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La transaction Cammalleri-Bourque confirme la volonté du CH de mener l’équipe aux séries même si l’objectif apparaît bien illusoire

dimanche 2012-01-15 / 16:59 / LNH.com - Nouvelles

Par François Lemenu  - Chroniqueur LNH.com

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La transaction Cammalleri-Bourque confirme la volonté du CH de mener l’équipe aux séries même si l’objectif apparaît bien illusoire
Ceux qui rêvent de voir le Canadien s’engager dans une phase de reconstruction devront en faire leur deuil. En échangeant Michael Cammalleri contre Rene Bourque, le tricolore vient de confirmer que le mot «reconstruction» ne fait pas partie de son vocabulaire.

Faut-il s’en étonner? En raison d’impératifs économiques, le Canadien ne peut se permettre d’offrir un ersatz d’équipe à ses abonnées, ses locataires de loges corporatives, ses annonceurs, ses partenaires commerciaux.

La situation serait différente si l’équipe se trouvait dans un marché où le prix des places n’est pas aussi élevé. Dans bien des villes du sud américain, il est possible de se procurer un forfait de quatre billets, des boissons gazeuses, du maïs soufflé, des fanions et le stationnement pour 120 $. A Montréal, ce montant donne droit à un bon siège seulement.

En cédant Cammalleri aux Flames de Calgary, Pierre Gauthier s’est libéré d’un lourd contrat qui pèse pour 6 millions $ US sous le plafond salarial durant deux autres saisons. Le salaire réel de Cammalleri sera de 7 millions en 2012-2013 et 2013-2014.

Le contrat de Bourque n’est pas léger pour autant. Le Canadien devra inscrire dans ses livres un montant de 3 333 333 $ au cours des quatre prochaines saisons. Nous sommes ici loin d’un modèle de reconstruction à l’image des Oilers d’Edmonton et des Islanders de New York. En fait l’arrivée de Bourque, âgé de 30 ans, symbolise le virage entrepris par l’organisation et le nouveau visage que la direction entend donner à l’équipe.

La transaction que vient de réaliser Gauthier confirme aussi la volonté de la direction de mener l’équipe aux séries même si l’objectif apparaît bien illusoire. Encore une fois, les enjeux économiques sont trop importants pour jeter l’éponge à la mi-janvier. Il ne faudrait pas s’étonner de voir le directeur général transiger à nouveau dans une ultime tentative de sauver la saison d’ici le 27 février, date limite des transactions.

Un bon échange

Selon Gauthier, cette transaction se préparait depuis un mois et n’aurait rien à voir avec les propros plein de sous-entendus tenus par le Torontois mercredi. On le veut bien.

En deux saisons et demie à Montréal, Cammalleri s’est surtout affirmé en séries. Il y a deux printemps, il a même terminé en tête des marqueurs avec 13 buts. Cette année, son jeu s’est détérioré (9-13-22, moins-6 en 38 matchs) au point qu’il ramait à contre-courant. Le coeur n’y était plus et un retour à Calgary lui fera le plus grand bien.

Bourque est un joueur que j’aime bien. Son gabarit (6’02’’ et 211 livres) ajoute du poids à un top-6 qui compte déjà Erik Cole et Max Pacioretty. C’est déjà ça de pris. L’attaquant natif de Lac La Biche, en Alberta, peut également faire bouger les cordages. Il compte 13 buts en 38 matchs et il peut encore atteindre le plateau des 20 filets après des campagnes de 21, 27 et 27 buts. Il pourrait avoir du succès à la gauche de Tomas Plekanec.

Dans cet échange, le Canadien a aussi cédé le gardien Karri Ramo et un choix de cinquième ronde en 2012. Ramo a du succès en KHL mais il s’agit d’une ligue surévaluée. Son retour à la LNH est loin d’être assuré. Il faut se rappeler que le «dg» des Flames, Jay Feaster, l’a repêché lorsqu’il occupait les mêmes fonctions à Tampa.

De son côté, le tricolore a obtenu Patrick Holland, un ailier droit des Americans de Tri-City, ainsi qu’un choix de deuxième ronde à l’encan de 2013.

Holland, 20 ans, occupe le troisième rang des compteurs (17-44-61 en 42 matchs) des Americans qui sont en tête du classement de la WHL. On pourrait bien voir Tri-City au tournoi de la coupe Memorial à Shawinigan. Holland est aussi au neuvième rang des meilleurs compteurs du circuit. Certains dépisteurs le voient atteindre la LNH dans un troisième ou quatrième trio.

Drôle de hasard, Holland a blessé Brendan Gallagher, des Giants de Vancouver, d’une solide mise en échec le lendemain de la transaction. Gallagher, peut-être le plus bel espoir chez le Canadien, n’a joué depuis.

La cerise sur le gâteau de l’échange Cammalleri-Bourque demeure ce choix de deuxième tour d’un repêchage qui s’annonce assez relevé. Le Canadien pourrait mettre la main sur un bel espoir s’il devait repêcher autour du 40e rang.

Le «prof» Caron

C’était un personnage. Diplômé en arts et en philosophie de l’Université d’Ottawa où il a pu fréquenter Cicéron, Virgile et Horace, Ronald Caron, dit le «prof», a enseigné le latin, la géographie et l’anglais au Collège St-Laurent, d’où son surnom.

Mais au delà de l’enseignement, Ron Caron, qui s’est éteint le 10 janvier, nourrissait deux passions: le baseball, qui n’avait pas de secret pour lui, et le hockey, un sport auquel il a consacré toutes ses énergies. Et de l’énergie, le «prof» en avait à revendre.

J’ai connu Ron Caron au début des années 1970. Il occupait le poste de dépisteur en chef du Canadien, puis celui de directeur du recrutement et du personnel des joueurs avant de devenir le bras droit du directeur général de l’équipe, Sam Pollock, dit le «parrain».

Je me souviens très bien de ces matchs où Caron, de la tribune de presse, s’époumonait à enguirlander l’arbitre dont les décisions, «injustes», allaient à l’encontre de son cher Canadien. Caron possédait une voix nasillarde et puissante qu’un Forum plein à craquer n’arrivait pas à enterrer.

Combien de fois ai-je vu le «prof» au bord d’une crise d’apoplexie, hurler contre les arbitres au risque de basculer dans le vide sur la surface de jeu. Heureusement, Toe Blake, alors à la retraite, était à ses côtés et tentait, tant bien que mal, de le calmer et de le ramener à la raison.

Caron a poursuivi son parcours professionnel à St.Louis où il a été nommé directeur général des Blues en 1983. Chacune de nos visites à St.Louis nous menaient, mes collègues et moi, dans son bureau. À notre plus grand plaisir. Conteur intarissable, Caron savait capter l’intérêt de son auditoire avec des histoires qui auraient fait les délices des meilleurs «Bye Bye».

Cette histoire, par exemple, de son gardien nommé (Rick) Heinze, comme le ketchup et ses 57 produits.

« Il y a 57 façons d’arrêter une rondelle mais il n’en a pas encore trouvé une », avait lancé le «prof» dans une envolée combien théâtrale.

Une autre fois, il avait montré une photo d’équipe à un jeune de l’organisation.

« Regarde bien la photo, avait-il dit au jeune. L’an prochain, il n’en restera pas la moitié », avait ajouté Caron qui ne craignait pas les transactions.

Ou encore cette histoire durant une envolée. A un agent de bord, il avait exigé de parler « immédiatement » au président de la compagnie parce qu’il n’y avait plus de « peanuts » à bord de l’appareil.

Un personnage qu’on vous dit.

Diminué par la maladie dans les dernières années de sa vie, le «prof» aura marqué tous ceux et celles qui ont eu la chance de le côtoyer.
 

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