« Il a été incroyable », lance Gretzky à propos de Quick qui est actuellement troisième dans la LNH avec une moyenne de 1,89 et un pourcentage d’arrêts de .935. « Vous ne gagnez pas une Coupe Stanley sans avoir un gardien de premier plan et présentement, il en est un et le prouve chaque soir. Il a été aussi bon que n’importe qui dans la LNH. »
Émerveillé par le travail de Ken Hitchcock
Ayant eu la chance de travailler auprès de Ken Hitchcock à quelques occasions, alors qu’il était à la tête de l’équipe nationale du Canada, Gretzky se dit convaincu qu’il n’y a personne qui « mange, vit, rêve et pense » plus au hockey que l’entraîneur-chef des Blues de St. Louis.
Gretzky n’était pas certain que les Blues vivraient un revirement de situation aussi fructueux que celui auquel on assiste depuis l’embauche d’Hitchcock en remplacement de Davis Payne, mais il était persuadé que le pilote de 60 ans aurait un impact important.
« Il a toujours été un excellent entraineur et une ‘tête’ de hockey supérieure, explique Gretzky. Je n’essaie pas de comparer qui que ce soit à Scotty Bowman, mais quand vous regardez de plus près des hommes comme Bowman, Glen Sather et Toe Blake, des entraineurs qui ont gagné, vous réalisez que Ken est comme eux. Il vit littéralement pour le hockey et chaque jour, il tente de trouver des manières et des stratégies susceptibles de rendre son équipe meilleure. »
Gretzky ajoute qu’Hitchcock continuera de s’améliorer, ce qui aidera les Blues, qui sont présentement parmi les meneurs de l’Association de l’Ouest.
« Il a fait partie de deux conquêtes de la médaille d’or avec Équipe Canada; il a dirigé aux championnats du monde et a remporté la Coupe Stanley; Gordie Howe m’a dit, autrefois que vous ne devez jamais arrêter d’apprendre au hockey, relate Gretzky. Ken a la même philosophie. Il apprend sans cesse de nouvelles choses à propos du jeu, des joueurs… À St. Louis, on vous dira qu’il a complètement changé le visage de l’équipe, il a amené les joueurs à performer à un autre niveau et ils sont exceptionnels depuis son arrivée. Ils jouent du hockey inspiré et intelligent, ils seront à surveiller en séries, car ils jouent comme s’ils étaient déjà au printemps à chaque match. »
La confiance règne la Grosse Pomme
Le pilote des Rangers, John Tortorella, a utilisé le mot « arrogance » quand il a décrit l’attitude et l’engagement qu’il voulait voir au sein de ses troupes. Gretzky utilise plutôt le mot « charisme » pour décrire le jeu des Rangers, cette saison.
« Ils travaillent tous dans la même direction présentement », raconte Gretzky sur son ancienne équipe, qui trône au sommet de l’Association de l’Est avec 73 points. « Ils travaillent fort et travaillent bien. Ils croient en eux-mêmes et chacun fait son travail. Les joueurs ne tentent pas de trop en faire. En plus, ils sont dirigés par un excellent entraineur en Tortorella. »
Malgré tout, Gretzky félicite son ancien entraineur Glen Sather qui est patient avec ses jeunes joueurs.
« Une des forces de Glen est qu’il a toujours été patient avec les jeunes. Il va chercher de bons jeunes éléments et des vétérans de qualité pour les entourer. »
Gretzky parle aussi de Brad Richards, qui incidemment en arrache dernièrement et qui a été rétrogradé sur le quatrième trio des Rangers, comme un excellent investissement et une acquisition précieuse à New York.
« Il se comporte en professionnel, n’est pas égoïste et travaille fort chaque soir, c’est un gagnant. »
Il ajoute que Lundqvist a probablement été le meilleur gardien du circuit au cours des 50 ou 60 premières parties de la saison et que le jeu robuste des Rangers, combiné à leur travail acharné, a donné la chance de remporter pratiquement chacun des matchs, depuis le début de l’année.
En fin de compte, on en revient à cette « arrogance » et à ce « charisme ».
« Peu importe le nom que vous lui donnez, Glen et John possèdent cette qualité, et ça se reflète sur leur équipe. Ils jouent avec beaucoup de fierté et de confiance. Je pense que le tout est devenu de plus en plus évident lors de la Classique hivernale. Rien ne semblait pouvoir les empêcher de remporter ce match. »




